KITION. - Bamboula - 2025
Informations Générales
Numéro de la notice
21155
Année de l'opération
2025
Chronologie
Mots-clés
Nature de l'opération
Institution(s)
Université Lumière Lyon 2 (Université Lumière Lyon 2)
Ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères (Ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères)
Localisation
Toponyme
Kition Citium Kitium
Kition Citium Kitium
Notices et opérations liées
Description
En octobre 2025, la mission française de Kition, dirigée par
(CNRS/HiSoMA-MOM) et
(Université de Bâle), a conduit une nouvelle campagne de terrain sur le site de Bamboula. Lors des deux campagnes précédentes, la fouille avait permis de clarifier une partie du phasage de cette zone de la ville antique (sondage 11), massivement remaniée dans un laps de temps resserré au IVe siècle av. n. è. Cinq phases successives peuvent désormais être reconnues. La plus ancienne date du Chypro-archaïque I ; elle est suivie de trois phases qui témoignent des remaniements profonds effectués avant le IIIe siècle av. notre ère. Le secteur a servi comme zone de mise au rebut de déchets divers, après avoir été utilisé comme zone d’approvisionnement en blocs de taille. S’ensuivent un comblement et un nivellement massifs de cette partie de la ville antique, voisine du port. La fouille de 2025 s’est tout d’abord concentrée sur l’extension du sondage vers le Sud, afin de continuer le dégagement des structures en place découvertes en 2024, directement au-dessous de la zone dépotoir ayant livré des ostraca phéniciens.
En premier lieu, la campagne 2025 a permis d’éclaircir la nature des grosses perturbations détectées en 2024. Nous avons ainsi pu identifier deux larges fosses parallèles, d’orientation Est-Ouest (le locus 975 au Nord et le locus 976 au sud) mesurant toutes les deux 1,30 m de large (fig. 1). Il s’agit de fosses de récupération, destinées au pillage de murs en pierre dont nous n’avons pas encore retrouvé les traces. Les deux fosses sont contemporaines : toutes les deux sont creusées à partir d’un niveau que l’on peut dater de l’époque classique. Le creusement de ces deux tranchées a donné lieu à l’arrachage de nombreuses structures antérieures présentes dans ce secteur de Bamboula, structures qui étaient alors remblayées et qui n’étaient donc plus visibles en surface. C’est le cas du grand mur locus 962, déjà identifié en 2024 et dont nous avons pu suivre cette année l’extension vers le Sud. Ce long mur d’orientation Nord-Sud, partiellement apparu en 2024, est constitué en profondeur de blocs de gros appareils, taillés avec soin (fig. 2). La fouille de 2025 a permis d’identifier son prolongement vers le Sud ainsi que son retour vers l’Ouest ; son extension complète n’est en revanche pas encore connue. La fouille du comblement de la tranchée de récupération (locus 976) a également permis de constater que le creusement de cette dernière n’a pas atteint le niveau de la première assise des blocs du mur 962 qui demeurait en place au fond de la fosse, protégée par une fine couche de sédiment limoneux. Le comblement de la fosse, qui comprenait beaucoup de pierres et de céramique, confirme que celle-ci a été remblayée rapidement, au cours de l’époque classique.
La fouille de 2024 avait permis la mise au jour d’une cuvette fermée vers le Nord par un alignement de dalles de gypse. Le dégagement de la structure permet de comprendre que celle-ci a été progressivement ensevelie par une superposition de couches alternant des compositions argileuses, charbonneuses et cendreuses. On y a trouvé une marmite tripode et une petite cruche Black-on-Red ainsi qu’un galet de forme cubique qui servait peut-être de pilon, les pieds de la marmite avaient été volontairement cassés et déposés contre l’épaule du vase (fig. 3). Le cruchon illustre une forme tardive de l’époque archaïque (BoR III[V]), datable de la fin du VIe ou du Ve s. av. n. è. La marmite représente une forme complètement inédite. La fouille du sol qui les recouvrait (locus 966) a permis d’établir qu’il s’agissait d’un sol en terre battue ayant subi plusieurs nettoyages et réfections. À ce jour, nous avons pu fouiller et identifier trois niveaux de sols successifs. Environ 1 mètre plus au Sud, le sol venait buter contre un muret conservé sur une hauteur de 82 cm. Ce dernier est composé de galets de modules variés correspondant à deux états. Il ne présente aucun parement. En revanche, sur son côté Sud, était appuyée une grande dalle en gypse déposée horizontalement sur le sol, une installation qui rappelle le mode de fermeture de la cuvette fouillée plus au Nord. Le premier état du muret 973 présente, quant à lui, un aspect plus soigné avec l’utilisation de galets de rivière de forme ronde ou rectangulaire. L’élévation correspondant à l’état 2 présente un léger fruit vers le Sud, ce qui semble indiquer que le mur présentait des faiblesses structurelles. Le sol se poursuivait probablement au Sud du muret 973, il est toutefois interrompu par les destructions occasionnées par la tranchée de récupération 976.
La fouille de 2025 a également permis de préciser le tracé de la seconde fosse de récupération (locus 975), parallèle et contemporaine du locus 976. L’installation de cette fosse a largement perturbé tout le secteur Nord du sondage, qui a livré cette année les premières traces d’une occupation datant du Chypro-Archaïque I (VIIIe-VIIe siècles). Le creusement de la tranchée a également arraché l’élévation en brique crue d’un mur archaïque d’orientation Nord-Sud (locus 978), sans toutefois abîmer ses fondations en pierre. Conservé sur une longueur de 2,03 m, ce dernier a conservé une partie de son élévation. Son parement Ouest était revêtu d’un enduit en plâtre contre lequel trois grands vases de stockage et un petit cruchon avaient été abandonnés. Dans la berme Nord, un mur de retour formait peut-être l’angle d’une pièce. Au total, cinq récipients ont été découverts en place, sur le sol de cet espace (fig. 4-5). Contre le mur Nord se trouvaient une amphore commerciale phénicienne et une cruche Plain White couchées horizontalement sur le sol. Contre le mur Est (locus 978), on a dégagé deux amphores commerciales phéniciennes et une amphore Plain White à anses horizontales, ainsi qu’une cruche-tonneau Bichrome, probablement importée. Les trois grands conteneurs reposaient sur le sol : l’amphore sur sa base annulaire, les deux amphores phéniciennes à l’envers, et dépourvues de leur partie supérieure (coupée au niveau du col). Elles étaient donc déjà en remploi, peut-être utilisées comme boîtes de rangement, lorsqu’elles ont été abandonnées. La fouille de leur contenu n’a toutefois livré que quelques tessons divers, datables de l’époque archaïque. Les éléments dégagés indiquent que nous avons affaire à une pièce (d’habitat ?), abandonnée avec son mobilier en place, scellée par l’effondrement de l’élévation de brique des murs. À l’exception des vases entiers (ou presque entiers), on n’a retrouvé que très peu de matériel. Mentionnons toutefois un peson de terre crue, du même type que le set de pesons recueilli plus au Sud, dans un niveau du sanctuaire également daté du Chypro-Archaïque I, et qui avait été remisé dans un col d’amphore placé à l’envers sur le sol d’une pièce.
En premier lieu, la campagne 2025 a permis d’éclaircir la nature des grosses perturbations détectées en 2024. Nous avons ainsi pu identifier deux larges fosses parallèles, d’orientation Est-Ouest (le locus 975 au Nord et le locus 976 au sud) mesurant toutes les deux 1,30 m de large (fig. 1). Il s’agit de fosses de récupération, destinées au pillage de murs en pierre dont nous n’avons pas encore retrouvé les traces. Les deux fosses sont contemporaines : toutes les deux sont creusées à partir d’un niveau que l’on peut dater de l’époque classique. Le creusement de ces deux tranchées a donné lieu à l’arrachage de nombreuses structures antérieures présentes dans ce secteur de Bamboula, structures qui étaient alors remblayées et qui n’étaient donc plus visibles en surface. C’est le cas du grand mur locus 962, déjà identifié en 2024 et dont nous avons pu suivre cette année l’extension vers le Sud. Ce long mur d’orientation Nord-Sud, partiellement apparu en 2024, est constitué en profondeur de blocs de gros appareils, taillés avec soin (fig. 2). La fouille de 2025 a permis d’identifier son prolongement vers le Sud ainsi que son retour vers l’Ouest ; son extension complète n’est en revanche pas encore connue. La fouille du comblement de la tranchée de récupération (locus 976) a également permis de constater que le creusement de cette dernière n’a pas atteint le niveau de la première assise des blocs du mur 962 qui demeurait en place au fond de la fosse, protégée par une fine couche de sédiment limoneux. Le comblement de la fosse, qui comprenait beaucoup de pierres et de céramique, confirme que celle-ci a été remblayée rapidement, au cours de l’époque classique.
La fouille de 2024 avait permis la mise au jour d’une cuvette fermée vers le Nord par un alignement de dalles de gypse. Le dégagement de la structure permet de comprendre que celle-ci a été progressivement ensevelie par une superposition de couches alternant des compositions argileuses, charbonneuses et cendreuses. On y a trouvé une marmite tripode et une petite cruche Black-on-Red ainsi qu’un galet de forme cubique qui servait peut-être de pilon, les pieds de la marmite avaient été volontairement cassés et déposés contre l’épaule du vase (fig. 3). Le cruchon illustre une forme tardive de l’époque archaïque (BoR III[V]), datable de la fin du VIe ou du Ve s. av. n. è. La marmite représente une forme complètement inédite. La fouille du sol qui les recouvrait (locus 966) a permis d’établir qu’il s’agissait d’un sol en terre battue ayant subi plusieurs nettoyages et réfections. À ce jour, nous avons pu fouiller et identifier trois niveaux de sols successifs. Environ 1 mètre plus au Sud, le sol venait buter contre un muret conservé sur une hauteur de 82 cm. Ce dernier est composé de galets de modules variés correspondant à deux états. Il ne présente aucun parement. En revanche, sur son côté Sud, était appuyée une grande dalle en gypse déposée horizontalement sur le sol, une installation qui rappelle le mode de fermeture de la cuvette fouillée plus au Nord. Le premier état du muret 973 présente, quant à lui, un aspect plus soigné avec l’utilisation de galets de rivière de forme ronde ou rectangulaire. L’élévation correspondant à l’état 2 présente un léger fruit vers le Sud, ce qui semble indiquer que le mur présentait des faiblesses structurelles. Le sol se poursuivait probablement au Sud du muret 973, il est toutefois interrompu par les destructions occasionnées par la tranchée de récupération 976.
La fouille de 2025 a également permis de préciser le tracé de la seconde fosse de récupération (locus 975), parallèle et contemporaine du locus 976. L’installation de cette fosse a largement perturbé tout le secteur Nord du sondage, qui a livré cette année les premières traces d’une occupation datant du Chypro-Archaïque I (VIIIe-VIIe siècles). Le creusement de la tranchée a également arraché l’élévation en brique crue d’un mur archaïque d’orientation Nord-Sud (locus 978), sans toutefois abîmer ses fondations en pierre. Conservé sur une longueur de 2,03 m, ce dernier a conservé une partie de son élévation. Son parement Ouest était revêtu d’un enduit en plâtre contre lequel trois grands vases de stockage et un petit cruchon avaient été abandonnés. Dans la berme Nord, un mur de retour formait peut-être l’angle d’une pièce. Au total, cinq récipients ont été découverts en place, sur le sol de cet espace (fig. 4-5). Contre le mur Nord se trouvaient une amphore commerciale phénicienne et une cruche Plain White couchées horizontalement sur le sol. Contre le mur Est (locus 978), on a dégagé deux amphores commerciales phéniciennes et une amphore Plain White à anses horizontales, ainsi qu’une cruche-tonneau Bichrome, probablement importée. Les trois grands conteneurs reposaient sur le sol : l’amphore sur sa base annulaire, les deux amphores phéniciennes à l’envers, et dépourvues de leur partie supérieure (coupée au niveau du col). Elles étaient donc déjà en remploi, peut-être utilisées comme boîtes de rangement, lorsqu’elles ont été abandonnées. La fouille de leur contenu n’a toutefois livré que quelques tessons divers, datables de l’époque archaïque. Les éléments dégagés indiquent que nous avons affaire à une pièce (d’habitat ?), abandonnée avec son mobilier en place, scellée par l’effondrement de l’élévation de brique des murs. À l’exception des vases entiers (ou presque entiers), on n’a retrouvé que très peu de matériel. Mentionnons toutefois un peson de terre crue, du même type que le set de pesons recueilli plus au Sud, dans un niveau du sanctuaire également daté du Chypro-Archaïque I, et qui avait été remisé dans un col d’amphore placé à l’envers sur le sol d’une pièce.
Auteur de la notice
Pauline Maillard
Références bibliographiques
Rapport de mission inédit remis par Sabine Fourrier et Pauline Maillard pour 2025.
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Date de création
2026-01-29 07:48:16
Dernière modification
2026-01-29 11:04:48
Figure(s)
Fig. 1/ Orthophotographie finale du sondage 11 après les fouilles 2025, avant l’enlèvement des vases en place (A. Rabot).
Fig. 2/ La partie Sud du sondage, vue vers le Nord ; à l’extrême gauche, en bas, mur 964 ; à droite, blocs du locus 970, installé sur le mur 962 et, à un niveau inférieur dans l’angle Sud-Ouest, mur 974 ; au centre, tranchée de récupération locus 976.




