TIRYNTHE. - 1979
Tirynthe, Tiryntha, Tiryns
Fouilles de l'Institut allemand. — La campagne de 1979, dirigée par , visait surtout à préparer, par des déblaiements et quelques nettoyages ponctuels, la fouille de la moitié Est de la citadelle inférieure, qui fera l'objet des prochaines campagnes (v. plan dans BCH 103 [1979], p. 557, fig. 74).
À l'extrémité Sud de la fouille, en LXIII/45, sous le niveau d'arrêt d'une tranchée jadis ouverte par , on a rencontré la couche de destruction d'une maison HR III C, qui abritait un vaste four à coupole. Cette couche, également fouillée en LXIII/40-43, a livré de nombreux vases complets (fig. 38) et plusieurs nouveaux fragments du cratère aux guerriers (fig. 41). Les ornements de remplissage permettent de dater le vase de la fin du HR III C avancé.
En LXIV/43-44, sous une couche de débris argileux également riche en matériel HR III C, sont apparus des restes de constructions HR III Β 2, ainsi qu'une sépulture de femme contenant une perle en argile qui devait orner l'extrémité d'une ceinture. C'est le premier objet personnel retrouvé dans l'une de ces tombes, dont plus de cinquante ont été fouillées jusqu'à présent (ibid., p. 559).
En LXI 11/42 un nettoyage a confirmé l'existence de constructions submycéniennes, ce qui établit enfin de façon certaine, quoique très limitée dans l'espace, la réoccupation du site au début de l'âge du Fer. On n'a donc pas été surpris de trouver, dans le même secteur, deux tessons protogéométriques.
Derrière le rempart Est, en LXIV-LXV/39-40, on a pu observer de nouveau, après enlèvement de la couche de terre végétale, la tranchée de fondation du mur d'enceinte. Sa largeur, à cet endroit, n'excède pas 0,50 à 0,70 m, mais elle est surmontée par un fossé de 4 m de large qui a coupé en biais l'extrémité des couches HA. La tranchée et le fossé ont livré un matériel HR III Β 2 homogène. Dans la dernière couche HA III en place, on a dégagé une maison absidale de 4,50 m de large sur plus de 6,60 m de long (fig. 37), qui voisine avec d'autres constructions partiellement détruites par le rempart mycénien — ce qui paraît exclure l'existence d'un mur de fortification HA sur le tracé de la future enceinte mycénienne. Au Nord-Est de ce secteur, qui est malheureusement perturbé, sur plus de 1,50 m d'épaisseur, par un terrier de renard, on a découvert une tombe à ciste HM tardive qui contenait plusieurs vases (fig. 39).
Immédiatement au Nord, un ensemble de pièces adossé au rempart en LXIV-LXV/38, appartient à l'horizon HR III Β 2. Il recouvre en partie un bâtiment HA III, qui sera exploré au cours de la prochaine campagne.
Derrière le rempart Ouest, un nettoyage de la pièce 10 du bâtiment I a révélé, pour la première fois, l'accès originel de l'une des embrasures intérieures du rempart, et produit plusieurs pièces de mobilier intéressantes : un broyeur et un mortier tripode en pierre, un pendentif en ivoire à volutes, et deux sceaux en stéatite qui représentent respectivement un cerf courant (fig. 42) et deux animaux dos à dos accompagnés d'un bouclier en forme de 8 (fig. 43). Dans la tranchée de fondation du rempart on a mis au jour, en LX/41, cinq nouvelles inhumations dépourvues d'offrandes.
Enfin dans le secteur LXII/39-40, fouillé en 1977, on a découvert, sous le grand bâtiment HA II détruit par un incendie, les restes de trois états architecturaux antérieurs, tous assignables à cette même phase. Les deux plus anciens avaient également été détruits par le feu, tout comme, du reste, l'horizon HA III qui se superpose à l'ensemble. Dans le même secteur on a fouillé une tombe d'enfant HR II qui a livré trois tasses décorées, et une sépulture de femme qui ne contenait aucun mobilier.
L'étude, par , de la céramique HA recueillie pendant les campagnes de 1977 et 1978, permet d'ores et déjà d'établir la séquence suivante. Les deux premiers états de construction auxquels correspondent de grandes maisons datent du HA II. Outre des fragments de saucières en Urfirnis, ils ont livré une abondante vaisselle domestique brun-rouge ou brun-jaune essentiellement représentée par des petits bols à bord rentrant (fig. 40). Au-dessus, se superposent une couche de destruction avec traces de violent incendie, et un horizon HA III caractérisé par de la céramique protominyenne, des tessons peints à décor pointillé (dotted ware) ou à motifs blancs sur fond noir, et des vases du type ouzo-cup. L'Urfirnis à motifs linéaires sur fond clair n'apparaît pas encore, mais la couche suivante en a livré quelques tessons de la phase primitive. On note, à la différence de Lerne, la persistance de la céramique HA II jusque dans les niveaux HA III.
W. Schnuchel a poursuivi, de son côté, l'examen topographique et architectural du mur d'enceinte : exploitation du relevé photogrammétrique des deux parements dans le secteur des galeries et achèvement du levé en plan jusqu'en LXI/40-41. L'étude des embrasures intérieures du rempart Ouest a montré qu'on en avait restitué une de trop (n° 6 en partant du Sud) et que deux autres (nos 8 et 9) formaient en fait une seule pièce continue dans l'épaisseur de la muraille.
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