KASTANAS. - 1977
Kastanas, Kastania, Kara Oglu
La quatrième campagne dirigée par a été centrée sur les niveaux du Bronze Récent. On a ouvert dans la moitié Nord de la toumba une tranchée de 18 m de large qui a atteint une profondeur maxima de 9,50 m et dont la superficie est égale à près d'un cinquième de la surface de la colline. En 1977 on avait pu observer dans la couche 11 un assemblage de tessons proto-géométriques et tardo-mycéniens, de même que dans la couche 12 où, toutefois, la céramique locale de la fin du HR III C était prédominante.
Couche 13. — Alors que les constructions des deux couches précédentes utilisaient exclusivement la brique crue, celles de la couche 13 combinent l'architecture en brique crue et les murs en bois. Trois bâtiments étaient groupés autour d'une vaste cour. Dans le premier on a reconnu un vestibule ouvert à toiture de roseaux et les restes d'un métier à tisser ; dans le second — dont les murs, écroulés, avaient une hauteur de 2,20 m environ — un mégaron relié par une rangée de poteaux à un four à trois chambres. Les murs du troisième bâtiment étaient montés en briques crues et revêtus de planches. La céramique associée peut être datée, d'après les parallèles de Grèce méridionale, d'une phase avancée du HR III C.
Couche 14. — A cette couche correspond un vaste bâtiment ovale isolé des autres maisons : la plus proche, à l'Est, est à plus de 5 m de distance (fig. 143). La pièce principale était séparée du vestibule par un mur de refend et pourvue d'un poteau central. Le bâtiment fut détruit, semble-t-il, par un tremblement de terre. A l'intérieur on a retrouvé une dizaine de vases, dont plusieurs skyphoi mycéniens qui peuvent remonter plus haut dans le HR III C (fig. 145), comme le confirme, du reste, l'ensemble de la céramique tournée de cette couche.
Couches 15-16. — Le bâtiment ovale se superposait à des constructions plus anciennes de plan tout différent, mises en place pendant la phase correspondant à la couche 16 mais demeurées en usage, moyennant quelques remaniements mineurs, pendant la phase suivante (couche 15). Il s'agit d'unités indépendantes (fig. 144) : un mégaron, dans lequel on a trouvé trois lamelles et un anneau d'or ; une maison carrée, dont deux des angles sont arrondis et qui renfermait un pithos de plus de 2 m de haut ; une maison absidale malheureusement très endommagée par l'érosion. Grâce à plusieurs prélèvements de C 14 on peut évaluer à environ quatre-vingts ans la période d'occupation de ces maisons. La rareté des importations mycéniennes permet de dater la couche 15 du début du HR III C et la couche sous-jacente de la fin du HR III B. A côté de la céramique mycénienne on remarque un grand nombre de tessons dont le décor à la peinture mate, qui se distingue aisément de celui de la céramique HM, apparaît comme un traitement local du répertoire mycénien. Les traditionnels motifs incisés, si fréquents dans les niveaux plus profonds (comme l'a montré en 1975-76 la grande coupe Nord-Ouest) ne se rencontrent ici qu'isolément et sous forme de larges bandes incrustées. On sait qu'à partir de la couche 17 les importations mycéniennes disparaissent complètement. Il reste à déterminer, par une coupe à l'Est de la toumba, si le site était fortifié ou non.
L'examen par H. Reichstein de la faune recueillie dans les niveaux du Bronze Ancien a montré que la nourriture carnée des premiers occupants était constituée à 80 % par des animaux domestiques et à 20 % par des espèces sauvages. Parmi celles-ci le daim — qui, en Grèce, n'a guère été signalé jusqu'à présent qu'à Sitagroi — occupe une place privilégiée. On note aussi dans ces niveaux l'apparition, très précoce pour le domaine égéen, d'ossements de chevaux. D'après l'étude botanique de H. Kroll, les premiers habitants de Kastanas savaient aussi fabriquer un vin de qualité. Au Bronze Récent, à côté de l'orge, de l'épeautre et de l'engrain, le mil est de plus en plus cultivé, tandis que l'on continue de consommer lentilles, figues et fruits sauvages de toute sorte. De l'étude géologique menée par H. Schulz à partir d'une série de forages, il ressort qu'à l'origine le site occupait une île, qui ne fut reliée à la rive qu'après l'abandon de celui-ci. Un ramassage de surface a d'ailleurs permis de localiser en face de l'île, sur l'ancien littoral, un établissement étendu qui fait de Kastanas un complexe d'une grande importance stratégique, puisqu'il défendait l'accès vers la presqu'île d'Axiochorion (Vardarophtsa) que l'on identifie à l'Amydon homérique.
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