KOMMOS. - 1980
Âge du Bronze - Bronze Moyen - Bronze Récent
Âge du Fer - Protogéométrique - Géométrique
Antiquité - Archaïque - Classique - Hellénistique - Romaine
Kommos
Fouilles de l'Université de Toronto et du Royal Ontario Museum. — En 1980 et ses collaborateurs ont poursuivi l'exploration de la ville minoenne et du sanctuaire d'époque grecque découverts au cours des campagnes précédentes.
1) Le nettoyage des cinq maisons MR I-III fouillées au sommet de la colline a été achevé, et l'étude architecturale de cet ensemble en vue de la publication finale progresse.
2) Sur le flanc de la colline, à l'Est du vaste bâtiment MR dont la fouille est désormais terminée, l'exploration des niveaux MM a produit une séquence architecturale intéressante avec un riche matériel céramique associé. On signale notamment un dépôt MM III post-Kamarès sous un escalier, à proximité de deux puits de lumière partiellement superposés. Des sondages futurs dans cette zone devraient permettre de déterminer le plan complet de la maison MM III et fournir des données sur le plan et le mobilier des constructions MM I-III sous-jacentes.
3) C'est dans le secteur Sud que les recherches ont été le plus fructueuses. Après avoir dégagé la cour du sanctuaire à l'Est du temple du IVe siècle av. J.-C., on a fouillé, au Sud de celui-ci, un amas de déblais stratifiés dont les plus récents, qui correspondent à l'abandon du sanctuaire, datent de 150 ap. J.-C., tandis que les plus anciens, qui se succèdent sous le niveau de fondation du temple, remontent aux époques proto-géométrique, géométrique et archaïque, comblant en grande partie le hiatus jusqu'alors observé dans l'histoire du site. Ces derniers niveaux ont notamment produit de la céramique attique et corinthienne, et des figurines de chevaux et de taureaux en terre cuite ou en bronze (fig. 205). Des couches supérieures proviennent d'intéressantes séries de vases hellénistiques (coupes, louches, lampes) ainsi qu'une couronne en bronze d'une remarquable finesse d'exécution (fig. 204), et un autel tripode en terre cuite soutenu par des sirènes assises.
Dans le temple lui-même, après avoir démonté une bonne partie du dallage afin de poursuivre l'exploration des états antérieurs (fig. 203), on a constaté que l'autel « à trois piliers », de type probablement phénicien, découvert en 1979 sous la colonne Ouest du temple du IVe siècle (temple C) appartenait à un temple du VIIIe- VIIe siècle av. J.-C. (temple B). Celui-ci était pourvu d'un toit, d'un pilier axial en façade (à l'Est), d'une banquette le long du mur Nord — et probablement aussi du mur Sud — et d'un foyer placé près de l'autel, dans l'axe du monument. Lorsque le niveau du sol s'exhaussa, un second foyer, de forme rectangulaire, fut construit non loin des piliers de l'autel.
Le temple Β se superpose lui-même au temple A, de structure très simple, sans pilier central mais avec une banquette le long du mur Nord et un alignement de blocs faisant office de seuil à l'Est. Ce temple connut lui aussi deux phases au moins, dont la première a pu être datée, grâce à la céramique retrouvée sur le sol, du Géométrique Ancien (fin du Xe s. av. J.-C.). Pendant la seconde phase, une série de coupes d'un type inhabituel, deux pointes de flèches en bronze et une patte de taureau en terre cuite furent déposés juste devant l'entrée.
Ce sanctuaire, fondé au plus tard au Xe siècle av. J.-C. après un hiatus apparent de deux cents ans dans l'occupation du site, est donc, dans l'état actuel de nos connaissances, le plus ancien sanctuaire de l'âge du Fer découvert en Crète, et celui dont la séquence chronologique (de 925 av. J.-C. à 150 ap. J.-C.) est la plus longue.
A l'Ouest du temple, en bordure de l'ancien littoral, la poursuite de l'exploration du bâtiment J, découvert en 1979, a confirmé qu'il s'agissait probablement d'un édifice à usage commercial. Immédiatement à l'Est de celui-ci on a mis au jour un vaste puits de lumière dallé, bordé à l'Est par un mur en moellons. Plusieurs petits sondages effectués dans la partie Sud du terrain ont rencontré des vestiges architecturaux minoens en place, mais on dispose encore de trop peu d'éléments pour en restituer les plans et en préciser les fonctions. Les causes de l'abandon temporaire du site juste avant le MR III Β ne sont pas non plus clairement établies, mais, si l'hypothèse d'un massacre est à exclure, celle d'un séisme demeure plausible. Il semble bien, en tout cas, que le dernier état de construction MR III relève d'une conception d'ensemble, et qu'il fut précédé, au MM III ou au MR I, par un nivellement général des vestiges MM.
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