VALLEE D'AGRILEZA. - 1977
Agrileza (Laurion)
et ont exploré en 1977, pour le compte de l'École britannique, les vestiges d'installations industrielles liées à l'exploitation des mines de plomb argentifère : quatre laveries (A, B, C, D) quatre citernes circulaires, une galerie de mine et un puits.
La laverie C (fig. 28) présente un intérêt particulier à cause de sa superficie étendue (14 x 31 m), de son plan complexe et de son remarquable état de conservation. Construite au bord d'une terrasse selon un axe Nord/Sud, elle comprend au Nord une citerne de 11,20 m de diamètre aux murs très épais et, au Sud, la laverie proprement dite, structure carrée de 14 m de côté. Cette dernière se compose d'un long réservoir (a) adossé à la citerne et dont la murette antérieure, percée à mi-hauteur de sept orifices cylindriques régulièrement espacés, domine l'aire de lavage (b). Séparée de celle-ci, l'aire de séchage (c), nettement plus vaste, est bordée sur les quatre côtés par des canaux d'écoulement (d) reliés à deux bassins de décantation (e) et aboutissant finalement à un profond réservoir de récupération (f) creusé au pied d'un « tablier collecteur » (g). Ce dispositif permettait la circulation et la réutilisation des eaux au cours du processus de lavage. Son efficacité tenait en grande partie à la qualité du ciment hydraulique, généralement encore bien conservé, qui recouvrait toutes les structures. L'angle Nord-Est de l'ensemble était occupé par une pièce (h), entièrement ouverte au Sud, et qui devait servir d'entrepôt.
La présence de trois bases ou tambours de colonnes régulièrement espacés à la lisière Nord de l'aire de séchage (fig. 29), et celle de nombreux fragments de tuiles de type laconien suggèrent que la laverie était partiellement couverte : une stoa abritait le réservoir allongé, l'aire de lavage et l'entrepôt, tandis que l'aire de séchage et les autres équipements étaient à ciel ouvert.
La citerne, avec ses puissants murs dont l'enduit hydraulique fut refait au moins à trois reprises, n'a pu être encore complètement dégagée. Mais on doit s'attendre a fortiori à y trouver les traces d'un support de couverture, du type de ceux qui ont été découverts au fond d'une citerne à Soureza.
Plusieurs pièces repérées immédiatement à l'Est de la laverie confirment que celle-ci faisait partie d'un complexe industriel plus vaste. Parmi les trouvailles il faut signaler deux bornes fragmentaires portant des inscriptions relatives à l'affermage de l'établissement. C'est peut-être les premières qu'on puisse mettre en rapport avec une laverie déterminée. Une datation à l'intérieur du IVe siècle av. J.-C. n'est pas contredite par la céramique.
De dimensions voisines et de structure similaire la laverie D, située en aval à quelque distance, présente une citerne de plan carré.
La laverie A, qui se trouve à cent mètres à l'Ouest de la première, est beaucoup plus petite (6 x 12 m), mais elle possède les mêmes équipements, généralement moins bien conservés à l'exception de quelques détails. Le matériel céramique, en piètre état, est semblable à celui de la laverie C.
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