KASTANAS. - 1979
Âge du Bronze - Bronze Ancien - Bronze Moyen - Bronze Récent
Âge du Fer - Fer ancien/Submycénien - Protogéométrique - Géométrique
Kastanas, Kastania, Kara Oglu
En 1979 la campagne de clôture, dirigée par , a porté sur deux secteurs et permis de résoudre définitivement plusieurs problèmes. On a prolongé la tranchée V de 22 m vers l'Est, jusqu'au pied de la colline (fig. 136-137), afin d'y recouper un éventuel mur de fortification et de le dater ; d'y fouiller les couches profondes qui n'avaient été reconnues, en 1975, que dans un espace très restreint ; d'y faire apparaître en coupe le littoral de l'ancienne île, qu'on n'avait encore déterminé que par une série de forages. D'autre part on a approfondi la tranchée IV, afin d'établir avec certitude le raccord stratigraphique entre la séquence de la tranchée V et celle des premiers sondages.
1) Dans la tranchée V, sous les couches du Bronze Récent (14 à 19), on a rencontré un niveau du Bronze Moyen relativement mince et, au-dessous, des dépôts stratifiés du Bronze Ancien d'une épaisseur totale de 4 m. L'érosion ayant fait disparaître l'extrémité des couches, la question de l'enceinte demeure sans réponse.
Du point de vue architectural, la fouille de 1979 a confirmé les observations faites en 1975 dans la grande coupe : la construction en brique crue commence avec la couche 17 ; dans la couche 18 et au-dessous les maisons, apparemment plus vastes, ont des murs en clayonnage soutenus par des poteaux et enduits de pisé. L'architecture en brique crue coïncide avec l'apparition d'influences mycéniennes, dont témoigne déjà, malgré la quasi-absence de céramique HR III A, une spirale en or déformée, trouvée dans la couche 19, et qui a son parallèle dans la tombe Ξ du Cercle Β de Mycènes (fig. 138).
Les dépôts du Bronze Moyen, qui précèdent la couche 19, ont notamment livré une imitation (non tournée) de canthare minyen, dont on ne connaît guère d'exemple que sur les sites côtiers de Chalcidique (fig. 139).
Malgré l'exiguïté de la surface fouillée, les niveaux du Bronze Ancien ont livré un matériel particulièrement riche en formes complètes, dont on peut retracer l'évolution typologique. La fig. 140 illustre un type ancien (au centre) et deux types récents (à droite et à gauche).
L'exploration de la ligne du rivage ancien, qui se trouve aujourd'hui à 3 m sous la surface du sol, a confirmé et complété l'image donnée par les forages. D'autres forages, effectués sur la toumba même, en ont précisé le relief initial : une éminence tabulaire émergeant à peine au-dessus du fleuve.
2) Dans la tranchée IV, et aussi dans la tranchée V, on a étendu la fouille des couches 7 à 14. La couche 10, qui date de l'âge du Fer, correspond à une époque où la superficie du site fut réduite : c'est ce qui explique - la découverte d'un tronçon de mur de fortification en brique crue, long de 13 m, et qui se distingue aisément : des murs de maisons. Cette couche se caractérise en outre par un brusque accroissement du volume de la céramique cannelée et par des innovations architecturales, qui témoignent de mutations profondes et semblent marquer le début d'une période troublée.
La fouille de ce secteur a permis de mieux définir la phase de transition entre l'âge du Bronze et l'âge du Fer, pendant laquelle on observe désormais très clairement la coexistence d'une céramique HR III C tardive et d'une vaisselle à décor de cercles de type protogéométrique. Si cette dernière est encore rare dans la couche 12, elle augmente sensiblement dans la couche 11. Quant à la persistance de formes et de motifs mycéniens jusqu'à un stade avancé de l'âge du Fer, elle n'est pas rare en Macédoine. Le parallélisme étroit, dans le développement typologique, entre la céramique des couches 11 à 16 et celle des phases HR III B-C en Argolide, rend peu vraisemblable l'hypothèse d'un décalage chronologique important entre les deux régions.
La couche 14 b, à laquelle était associée, dans les tranchées I et III, la maison ovale fouillée en 1978 (v. BCH 103 [1979], p. 587), a livré les restes d'un bâtiment détruit, comme celle-ci, par un tremblement de terre. On y a trouvé de la céramique mycénienne de type méridional mêlée à de la poterie locale à peinture mate ou à décor incrusté, dont la fig. 141 illustre quelques spécimens.
Des mesures de résistivité magnétique effectuées par H. Becker ont confirmé l'existence d'une installation en face de l'île, sur l'ancienne rive du fleuve. Cette station, qui, d'après l'examen des tessons de surface, fut occupée depuis le début de l'âge du Bronze jusqu'à la fin de l'âge du Fer, était évidemment en relation étroite avec l'île, dont elle constituait en quelque sorte la tête de pont. Par ailleurs une série de prélèvements de pollens devrait permettre de reconstituer l'environnement climatique et végétal du site.
L'étude du matériel a été menée à bien au cours de l'hiver, et la publication finale est annoncée pour l'une des trois prochaines années.
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