DEMETRIAS. - 1978
Antiquité - Archaïque - Classique - Hellénistique - Romaine
Démétrias, Demetrias, Palais
Les fouilles allemandes se sont poursuivies en 1978 sous la direction de , de l'Université de Sarrebruck, en collaboration avec l'Éphorie de Volo.
L'exploration de la partie Sud-Est du « palais » (fig. 129) a permis de déterminer le plan d'ensemble de l'édifice, qui ne correspond guère à ce qu'on attendait. L'aile Sud se compose de cinq pièces « en enfilade » avec accès unique par la pièce centrale, qui est très étroite. Dans l'aile Est, les pièces, disposées sur deux rangées, sont en communication (directe ou indirecte) avec la vaste salle centrale (77 m2) qui seule ouvre sur la cour. Dans l'aile Ouest la salle centrale, avec son porche à deux piliers, est, comme on sait, de dimensions plus réduites. Au Nord on ne peut rien ajouter aux observations déjà faites. Il est clair que ces pièces, de par leur disposition et leurs dimensions, formaient des unités distinctes, mais on n'a retrouvé aucune installation qui permette de préciser leur fonction respective. Les structures qui occupent les angles Nord-Est, Sud-Est, Sud-Ouest et vraisemblablement aussi Nord-Ouest — tour carrée avec escalier, vestibule et salle(s) annexe(s) — semblent répondre, quant à elles, à des besoins défensifs : les aménagements intérieurs, de même que la technique de construction — qui utilise de nombreux remplois — sont sans apprêt.
En dépit de nouvelles recherches on n'a toujours pas trouvé d'entrée comparable, par exemple, à celle du palais de Vergina. Cela semble confirmer l'hypothèse selon laquelle ce bâtiment, avec ses murs puissants renforcés par des tours d'angle, faisait en fait partie d'un ensemble fortifié communiquant exclusivement avec la « citadelle », encore inexplorée, et dont la fouille s'avère de plus en plus nécessaire à la compréhension de l'ensemble. On ne peut toutefois écarter complètement l'hypothèse d'un palais, dont les pièces principales auraient été situées à l'étage, et le rez-de-chaussée occupé par des locaux administratifs ; ni celle d'un bâtiment à usage d'arsenal ou de magasin, voire de caserne.
A l'extrémité Sud de l'aile orientale quelques pièces conservaient encore, outre leur sol, plusieurs assises de briques crues en place sur le soubassement des murs, ce qui a permis de nouvelles observations d'ordre architectural et chronologique. On a pu relever dans toute la partie Sud-Est des traces de réparations et de remaniements effectués dès avant l'achèvement des travaux, peut-être à la suite d'un tremblement de terre. Le « palais », dont le dernier état n'est pas antérieur au premier quart du IIe siècle av. J.-C., semble avoir été abandonné dès la fin de la domination macédonienne sur la Magnésie : les tessons du Ier siècle av. J.-C. y sont très rares. En revanche on note, parmi les masses de briques crues et le remblai des fondations, la présence de matériel pré-hellénistique — céramique du Géométrique Récent, tessons et monnaie archaïques — qui doivent provenir des décombres d'un site voisin. Au IVe siècle ap. J.-C. l'espace fut réutilisé par une nécropole dont on a fouillé une cinquantaine de tombes. Certaines étaient dépourvues de mobilier, les autres contenaient de la céramique (fig. 130), quelques bijoux et des monnaies (de Constantin + Crispus à Valentinien Ier). On signale aussi, immédiatement au Nord de la tour Sud-Est, un bâtiment carré dont on ne peut déterminer avec certitude la nature ni la date, mais qui pourrait bien être un édifice cultuel en rapport avec la nécropole.
Dans le péristyle les fosses métallurgiques 1 et 3 ont fait l'objet de fouilles complémentaires qui ont livré de nouveaux fragments de moules. D. Boeser a achevé le relevé topographique de la zone située hors les murs, incluant « Pagasae », la nécropole Nord, l'installation HA de Pétromagoula au pied de l'acropole et le retranchement immédiatement au Sud de Démétrias. De son côté P. Marzolff, dans son étude des fragments de fresques de l'atrium de la basilique de Damokratia, a pu d'une part isoler un cycle de représentations détaillées de villes bibliques traitées dans un style hérité de l'art hellénistique et, d'autre part, remarquer l'absence délibérée de toute image d'être vivant, ce qui, dans des peintures qui ne descendent pas plus bas que la fin du Ve siècle ap. J.-C, pose un problème d'histoire religieuse.
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