SAMOS - 1979
Heraion de Samos (sanctuaire)
La campagne de 1979, dirigée par , avait pour but l'achèvement des recherches entreprises en 1976 et 1977 au Nord de la voie sacrée. Nous en résumons ici les principaux résultats en renvoyant le lecteur, pour l'illustration notamment, au rapport complet publié dans l'Archäologischer Anzeiger 1980, p. 336-350.
1) « Bâtiment Nord ». — Après un complément de fouille dans les maisons d'époque impériale découvertes en 1976 au-dessus de la partie Nord de l'édifice (v. BCH 101 [1977], p. 640), et un nettoyage des constructions adjacentes à l'Ouest, on a pu lever le plan de l'ensemble.
Du « Bâtiment Nord » lui-même on a dégagé une bonne partie de la péristasis Est, avec une nouvelle base de colonne in situ qui confirme la mesure de l'entraxe (3,65 m). On a également pu vérifier le rapport entre la péristasis et le podium de la phase primitive, préciser, grâce à de nouvelles trouvailles céramiques, la chronologie du bâtiment, et lui attribuer un fragment de colonne lisse ainsi que plusieurs fragments de chapiteaux à godrons. Il est clair que ce grand temple archaïque n'était plus qu'une ruine à l'époque hellénistique, mais il n'est pas possible de reconstituer ni de dater les constructions qui furent élevées entre sa destruction et l'installation des maisons tardives. Parmi les trouvailles de ce niveau intermédiaire, citons un buste d'Héra (?) en terre cuite de la fin de l'époque classique, et un lot de vases grossiers d'un type inhabituel — qui rappelle nos écuelles pour animaux domestiques — que le contexte invite à dater de cette même époque.
2) Lisière Nord de la fouille. — A l'Est de la porte Nord, on a essayé en vain de recouper le péribole du téménos, qui passe apparemment plus à l'extérieur. On a pu constater, en revanche, que le portique Nord s'étendait au moins jusque là, ce qui porte sa longueur à plus de 220 m, son extrémité Est n'ayant pas été localisée avec certitude. Le portique était, là aussi, recouvert par des constructions du IIIe siècle ap. J.-C. à sols dallés et murs stuqués. Dans l'horizon subarchaïque qui recouvre le portique, on a notamment trouvé deux fragments d'un vase à figures noires du peintre d'Amasis.
3) Monument rond et rue Nord/Sud. — Dans ce secteur la fouille a été étendue, et l'attention s'est portée essentiellement sur la stratigraphie. Immédiatement au Sud du monument rond, on a mis au jour les restes d'une pièce, sur le sol de laquelle se trouvait une monnaie de Maximien. C'est la première confirmation archéologique de la survie du sanctuaire — attestée, du reste, par les inscriptions — jusqu'à l'époque de la tétrarchie. Juste au-dessous est apparue une pièce de mêmes dimensions, aux murs stuqués et peints, pourvue de lits de repas. Elle jouxte, à l'Est, un édifice de plan rectangulaire ou in antis, qui repose sur le niveau archaïque et a été coupé par les constructions impériales. La céramique invite à le dater de l'époque hellénistique.
La datation du temple D a pu être établie avec une plus grande certitude, grâce à la présence d'une couche de graviers qui en scelle le niveau de fondation et n'a été perturbée par aucune construction postérieure. L'examen de la céramique trouvée au-dessous de celle-ci devrait nous renseigner sur la date de mise en chantier de l'édifice. Un terminus ante quem est en tout cas fourni par le matériel d'une fosse creusée dans la couche de graviers et soigneusement recouverte par une strate de pierres. Outre du charbon de bois et des os, on en a retiré des fragments d'obéloi en fer et une série de tasses et de coupes de la fin de l'archaïsme, qui désignent cet ensemble comme un dépôt sacrificiel.
Dans la rue Nord/Sud, les recherches stratigraphiques ont permis de distinguer deux épaisses couches archaïques et une couche tardo-classique. La rue fut refaite à plusieurs reprises ; elle semble même avoir été élargie à son extrémité Sud et à l'Est du temple D.
Dans trois sondages au Nord et à l'Est du temple D, on a atteint le sommet des dépôts et des murs HA, dont l'exploration a été remise à plus tard. On remarquera une fois de plus l'absence, au Nord de la voie sacrée, de tout horizon intermédiaire entre les couches préhistoriques et le niveau archaïque.
Parmi le matériel de la campagne, il faut retenir un tesson de la fin du Ve siècle av. J.-C. décoré, à la peinture blanche, d'une femme conduisant un char et d'un Éros ailé (?) ; plusieurs petits bronzes, dont une tête de statuette archaïque malheureusement très corrodée, et une tête de massue orientalisante munie d'une pointe en fer ; enfin une tête de kouros archaïque en ivoire (hauteur 4 cm) qui est, à coup sûr, l'œuvre d'un atelier samien.
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