GORTYNE. - 1979
Gortyn
Fouilles de l'Ecole italienne. — L'objet de la campagne de 1979 était l'exploration des trois secteurs dans lesquels la tranchée ouverte en 1978 par la Compagnie du téléphone (v. BCH 103 [1979], p. 609) avait révélé les vestiges les plus intéressants. Deux sondages de contrôle stratigraphique ont également été effectués dans le prétoire.
1) Secteur L (nécropole tardive). — On a pu déterminer le plan de l'édifice à abside, qui semble avoir été, à l'origine, un petit édifice thermal : deux absides opposées, couvertes en cul-de-four, ouvrant au Sud sur deux pièces axiales puis sur une autre salle à absides à laquelle s'adossent, toujours vers le Sud, deux pièces en enfilade. Partout, sauf entre les absides principales, sont apparues de nouvelles tombes, qui appartiennent à la phase finale de la nécropole, postérieure à la destruction du bâtiment. Au-dessous, dans une des pièces, on a découvert un petit four de potier installé sur un niveau de destruction plus ancien. Il semble qu'après une première destruction, l'édifice — public à l'origine — fut réoccupé par des installations artisanales.
2) Secteur I (rue dallée Nord/Sud). — La rue mesure 2,80 m de large, et la canalisation qui la double à l'Ouest, a été refaite vers le début du VIIe siècle ap. J.-C. à l'aide d'amphores à huile et à vin apparemment neuves (fig. 192). Sur le second état de la rue on a retrouvé les ruines des maisons qui la bordaient, détruites probablement autour de 670 ap. J.-C. Cette rue tardive, parallèle à la route actuelle de Lébéna (port antique de Gortyne), correspond vraisemblablement à un axe important de la ville hellénistique et romaine.
3) Secteur M (édifice public impérial). — Les nombreux fragments d'architecture découverts à cet endroit en 1978 appartiennent en fait aux matériaux de remploi d'une basilique byzantine monumentale (fig. 193). Celle-ci se superpose à un édifice plus ancien — sans doute déjà une basilique — également fait de remplois, dont on a nettoyé un dallage de marbre très soigné et une mosaïque à motifs polychromes. Les données dont on dispose jusqu'à présent permettent de dater cette première basilique de l'époque de Justinien et la destruction finale de la seconde moitié du VIIe siècle.
4) Prétoire. — Un premier sondage au centre de la salle 10 a révélé que celle-ci était un caldarium à pilettes cylindriques, qui cessa de fonctionner comme tel au Ve siècle ap. J.-C. — comme l'ensemble thermal dont il faisait partie — pour être réoccupé par des habitations modestes, qui ne survécurent pas à un tremblement de terre survenu pendant le VIe-VIIe siècle. Le second sondage, ouvert dans la pièce qui abritait le réservoir d'eau alimentant les thermes du prétoire, a confirmé que la construction du premier prétoire remontait à l'époque d'Auguste.
5) Une tranchée de 750 m de long ouverte par la Compagnie des eaux a recoupé, près de Mitropolis, une vaste nécropole à fosses d'époque impériale et des restes d'habitations hellénistiques et byzantines.
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