SAMOS - 1972
Pythagoreion, Tiganion, Teganion
Αρχαιολογικό Κτηματολόγιο
Sites archéologiques :Πυθαγόρειο, Σάμος
Samos, thermes romains. — Après la quatrième campagne, qui a eu lieu en août et septembre 1972, la fouille des thermes romains, dirigée par W. Martini, laisse apparaître le plan de cet important ensemble (fïg. 284 ; pour les résultats de 1971, voir BCH 96 [1972], p. 776, 786 et 790-792).
Afin de déterminer l'étendue des thermes, on a provisoirement renoncé à dégager le frigidarium et le tepidarium (qui communique avec le caldarium par un large passage).
Dans le secteur Sud-Est, une salle rectangulaire, contiguë à l'Ouest au tepidarium et orientée Nord-Ouest/Sud-Est, a été déblayée (fig. 285). Cette salle, qui était chauffée (le dégagement de l'hypocauste se fera ultérieurement) s'ouvre au Nord par une double baie sur l'exèdre du frigidarium et communique par là avec les autres pièces (fig. 286 et 287). Elle comportait dix niches accolées aux longs côtés et disposées symétriquement, et il est probable qu'elle était éclairée par une fenêtre donnant sur la mer. La niche de l'extrémité Nord du côté Ouest, mieux conservée, permet de restituer un sol en plaques de marbre blanc et un revêtement mural, en marbre blanc également, terminé par une moulure, sur une hauteur de 0,90 m (fig. 291) ; au-dessus, le mur était décoré d'un placage en marbre sombre et veiné, dont des débris ont été recueillis à terre. D'autre part, le plafond était constitué par une voûte, en briques, décorée d'une mosaïque de verre polychrome, dont on a pu reconstituer trois fragments. Sur l'un d'eux (fig. 290), on reconnaît le visage, presque en grandeur nature, d'un personnage ailé (représentation d'une Saison?) ; la mosaïque paraît dater de la fin du IIe siècle ap. J.-C. Enfin, les niches étaient couronnées, du moins sur le mur Est, par une inscription gravée sur un bandeau de marbre, formé de plaques hautes de 0,50 m. La présence de lettres sur les deux faces (fig. 288 et 289) atteste qu'à une date postérieure, d'après la forme des lettres de l'inscription la plus tardive, à la fin du ше siècle ap. J.-C, des travaux de rénovation ont eu lieu, au moins dans cette salle, et qu'à cette occasion l'inscription primitive, contemporaine de la construction des thermes, a été remplacée. Le dégagement de l'hypocauste permettra, espère-t-on, de recueillir de nouveaux fragments, grâce auxquels le contenu et la date des inscriptions pourront être précisés. Faut-il identifier cette salle avec l'apodyterium, comme y inviteraient la présence de niches et l'existence d'un moyen de chauffage ? En réalité, l'absence de communication directe avec le tepidarium et le caldarium, le fait aussi que les niches paraissent plutôt destinées à agrandir l'espace qu'à former une série de petites pièces fermées, semblent exclure cette hypothèse. Peut-être cette salle, que distinguaient et son décor particulièrement soigné et l'inscription monumentale, servait-elle à des représentations artistiques ?
Une tranchée a été ouverte à l'extrémité Nord-Est de la « salle aux niches » pour déterminer la limite orientale des thermes et leur jonction avec le niveau de la rue. Cette façade orientale était constituée par un mur soigneusement appareillé, conservé jusqu'avi niveau des orthostates ; ceux-ci, hauts de 1 m et de longueur variable (1,60 m au maximum) présentent une face externe piquetée, encadrée par un listel lisse (fig. 292). Au Sud de la salle et au-delà du corridor de chauffe, où l'on chargeait les deux praefurnia, le mur ferme une cour (fig. 293), qui s'ouvrait au Sud-Est par une entrée dont le seuil, très usé, est en place. Au Sud de la cour, trois pièces voûtées servaient de remise pour le matériel de chauffage. D'autres sondages seront nécessaires pour découvrir la limite Est du grand portique.
Le dégagement de l'exèdre du frigidarium n'a permis de retrouver aucun vestige de la décoration de marbre, enlevée et transformée en chaux par la petite communauté religieuse qui a occupé les thermes au VIe siècle ; c'est précisément en four à chaux qu'avait été transformée la niche ronde située au Sud de l'exèdre. On a recueilli des morceaux de meule et les fragments de plus de deux cents amphores de stockage, qui illustrent bien les activités de cette communauté. D'autres aménagements datant de la même époque ont été mis au jour au Nord de l'exèdre. La pièce qui fait suite à l'exèdre au Nord avait trois grandes niches sur le côté Est ; elle s'ouvre à l'Ouest sur une vaste salle, dégagée seulement en partie, qui communique par toute la longueur de son côté Sud avec le frigidarium. La natatio, dont la présence était attendue dans ce secteur, n'a pas été retrouvée, mais il faut signaler qu'ici l'absence de remblai protecteur rend très difficile l'examen des rares vestiges subsistants.
La façade principale était vraisemblablement au Nord. La prochaine campagne de fouilles devrait en donner confirmation.
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