AIGEIRA - 1972
Aigeira
Aigeira. — Les fouilles autrichiennes ont repris en 1972, sous la direction de Mme et de . Rappelons que avait fait deux campagnes en 1915 et 1926 (voir OJh 19-20 [1919], Beiblatt, col. 5-42 ; 27 [1932], Beiblatt, col. 223-234). C'est en 1915 qu'il avait trouvé la tête d'une grande statue de Zeus, actuellement au Musée d'Athènes, dans un petit édifice proche du théâtre.
On a fouillé sur la terrasse située devant le théâtre et dégagé en partie un grand bâtiment où se reconnaissent plusieurs phases d'utilisation aux époques hellénistique et romaine. A la dernière phase appartient un four de potier de plan circulaire ; à l'extérieur du bâtiment, dans les niveaux les plus anciens, on a mis au jour une série de cinq petits bassins communiquant entre eux (fig. 135), qui étaient peut-être utilisés pour pétrir l'argile suivant le procédé décrit par Hérodote (II, 36) : la permanence, dans ce secteur, d'activités artisanales paraît confirmée par l'abondance des fragments de céramique et par la présence de quelques moules de bols à reliefs et d'un grand nombre de petits supports de fours en terre cuite de forme triangulaire (voir , ArchAnAth 3 [1970], p. 429-434, et fig. 6, p. 431). La céramique recueillie comprend un peu de Late Roman A (milieu du IIIe siècle ap. J.-C), de la sigillée (première moitié du Ier siècle ap. J.-C), quelques fragments d'assiettes hellénistiques à décor estampé et de vases à reliefs, des unguentaria, des tessons de style West-Slope, des lampes corinthiennes, dont l'une avec représentation d'Artémis (fig. 138 ; l'Artémis Agrotéra mentionnée par Pausanias [VII, 26, 3 et 5] ?). Signalons aussi plusieurs figurines incomplètes. Dans le remblai autour du four se trouvait un chapiteau ionique du Ier siècle av. J.-C.
L'édifice D, à proximité et au Nord du théâtre (voir OJh 27 [1932], Beiblatt, fig. 113), où fut découverte la tête du Zeus, a été nettoyé et fouillé plus complètement. Contrairement à la première hypothèse de , que lui-même n'avait pas maintenue, l'édifice ne doit pas être identifié avec le temple de Zeus dont parle Pausanias (VII, 26, 4). Le sol est constitué par un pavement de galets, orné d'une mosaïque à décor blanc et noir (fig. 136). L'emblèma représente un aigle aux prises avec un serpent ; il est encadré par un bandeau avec griffons affrontés, vases et thyrses, bucranes ; les autres motifs sont successivement : perles et pirouettes, dents de loup et palmettes, branches d'olivier, postes. La mosaïque date du IIe siècle av. J.-C, comme plusieurs fragments architectoniques : simas et antéfixes (fig. 139).
Le théâtre, dont les gradins sont taillés dans le rocher, a été en grande partie dégagé (fig. 137).
Deux sondages effectués sur l'acropole ont livré une céramique qui s'échelonne de l'époque mycénienne à l'époque classique. Peut-être faut-il situer là Hypérésia, que mentionne Homère.
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