KALAPODI. - 1976
Kalapodi, Kalapodion, Abai
, de l'Institut allemand, a poursuivi en 1976 la fouille du temple d'Artémis Élaphèbolia. Les investigations ont porté sur deux secteurs : le sanctuaire géométrique à l'angle extérieur Sud-Est du temple classique, et l'intérieur de la cella.
Sanctuaire géométrique. — On a recoupé plusieurs murs de la fin du VIIIe s. av. J.-C., sans pouvoir encore les rattacher à des bâtiments. La céramique associée, en majorité de type local (fig. 152), témoigne d'un rare conservatisme, aussi bien dans les formes que dans les motifs. De nombreux objets en métal (ornements en bronze, armes en fer, fragments de trépieds) ont été retrouvés pêle-mêle, accumulés vraisemblablement autour d'un autel qui reste à découvrir. Les vestiges les plus récents sont ceux d'une eschara, qui n'est pas antérieure à 700 av. J.-C. Elle se présente comme un simple entourage rectangulaire en pierre, large de 3 m, rempli d'une épaisse couche d'os calcinés mêlés de quelques tessons.
Intérieur de la cella. — Dans le temple classique on a pu mettre en évidence l'existence d'un adyton, qui réduit d'autant l'opisthodome, et distinguer deux états de fondations. Le premier peut être daté entre 457 et 446 av. J.-C., le second — qui s'accompagne d'une modification du plan — aux environs de 400 av. J.-C. (?).
A l'Ouest, derrière la base de la statue de culte, on a mis au jour, à 2 m de profondeur, les restes d'une grande pièce amputée par la construction de l'adyton. Ses murs en brique crue reposaient sur un soubassement en pierre couronné par une assise de tuiles remployées. Sur le sol en terre battue deux grandes dalles de pôros affleuraient, de part et d'autre d'un ensemble cultuel comprenant une eschara semi-circulaire adossée à une orthostate en pôros sensiblement plus haute (fig. 153). Sur cette dernière on a retrouvé, au milieu des cendres du dernier sacrifice, plusieurs objets votifs in situ : au centre un petit trépied en bronze et, tout autour, diverses fibules, des anneaux en métal coulé, des obéloi en fer, une obole en argent de la ligue phocidienne (457-446 av. J.-C.) et deux ex-voto en terre cuite : un masque de divinité féminine — très vraisemblablement Artémis — et un coq du type des coqs béotiens du ve s. (fig. 154).
Dans l'angle Sud de l'orthostate une statuette de couros en bronze, qui date des environs de 500 av. J.-C, était scellée au plomb (fig. 151). propose d'y reconnaître Apollon, et il restitue, dans le trou de scellement symétrique au Nord, une statuette d'Artémis. Ce socle de pierre aurait donc servi à la fois de table à offrandes et de base de statues cultuelles.
La stratigraphie indique que la pièce fut construite après le pillage du sanctuaire par les Perses en 480. Lors de la reconstruction du temple classique — pour laquelle la monnaie trouvée sur le socle en pôros fournit un terminus post quem — la pièce fut soigneusement ensevelie. On remarquera que, dans le nouveau temple classique, les grandes statues de culte se trouvaient à peu près au-dessus des anciennes statuettes.
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