KALAPODI - 1979
Kalapodi, Kalapodion, Abai
Fouilles de l'Institut allemand. — et ses collaborateurs, qui ont poursuivi, de 1977 à 1979, l'exploration du temple classique et des vestiges sous-jacents, ont publié un rapport d'ensemble sur les campagnes de 1973 à 1977 dans l'Archäologischer Anzeiger 1980, p. 38-123. L'activité des deux dernières campagnes a porté sur deux secteurs.
1) Sous le péristyle du temple classique, à l'angle Sud-Est, un sondage, d'une superficie totale de 24 m2, a rencontré, au-dessus du sol vierge, un dépôt HR III C de 1,50 m d'épaisseur subdivisé en seize couches. L'absence de vestiges de constructions fait supposer qu'il s'agit d'une cour à ciel ouvert. Parmi les trouvailles céramiques, on mentionne un grand cratère fragmentaire avec représentation de guerriers (fig. 88), deux fragments d'une amphore ornée d'une tortue de mer, et un tesson décoré de cercles concentriques tracés au compas multiple, motif qui n'est donc pas une innovation protogéométrique. Les petits objets étaient relativement nombreux : outils en bronze, pointes de flèches, perles en bronze et en cornaline, plaque d'or incomplète, fragments d'idoles d'un type original (fig. 89-90), ainsi que deux taureaux de plus grande taille et trois morceaux de rhytons en forme de taureau. Cet ensemble de trouvailles révèle à coup sûr la présence d'un sanctuaire et non d'un habitat.
Il semble qu'à l'époque géométrique l'aire sacrée se soit étendue ou déplacée vers le Nord, mais l'aménagement d'une esplanade au début de l'époque archaïque en a fait disparaître les niveaux correspondants au-dessus de la cour mycénienne. Sous le temple, en revanche, les vestiges du premier édifice cultuel, découverts sous l'adyton archaïque, remontent au début du Géométrique ou un peu avant. Il s'agit d'un foyer, établi dans une cuvette, avec deux trous de poteaux au Sud et un muret au Nord. Quatre ou cinq autres foyers s'y superposent, sur un mètre d'épaisseur environ, jusqu'à l'eschara de la fin de l'époque géométrique — ou peut-être déjà du début de l'archaïsme — sur laquelle furent installés, après 480 av. J.-C., l'autel et la table d'offrandes retrouvés en 1976 (v. BCH 101 [1977], p. 582-584).
Les vestiges architecturaux du temple géométrique se réduisent pratiquement à des sols brûlés. Sur l'un d'eux on a retrouvé un certain nombre d'ornements en métal qui, par leur position, semblent appartenir à des vêtements. Quelques trous de poteaux témoignent de la technique de construction des premiers édifices cultuels, comparable à celle du Daphnéphoreion d'Érétrie. Seul le dernier état géométrique a conservé un mur en pierre, dont la longueur dépassait vraisemblablement 30 m.
A l'extérieur du téménos géométrique, des constructions profanes se serraient les unes contre les autres. L'une d'elles était peut-être un atelier de tisserand. Quant à l'existence d'ateliers de bronziers à cet endroit dès le VIIIe siècle av. J.-C., elle est confirmée par les nombreux déchets de fonte et par la présence d'un kouros géométrique tardif jeté dans une couche à peine plus récente (fig. 87). On a d'ailleurs retrouvé dans le sanctuaire lui-même une dizaine de trépieds géométriques en bronze (fig. 91) et une masse d'objets votifs en métal (plus de 1 600 en bronze et plus de 1 200 en fer) qui témoignent d'une grande activité métallurgique locale.
2) Immédiatement au Sud du grand temple archaïque — édifice périptère de 42,50 x 15,60 m qui précéda le temple classique — la fouille a mis au jour les restes d'un second temple archaïque qui mesure seulement 28 x 14,50 m (fig. 92). Incendié lui aussi par les Perses en 480 av. J.-C., il ne fut jamais rebâti. Sa couche de destruction est donc intacte.
Ce temple, exactement parallèle au premier, qui n'est éloigné que d'un mètre soixante-dix, est presque deux fois moins long que lui. Les deux édifices ont été conçus et bâtis simultanément (après 580 av. J.-C.) et couverts d'un toit identique. Il s'agit donc d'un des plus anciens programmes architecturaux en Grèce.
Le petit temple possède un péristyle à 6 x 11 colonnes, et une cella très ramassée sans opisthodome — remplacé par une aile Ouest dont la profondeur correspond à deux entrecolonnements. A l'exception de deux colonnes en pierre, qui ont été mises en évidence, toutes les autres étaient en bois. On en a retrouvé l'emplacement sur le stylobate et plusieurs fragments carbonisés. Elles étaient très probablement couronnées par des chapiteaux en pierre (v. AA 1980, p. 73-78 et fig. 51-53), dont l'un présente un départ de cannelures en biais. Une partie de l'élévation des murs de la cella, en pisé sur orthostates de pierre, avait conservé un fin enduit polychrome. On a également retrouvé, dans la couche de destruction, environ 20 m2 du toit, de type corinthien « à cornes » (Hörnerdach), auquel il convient de rapporter le sphinx (v. BCH 99 [1975], p. 637) et la sima Ouest attribués à tort au grand temple.
Le petit temple de Kalapodi est l'un des mieux conservés de la période de transition entre l'architecture en bois et l'architecture en pierre. On peut supposer qu'il était consacré à Apollon, mais aucun élément ne permet encore de l'affirmer.
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