KOMMOS - 1979
Kommos
La campagne de 1979, dirigée par , sous l'égide de l'École américaine, a porté sur les mêmes secteurs que la précédente (fig. 195).
1) Au sommet de la colline, on a pratiquement achevé de nettoyer cinq maisons construites au MR I et abandonnées au MR III B. Parmi les découvertes de cette année, on signale une salle de bains et un débarras qui contenait un dépôt de céramique et d'outils en pierre. La publication de cet ensemble architectural sera entreprise dès l'an prochain.
2) Sur le flanc de la colline, où la fouille du bâtiment MR de sept pièces est également achevée, on a poursuivi l'exploration des niveaux MM, mettant au jour une pièce du début de la période, parfaitement conservée mais pratiquement vide, et une autre — un magasin — datant du MM III et contenant une grande quantité de céramique (fig. 196) : six pithoi in situ et plus de trente petits vases (coupes, amphores, cruches et rhytons [fig. 197]).
3) L'extension de la fouille du sanctuaire classico-hellénistique a amené la découverte de deux nouveaux autels, au Sud des deux précédents, et d'un temple à l'Ouest de ceux-ci (fig. 199). Le temple (fig. 198) constitue la pièce Sud du bâtiment A. Légèrement plus grand que la pièce Nord, il présente la même ordonnance : foyer central, banquettes le long des murs, porte à l'Est donnant sur la cour. Il possède en outre un sol dallé, deux colonnes axiales — qui font penser aux temples plus anciens de Prinias et Dréros — et, sur la plateforme adossée au mur Ouest, les traces d'une ou plusieurs statues de culte. Le temple fut détruit vers 150 av. J.-C., mais de nombreuses lampes romaines témoignent de sa fréquentation — peut-être après une reconstruction — au moins jusque vers 125 ap. J.-C.
Un sondage profond a montré que l'une des deux bases de colonne reposait sur une eschara rectangulaire, à proximité de laquelle on a trouvé des fragments de bronze et de céramique du VIIIe-VIIe siècle av. J.-C., dont quelques vases à vernis noir décorés de figures incisées (guerriers, scène de prothésis). L'eschara elle-même se superpose à un autel, constitué par une grande plaque triangulaire munie de trois encoches dans lesquelles trois dalles rectangulaires étaient encastrées à l'aide de tenons. Les intervalles entre ces dalles étaient occupés respectivement par une statuette de déesse égyptienne en faïence montée sur un petit cheval en bronze, et une figurine en faïence qui représente probablement un pharaon. Sur l'autel se trouvaient également un taureau en bronze et un grand bol en bois carbonisé sur place.
En contre-bas du temple, à l'Ouest, la recherche d'éventuels aménagements portuaires a abouti à la découverte de trois bâtiments minoens d'orientation identique. L'épaisseur inhabituelle des murs leur donne un aspect palatial. On en a exploré une vaste pièce, dont le sol, revêtu à l'origine de très grandes dalles, fut considérablement rehaussé à une époque que la céramique permet de dater du MR III. La fonction de cet édifice et la date de sa construction ne sont pas encore éclaircies, mais il paraît d'ores et déjà exclu qu'il s'agisse d'une demeure privée.
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