SAMOS. - Héraion. - 1977
Heraion de Samos (sanctuaire)
En 1977 a concentré les recherches sur deux secteurs encore inexplorés : 1) une enclave au Nord du temple, dans les carrés K-L/6-7 (voir le plan fig. 217), où il s'agissait d'éclaircir plusieurs points de topographie et d'architecture : plan, datation et fonction du monument rond mis au jour en 1914 ; implantation de l'habitat tardif ; architecture de la façade Nord du temple D ; tracé de la rue Nord/Sud aux abords de la fontaine ; 2) un espace de 4 x 10 m au Sud-Est du sanctuaire, dans les carrés Ο 13-14, sondage préliminaire à une exploration systématique de toute la zone. Un rapport complet sur les résultats de la campagne a été publié dans l'AA 1978, p. 385-396.
1) Pour le monument rond les résultats ont été en grande partie négatifs et il y a peu d'espoir qu'on en obtienne de plus satisfaisants dans la petite portion qui reste encore à fouiller. En Κ 7 le mur du monument, en gros moellons rectangulaires avec blocage de petites pierres, s'élève sur une hauteur totale de 1,60 m avec sa puissante fondation de galets et de tuiles. Celle-ci pose sur une couche de déchets de taille archaïques qui recouvrent directement les niveaux de l'âge du Bronze. On n'a pu repérer aucune trace de sol, mais seulement celle de remaniements et de remblais postérieurs. Toutefois les tessons recueillis à l'intérieur dans un petit espace semblent indiquer que l'édifice fut construit à l'époque hellénistique.
Un vaste ensemble de maisons d'époque impériale recouvre en partie le monument rond. On en a reconnu trois, qui n'ont pu être complètement fouillées. La mieux conservée (fig. 220) se signale par deux pièces dont les murs sont enduits de ciment hydraulique et le sol, dans lequel sont encastrés plusieurs bassins, pavé de mosaïque. La céramique invite à dater cette maison de la fin du IIIe siècle ap. J.-C.
Sous le sol de celle-ci est apparue la façade Nord du temple D, avec ses deux antes conservées sur une bonne hauteur. Le matériel des couches en place contre l'ante Nord-Ouest confirme la datation traditionnelle (VIe s. av. J.-C.). Des restes de constructions plus anciennes ont été localisés juste à l'Ouest du temple, mais leur exploration a été remise à plus tard.
Au voisinage de la fontaine archaïque on a poursuivi le dégagement de la rue Nord/Sud, qui est apparue bordée à l'Ouest par une rangée de bases votives régulièrement espacées, toutes de même type et de dimensions voisines, dans le prolongement exact de celles qui avaient été découvertes avant la guerre au Nord du temple A. A un niveau inférieur on a trouvé une autre série de bases plus anciennes, légèrement décalée vers l'Est. La rue archaïque a cessé d'être en usage au plus tard pendant le IVe siècle av. J.-C. Dès l'époque hellénistique elle était en partie recouverte par des constructions.
2) Dans le sondage ouvert en Ο 13-14, au Nord de la zone fouillée en 1965 (v. BCH 90 [1966], p. 904), on a d'abord rencontré, sous une épaisse couche de remblai moderne, la suite d'un mur d'époque romaine déjà connu. Au Nord de celui-ci un torse de corè archaïque, dont le style est proche de celui du groupe de Généléos, a été extrait d'une poche pierreuse. Immédiatement au-dessous du mur romain est apparu un bassin archaïque de plan presque carré (1,29 x 1,16 m) fait de cinq dalles de schiste appareillées sans crampons. L'une des parois était percée d'un trou carré aboutissant à un canal dallé. Le bassin, entouré de degrés, se trouvait au bord d'un chemin menant à la mer. Il était presque entièrement rempli de vases — pour la plupart des tasses, des coupes et des cruches qui, si l'on en juge d'après la céramique corinthienne associée, avaient été jetés là ensemble au début du VIe siècle av. J.-C. (fig. 215).
Le niveau des eaux exceptionnellement bas cette année a permis de poursuivre la fouille jusqu'au sol vierge ( — 0,20 m) sans difficulté majeure. Dans un périmètre réduit les trouvailles ont été riches et variées. On retiendra surtout les nombreuses pièces en bois sculpté, parfaitement conservées grâce à l'humidité : une dizaine de maquettes de bateaux, divers fragments de meubles, des charnières, une jatte rudimentaiie et plusieurs statuettes (fig. 216), dont une corè primitive de 15 cm de haut. Il faut aussi signaler les terres cuites (fig. 218), les bronzes orientalisants (fig. 219) et orientaux (statuettes assyriennes), une série d'amulettes égyptiennes en faïence et surtout un lion en ivoire de 20 cm de long, en position élancée, qui devait orner un meuble ou quelque autre objet.
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