HALIEIS - 1974
Portocheli, Cheli, ancient Halieis
Halieis (Porto-Chéli). — L'École américaine, représentée par les Universités d'Indiana et de Pennsylvanie, a repris, sous la direction de , la fouille de la ville basse, dans trois secteurs, afin de compléter l'exploration de la cité de la fin du IVe siècle av. J.-C. ainsi que celle de la nécropole (v. plan général BCH 97 [1973], p. 306, fig. 109).
Dans la ville, secteur 24 (= «Northeast Quarter» dans Hesperia 38 [1969], p. 316), on a mis au jour les restes de maisons de l'époque classique, sans trouver de traces d'occupation romaine, ce qui confirme a silentio que les fouilles de 1972 dans le secteur 10, à 200 m au NO du secteur 24, portaient bien sur le centre de la ville romaine des IVe-VIIe siècles ap. J.-C. Ces maisons sont organisées en au moins cinq insulae séparées par des rues non constamment parallèles ou perpendiculaires à la muraille. L'une de ces insulae (±82x28 m) est divisée en deux par une allée de ±1,70 m de large et sa partie N (41x28 m) comporte quatre unités d'habitation à peu près d'égales surfaces. Les ruines sont remplies et recouvertes de briques crues fondues et, par endroits, d'épaisses couches de débris de tuiles laconiennes dont l'aire de dispersion suggère qu'une partie seulement des maisons était couverte de toits tandis que d'autres possédaient des terrasses. La technique de construction des murs extérieurs est de bonne qualité : fondations de blocs de calcaire bien taillés, assises de support en conglomérat pour les briques crues, calcaire coquiller stuqué pour les éléments visibles tels que chambranles et chapiteaux et un beau conglomérat, semblable à du grès pour les plaques de couverture des puits et citernes. Les parois, stuquées, sont décorées de peintures à fresque non figuratives où le pourpre et le blanc prédominent sur le jaune et le noir ou bleu. L'eau provenait de citernes et de puits. L'un d'eux, profond de 6,20 m et revêtu de ciment hydraulique, a été fouillé. Il a livré des tessons, des os — chevaux, bovins, mouton, cochon, sanglier ( ?), loup ( ?), cerf ( ?) — des végétaux (graines, noyaux d'olives), des objets en bois (peigne, tête de maillet, etc.). La cité semble avoir été détruite (tremblement de terre ? attaque ennemie ?) puis nettoyée par ses derniers habitants qui l'auraient ensuite presque immédiatement abandonnée. La datation de cette destruction demande un surcroît d'étude car elle est fixée par la céramique aux environs de 330 et par les monnaies au début du IIIе siècle av. J.-C.
Les fouilles du secteur 27 (au SE du précédent) portent aux mêmes conclusions. On y a, en outre, procédé à des sondages profonds qui ont montré que les habitations du Ve siècle avaient la même orientation, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'elles respectaient un schéma régulier. L'occupation du site remonte au VIe siècle avec une lacune, dans ce secteur du moins, entre ±450 et 400.
La nécropole (localisation : v. N. Faraklas, Ancient Gr. Cities, 19, fig. 19), côté E du ravin, a livré des tombes à crémation datant de ±550 à 450 av. J.-G. L'une d'entre elles était constituée par une hydrie, une autre par une très grande chytrá. Côté O, il n'y a apparemment que des inhumations de la fin du second et du troisième quart du VIe siècle av. J.-C. Il est important de constater qu'il y a recoupement chronologique entre les deux pratiques funéraires, peut-être en raison de l'hétérogénéité du peuplement qui s'est installé à Halieis aux environs de 700 av. J.-C.
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