ATHÈNES - CÉRAMIQUE - 1972
Kerameikos Excavations, Céramique
Céramique. — Sur les fouilles allemandes au Céramique entre 1968 et 1972, nous résumons un rapport d'ensemble de Mlles et B. v. Freytag Lôringhoff.
En 1968-1969 (voir ArchDelt 25 [1970], p. 31-39), on a repris l'examen du terrain qui avait livré plus de cinq mille ostraka. Il ressort de ces recherches complémentaires que la masse des débris de céramique jetés là était destinée à combler un ancien lit de l'Éridanos, qui contournait le tumulus (« Rundbau » ; fig. 15). De nouveaux ostraka ont été recueillis, ainsi que des fragments d'une amphore panathénaïque du second quart du VIe siècle (fig. 17). Sous la couche contenant les ostraka, on a trouvé d'autres fragments du cratère du peintre de Cléophradès exhumé en 1936 (voir AM 85 [1970], p. 1-22). Ce remblaiement était sans doute en rapport avec les travaux de fortification et, principalement, avec l'aménagement du fossé et la construction du proteichisma. Les coupes de la figure 16 montrent les différents états du fossé. Le premier fossé date de la seconde moitié du Ve siècle av. J.-C, et non du troisième quart du IVe siècle comme on le pensait ; le premier proteichisma en est contemporain, alors que le second, visible aujourd'hui, date de la fin du IVe siècle : celui-ci fut édifié après le comblement du fossé (3), vraisemblablement pendant les travaux effectués en 307/306 (cf. , Griech. Mauerbauinschriften, p. 48).
En 1971, l'exploration de la zone des deux stèles qui se dressent en bordure Sud de l'allée des tombeaux a donné d'intéressants résultats (voir ArchAnAth 5 [1972], p. 258-265). Rappelons qu'une des stèles est pour un proxène : Pythagoras de Sélymbria, et la seconde pour deux ambassadeurs de Corcyre : Thersandros et Simylos. La tombe de Pythagoras n'a pas été retrouvée et le problème de la datation reste entier. En revanche, sous le socle de la stèle des Corcyréens, les vestiges, constitués par deux degrés en calcaire, d'un monument plus ancien, ont été mis au jour, ainsi que deux tombes (fig. 20-22). Il est certain que les sépultures appartiennent au monument le plus ancien, dont le socle est préservé sous la stèle. On peut donc les identifier avec celles de Thersandros et de Simylos. Le mobilier datant du troisième quart du Ve siècle, il faut renoncer à l'hypothèse, fondée sur la date attribuable à l'inscription d'après la forme des lettres, suivant laquelle Thersandros et Simylos auraient séjourné à Athènes en 375 av. J.-C. pour traiter de l'admission de Corcyre dans la Ligue Maritime. On pensera plutôt que les deux ambassadeurs faisaient partie de la délégation envoyée en 433/432 par Corcyre pour demander l'appui d'Athènes contre Corinthe, comme le rapporte Thucydide. Le monument, qui avait été détruit, fut restauré par Athènes, peut-être à l'occasion du traité conclu en 375 av. J.-C. avec Corcyre.
Dans cette même zone, on a mis au jour, à 30 m au Sud du monument de Pythagoras, une galerie aménagée pour recevoir une canalisation, qui n'était plus en place ; une galerie semblable existe sur le versant Sud de l'Acropole (voir AM 17 [1892], p. 439-445 ; PraktAE [1959], p. 5-7), dont la canalisation date de l'époque des Pisistratides. Il est possible qu'il s'agisse d'un même système hydraulique installé à l'époque de Pisistrate ou des Pisistratides pour alimenter l'Ennéakrounos.
A la fin de 1971, un foyer mis au jour à l'Ouest du « Rundbau » a livré un fragment de cruche à figures rouges peut-être du Peintre d'Érétrie, où est représentée Amymonè entourée de satyres ("g. 18).
En 1972, des fouilles ont été entreprises à l'intérieur du « Rundbau ». On a découvert dans la partie Est treize tombes, qui s'ajoutent aux deux tombes mises au jour en 1940 (voir AA [1940], col. 333-344). Dans l'enceinte se trouvaient donc sept tombes de la fin du Géométrique (début du VIIe siècle) et huit tombes allant de la fin du VIe au milieu du Ve siècle. Les tombes géométriques, ainsi que les tombes plus récentes, paraissent, d'après leur disposition, avoir été aménagées dans un remblai circulaire, et on peut penser que d'autres tumuli ont préexisté au tumulus visible actuellement.
Cette même année (1972), a été reprise et achevée l'exploration, commencée autrefois par A. Brueckner (en 1910 et 1929), de la pente qui, au Nord de la zone VII-XI, descend vers l'allée des tombeaux. C'est au total trente et une sépultures, dont la majorité date d'après 430 av. J.-C, qui avaient été installées à cet endroit, après l'aménagement du chemin à l'Est et avant la construction de la grande tombe de famille contemporaine du Monument de Dexiléos (394 av. J.-C).
Enfin, pendant l'été de 1972, on a fouillé la rue de l'Académie, devant le Dipylon, sur une superficie correspondant à un carré de 10 m de côté, limitée au Sud-Est par le proteichisma, au Sud-Ouest par une construction romaine, au Nord-Est par un égout moderne. Seize couches se succèdent sur une hauteur de 3 m : la rue la plus récente date de la fin du Ve siècle ap. J.-C. et la plus ancienne de l'époque de Thémistocle. Sous ce niveau le plus ancien se trouvaient deux tombes géométriques, dont l'une contenait un mobilier extraordinairement abondant (fig. 19), qui sera publié dans AM 89 (1974) : quarante-trois vases du Géométrique Récent, deux couteaux de fer, des fibules de fer et de bronze, une amulette et un sceau d'ivoire.
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