OLYMPIE - 1980
Archaia Olympia
Fouilles de l'lnstitut allemand. — A l'issue de la campagne de 1979, dirigée par , l'exploration du secteur Sud-Est du sanctuaire peut être considérée comme virtuellement achevée. Il ne reste plus guère qu'à terminer la fouille de quelques puits, que le niveau élevé des eaux n'a pas permis, cette année, de vider complètement.
Les murs tardifs découverts l'an dernier à l'Est de l'« odéon » et de la série d'alignements Nord/Sud (v. plan dans BCH 103 [1979], p. 567, fig. 98) ont été démontés. On a retrouvé, au-dessous, la séquence stratigraphique déjà observée au Sud de l'Édifice Sud-Est, à cette différence près que la couche de pôros, si riche en fragments d'architecture du temple de Zeus, s'interrompait très vite vers l'Est. Les restes d'un porche voûté, construit au IIIe siècle ap. J.-C. et peut-être en rapport avec l'hippodrome (dont il ne constitue cependant pas l'entrée) sont apparus en F/G 13. Ce porche s'ouvrait dans un mur, de facture plutôt rudimentaire, qui se prolongeait, à l'origine, jusqu'à l'angle Sud-Est de l'« odéon ».
Dans le niveau classique, deux nouvelles rangées de pierres Nord/Sud ont été mises au jour à l'Est des précédentes. Dans la travée 13, le remblai pierreux incorporait de nombreux fragments d'architecture, parmi lesquels quatre blocs de la ligne de départ du stade archaïque. Dans la travée 16 il était soigneusement nivelé, à la manière d'un pavement. La destination de ce remblai n'est pas encore tout à fait élucidée.
Sur les huit puits découverts cette année (n° 105 à 112), un seul possédait des parois maçonnées, pour lesquelles avaient été réutilisés de nombreux fragments de tuiles archaïques provenant de plusieurs toitures déjà connues. La céramique du puits fournit, pour celles-ci, un terminus ante quem, la fin du VIe siècle av. J.-C. Aucun élément nouveau n'a permis de localiser le bâtiment auquel appartient le toit de type « Schrägdach » dont la précédente campagne avait produit de nombreux éléments.
L'attention des fouilleurs a été retenue par cinq fossés, découverts autour de l'Édifice Sud-Est : deux au Nord, un au Sud et les deux derniers entre l'angle Sud-Ouest de celui-ci et le Bouleutérion. Tous ont livré un matériel homogène du deuxième quart du IVe siècle av. J.-C. Ces tranchées qui n'ont visiblement été creusées ni pour l'évacuation des eaux (elles sont dépourvues de pente) ni pour la récupération de murs, font probablement partie du système défensif aménagé à la hâte, pendant la cent-quatrième olympiade (364 av. J.-C.), par les Arcadiens en lutte contre les Éléens pour le contrôle du sanctuaire (Xénophon, Helléniques VII, 4, 32). S'il en est bien ainsi, on peut considérer que la céramique de ces tranchées est très précisément datée de la cent-quatrième olympiade et que l'Édifice Sud-Est — qui était alors achevé — fut construit entre 373 et 364 av. J.-C. En outre, l'identification — jadis proposée par — de cet édifice avec le sanctuaire d'Hestia mentionné par Xénophon, se trouverait confirmée.
Par ailleurs on a découvert, dans un dépôt hellénistique au Sud de l'« odéon », les fragments d'un ordre ionique du IVe siècle av. J.-C. identiques à ceux qui sont remployés dans l'extension III Β du bain grec situé à l'Ouest du sanctuaire (v. Olympia Bericht IV, pl. 17). Un examen complémentaire a montré que la date proposée pour cet ajout (IIIe siècle av. J.-C., ibid., p. 96) était trop haute.
Parmi les trouvailles de la campagne, on retiendra de nombreuses terres cuites architecturales (archaïques, classiques et hellénistiques), un fragment de sculpture (cheval ?) du fronton Est du temple de Zeus, un nouveau fragment de décret de fondation de la Ligue arcadienne, et une série d'objets en bronze ou en fer : vases complets ou fragmentaires (fig. 66), objets de toilette ou de parure (fibules, épingles, bracelets), statuettes, armes et ustensiles divers, sans oublier les monnaies, notamment plusieurs pièces d'argent arcadiennes (Phlionte et Stymphale) de la première moitié du Ve siècle av. J.-C.
Parallèlement à la fouille, les travaux de restauration et d'étude du matériel se sont poursuivis, amenant de nombreux recollages, comme celui du petit cheval de la fig. 65 (tête Br. 2127 + corps Β 10344). L'étude de plusieurs monuments a progressé, et celle du portique d'Écho, par , sera donnée prochainement à l'impression.
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