PAROS. - 1980
Paros, Paroikia
Travaux de l'Université technique de Munich. — La campagne d'étude et de recherches menée en 1980 par et ses collaborateurs a porté essentiellement sur six monuments.
1) Temple A. — La reconstitution du temple amphiprostyle à six colonnes dont les fondations sont en partie conservées dans la forteresse vénitienne (v. BCH 102 [1978], p. 737), s'est enrichie de plusieurs fûts de colonnes à 24 cannelures et d'un bloc d'ante. La hauteur des colonnes est de 8,86 m, soit 30 pieds. La couverture (en marbre) du pronaos et de l'opisthodome reposait sur des poutres en marbre de 79 cm de haut sur plus de 6 m de long.
2) Sanctuaire d'Apollon Délien. — M. Schuller a poursuivi l'exploration du temple d'Artémis et des vestiges de murs sous-jacents. Il a ainsi pu observer que certains blocs — notamment une marche et une cymaise dorique — n'appartenaient pas au temple mais à l'autel qui en est contemporain.
3) Temple d'Apollon Pythien. — Au temple dorique de la première moitié du IVe siècle av. J.-C. récemment identifié (v. ibid., loc. cit.) on a pu attribuer un certain nombre de blocs qui, après la destruction de l'édifice — vraisemblablement lors du sac de Paros par Philippe V en 202/201 av. J.-C. — furent remployés dans l'Asklépiéion : tambours de colonnes, blocs d'antes, architrave et chapiteaux intérieurs doriques. Ce temple était apparemment périptère, sans opisthodome, et la cella comportait deux étages de colonnes doriques.
4) Hérôon d'Archiloque. — L'ensemble des quelque soixante-dix blocs remployés dans l'église en ruine de Tris Éklissiès (fig. 160), amène à restituer un édifice dorique prostyle tardo-classique, qu'on ne peut guère interpréter que comme un hérôon (fig. 162). Large de 7,11 m, il s'élevait sur un socle en marbre bleuté surmonté d'une krèpis en marbre blanc à trois degrés en façade. Aux entrecolonnements correspondaient trois triglyphes en façade et quatre aux extrémités des longs côtés. La hauteur des colonnes est évaluée à 7 fois et 3/8 leur diamètre inférieur. Le mur de façade, directement accolé aux antes des longs côtés, fut rajouté après coup. La porte n'avait pas de vantaux et l'on devait voir, de l'extérieur, le monument funéraire d'Archiloque qui se dressait probablement au milieu de la cella : une colonne archaïque surmontée du chapiteau ionique portant l'épitaphe du poète et retrouvé par en 1960 dans la basilique (v. BCH 85 [1961], p. 846 et 847, fig. 24-25). Aucun élément de la frise ni du toit n'a été retrouvé.
On signale aussi plusieurs éléments d'architecture qui proviennent de divers monuments et portent des graffiti de la fin de l'époque impériale : des noms propres accompagnant des pieds grossièrement dessinés.
5) Temple de Marmara. — Trente-deux tambours de colonnes du temple dorique classique — dont sept tambours inférieurs — permettent de restituer une hauteur de colonnes de 6,60 m environ, soit 6 diamètres 2/3. Deux plinthes de stylobate et plusieurs fragments de marches, de triglyphes et de corniche témoignent d'une indubitable unité de conception et d'exécution entre cet édifice et le temple d'Apollon Pythien, unité qui ne va toutefois pas jusqu'à la « normalisation », comme le prouvent de multiples différences de détail.
6) Théâtre. — Des éléments de sièges de la proédrie ont été identifiés (fig. 161). Quant aux blocs à face antérieure concave précédemment attribués à un stade (v. BCH 104 [1980], p. 664), un examen plus poussé a montré qu'ils appartenaient aussi au théâtre. Certains d'entre eux présentent une courbure dont le diamètre correspond à celui de la cavea tandis que d'autres sont droits, ce qui indique que les deux kerkides extérieures n'étaient pas incurvées.
7) Relevés et analyses. — L'inventaire graphique, photographique et descriptif des quelque 3500 blocs antiques remployés dans diverses constructions de la région de Paroikia a été achevé. Il servira de base pour la reconstitution des principaux édifices archaïques et classiques. Par ailleurs une équipe de géologues de l'Université de Berlin doit entreprendre en 1981, à partir de l'étude des carrières de marbre de Paros et de Naxos récemment localisées, des recherches visant à identifier la provenance exacte des diverses variétés de marbre cycladique utilisées pendant l'Antiquité.
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