ASSIROS. - 1977
Assiros, Asseros, Guvesna
Au cours de la troisième campagne dirigée par pour le compte de l'École britannique, on a poursuivi la fouille de la zone principale (tranchées JB, JD-JJ) et du secteur Est (tranchées OA, KA), tandis qu'un nouveau sondage, ouvert en bordure occidentale du sommet (entre JB et HB), explorait les niveaux du Fer Ancien identifiés en 1975. On se reportera au plan général publié dans le BCH 100 (1976), p. 681, fig. 219.
Sondage Ouest. — Deux phases principales ont été reconnues dans les niveaux de l'âge du Fer :
Phase 1 : Juste au-dessous de la surface un dépôt de céramique correspond à la dernière phase d'occupation du site. Les vases, dont plusieurs ont pu être restaurés, appartiennent à un stade avancé de l'âge du Fer, et un fragment de céramique tournée et peinte imite même, d'après , un type du VIIIe siècle av. J.-C.
Phase 2 : Sous ce dépôt une épaisse couche de destruction, avec quelques traces d'une phase intermédiaire, recouvrait un ensemble de pièces mesurant chacune 4 x 6 m environ. Les murs de brique crue et les sols de terre battue étaient assez mal conservés, mais le matériel comptait une vingtaine de vases complets (fig. 159). Une telle trouvaille dans une fouille d'habitat fournit de précieux éléments de comparaison avec le matériel des nécropoles du Fer Ancien de Vergina, de Chauchitsa et d'ailleurs. Les mêmes types s'y retrouvent. Une cruche à bec en gouttière (fig. 160), dont le décor rappelle la Buckelkeramik, possède en outre plusieurs parallèles en Bulgarie méridionale, dans les tout premiers niveaux de l'âge du Fer.
Zone principale. — Toutes les bermes ont été abattues et la fouille s'est enfoncée sous le sol de la phase 6.
Phase 7 (XIIIe s. av. J.-C.) : Les pièces du grand bâtiment ont été nettoyées. A ce niveau rien ne permet de préciser leur fonction respective, mais on remarque une grande similitude entre le dépôt accumulé dans les « pièces » 2 et 4 — qui forment en fait un seul espace — et celui qui recouvrait la ruelle 10 (v. BCH 101 [1977], p. 610, fig. 228) : il pourrait dès lors s'agir de deux rues parallèles. La céramique mycénienne importée est relativement plus fréquente que pendant la phase 6, et les imitations locales plus rares. Ces dernières sont représentées par plusieurs vases et quelques nouveaux fragments du cratère à spirale signalé dans la précédente Chronique. Le vase date probablement du début du HR III C. A ce matériel il faut ajouter un pommeau d'épée en marbre et deux épingles en os à tête sculptée.
Les couches sous-jacentes ont été sondées en plusieurs points :
Phase 8 : vestiges de murs conservés sur près de 1 m de haut, associés à de la céramique importée du début du HR III B, mais sans trace de céramique mycénienne locale.
Phase 9 : niveau de destruction apparemment dépourvu de toute céramique mycénienne. On y a retrouvé des grains carbonisés (blé, orge, vesce).
Phases 10 à 14 : superposition de plusieurs états de constructions que le matériel, également dépourvu de tout élément mycénien, permet cependant d'assigner tous au Bronze Récent. A noter quelques fragments de céramique « macédonienne » à peinture mate.
Secteur Est. — Pour des raisons de sécurité le travail a été poursuivi seulement sur les paliers moyen et inférieur. Sur le premier on a ouvert une nouvelle tranchée (OA) au Sud de la grande coupe JC, dans l'espoir de recouper le système défensif (?) précédemment découvert : mur, route et talus. Ce dernier était en grande partie effondré et aucune trace certaine du mur ou de la route n'a pu être observée. La fouille de ce secteur a livré une jarre globulaire à décor géométrique incisé au peigne et rempli de pâte (fig. 161), associée à un vase local typique du début du Bronze Récent. Deux fragments de ce type avaient déjà été trouvés au fond des tranchées JA et JC. On souligne leur ressemblance avec deux exemplaires complets d'Akbounar et de Chauchitsa.
Au bas de la colline la tranchée KA a été fouillée jusqu'au sol vierge, soit 1,50 m environ au-dessous du niveau du sol actuel. Le puissant talus d'argile identifié en 1976 constitue la plus ancienne structure (naturelle ou aménagée) de ce secteur. Contre lui se superposent, à l'Ouest, 0,50 m de dépôts archéologiquement stériles, puis six états de constructions en brique crue, enfin trois couches dépourvues de structures et qui précèdent immédiatement dans le temps la construction du mur du palier moyen. La céramique de ces niveaux, représentée par plusieurs formes complètes et un grand nombre de tessons, ne donne aucune indication chronologique. La pâte est plus fine, mieux travaillée et plus cuite qu'au Bronze Récent, mais les formes sont déjà les mêmes et l'incision au peigne s'y rencontre dès le début.
Trois sondages exécutés à l'Est de cette tranchée ont confirmé que le site ne s'étendait pas au-delà de la toumba.
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