HALIEIS (Porto-Cheli) - 1973
Portocheli, Cheli, ancient Halieis
Halieís (Porto-Chéli). — La campagne de 1973, dirigée par de l'Université de Pennsylvanie, a porté sur le sanctuaire submergé d'Apollon, déjà exploré en 1970 et 1971 (cf. BCH 95 [1971], p. 875-878 ; 96 [1972], p. 651-652). La figure 85 donne une vue d'ensemble des vestiges.
Le temple (cf. fig. 85), long et étroit (4,50 mx27 m), était construit en blocs de calcaire gris, parés seulement sur la face extérieure, qui sont conservés sur une hauteur maxima de quatre assises. Il présente trois divisions intérieures et un pronaos, mais pas de péristyle. Des tessons du Géométrique Récent et un lécythe protocorinthien constituent les trouvailles les plus anciennes (début du VIIe siècle av. J.-C), mais du bois carbonisé, provenant vraisemblablement des poutres, qui a été recueilli dans la salle centrale, daterait, d'après les analyses, de 780 ± 59 av. J.-C. Au Nord, dans la salle du fond, on a découvert les restes de deux bases en calcaire gris foncé : elles appartiennent au premier état de la colonne axiale ; en effet, les autres bases de cette colonnade sont carrées et faites de calcaire gris clair. On a trouvé également, réparties dans les trois salles, sept bases semi-circulaires, de calcaire gris foncé, qui étaient adossées au mur ; les bases devaient être espacées de 1,50 m et peut-être supportaient-elles des colonnes de bois engagées dans le revêtement intérieur des murs. Colonnade axiale et colonnes engagées formaient le support de la toiture, qui était constituée de grandes tuiles de terre cuite (plusieurs fragments de celles-ci ont été recueillis). Largeur de l'édifice et espacement des bases adossées au mur font penser au temple d'Artémis Orthia à Sparte (cf. , Artemis Orthia, p. 10-11). Mis à part le matériel provenant du pronaos, seule partie du temple reconstruite après l'abandon de l'édifice, aucune trouvaille (céramique, métal) n'est postérieure au milieu du Ve siècle av. J.-C. Cependant, une certaine activité s'est prolongée jusqu'au début de l'époque byzantine, comme l'attestent, par exemple, le réaménagement de la façade (un mur fut construit derrière le seuil) au IIIе siècle av. J.-C. (donc après l'abandon d'Halieis, qui a lieu à la fin du ive siècle) et la présence de poteaux de bois, que l'analyse au C14 date de 400 +/- 56 ap. J.-C. La salle située au Nord contenait un un grand dépôt de skyphoi miniature ; dans la salle du milieu, on a recueilli en quantité os de porcs et cornes de chèvres. Notons enfin qu'on a retrouvé près du seuil une partie de la serrure en fer du temple (des restes de trois grandes clefs, dont une avec le nom du dieu, avaient été recueillis en 1970 et 1971).
L'édifice voisin du temple (cf. fig. 85) a été soigneusement exploré. Il ne s'agit certainement pas d'une stoa comme on le croyait. Il est difficile, d'après les vestiges subsistants, d'en reconstituer le plan intérieur. Les trouvailles sont peu importantes et difficiles à dater, sauf peut-être les tuiles de terre cuite et quelques fragments architecturaux.
D'autres édifices, situés dans la partie Est du sanctuaire, ont fait l'objet d'un examen détaillé, en particulier « l'hôtellerie » : la fonction attribuée à ce bâtiment reste purement hypothétique (cf. BCH 96 [1972], p. 652).
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