SAMOS. - Heraion - 1980
Heraion de Samos (sanctuaire)
Fouilles de l'Institut allemand. — En 1980 a concentré ses recherches sur la zone Nord-Est de l'Héraion, essayant en vain de localiser le péribole Est et l'entrée principale du sanctuaire. La fouille s'est étendue au-delà de ce qui était jusqu'alors la limite Est du périmètre archéologique, dans un terrain de 1000 m2 nouvellement acquis. Un quart de cette superficie a été fouillé (fig. 174).
On a vérifié que le dallage de la voie sacrée avait bien été mis en place à l'époque des Sévères, et constaté que sa largeur fut réduite, au IVe siècle ap. J.-C., par la construction de deux longs murs de clôture qui empiétèrent sur la chaussée au Nord et au Sud. Le dallage fut complètement recouvert, dès le Ve siècle, par un chemin de terre. Au Nord de la voie sacrée on a fouillé la suite du quartier d'habitation d'époque impériale, découvrant notamment un atelier avec des cuves à charbon de bois à parois d'argile crue et fond d'argile cuite. L'apparition, sous ce niveau, de blocs appartenant à des bases d'offrandes (vraisemblablement hellénistiques) prouve que la zone fouillée est située à l'intérieur du téménos et que l'entrée principale doit être cherchée encore plus à l'Est. A l'extrémité Nord de la fouille on a recoupé une construction archaïque à orthostates en pôros, dont l'exploration systématique fera l'objet des campagnes prochaines. Les orthostates portent des motifs gravés — un œil et la partie inférieure d'un immense gorgonéion — qui suggèrent qu'ils sont là remployés. Le niveau archaïque, enfin, recouvrait directement des vestiges de constructions du Bronze Ancien, qui seront, eux aussi, fouillés ultérieurement. Mais leur seule présence prouve d'ores et déjà que l'établissement préhistorique qui précéda l'Héraion est beaucoup plus étendu qu'on ne le pensait.
Parmi les trouvailles de la campagne on retiendra une série d'antéfixes archaïques en terre cuite, dont deux sont ornées d'un gorgonéion de type inconnu. Mais la trouvaille la plus spectaculaire est incontestablement le torse de kouros archaïque colossal (fig. 175) découvert immédiatement au Nord de la voie sacrée, sous une canalisation du IIIe siècle ap. J.-C. Le tronc, le bras droit et le bas de la chevelure sont conservés. On en a également retrouvé le genou et le bras gauches, une partie du mollet droit et de la calotte crânienne, ainsi que la cuisse gauche qui porte la dédicace ΙΣΧΗΣ ΑΝΕΘΗΚΕΝ ΟΡΗΣΙΟΣ. Seuls le visage, les pieds et la base manquent encore. La statue mesurait environ 5 m de haut. Il s'agit d'un chef-d'œuvre de la plastique samienne des années 570-560 av. J.-C., d'autant plus parlant que la surface du marbre est à peu près intacte.
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