FRANCHTHI - 1976
Paléolithique - Paléolithique supérieur
Néolithique - Néolithique Ancien - Néolithique Moyen - Néolithique Récent - Néolithique Final
Frankhthi
La septième campagne de fouilles de l'Université d'Indiana, qui s'est déroulée pendant l'été 1976 sous la direction de T. W. Jacobsen, avait trois objectifs : dans la grotte, exploration des niveaux Paléolithiques Supérieurs repérés en H-l : В ; hors de la grotte, fouille de la zone d'habitat dans plusieurs des carrés déjà ouverts ; enfin étude du matériel, sur place et au musée de Nauplie.
Dans la grotte, la présence d'un énorme bloc effondré a contraint d'arrêter la fouille du sondage H-l : В à 9,70 m de profondeur. Ce sondage a néanmoins fourni des éléments stratigraphiques qui permettent de relier entre elles les deux grandes séquences paléolithiques de la grotte. L'élément déterminant est une couche de téphra volcanique de 5 à 6 cm d'épaisseur, précédemment repérée en F/A, que les données vulcanologiques, non contredites par les mesures de radiocarbone faites à Franchthi, permettent de dater d'environ 25.000 BP. Cette couche, pauvre en matériel, est recouverte par un dépôt d'argile rouge qui recèle une industrie typique du Paléolithique Final.
Les analyses de sédiments, systématiquement prélevés cette année dans les deux grandes coupes (H-l : В et F/A), et leur combinaison avec les résultats de l'étude paléontologique, devraient permettre, dans un délai très bref, de retracer l'évolution climatique et écologique du site.
La dernière série de datations С 14, qui porte à 57 le nombre total des mesures effectuées dans la grotte, n'offre aucune discrépance avec les précédentes, et l'on note seulement un léger glissement des dates du Mésolithique.
Sur le rivage, on a nettoyé les carrés P 5-Q 5, abattu la berme qui les séparait, et ouvert deux nouveaux petits sondages, en L 5 et en Q 5.
Pour la première fois sont apparues des structures qui se distinguent nettement des hypothétiques murs de terrasses dégagés jusqu'alors : un petit édifice rectangulaire de 1,50 m sur 1,75 m (fig. 92, a), qui faisait peut-être partie d'un plus grand ensemble auquel se rattacherait le mur b, et dont l'occupation remonte à la fin du Néolithique Ancien ou au début du Néolithique Moyen ; un autre mur (fig. 92, с) dont l'épaisseui (1 m), la facture et l'orientation suggèrent une fonction tout à fait différente.
La séquence chronologique dans ce secteur est caractérisée par trois faits : l'existence d'au moins deux grands états de construction, mais avec des remaniements incessants, pendant les deux premières phases du Néolithique ; un hiatus apparent couvrant la fin du Ve millénaire et le début du IVe ; enfin l'absence de toute structure attribuable à la phase finale du Néolithique, phase pendant laquelle l'occupation humaine est pourtant attestée par un abondant matériel. C'est que l'activité, à cette époque, semble concentrée au Nord, dans le secteur « industriel » repéré en L 5 (v. BCH 99 [1975], p. 621).
L'étude des sols et de la stratigraphie a été entreprise, sur le terrain, par C. Oison et , qui ont opéré des prélèvements. F. A. Copper a complété le relevé topographique, avec l'aide des photographies aériennes prises depuis un ballon statique par .
L'examen de la faune, en particulier des rongeurs et des escargots terrestres, qui sont de bons traceurs écologiques et climatiques, a été poursuivi par plusieurs spécialistes (S. Payne et N. Whitney).
Des résultats dignes d'attention ont été obtenus par qui, dans son étude des débris végétaux carbonisés, a notamment identifié des grains d'avoine (fig. 93) et d'orge provenant de dépôts paléolithiques et mésolithiques. Premières traces de céréales jamais trouvées en contexte prénéolithique, ces restes sont, comme le souligne T. W. Jacobsen, d'une importance capitale pour la question des origines de l'agriculture non seulement en Grèce, mais dans toute la Méditerranée orientale.
s'est efforcée de clarifier les rapports chronologiques entre les céramiques de la grotte et celles du rivage, tâche rendue difficile par l'absence, à l'extérieur de la grotte, de toute date C 14 en contexte approprié.
Enfin , qui étudie le matériel lithique, a pu mettre en évidence des aires d'activité spécialisées sur le site. Elle en a donné un aperçu dans deux communications faites au IXe Congrès de l'Union internationale des sciences préhistoriques et protohistoriques de Nice, en septembre 1976. Les recherches connexes de , qui tente de déterminer l'origine des matières premières, en sont encore à l'élaboration d'une méthode satisfaisante, et les résultats des premières expérimentations (analyses des éléments-traces par rayons X) sont attendus.
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