PAROS. - Marmara et Paroikia. - 1977
Technische Universität München (TUM) (Université technique de Munich)
ΙΖ' Αρχαιολογική Περιφέρεια (17e circonscription archéologique (1963-1977))
Paros, Paroikia
De son côté la mission de l'Université Technique de Munich dirigée par (Institut de recherche et d'histoire de la construction) a repris l'étude systématique des blocs du temple d'Artémis publié en 1962 par . Une restitution plausible du monument peut désormais être tentée.
Marmara — La même équipe a étudié en 1976-77 les restes d'un temple classique dont subsistent notamment trente-cinq tambours de colonnes. L'édifice présente, dans ses dimensions et son exécution, de telles similitudes avec le « Pythion » qu'on est tenté d'y voir une réplique exécutée par le même atelier.
Paroikia — Mais les travaux de la mission allemande ont porté principalement, au cours des deux dernières années, sur les monuments de l'ancienne ville de Paros — l'actuelle Paroikia — dont de nombreux blocs ont été remployés dans la cathédrale byzantine, la forteresse vénitienne, plusieurs églises et demeures privées, tandis que d'autres se trouvent dans les réserves du musée. Depuis 1970, environ deux mille fragments architectoniques ont été inventoriés. Ils appartiennent à dix-neuf monuments.
1) Temple A. Le dégagement partiel des fondations a fait apparaître au-dessus des assises de gneiss, à l'Est, l'euthyntéria en marbre et, sur le long côté Sud, deux degrés de la krèpis ainsi que les traces d'un troisième. On peut désormais restituer de façon sûre un plan amphiprostyle à six colonnes. C'est à la porte Ouest qu'appartiennent les montants de près de 10 m de haut qui ont déjà été reconstitués. De l'élévation on connaît aussi le soubassement mouluré des murs, la porte en marbre, les carreaux du mur intérieurement stuqués et probablement aussi peints, plusieurs poutres en marbre, des moulures décoratives, des fragments de tuiles en marbre et la sima qui, à l'origine, était peinte.
2) Temple B. La console de porte restaurée en 1976 était pourvue de moulures latérales qui ont pu être reconstituées graphiquement (fig. 201). Observation plus intéressante, le temple possédait un adyton qui témoigne d'un culte chthonien ou à mystères. Or la tradition rapporte l'existence, à l'intérieur de la ville, d'un tel culte en l'honneur de Corè (ν. ΑΜ 26 [1901], p. 213-214). Ce monumental temple archaïque qui, d'après la dispersion des fragments, devait se trouver sur l'acropole, a donc toute chance d'être un temple de Corè — à distinguer du Thesmophorion sis hors les murs.
3) Temple C. Connu par une base de mur mouluré et par sa porte que fermait une grille, il a été interprété comme un trésor. L'étude des repères gravés sur les blocs a permis d'en reconstituer le mur de façade.
4) Un temple dorique jusqu'alors inconnu a été identifié grâce au rapprochement d'un certain nombre de blocs : fragments de tambours de colonnes à vingt cannelures, chapiteaux, triglyphes, corniches et peut-être deux fragments de caissons (fig. 199). Il s'agit, semble-t-il, d'un temple périptère des environs de 400 av. J.-C, de même taille que celui de Poséidon au cap Sounion. D'exécution soignée, il soutient la comparaison avec les meilleurs édifices attiques d'époque classique. Deux fragments importants de ce temple ont été trouvés dans l'Asklépiéion mais il est exclu qu'ils lui appartiennent. On doit donc supposer qu'ils sont tombés de la terrasse supérieure, où O. Rubensohn a localisé en 1902 le sanctuaire d'Apollon Pythien sans toutefois y retrouver trace du temple. C'est que celui-ci avait dû être entièrement détruit et utilisé comme carrière avant la fin de l'époque hellénistique, puisqu'une corniche complète en fut alors remployée dans le mur d'enceinte de la ville. Ainsi s'expliquerait aussi l'absence de tout élément de ce temple dans la forteresse vénitienne et la cathédrale byzantine. On espère que des sondages complémentaires sur la terrasse du sanctuaire permettront d'éclaircir le problème.
5) Les éléments d'un ordre ionique trouvés en 1976 ont été étudiés : trois colonnes à dix-huit cannelures, un chapiteau d'angle qui reproduit visiblement celui de Bassae, neuf blocs d'architrave dont deux correspondent à un angle interne, des denticules avec un astragale et un kymation ionique, enfin une sima dont le lit de pose porte les traces dudit kymation. Il ne peut guère s'agir que d'une cour péristyle hypètre (fig. 200 a). Le seul bloc de corniche, dont la partie débordante a malheureusement été retravaillée à l'époque byzantine, mesure 3,70 m de long — soit exactement deux entrecolonnements — et seulement 0,17 m de haut (fig. 200 b). Il devait être employé comme poutre de décharge au-dessus d'un double entrecolonnement qui, selon toute apparence, dégageait l'ouverture d'une abside inscrite de 3,86 m de diamètre au fond du péristyle : on a retrouvé deux blocs de cette niche semi-circulaire qui devait abriter une statue cultuelle. La similitude de la technique et du diamètre invitent à rapprocher de cet ensemble l'édifice rond reconstitué en 1972 par H. Fastje, et qui devait se trouver dans la cour, en face de l'abside cultuelle. Un autel de 3,30 m de large qui présente les mêmes crampons, la même technique de taille et des antes richement décorées, doit également appartenir à ce complexe dont l'interprétation est suggérée par plusieurs indices. Une liste de comptes publics est inscrite dans l'encadrement de la porte de l'édifice rond. Or une inscription inédite découverte par le Service archéologique précise que les archives de la ville, de même que les stèles inscrites, sont déposées dans le sanctuaire d'Hestia. On sait par ailleurs qu'Hestia était honorée dans le Prytanée, centre administratif de la cité. L'édifice doit donc être interprété comme le foyer sacré ; les annexes du Prytanée (cuisines, salles de banquets, archives) devaient se répartir autour de la cour péristyle. L'emplacement du Prytanée lui-même doit être cherché sur l'agora.
6) De nombreuses dalles moulurées, remployées comme éléments de corniche dans la cathédrale byzantine, proviennent d'un théâtre antique cité dans une inscription de 206 av. J.-C. La technique de construction des gradins, faits d'une dalle horizontale posée sur une dalle verticale (fig. 198), est caractéristique des Cyclades (Délos, Théra, Naxos) au milieu du IIIe siècle av. J.-C.
7) L'étude de la muraille, notamment dans les secteurs découverts depuis le relevé de Soursos en 1900, a permis l'identification d'un fossé. On ne peut encore préciser si la colline qui borde la mer à l'Ouest de la ville était incluse dans l'enceinte. On sait en effet que le Thesmophorion, principal sanctuaire de Paros, se trouvait « sur une colline en face de la ville » (Hérodote VI, 134). A cette définition peuvent correspondre, en plus de la colline évoquée, l'éminence qui surplombe le Pythion et le Mikro Vouno à 2,5 km au Nord-Est de la ville. Sur la première on a trouvé en 1971 une inscritpion relative à Déméter. Sur la seconde une dédicace à Déméter et Corè, un chapiteau votif archaïque et un petit relief votif sont remployés dans les murs de l'église ruinée d'Haghios Géorgios. Aucun tesson, aucun mur de terrassement n'affleure, mais les recherches seront poursuivies en 1978.
Signalons pour finir la découverte d'une borne épigraphe en marbre du IVe siècle av. J.-C. remployée dans le mur d'un pressoir à huile près de Paroikia. Le texte de l'inscription Δορποφόρων ίερόν, qui permet de compléter de façon satisfaisante le fragment IG XII 5, 244, témoigne, selon , d'un culte local jusqu'alors méconnu. ArchDelt 30 (1975), Mélétai, p. 140-148.
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