CORINTHE - 1972
Âge du Fer - Protogéométrique - Géométrique
Antiquité - Archaïque - Classique - Hellénistique
Archaia Korinthos, Palaia
Corinthe, fouilles de l'École américaine — En 1972, les travaux, sous la direction générale de , ont été concentrés sur la colline du temple, le forum romain et le sanctuaire de Déméter et Corè.
Colline du temple. — a fait progresser vers l'Est la fouille du versant Nord de la colline. La route du VIIe siècle av. J.-C, dégagée au cours des campagnes précédentes, est maintenant visible sur plus de 55 m. Il est confirmé que, construite vers 625, elle fut abandonnée moins d'un demi-siècle plus tard, vers 580. Dans le remblai, des fragments de bronze ont été recueillis : plusieurs d'entre eux appartiennent à des trépieds datant de l'époque géométrique et du VIIe siècle ; à signaler une belle tête de guerrier, travaillée au repoussé, qui peut être une applique de ciste ou de vase. Lors de l'agrandissement du téménos d'Apollon, consécutif à la destruction de l'ancien temple, un mur de terrasse fut édifié presque entièrement au Nord de la route, qui était alors hors d'usage. De ce mur, démantelé au cours du Ier siècle ap. J.-C. pour fournir des matériaux de construction, ne subsistent que de rares vestiges : ainsi a-t-on pu constater qu'un tronçon comportant un changement de direction constituait l'angle intérieur Sud-Est du bâtiment appelé «Painted-Building» (voir BCH 95 [1971], p. 861). Il n'est donc pas exclu que celui-ci, daté hypothétiquement du Ve siècle av. J.-C, soit contemporain du mur.
Le nouveau temple, construit vers 550 av. J.-C, paraît n'avoir pas souffert jusqu'au sac de Corinthe par Mummius en 146 av. J.-C A la fin du Ier siècle av. J.-C, lorsque Corinthe devint la capitale de la Province romaine de Grèce, une carrière fut ouverte à proximité immédiate et au Nord-Est du temple du vie siècle. Une partie de cette carrière a été dégagée en 1971. Son exploitation s'est prolongée jusqu'au milieu du Ier siècle ap. J.-C, date à laquelle elle fut remblayée. On y a recueilli des simas et des antéfixes en terre cuite du temple du vie siècle, des antéfixes datant du ive et du ше siècle av. J.-C, mais imitant la forme et le décor des antéfixes originelles, un sphinx en terre cuite, fragmentaire, qui était vraisemblablement un acrotère du temple.
L'église, dont l'existence avait été conjecturée lors des campagnes précédentes, était située au Nord-Est du temple. On a mis au jour, en effet, le narthex, la partie Ouest de la nef, les ailes latérales, ainsi que deux ostéothèques voûtées, construites en briques, qui sont contemporaines du narthex. La céramique permet de dater l'ensemble du vie siècle. Une partie du pavement, en opus sectile, du narthex est in situ. De nombreux fragments décoratifs en marbre ont été recueillis, dont plusieurs proviennent d'un panneau ajouré qui rappelle l'ambon de la basilique A de Néa Anchialos (voir ArchEph [1929], p. 86, fig. 106). L'église, ruinée à la fin du VIe ou au début du VIIe siècle, fut restaurée au XIIe siècle. Dans le narthex et à l'Ouest de celui-ci, soixante-dix tombes ont été fouillées. Elles s'échelonnent du VIe au XIIIe siècle : beaucoup avaient servi à plus d'une inhumation et certaines constituaient de véritables ostéothèques. Elles ont livré quelques offrandes : boucles de ceintures en bronze, une croix d'argent avec le nom Anna, une paire de boucles d'oreilles en or.
Forum romain.— A proximité et au Nord-Est des rostres, un téménos hypèthre, très intéressant par son architecture, a été mis au jour (fig. 74 et 75). Construit à l'époque du Corinthien Moyen au-dessus de tombes protogéométriques, il est constitué par un enclos rectangulaire fait d'orthostates posés sur un socle, ou directement sur le rocher, et couronnés par un chaperon. L'absence de scellements est notable : les orthostates sont enfoncés dans une gorge taillée sur le socle, les blocs de couronnement s'encastrent sur les orthostates et les plaques du socle s'imbriquent l'une dans l'autre horizontalement. Deux fosses peu profondes contenaient des cendres et quelques ossements ; elles ont livré également des fragments d'un grand cratère du Corinthien Récent avec deux zones décorées : l'une où est représenté Achille descendant de son char pour combattre (fig. 79), l'autre, au-dessous, avec des cavaliers. Par ailleurs de nombreuses figurines ont été recueillies (fig. 77 et 78), ainsi qu'une perle de verre phénicienne du VIIe siècle. Il semble que le téménos n'ait été abandonné qu'en 146 av. J.-C.
Le bâtiment III (au Sud de la piste de course, voir BCH 96 [1972], fig. 123) a été plus complètement fouillé. Les vestiges les plus anciens situés dans le quart Nord-Ouest (« the Tavern of Aphrodite ») datent de la seconde moitié du VIe siècle av. J.-C. A l'angle Sud-Ouest, sous la stoa Sud, est conservé le sol en pôros broyé de la cour du IVe siècle ; il recouvre plusieurs niveaux d'occupation, dans le plus ancien desquels on a trouvé un beau lot de céramique du VIe siècle : signalons des fragments de cratère avec satyre et ménade, deux femmes tissant (fig. 80) et un rebord de cratère avec la première représentation connue d'un bateau de guerre à deux mâts (fig. 81). Il semble que l'emplacement des bâtiments II, III et IV ait été occupé jusqu'à la fin du Ve siècle par des ateliers métallurgiques. Après les travaux de 1971, le plan du bâtiment III est entièrement connu : il était pratiquement rectangulaire (20,20 m d'Est en Ouest sur 12,70 m et 14,75 m du Nord au Sud), avec deux cours dont les entrées étaient au Nord (fig. 76). Deux dépôts de céramique du IVe siècle av. J.-C. sont à mettre en rapport avec sa destruction : l'un constitué en grande partie de fragments de céramique commune, parmi lesquels se trouvait une monnaie de Syracuse de 357-344 av. J.-C, l'autre, plus intéressant, date de l'époque où les pierres du mur Ouest du bâtiment III ont été enlevées pour la construction de la stoa Sud : fragments de deux cratères corinthiens en cloche, lampes Athenian Agora IV des types 21 et 25 A, skyphos, cotylè, plats à poissons (troisième quart du IVe siècle av. J.-C).
On a travaillé également à la Fontaine Sacrée et surtout au Sud du mur à triglyphes, à proximité du complexe, datant du Protocorinthien et du Corinthien, fouillé en 1970 (voir BCH 95 [1971], p. 856). Une cour rectangulaire a été dégagée ; dans le mur Ouest de celle-ci, une porte donne accès à une pièce, dont la fouille n'est pas achevée : la construction de la cour et de la pièce contiguë date du début du Protocorinthien et l'activité, sans doute métallurgique, s'y est maintenue jusqu'au début du Ve siècle av. J.-C.
Sanctuaire de Démêler et Corè. — Au cours de la campagne de 1971, Mlle a dégagé sur une longueur de 40 m la route qui forme la limite Nord du sanctuaire ; d'autre part, à l'intérieur du sanctuaire (fig. 82), la fouille a porté sur la seconde terrasse.
Cette terrasse est occupée par une série d'édifices avec salle à manger, dont trois ont été complètement fouillés (fig. 83) ; un quatrième, en cours de dégagement, révèle deux phases d'occupation (IVe et Ier siècles av. J.-C). Ils comportent deux ou trois pièces ; l'entrée est au Nord et les pièces au Sud ont été creusées dans la pente. Élevés dans le dernier quart du Ve siècle, leur destruction date du troisième quart du IVe siècle av. J.-C.
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