TIRYNTHE. - 1978
Tirynthe, Tiryntha, Tiryns
Fouilles de l'Institut allemand. — En 1978 a poursuivi l'exploration de la citadelle basse dans deux secteurs : 1) au Sud (LXI-LXIV/44-45) plusieurs carrés ont été ouverts et fouillés jusqu'au niveau HR III C ; 2) au centre, dans la région de la cour et du sanctuaire (LXI/38-41. LXII/39) la fouille de l'horizon HR III Β a progressé (fig. 73-74). W. Schnuchel a mené à bien le relevé du rempart dans le secteur Nord-Ouest.
1) Dans la couche post-mycénienne, dont l'épaisseur atteint 2,50 m en LXII/45, on a trouvé, parmi un matériel mêlé (géométrique, slave, byzantin, moderne), un fragment de tablette portant une inscription en Linéaire Β relative à des produits divers dont de l'alun (fig. 79). Au-dessous on a poursuivi le dégagement du niveau HR III C, recueillant un grand nombre de vases — dont un grand cratère (fig. 75) et plusieurs tasses à anse surmontée d'une protome de taureau — des boutons en stéatite et des idoles en Ψ. A l'issue de cette campagne le dernier niveau d'habitat mycénien est mis à nu dans toute la moitié Ouest de la citadelle basse (fig. 74).
2) Sous le sol de la cour centrale, les vestiges de constructions HR III Β 2 ont été fouillés plus complètement. La vaste maison découverte en 1977 dans la partie Sud (bâtiment 6) s'organise en fait autour du corridor Nord/Sud menant à l'escalier coudé : à l'Ouest trois pièces en enfilade, à l'Est une seule pièce, beaucoup plus vaste, dont les murs furent en partie démontés au cours du HR III C. Cette dernière contenait de la céramique domestique ainsi que trois rhytons (fig. 77). La pièce 119, située à 3,50 m au Nord-Est du futur sanctuaire, paraît bien avoir eu déjà une fonction sacrée : on y a retrouvé, outre de nombreuses idoles de type courant, un avant-bras de « déesse » aux bras levés dont la hauteur totale devait atteindre 0,40 m. La pièce contiguë, à usage d'habitation, s'ouvre sur une petite place (percée d'un canal d'écoulement) d'où part un escalier qui s'adosse au rempart et qui en fut peut-être la première rampe d'accès. Des compléments de fouille dans les bâtiments 1 et 5 ont permis de préciser le plan et partiellement la fonction de ceux-ci.
Entre la muraille et le bâtiment 6, l'horizon HR III Β 2, scellé par la couche de destruction du mur Ouest du bâtiment, s'est révélé particulièrement riche en céramique. On signale notamment une amphore de style « nordique » (fig. 76) retrouvée près du foyer domestique du dernier état. Sous le sol de l'état précédent est apparue la tranchée de fondation du rempart, large d'environ 2 m et profonde de 1,70 m. Elle recelait, dans les dépôts en place, de la céramique HR III Β 2 (fig. 78) qui permet d'assigner définitivement à cette phase la construction du mur d'enceinte. A noter, parmi les trouvailles non céramiques, un fragment d'os de lion appartenant à la plus ancienne espèce connue en Grèce. Le dégagement de la tranchée a également livré plusieurs squelettes, ensevelis sans offrandes avant la fin du HR III Β 2. Cette découverte porte à plus de quarante le nombre d'inhumations de ce type dans la citadelle basse : K. Kilian retient l'hypothèse de sépultures d'esclaves affectés soit à la construction de la citadelle soit à des tâches domestiques dans les bâtiments où elles sont groupées.
Le dernier résultat important de cette campagne a été de déterminer avec certitude la cause de la destruction du site à la fin du HR III Β 2. L'absence de toute trace d'incendie, l'abondance du matériel in situ, l'inclinaison et les déformations ondulantes des murs plaident manifestement en faveur d'un tremblement de terre, le même vraisemblablement que celui dont on a observé les effets dans les ruines de Mycènes.
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