ASSIROS. - 1976
Assiros, Asseros, Guvesna
L'exploration de la toumba d'Assiros, entreprise par l'École britannique en 1975, s'est poursuivie en 1976 sous la direction de , tandis que R. E. Jones sondait trois des collines voisines à l'aide d'un magnetometre à protons. Centrée sur deux secteurs, la fouille a permis d'identifier en tout une vingtaine de phases d'occupation, qui vont du Bronze Moyen jusqu'au début de l'âge du Fer, soit environ de 2000 à 900 av. J.-C.
Dans la zone principale, après démontage des bermes et exploration des niveaux inférieurs, on peut distinguer huit phases, en remontant le cours du temps :
Phases 1 à 4 : Quelques tronçons de murs très ruinés se rattachent aux quatre premières phases, qui appartiennent au Fer Ancien et semblent toutes, sauf la première, antérieures à 900 av. J.-C.
Phase 5 : Elle est représentée par de nombreux murs (incendiés) dont l'orientation diffère sensiblement de ceux de la phase 6, mais dont les briques crues, presque carrées, sont du même type, en usage pendant tout le Bronze Récent. C'est donc finalement à cette époque, plutôt qu'à l'âge du Fer, que ce niveau de destruction doit être assigné.
Phase 6 : Au-dessous, on a dégagé un grand bâtiment (fig. 228) constitué par quatre pièces juxtaposées (6 à 9) de dimensions similaires (4,50 m sur ± 2 m) séparées, au Nord, de plusieurs autres pièces (lia 14) par un corridor (10), et flanquées au Sud par des cours (2 à 5) et peut-être d'autres pièces (1, 4). Malgré la découverte de deux foyers (1, 7) et de trois pithoï en place (8, 11, 14 [fig. 229]), on peut difficilement préciser la fonction de chacune des pièces. En plusieurs points deux sols successifs correspondent à des réfections des murs. Sur le plus ancien des deux, on a recueilli une abondante céramique, notamment un cratère Mycénien de fabrication locale, muni d'une anse horizontale en boucle et décoré, à l'opposé, d'un motif en spirale.
Phase 7 : Sous ces deux sols, un dépôt d'un mètre d'épaisseur a pu être daté, par la présence de céramique HR III В importée, des environs de 1300-1250 av. J.-C. Outre plusieurs vases Mycéniens locaux, il contenait un grand nombre de perles en bronze, en pierre ou en faïence, ainsi que divers débris végétaux (engrain, orge, lentilles, pois, vesce, raisins). La disposition des murs est à peu près celle de la phase 6, qui les réutilisa soit tels quels soit comme fondations. La superposition de deux foyers des phases 6 et 7 suggère même que l'usage de telle pièce est demeuré inchangé.
Phase 8 : Plusieurs murs de la phase 7 étaient eux-mêmes fondés sur ceux d'un état plus ancien (déjà repéré en 1975 dans le secteur Est) que l'on n'a encore exploré que sur une faible étendue. Des fragments de céramique mycénienne importée permettent de dater ces structures du début du HR III В (ca 1350 av. J.-C).
Dans le secteur on a poursuivi la coupe du flanc de la colline sur trois paliers, afin de repérer d'éventuelles fortifications.
Dans la tranchée supérieure, sous les murs de la phase 8, plusieurs niveaux d'occupation ont été identifiés. Ils viennent buter, à l'Est, contre des talus d'argile qui sont vraisemblablement les restes de murs de terrasses délimitant la zone habitée. Vu l'exiguïté du sondage, on ne peut encore rien conclure de l'absence de tout tesson mycénien dans ces couches.
La tranchée moyenne a livré des structures qui semblent bien faire partie d'un système défensif : un large talus intérieur en briques crues et en argile tassée, recouvert de grosses pierres irrégulières ; un mur extérieur épais de 1,50 m à double parement de briques crues et remplissage d'argile tassée, conservé sur 1,50 m de haut, avec deux états de construction ; entre le mur et le talus, un passage large de 3 m formé par une succession de niveaux souvent cendreux, sableux ou caillouteux. Les plus anciens tessons mycéniens sont contemporains de la réfection du mur extérieur.
Sur le palier inférieur, on a mis en évidence un minimum de six phases, dont quatre sont matérialisées par des murs d'habitations. Ils se distinguent des plus récents en ce que la couche d'argile qui sert de mortier entre les lits de briques, au lieu d'être très fine, a la même épaiseur que les briques elles-mêmes (environ 8 cm). Un seul mur de terrasse a été retrouvé, au pied même de la colline. C'est un talus d'argile, large de 3 m à sa base, conservé sur 1 m de haut, et exactement de même nature que le sol de la plaine environnante. Il est difficile de dire s'il s'agit d'une véritable construction ou de l'aménagement d'un ressaut naturel du terrain.
Pour ce niveau, la seule indication chronologique est fournie par un pied de coupe cannelée en céramique locale brune lissée, qui semble imiter le Minyen gris des dernières phases de l'Helladique Moyen. On peut donc penser que l'installation primitive sur le site remonte aux premiers siècles du second millénaire, d'autant qu'aucune céramique du Bronze Ancien, des groupes de Vardaroftsa-Kristana ou d'Arménochori-Sitagroi, n'y a été trouvée. On notera en revanche que les séries incisées au peigne avec remplissage de pâte, qui ont des parallèles en Bulgarie, se rencontrent en abondance dès les niveaux les plus anciens, tandis que les céramiques à peinture mate, si fréquentes à l'Ouest de la Macédoine Centrale, sont rares et précèdent immédiatement le Mycénien.
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