EUBÉE. - Erétrie. - 1979
Âge du Bronze - Bronze Ancien - Bronze Moyen
Antiquité - Archaïque - Classique - Hellénistique - Romaine
La campagne de 1979 a porté essentiellement sur les niveaux géométriques et archaïques de la ville.
Secteurs Ε 6, F 8 et G 9. — Dans plusieurs carrés du plan général (v. BCH 94 [1970], p. 1100/1101, fig. 457). A. Altherr-Charon, A. Tuor et C. Krause ont recoupé la rue qui réunissait la porte Ouest, le temple, l'agora et le port. Cette artère centrale fut établie, à la fin de l'époque archaïque, sur les dépôts alluviaux d'un cours d'eau asséché, dont elle suit le tracé. Ces dépôts sablonneux formaient, devant le temple, un glacis où il fut aisé d'aménager ensuite une esplanade, sur laquelle une piste en mortier conduisait au temple ou à l'autel.
Secteur G 10. — Immédiatement au Nord-Est de l'agora, on a mis au jour plusieurs pièces d'une maison du IVe siècle, qui fut habitée jusqu'au début du IIe siècle av. J.-C. L'espace avait été occupé au HA III - HM I, comme le prouvent de nombreux vases et pièces d'outillage en silex associés à des vestiges de constructions, des foyers et des débris organiques provenant d'un silo. On se souvient que du matériel de l'âge du Bronze avait déjà été trouvé à 50 m plus à l'Est, de même que sur l'acropole.
Sanctuaire d'Apollon. — Centrée sur la partie Nord-Ouest du secteur, la fouille, dirigée par A. Altherr-Charon, a permis de dégager un sol d'un type rare, fait de briques quadrangulaires, assignable à la seconde moitié du VIIIe siècle av. J.-C. Il appartient, de toute évidence, à un important bâtiment d'époque géométrique dont il reste à trouver les limites.
Le secteur est partiellement recouvert par un cimetière d'époque tardive, où les tombes sont faites à l'aide de tuiles ou de blocs de remploi issus notamment du sanctuaire d'Apollon. L'extrême pauvreté de ces sépultures nous renseigne sur l'état d'Érétrie pendant les premiers siècles de notre ère.
La découverte, dans l'angle Nord-Est du secteur, d'un mur en pierre du VIIIe siècle av. J.-C., exceptionnellement large pour l'époque (0,60 m) et de facture soignée, change la vision que l'on avait jusqu'à présent du sanctuaire géométrique. Orienté Nord/Sud, ce mur devait appartenir à un imposant édifice, dont la fonction (temple ? stoa ?) et le lien avec le sanctuaire d'Apollon restent encore à découvrir. Il est sûr, en tout cas, qu'au VIIIe siècle av. J.-C. la zone sacrée s'étendait beaucoup plus à l'Est qu'il ne paraissait jusqu'alors.
La suite de la fouille du bothros géométrique découvert en 1978 a produit la plus importante concentration d'objets d'origine orientale et égyptienne connue à ce jour en Grèce propre, et datée avec certitude du VIIIe siècle. Parmi ce matériel citons, par exemple, un animal en bronze perché sur un anneau, très proche des bouquetins trouvés à l'Héraion de Samos, et une série de sceaux en ivoire (fig. 156) probablement originaires de l'Egée orientale. Cette trouvaille abolit enfin l'absence paradoxale de tout matériel oriental sur le site même d'Érétrie, ville dont les contacts politiques et économiques avec l'Est méditerranéen sont par ailleurs bien attestés au VIIIe siècle av. J.-C.
On signale également la découverte, sous une couche alluvionnaire, d'une tombe à incinération du milieu du IXe siècle av. J.-C. qui contenait plusieurs vases et une épée en fer à pommeau garni de clous de bronze. Cela ne suffit certes pas pour affirmer l'existence d'une installation du IXe siècle à Érétrie, mais on notera cependant la présence de tessons de cette époque dans presque toutes les couches profondes du secteur Nord-Est.
Terrain Roussos (carré F 12). — Dans cette propriété, où A. Andrioménou avait précédemment mis au jour des fondations de maisons géométriques, et ses collaborateurs ont dégagé, sur une superficie de 230 m2 environ, des vestiges assignables à quatre phases architecturales (fig. 155).
La plus ancienne est représentée par un certain nombre de bases circulaires faites d'argile, enfoncées plus ou moins profondément dans le sable vierge, et qui devaient servir de fondation aux structures portantes de huttes en pisé. On sait que, sur le site voisin de Lefkandi, une phase architecturale analogue a été naguère reconnue.
La seconde phase est caractérisée par des murs en pierres de petite et moyenne grandeur, ou en galets, conservés sur une hauteur maximum de 0,30 m, et dont les parties hautes étaient vraisemblablement en brique crue. Ces murs affectent une forme ellipsoïdale, qu'il convient, selon L. Kahil, de rapprocher de celle des maisons retrouvées par E. Akurgal à Bayraklu (ancienne Smyrne).
On trouve, parallèlement à cette phase, des constructions absidales, souvent d'assez grandes dimensions (12 x 3,50 m), qui comportent de nombreuses réfections.
La dernière phase, qui doit être légèrement postérieure, comprend des constructions rectangulaires (oikoi) souvent pourvues de renforcements ou de banquettes, comparables à celles de Lefkandi, de Zagora ou de Pithécuses.
L'exiguïté de la fouille et la densité des vestiges ne permettent pas de déceler, dans cet établissement, une orientation cohérente. Le matériel, exclusivement géométrique, date, pour l'essentiel, du VIIIe siècle av. J.-C. Il semble que ce secteur ait été définitivement abandonné à la fin de la phase 4, que l'on pourrait placer au début du VIIe siècle. Seuls quelques puits artésiens, qui ont fourni du matériel classique, témoignent d'une réutilisation plus tardive des lieux.
Maison aux mosaïques (carré E 5). — , assisté de , a poursuivi l'étude du quartier Ε 5. L'attention s'est portée sur le tombeau qui avait été construit à l'époque hellénistique dans les décombres de la Maison aux mosaïques. Fouillé en 1976 (v. BCH 101 [1977], p. 626-627, 629), ce monument funéraire a été étudié sous ses divers aspects et sera prochainement publié.
Divers travaux de consolidation et de restauration ont été exécutés par G. Passardi. D'autre part un fragment de mosaïque en galets a été levé par V. Fischbacher et déposé au musée.
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