SPARTE. - Colline d'Aetos - 1980
Fouilles de l'École britannique. — En 1980, des labours profonds ayant partiellement endommagé des dépôts archéologiques en place sur le flanc Sud de la colline d'Aétos (fig. 39), a exécuté une fouille limitée autour de la tranchée exploratoire déjà ouverte en 1978 (v. BCH 103 [1979], p. 563). Les vestiges mis au jour s'étagent sur deux terrasses (fig. 40). Ils correspondent à sept phases d'occupation au moins, toutes déjà reconnues en d'autres points du site.
La première phase, apparemment assignable à l'ΗΜ II, est représentée par deux fours circulaires en pisé, découverts au bord de la terrasse supérieure (fig. 41). Bien qu'ils n'aient livré qu'une faible quantité de céramique, il s'agit de toute évidence de fours de potier.
Au cours de la seconde phase, qui suivit d'assez près la démolition des fours, l'endroit servit de nécropole. La tombe la plus ancienne (T 1) est une fosse à couvercle de plaques qui contenait un squelette d'adulte (fig. 42) accompagné d'une fusaïole en terre cuite et d'un morceau de feuille d'or. Sous le squelette, on a pu observer l'empreinte d'une étoffe. Trois autres inhumations — toutes dépourvues d'offrandes — étaient groupées à proximité de la fosse, et une quatrième avait recoupé le four n° 2, établissant ainsi de façon claire la chronologie relative des deux premières phases. La céramique recueillie dans les dépôts qui recouvraient les tombes semble exclusivement HM.
La première phase architecturale proprement dite est représentée par un édifice monumental d'au moins 18 m de long sur 8 m de large, élevé sur la terrasse supérieure et pourvu d'un sol en galets identique à celui du bâtiment 1 de la colline du Ménélaion, qui a été daté de l'HR II B-HR III A 1. Le plan original de l'édifice, qui doit appartenir au type du mégaron, a été considérablement altéré par plusieurs remaniements successifs, dont deux au moins doivent être datés, d'après la céramique trouvée dans les tranchées de fondation, de l'HR II B-HR III A 1. L'un d'eux pourrait être contemporain du remplacement du bâtiment 1 par le bâtiment 2 sur la colline du Ménélaion.
C'est à l'HR IIIB que le puissant mur de soutènement qui structure le site en deux terrasses fut construit, à l'aide d'énormes moellons de calcaire et de gros galets de l'Eurotas. Ce mur, de facture rudimentaire, dont seule l'assise inférieure a été retrouvée en place, mesurait plus de 1,20 m de large et probablement plus de 2 m de haut. Il était apparemment couronné de grandes dalles de schiste, percé de drains pour les eaux pluviales, et peut-être pourvu d'un chaînage en bois, si l'on en juge par l'existence de zones brûlées nettement circonscrites parmi les débris.
Une chaussée en cailloutis mêlé de tessons longeait le pied du mur, qu'elle séparait, au Sud, d'un vaste bâtiment rectangulaire dont seul l'angle Nord-Est est préservé. Ce bâtiment, qui paraît contemporain du mur de terrasse, fut détruit en même temps que lui, mais il n'était déjà plus occupé car on n'a rien retrouvé à l'intérieur. Cela n'en rend que plus étrange la présence du squelette découvert sur la chaussée en 1978, et qui est probablement celui d'un passant écrasé par l'effondrement du mur.
La phase suivante vit une réoccupation des lieux par des squatters, après des travaux de reconstruction tout à fait sommaires auxquels est associée de la céramique de type « nordique » semblable à celle qui a été trouvée, par exemple, à Tirynthe (v. ibid., p. 559 et ci-dessus p. 789), et dont de nombreux échantillons avaient déjà été recueillis, hors contexte, au bas de la colline du Prophète-Élie. D'après le fouilleur, cette céramique, en dépit de ses formes incontestablement non locales, a été fabriquée sur place. Le motif décoratif favori qui la caractérise est celui des cordons plastiques appliqués sous le bord des jarres à col évasé, parfois munies de petites anses verticales en boucle.
On a désormais, semble-t-il, suffisamment d'indices d'une occupation — peut-être partielle — du Ménélaion jusque pendant l'HR III C 1, et d'une reprise de l'activité — peut-être de courte durée — après une sérieuse catastrophe qui a toutes les apparences d'un tremblement de terre.
Aucun dépôt de vases en place n'a été retrouvé sur aucun sol, ni dans les niveaux HR III Β — le site ayant apparemment été nettoyé avant ou après la grande destruction — ni dans les derniers niveaux d'occupation, qui ont été perturbés par l'érosion et les labours.
Parallèlement à la fouille, on a pu achever, en 1980, l'étude de la céramique recueillie en 1977-78 dans l'amas pierreux découvert au sommet de la colline (v. BCH 102 [1978], p. 675, et 103 [1979], p. 563). Il semble bien, sans qu'on puisse en être certain, que l'amas de pierres et de céramique HR III Β 2-HR III C 1 résulte du nettoyage des constructions ruinées qui ont été fouillées cette année. La présence de tessons HR III C 1 et « nordiques » indique en effet que ce dépôt n'est pas antérieur à l'installation des squatters ; et il ne peut guère être plus récent car rien, dans le matériel, ne descend plus bas que le XIIe siècle av. J.-C.
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