CHOSTIA. - Prodromos. - 1980
Antiquité - Archaïque - Classique - Hellénistique - Romaine
Fouilles de l'Institut canadien. — En 1980 une équipe dirigée par (Université McGill) et (Université Laval) a mené une première campagne de fouilles à Chostia, site fortifié au Sud de l'Hélicon (fig. 77). Les deux principaux objectifs de cette campagne étaient de préciser la chronologie des enceintes successives et d'établir la séquence stratigraphique des niveaux d'occupation. Une étude superficielle du site et de ses environs a également été entreprise.
Le rempart en appareil « lesbien » découvert dans le secteur Sud-Est de la ville basse (fig. 78) a pu être définitivement daté de l'époque archaïque, grâce à des dépôts de céramique associés à son niveau de fondation. De même, des tessons stratifiés ont confirmé que les enceintes en appareil isodome de l'acropole et de la ville basse (fig. 79) dataient du IVe siècle av. J.-C., les réfections et les remaniements ultérieurs (fig. 80) ayant visiblement été effectués au Ve siècle ap. J.-C.
Tout porte à croire que le site fut abandonné entre l'époque hellénistique et le Ve siècle ap. J.-C., après avoir été détruit vraisemblablement lors de la conquête romaine, comme le suggère le démantèlement d'une bonne partie du rempart isodome. Assez curieusement, lors de la réoccupation tardive, les murs de la ville subirent des réparations beaucoup moins étendues que ceux de l'acropole, et plusieurs blocs de l'enceinte isodome furent même réutilisés dans une série de constructions érigées dans la partie Est de la ville basse. Dans ce même secteur, des vestiges d'occupation classique et hellénistique sont préservés dans les niveaux sous-jacents, tandis que, sur l'acropole, la couche de réoccupation tardive, qui s'enfonce jusqu'au rocher, a pratiquement fait disparaître toute trace de constructions antérieures.
Des restes d'installations industrielles aménagées dans le roc même ont été découverts en plusieurs points : un système de pressoir à huile, qui date apparemment de la phase romaine tardive, dans la partie Sud de la ville basse, et des restes d'une industrie textile (?), d'époque hellénistique, à l'extérieur du rempart Sud.
Le matériel stratifié recueilli à l'intérieur de la ville n'a rien livré qui remonte plus haut que l'époque classique, mais l'on sait, par des trouvailles faites en surface et dans des dépôts perturbés, que le site fut occupé à partir du Bronze Ancien. On espère retrouver des restes de ces niveaux en place dans la partie orientale de la ville basse, où la stratigraphie semble le mieux préservée. Un autre indice d'occupation ancienne est fourni par la présence de murs (de terrasse ?) cyclopéens en bon état au Sud et au Nord-Est de l'enceinte.
Bien qu'on ne puisse encore préciser ni quand ni comment s'acheva la phase de réoccupation tardive, on y constate cependant l'absence de tout matériel byzantin caractérisé, et le fait que ce niveau est scellé, du moins sur l'acropole, par une épaisse couche de destruction. Teiresias 1980, Arch., p. 43-53.
Un rapport préliminaire détaillé sur cette campagne constitue le premier fascicule de la série des Monographies en Archéologie et Histoire Classiques publiée par l'Université McGill.
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