TIRYNTHE - 1976
Âge du Bronze - Bronze Ancien - Bronze Moyen - Bronze Récent
Âge du Fer - Fer ancien/Submycénien
Tirynthe, Tiryntha, Tiryns
Tirynthe. — En 1976 les recherches de l'Institut allemand, dirigées par , ont porté sur la citadelle inférieure et la zone Nord-Ouest de la ville basse. Le quadrillage qui avait été mis en place dans ce dernier secteur est désormais étendu à l'ensemble du site (fig. 77).
Ville basse. — Dans une aire de 23 m sur 5 m (carrés LIII/LIV 30-31) on a mis au jour plusieurs niveaux d'habitat, qui appartiennent tous à la phase initiale du HR III C, pour laquelle ils fournissent une bonne séquence de la céramique et des petits objets.
L'état final est représenté par une pièce carrée (vraisemblablement détruite par un tremblement de terre) dont le sol était jonché de vases entiers. Une substruction de foyer (fig. 78), un silo et les restes d'un four en argile sont contemporains de cette maison.
Immédiatement au-dessous un ensemble de cinq pièces se répartit autour d'une cour, pourvue d'un puits de 0,80 m de diamètre, dont le fond a été atteint 5,80 m plus bas. La paroi Sud de celui-ci présente sur toute sa hauteur une manière d'ébrasement qui garde encore la trace des échelons en bois qui y étaient encastrés.
Des lambeaux de sols, quelques tronçons de murs et un foyer témoignent d'un état encore plus ancien. La fouille ne s'est pas enfoncée au-dessous d'une épaisse couche de graviers de rivière, excepté dans une tranchée de 1 m sur 5 m, où l'on a rencontré successivement un lit de torrent (fin HR III В - HR III С 1) puis des dépôts alluviaux sablonneux, au-dessous un fossé, enfin une strate boueuse avec de la céramique HM très peu roulée. Outre son intérêt écologique, cette découverte jette une lumière nouvelle sur des ouvrages comme la digue (?) de Kophini (à 5 km de Tirynthe) dont la datation n'est pas encore bien établie.
La céramique HR III C présente des parallèles évidents avec celle de Lefkandi I a-b, mais l'éventail des types est beaucoup plus ouvert. La comparaison avec le matériel HR III B démontre la filiation des formes.
Hormis quelques aménagements d'époque moderne, les seuls vestiges plus récents sont ceux d'un puits géométrique tardif, dont la profondeur atteint 5,43 m. On en a retiré de nombreux fragments de vases (amphores, hydries, cruches, coupes, pithoi à reliefs) et une quinzaine de pesons décorés de bandes. Ce puits, de section piriforme, est lui-même creusé à l'intérieur d'un autre puits géométrique plus ancien et plus profond, qui a livré de la céramique à bandes et quelques fragments de clayonnages en bois.
Citadelle basse. — Après un relevé photogrammétrique complet de la muraille, la fouille proprement dite a progressé vers le Sud, en direction de la citadelle moyenne (carrés LXI/LXII 40-41). On a enlevé la couche 1 (terre arable) et la couche 2 (« boue alluviale ») afin de faire apparaître le dernier niveau d'occupation mycénien. La première couche contenait quelques vestiges de tombes byzantines, la seconde plusieurs bothroi archaïques et classiques, ainsi qu'une fosse submycénienne et des restes de fondations assignables au début de l'âge du Fer.
Le dernier niveau mycénien était uniformément recouvert par une couche de débris d'une vingtaine de centimètres d'épaisseur. On y a achevé le dégagement d'un ensemble de pièces entourant une cour fermée, à laquelle on accédait par trois petits chemins au Sud, à l'Est et au Nord (fig. 79). Deux phases architecturales, qui appartiennent toutes deux à un stade avancé du HR III C, ont généralement pu y être distinguées. A l'Ouest, directement adossées à la muraille, deux pièces carrées pourvues d'un foyer jouxtent un petit édifice sur plan de mégaron, que les trouvailles (plusieurs idoles [fig. 84-86] et une banquette cultuelle) désignent comme sanctuaire. Il s'appuie au Nord contre un bâtiment allongé, dans lequel on a trouvé une autre idole. Au Sud, la cour est bordée par un vaste entrepôt, apparemment pourvu d'un étage et détruit par un incendie. Les deux pièces du rez-de-chaussée abritaient respectivement quatre grands pithoi en argile crue et un four destiné à la fonte du plomb. Le cratère de la figure 82 a été trouvé parmi les décombres de l'étage. A l'Est enfin une série de pièces d'habitation a livré un matériel céramique caractérisé par la rareté des vases décorés.
L'habitat s'étageait sur deux terrasses (Est et Ouest) de 0,40 m de dénivelé, dont l'aménagement, au HR III C, fit disparaître toutes les couches postérieures au HA II. Les murs des habitations s'y superposèrent souvent à des murs plus anciens.
Un premier examen de la céramique permet de distinguer plusieurs classes bien individualisées, dont certaines sont nouvelles. L'interprétation chronologique est assurée par la présence — et l'abondance — d'un certain nombre de types bien datés, comme les cratères à bourrelets crantés sous la lèvre (fig. 82) et différents types de skyphoi — à bande ondulée, à bord pointillé, à « rosettes » ou monochromes à pied ou bande réservée. On constate que les skyphoi et les cratères à vernis intérieur sont beaucoup plus fréquents que leurs homologues sans vernis. Le « close style » proprement dit, si fréquent à Mycènes à la même époque, n'est représenté que par trois fragments.
Parmi les petits objets il faut mentionner un fragment de larnax, qui a son parallèle au Palais de Nestor, des lambeaux de fresques, des idoles en Ψ et T, des figurines animales en terre cuite et divers éléments de parure en or, en cristal et en faïence.
L'horizon ainsi défini peut être mis en parallèle avec les phases II a et b de Lefkandi. Les trouvailles de la ville basse jointes à celles de la citadelle inférieure devraient permettre d'affiner la chronologie du HR III С.
Des tessons et des vases HR I-II ont été retrouvés dans les terres perturbées par les travaux de terrassement, mais aussi dans une fosse intacte (fig. 80). Quant à la céramique HA II, hormis quelques tessons qui proviennent du remblai, elle a été trouvée en association avec des maisons absidales, des fours, des structures en brique crue et une fosse (fig. 83). A noter un fragment de « foyer cultuel » qui évoque celui de Lerne (fig. 81).
Signalons en annexe la publication des inscriptions archaïques identifiées en 1962 par sur les blocs d'une galerie souterraine découverte au Nord-Ouest de l'acropole (v. BCH 87 [1963], p. 755). L'intérêt de ces dix-neuf fragments réside aussi bien dans leur forme (écriture « serpentine », alphabet et dialecte argiens) que dans leur contenu (allusion à des banquets sacrés, semble-t-il). ArchEph 1975, p. 150-205.
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