ASSIROS. - 1980
Assiros, Asseros, Guvesna
Fouilles de l'Ecole britannique. — En 1980 (Université de Birmingham) a dirigé une campagne de nettoyages, de fouilles complémentaires et d'étude du matériel.
Tout le matériel de l'âge du Bronze recueilli jusqu'à présent a été trié, classé, regroupé par unités architecturales, et préparé pour l'étude finale.
Sur le terrain, les travaux ont été centrés sur quatre secteurs, dont deux déjà partiellement fouillés — le palier moyen et le sondage Ouest — et deux encore inexplorés — les bordures Nord et Ouest de la zone principale.
1) Palier moyen (tranchée JC). — En dépit des risques d'effondrement consécutifs au tremblement de terre de 1978, on a pu dégager, à l'extrémité de la tranchée, une série de murs en brique crue qui forment la limite occidentale de plusieurs pièces mises au jour en KA. Le plus ancien de ces murs s'élevait à l'extérieur d'un talus probablement plus ancien, incliné à 30° et couronné d'un blocage — apparemment intentionnel — de pierres noyées dans de l'argile rouge. L'espace compris entre le pied du talus et les murs était comblé par des dépôts de ruissellement accumulés sur 2 m de haut et recouverts par un remblai argileux de 0,50 m d'épaisseur, sur lequel on édifia ensuite un nouveau talus en brique crue et en argile tassée. L'amas de pierres découvert au-dessus, dans la tranchée JA, pourrait bien constituer le socle d'un mur marquant la limite du site. Il est malheureusement presque impossible d'effectuer des sondages à l'intérieur de la terrasse, pour voir si le site possède un « noyau » sensiblement plus ancien.
La présence, à un niveau assez bas, d'un nouveau tesson mycénien apparemment bien stratifié remet en question la datation des couches inférieures. Si elles ne sont pas antérieures à 1400 av. J.-C, cela signifie que la toumba s'est élevée de plus de quatre mètres en moins de deux cents ans.
2) Zone Ouest (tranchée NA/HC). — La fouille a été poursuivie sous les niveaux de l'âge du Fer explorés en 1977 (v. BCH 102 [1978], p. 717), mettant au jour des murs en pierre d'orientation légèrement différente. Bien que les dépôts correspondants, d'une épaisseur moyenne de 0,50 m, soient perturbés par des terriers de blaireaux et de renards, leur matériel permet de les assigner au tout début de l'âge du Fer.
Immédiatement au-dessous on a atteint le niveau de destruction de la phase 5, dont les vestiges sont particulièrement bien conservés, ce qui a permis de reconstituer partiellement le plan du site à cette époque, et de constater une différence d'implantation très nette par rapport à la phase précédente.
Sur le sol de la phase 6, apparu très vite au-dessous, on a nettoyé les restes d'un silo en argile (avec armature en vannerie ?) implanté dans un espace apparemment à ciel ouvert. Cet espace est limité par deux murs parallèles situés dans le prolongement exact de ceux du tronçon de rue (« pièce » 10) découvert dans la zone principale (v. ibid., loc. cit.). Un autre segment de mur, à l'Est du sondage, est aligné sur le mur Sud des pièces 1, 3 et 5 de la même zone.
Le plan du site semble donc très régulier, dessinant des îlots rectangulaires séparés par des rues ou des ruelles. Dans chaque îlot la disposition intérieure varie, mais la superficie des cours est toujours double de celle des pièces.
3) Extension Nord de la zone principale (tranchées JK et JL). — Dans ce secteur (fig. 106) on a atteint la couche de destruction de la phase 9, déjà partiellement fouillée dans les pièces 12 et 14 (v. BCH 101 [1977], p. 610, fig. 228). Dans la première pièce on a pu observer, au pied du mur Nord, une banquette en brique crue, haute de 0,50 m et large d'autant, devant laquelle étaient aménagés deux silos en argile : sur les fragments brûlés de l'un d'eux on distingue l'empreinte d'un treillis de branchages, sur lequel l'argile avait dû être appliquée. Dans la seconde pièce, qui a été entièrement dégagée, plusieurs séries de petites cavités dans le sol sont sûrement à interpréter comme des trous d'encastrement de pithoi à fond pointu. La limite Sud de ces pièces était constituée par un mur, sous-jacent au mur Nord de la future rue, mais les mêmes débris calcinés, riches en céréales, ont été retrouvés de part et d'autre de ce mur.
La phase de reconstruction qui suivit (phase 8) ne réutilisa pas partout les anciens murs comme fondations, et certains d'entre eux ne furent apparemment pas reconstruits avant la phase 7.
Le plan demeure pratiquement inchangé pendant la phase 6, la seule nouveauté étant, dans l'angle Sud-Ouest de la pièce 16, un «placard » délimité par un muret courbe (fig. 107) et contenant un certain nombre d'anses de vases qui furent aménagées pour servir de pesons. Des témoignages de cette pratique ont été observés dans les deux niveaux de l'âge du Fer (phases 1 et 2), ce qui fournit un nouvel indice de continuité.
4) Extension Ouest de la zone principale (tranchée HD). — Un groupe de trois silos en argile, dont deux avaient déjà été repérés à la suite du tremblement de terre de 1978, a été fouillé dans l'angle Nord-Ouest de la pièce 11. Ils sont de facture rudimentaire, mais bien conservés grâce à l'incendie.
Au-dessous, dans la pièce 11 et dans la rue 10, la fouille a atteint le sol de la phase 7, tandis que, dans les deux nouvelles pièces (20 et 21) découvertes à l'Ouest de la pièce 11, elle s'est arrêtée sur le niveau de destruction de la phase 6. Dans la pièce 20, cette couche avait été coupée par un mur de la phase 5 pourvu d'un bâti de bois qu'atteste, de façon très nette, un trou d'encastrement qui s'enfonce plus bas que les fondations, à la verticale du mur.
A cette couche de destruction se superpose une nouvelle phase architecturale, représentée par un bâtiment de plan apparemment absidal, auquel est associée de la céramique de l'âge du Fer. C'est la phase 3, qui s'intercale, dans la séquence stratigraphique, entre les dépôts des phases 6 et 2. Elle doit correspondre au plus ancien état de l'âge du Fer à Assiros et être datée entre 1050 et 1000 av. J.-C. L'abondante céramique recueillie au Nord du bâtiment absidal, jointe au matériel du sondage NA/HC, devrait permettre de préciser la typologie céramique de cette période et de la phase de transition. Un moule à couteaux en pierre, trouvé à l'extrémité Est du sondage, appartient plus probablement à la phase 5 qu'à la phase 3.
Parmi les trouvailles des niveaux supérieurs (phases 1 et 2), on retiendra seulement des fragments d'un plat fait en argile dégraissée à l'aide de paille hachée.
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