STAGEIRA. - Sidérokavsia. - 1978
Anc. Stageira, Stageira antique
L'École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris et le Centre d'Études Byzantines de l'Université de Thessalonique, représentés respectivement par et , ont effectué conjointement, en 1976 et en 1978, deux premières campagnes de fouilles sur le site de Sidérokavsia (Chalcidique), connu par de nombreux documents d'archives et plusieurs récits de voyageurs. Les vestiges les plus denses occupent la colline d'Haghios Dimitrios qui surplombe au Nord le village de Stageira (fig. 151). Certains d'entre eux étaient visibles avant la fouille mais ils n'offraient aucune cohérence : une série de murs « de terrasse » souvent percés d'ouvertures, une entrée de galerie (?), des masses de résidus de fonte, les restes d'une tour carrée, d'une canalisation, d'une citerne et ceux d'un bâtiment très endommagé que l'on interprétait comme un bain turc.
La fouille, limitée au quart Sud-Est de la colline, a montré que la diversité des constructions répondait à une diversité de fonctions autant qu'à la succession de plusieurs phases architecturales.
Sur le flanc Est (carrés Κ 103, L 103 et Κ 104) on a mis au jour les restes d'une rue pavée et de plusieurs édifices dont seuls subsistent les murs de soutènement. Ces murs, solidement maçonnés mais appareillés sans beaucoup de soin (fig. 152), utilisent la technique des poutres noyées. On a pu y discerner deux phases de construction, qui semblent appartenir toutes deux à l'époque ottomane. Parmi les tessons retrouvés sur le pavage de la rue, on signale au moins un échantillon sûr de la production d'Iznik.
Sur la pente Sud (carrés S 101, Τ 101, V 101 et W 101) les vestiges architecturaux et la stratigraphie sont beaucoup plus complexes. On a pu identifier plusieurs sols en relation avec des tronçons de murs, des fosses, des dépotoirs (riches en mobilier) et des canalisations, mais il est encore impossible de se faire une idée claire de la séquence chronologique, même relative, et de l'implantation des bâtiments. On doit se borner à constater que le site connut de nombreuses phases d'occupation et qu'il fut l'objet d'une reconstruction permanente. Plusieurs murs de soutènement, identiques à ceux du secteur Est, en sont probablement contemporains, tandis que des murs non maçonnés doivent être rattachés à une phase d'occupation plus tardive. Le niveau le plus ancien observé sur le site (en S 101) semble dater, d'après la céramique, de la fin de l'époque byzantine ou du tout début de l'époque post-byzantine. En effet, malgré les trouvailles répétées de mobilier byzantin (céramique, monnaies) aucun niveau ne peut être attribué avec certitude à cette période.
Du point de vue architectural, les vestiges mis au jour ne correspondent guère à ce qu'on attendrait d'un simple habitat rural. L'abondance des scories métallurgiques, du mobilier en fer et des canalisations, évoque plutôt — en accord avec la tradition orale et écrite — des installations liées à l'industrie minière et métallurgique.
Le matériel céramique recueilli au cours des deux premières campagnes de fouilles est particulièrement abondant et riche en formes complètes. Son étude permet d'établir pour la première fois, sur des bases sûres, une typologie de la céramique tardo-byzantine en Chalcidique.
Parallèlement à la fouille, les campagnes de prospection ont révélé l'intérêt de plusieurs sites voisins, notamment celui de Mariana, où l'on a repéré des vestiges byzantins.
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