TIRYNTHE - 1980
Tirynthe, Tiryntha, Tiryns
Fouilles de l'Institut allemand - L'Archäologischer Anzeiger 1981 a publié un rapport détaillé de sur les deux campagnes de fouilles de 1978-79 (p. 149-194), avec une étude de la céramique mycénienne tardive par (p. 194-220), de la céramique HA par (p. 220-256) et du calcanéum de lion par et (p. 257-258).
En 1980 a poursuivi l'exploration de plusieurs secteurs de la citadelle inférieure, dégageant ou achevant de dégager des ensembles de constructions HR III C, HR III B, HA III, HA II, et mettant au jour des dépôts de céramique HR I-II, néolithique et post-mycénienne. A l'extérieur de l'enceinte, la couverture des galeries a été nettoyée, et une tranchée perpendiculaire à la muraille a été ouverte à l'Est, au pied de la colline.
1) Le niveau HR III C a été fouillé dans trois secteurs (fig. 26) : sur la terrasse Ouest en LXIII/40-45, dans l'embrasure 4 du rempart au Sud-Est, en LXVI/44, et derrière l'embrasure 14 au Nord, en LXI-LXII/35.
Dans le premier secteur, l'extension de la fouille vers l'Est a montré que la terrasse était limitée de ce côté par un talus. A cet endroit est apparu un petit édifice carré isolé (140) et, au Nord de celui-ci, une rue empierrée à degrés, de direction Nord-Ouest/Sud-Est, qui menait au bâtiment VI. Dans la pièce 127, au Sud, on a retrouvé, sur l'avant-dernier sol HR III C, deux foyers et un pithos à reliefs brisé et, au-dessous, quatre autres foyers et une structure en argile de fonction indéterminée. Il est à noter que les trois sols successifs de cette pièce assignables à l'HR III G présentaient tous des traces de violents incendies.
La fouille complémentaire de l'embrasure 4 du rempart Est (qui comportait un étage) a permis d'y déceler en tout quatre sols limités à l'Ouest par un mur, avec des aménagements (foyers, pithoi) et du matériel qui témoignent d'une intégration totale à la vie du site. Le matériel appartient à des phases avancées de l'HR III G. Le relevé pierre par pierre effectué par W. Schruchel amène à restituer, à l'étage, une ouverture dans le rempart exactement au-dessus de celle du rez-de-chaussée. Son interprétation comme meurtrière est cependant exclue par l'exiguïté de l'espace — aisément restituable — qui n'aurait pas permis à des archers de se mouvoir.
Dans le troisième secteur, au Nord, le dernier niveau mycénien a été atteint sous trois mètres de dépôts de la fin de l'époque classique. Il comportait un espace dégagé, bordé à l'Est et au Nord-Est par des bâtiments implantés parallèlement au rempart. L'embrasure 14 du rempart Ouest a été partiellement fouillée. Sa hauteur totale est de 6,80 m et elle ne comportait ni plancher intermédiaire ni ouverture vers l'extérieur. On y a reconnu en tout dix niveaux de sol ainsi qu'un mur en brique crue, à l'Est, percé d'une porte désaxée. Aux divers niveaux, qui s'échelonnent tous sur le troisième tiers de l'HR III C, correspondent des installations de type domestique : foyers, banquette, logements de pithoi. Le matériel céramique recueilli est identique à celui des maisons. On note que la sole de l'un des foyers HR III G tardifs était faite de fragments d'une grande amphore de style « nordique », ce qui prouve qu'à Tirynthe, comme à Corinthe, cette céramique non tournée survécut jusqu'à la fin de l'époque mycénienne.
2) L'horizon HR III Β a été atteint dans la partie Sud du bâtiment VI en LXI/42, et l'on a vérifié sa présence dans le secteur Draggendorff en LXIV-LXV/37-38, grâce à une fouille complémentaire du bâtiment X (fig. 27).
Dans le bâtiment VI on a mis au jour une pièce de 6,50 m de long divisée en deux par un mur de refend (fig. 28, pièce 123). Dans la partie Sud se trouvait une sorte de podium semi-circulaire de 0,26 m de haut et, devant lui, un foyer rond de 0,70 m de diamètre fait d'une pierre plate entourée de tessons et d'une bordure d'argile. La partie Nord de la pièce recelait un cône de cendres, un récipient cylindrique en argile crue et, dans l'angle Sud-Ouest, une structure faite de deux briques crues posées de chant qui en supportaient une troisième. Cette dernière était surmontée de deux cornes en argile crue de 6 cm de large dont l'une, brisée, gisait sur le sol. L'ensemble était enduit de stuc blanc. Devant cette structure, qui ne peut guère être interprétée que comme un autel domestique, on a retrouvé quatre coupes, dont trois sans décor (fig. 29), et quelques objets de parure. A l'Est de cette pièce, on a poursuivi le dégagement de la pièce 130, qui devait servir d'atelier ou d'entrepôt. Le fouilleur pense que le bâtiment VI, dans lequel on avait déjà trouvé trois rhytons (v. BCH 103 [1979], p. 559 et 558, fig. 77), devait être en rapport avec le culte, et il propose d'y voir la maison de la prêtresse.
Dans l'ensemble architectural appelé bâtiment X, le puissant mur Est/Ouest est apparu comme un mur de terrasse. L'implantation de cet ensemble contraste donc avec celle des bâtiments de la terrasse Ouest, qui s'organisent selon un axe Nord/Sud. Il semble que le bâtiment n'avait pas d'étage et que sa partie Nord-Ouest était à ciel ouvert. Le mobilier des pièces (fig. 33) suggère qu'il était à usage d'habitation. Sa position chronologique à l'HR III Β 2 est désormais assurée par les nombreuses trouvailles céramiques. Il connut, pendant cette période, deux phases d'occupation, dont la dernière s'acheva par un tremblement de terre qui fit même une victime.
3) Deux grandes fosses, vraisemblablement creusées pour la récupération de matériaux de construction, ont été fouillées en LXV/40 et en LXII/39-40. Elles ont livré du matériel respectivement HR II B-HR III A 1 et HR I, qui comprenait notamment des productions crétoises et minoïsantes. D'autre part une riche sépulture enfantine de l'époque des tombes à fosse a produit une quinzaine de vases (fig. 32) et des objets de parure en bronze, en pâte de verre et en cristal de roche.
Enfin du matériel du début de l'époque mycénienne était, semble-t-il, associé à une construction rectangulaire mise au jour dans la tranchée ouverte à l'extérieur de l'enceinte en LXVI-LXVII 36-37 (fig. 27). Mais on ne peut évidemment rien conclure de définitif avant d'avoir fouillé sous le sol de cette construction. Une tombe d'enfant creusée devant le mur intérieur de celle-ci contenait une tasse HR II et une perle en cristal.
4) Des vestiges HA ont été fouillés immédiatement au-dessous du bâtiment X et sur la terrasse Ouest en LXII/39 (fig. 30-31).
Le bâtiment X se superpose à une vaste maison absidale HA III, qui dut connaître au moins quatre phases d'occupation, dont seule la plus ancienne est encore représentée. Cette maison, qui mesurait plus de 7,70 m de large et qui n'a encore été dégagée que sur 9 m de long, a été amputée de son mur Est par la construction du rempart. Sous la maison, on a reconnu un niveau du début de l'HA III sans constructions associées, et l'on y a notamment recueilli la pyxide en stéatite de la fig. 34. Une fosse, qui contenait entre autres des bols minyens pansus (fig. 35) et une chope troyenne, doit être datée d'une phase intermédiaire entre ce niveau et la maison absidale. Elle est creusée dans les couches HA II, auxquelles correspondent un ensemble de constructions orthogonales et un matériel caractéristique : saucières (fig. 36) ; « bouchons » (fig. 37), etc. Ces derniers objets, connus par les fouilles de Lerne, sont découverts pour la première fois en contexte HA II assuré.
Une fouille complémentaire dans les maisons HA de la terrasse Ouest a permis de faire quelques observations d'ordre architectural et stratigraphique et de recueillir, outre la céramique, des objets en métal et de l'outillage lithique et osseux.
De la céramique HA III et HA II a également été ramassée dans les anfractuosités du rocher, au fond de la tranchée extérieure à l'enceinte. Quelques vestiges de murs eux-mêmes imbriqués dans le rocher semblent devoir être associés à ce matériel.
5) Pour la première fois à Tirynthe, de la céramique néolithique a été trouvée en quantité non négligeable, quoique dans des dépôts secondaires (fig. 38). On notera surtout la présence de plusieurs tessons de la phase d'Arapi d'un type jusqu'alors inconnu dans le Péloponnèse, celle d'un fragment de coupe carénée de la phase de Larissa, et celle d'un fragment perforé de la phase de Rachmani.
6) Le matériel post-mycénien recueilli au cours de la campagne de 1980 s'échelonne entre l'époque géométrique et les invasions slaves. Il provient en majeure partie du secteur Nord, notamment de l'embrasure 14, qui fut occupée surtout aux époques géométrique, archaïque et hellénistique. L'absence de matériel submycénien et protogéométrique mérite d'être soulignée.
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