VALLEE D'AGRILEZA. - 1978
Agrileza (Laurion)
Fouilles de l'École britannique. — En 1978 a mené une seconde campagne de fouilles dans la laverie C, partiellement explorée l'année précédente (v. BCH 102 [1978], p. 651-652). Les trois pièces qui avaient été repérées à l'Est de la laverie proprement dite ont été fouillées. Elles forment une aile d'environ 34 m de long sur 6 m de large, taillée dans le flanc de la colline (fig. 47), dans le prolongement exact de l'aire de lavage (fig. 46).
La pièce I (4,50 x 4,50 m), directement accolée à la laverie, devait être une sorte d'annexe — peut-être un dépôt — en relation étroite avec les opérations de lavage, de séchage et de stockage de la poudre de minerai : elle communique exclusivement avec l'aire de travail, par une porte que l'on pouvait fermer, et son sol comme ses murs étaient revêtus du même ciment hydraulique épais que le reste de la laverie. Sur le sol on a retrouvé quelques fragments de tuiles et de très rares tessons.
Les deux autres salles, de dimensions presque identiques (4,55 x 6,25-6,85 m), forment une suite sans communication directe avec la première puisqu'on y pénètre seulement par une porte percée dans le mur Sud de la pièce III. Leur fonction était évidemment très différente de celle de la pièce I. Les murs n'étaient recouverts que d'une mince couche de plâtre, appliquée sur un enduit préparatoire en torchis dont la disparition a mis a nu la maçonnerie du mur du fond, en blocaille de calcaire parfaitement ajustée, et les assises en brique crue des cloisons intérieures. Le sol était en terre battue, avec des zones brûlées ou durcies, des dépôts cendreux, des restes de scories et des cavités qui suggèrent que ces deux pièces servaient d'ateliers. On y a retrouvé un support de vase en terre cuite au centre de la salle II, un four à usage (exclusivement ?) domestique dans l'angle Nord-Ouest de la salle III, plusieurs vases en céramique commune ou à vernis noir datables de la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. et des fragments de tuiles laconiennes provenant du toit qui, selon toute vraisemblance, prolongeait vers l'Est, au-dessus des trois pièces, l'auvent abritant l'aire de lavage.
Contre le mur de façade des ateliers on a mis au jour une série de plates-formes de travail et de trous peu profonds, un fond d'amphore encastré dans le sol et déformé par la chaleur avec des traces de minerai concentré et de nombreux morceaux de litharge. La présence de litharge, qui est un sous-produit de la coupellation du plomb argentifère, prouve que l'activité de cet établissement ne se limitait pas seulement au lavage préliminaire du minerai, mais qu'elle comprenait aussi — à l'échelle expérimentale sinon industrielle — certaines opérations de transformation.
Les traces d'autres constructions ont été repérées à l'Est dans le prolongement des ateliers, et au Sud en bordure du mur de terrasse.
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