SAMOS. - Thermes romains - 1973
Samos island
Thermes romains. — En 1973, a dirigé, sous l'égide de l'École allemande, la cinquième campagne de fouilles (sur les résultats acquis en 1972, cf. BCH 97 [1973], p. 385-388). Le programme initial, qui comportait l'exploration des secteurs Ouest et Sud des thermes, a dû être modifié à la suite de la découverte inattendue d'importants vestiges byzantins au Nord de l'établissement. Le plan fig. 284 montre bien les progrès réalisés en 1973 (comparer avec BCH 97 [1973], p. 386, fig. 284).
En effectuant le dégagement complet de la « salle aux niches » (fig. 285-286) fouillée l'an dernier, on a recueilli quelques indices supplémentaires sur la hauteur et l'ornementation des murs, et acquis la certitude que les niches étaient percées de fenêtres. Il apparaît donc que l'aménagement de cette salle ne correspond pas à celui d'un apodyterium. De la mosaïque qui ornait la voûte des niches, un seul fragment a été retrouvé. Quant aux inscriptions monumentales (cf. BCH 97 [1973], p. 387, fig. 288-289), les morceaux nombreux, mais très fragmentaires, recueillis cette année n'apportent aucune indication nouvelle. Le dispositif de l'hypocauste a été entièrement mis au jour ; il correspond pour l'essentiel à celui du caldarium : voûtes en berceau le long des petits côtés, murets le long des grands côtés, piles de briques, rondes, pour le reste de l'espace. Certaines caractéristiques des briques pourraient confirmer la date proposée pour la construction des thermes : fin du IIe siècle ap. J.-C.
De nouveaux vestiges du mur Est ont été mis au jour. Il était construit, vraisemblablement sur toute sa longueur (soit plus de 80 m), en marbre local. Les piliers de calcaire constituent une adjonction ; à l'origine, la façade était absolument rectiligne.
Au Nord, on a partiellement dégagé une basilique byzantine à trois nefs, avec narthex, longue de 27 m et large d'au moins 17 m, dont le sol reposait directement sur celui des thermes (fig. 283). De nombreuses adjonctions et restaurations compliquent l'histoire de cet édifice ; quelques monnaies donnent des points de repère approximatifs : VIe siècle et première moitié du VIIe siècle.
On n'a dégagé que la partie Sud-Est de la grande piscine d'eau froide, mais sa reconstitution n'est pas douteuse (cf. fig. 284). C'est un bassin octogonal large de 9,50 m environ et profond de 1 m. On a reconnu l'existence d'une piscine plus ancienne, également bordée de trois degrés, mais de plan rectangulaire. Les piliers à redans sont contemporains du bassin octogonal.
On identifie l'apodyterium avec la pièce donnant par deux portes sur l'exèdre du frigidarium. Dans un premier état elle communiquait, par deux baies également, avec la natatio. Les grandes niches aménagées dans le mur Est paraissent correspondre à des vestiaires. Toutefois l'ouverture, de 8 m de large, qui donne sur l'avant-cour, s'explique mal s'il s'agit bien d'un apodyterium.
A l'Ouest de la piscine, un ensemble de pièces a été dégagé. Celles-ci sont disposées de chaque côté d'un large corridor, qui communique lui-même au Nord, sur toute sa largeur, avec l'avant-cour, et au Sud avec l'établissement de bain proprement dit. Les pièces situées à l'Ouest s'appuyaient sur le mur occidental des thermes, mais leur limite Nord n'a pas encore pu être précisée.
On pense avoir reconnu au Nord l'emplacement de la « voie sacrée », qui conduisait à l'Héraion et dont le réaménagement date de la construction des thermes. Elle paraît aboutir à l'endroit du mur d'enceinte de la ville où devait se trouver la porte occidentale.
Au Sud-Ouest du champ de fouilles, dans la région de la « Dontia », on a découvert fortuitement les vestiges de fondations appartenant au portique. Celui-ci occupait donc une longueur totale de plus de 200 m. Cette distance donne une bonne idée de l'étendue du complexe thermal (fig. 287).
Complexe thermal qu'il convient dès maintenant d'appeler gymnase. En effet, les deux tiers des tuiles estampées trouvées dans les thermes portent l'inscription ΓΥΜΝΑΣΙΟΥ et la forme des lettres indique la seconde moitié du IIe siècle ap. J.-C.
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