AMMOTOPOS. - 1976
Ammotopos
En collaboration avec l'Institut allemand de Berlin, l'Université de Jannina représentée par et a entrepris en 1976 l'exploration de plusieurs maisons classiques et hellénistiques près ď Ammotopos, village situé à une douzaine de kilomètres au Nord-Ouest d'Arta.
La ville antique, de plan orthogonal, qui semble bien avoir été bâtie pendant la première moitié du IVe s. av. J.-C., est entourée d'un mur d'enceinte à redans, en appareil pseudo-isodome, avec huit tours rectangulaires ajoutées à l'époque de Pyrrhus. Dans l'angle Nord-Est, sur le point culminant du site, se trouve une petite acropole avec une citerne. Les murs de plusieurs maisons sont conservés sur une hauteur de 5 m à 7,50 m, avec l'étage supérieur, ses fenêtres, ses lucarnes, l'emplacement des solives du plancher et celui des poutres du toit. Le contraste entre l'état de conservation de ces murs et l'arasement du rempart, dont l'épaisseur dépasse pourtant 3,50 m, suggère que la destruction finale de la ville est le fait de l'homme — sans nul doute des armées de Paul-Émile en 167 av. J.-C.
Deux bâtiments ont été fouillés. La maison 2, au Nord, qui mesure 30 m sur 15 m, avait, semble-t-il, deux étages et, au centre, une cour péristyle. Au Sud-Ouest, la maison 1, explorée plus à fond (fig. 142), comportait également un étage, dont les blocs écroulés sur le sol n'ont pas encore pu être tous évacués. Sept pièces se répartissent autour d'une cour centrale (i), à laquelle on accède depuis la rue par un large couloir (g). Parmi ces pièces on reconnaît l'andrôn (f) et une apothèque en demi-sous-sol (e) — ajouts postérieurs — , le gynécée (d) partiellement fouillé, et deux pièces de service communiquant avec lui. La première (b) — dont la porte de communication fut ensuite murée — servait de cuisine, comme en témoignent des traces de feu dans l'angle Nord-Est. La seconde (c) abritait un métier à tisser, dont on a retrouvé sur le sol les deux supports de pierre, ainsi que vingt-huit pesons. Quelques lampes en terre cuite, des fragments de céramique domestique et trois monnaies de bronze d'Ambracie datant des années 238-167 av. J.-C, complètent le matériel de cette pièce.
L'examen des encastrements de solives, la disposition des fenêtres et le départ de l'escalier qui menait à l'étage supérieur devraient permettre d'en reconstituer le plan et l'élévation. Δοδωνη 5 (1976), p. 431-436.
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