Chronique des fouilles en ligne
Respecter   tous les
  au moins un
critère(s) de recherche    Plus une Moins une Remise à zéro

DIKILI TASH
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Informations générales
Numéro de notice 2648
Année de l'opération 2011
Date de modification 2017-11-02
Nature de l'opération Étude - Analyses
Institution(s) École française d'Athènes et Société Archéologique d'Athènes
Fiche(s) associée(s) 2005 - 2006 - 2008 - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2013 - 2015
Notice
À Dikili Tash (P. Darcque, CNRS/EfA, H. Koukouli, Société Archéologique d'Athènes, D. Malamidou, ΙΗ' ΕΠΚΑ et Z. Tsirtsoni, CNRS/EfA), la campagne de 2011 s’est attachée à étudier et interpréter les données de terrain issues des carottages effectués en 2010 et des fouilles des campagnes précédentes (fig. 1-2). Les dix-huit datations au 14C établies à partir d’échantillons de charbons de bois et de graines ont apporté les résultats suivants :
  • la première installation sur le site remonte au Néolithique Ancien et a pris place entre 6400 et 6200 av. J.-C., d’après neuf datations. À cette fourchette chronologique sont attribués un minuscule fragment de céramique aux surfaces brun-rouge poli et un grattoir circulaire sur éclat en calcédoine (fig. 3). Deux carottes (C2 et C3) enregistrent une montée du niveau de la mare au Nord de l’habitat entre les périodes 6378/6222 et 5997/5844 av. J.-C. Les datations fournies par les carottes confrontées à l’épaisseur des couches sédimentaires correspondantes indiquent qu’à cette période, l’occupation humaine est enregistrée sur une superficie de plus de 0,6 ha et semble surtout étendue vers le Nord-Est du site actuel, à proximité du vallon et de la mare qui l’occupe à son amont.
  • cinq datations issues des carottages couvrent l’intervalle suivant, 5800-5400 av. J.-C., qui correspond au Néolithique Moyen. Pour cette période, les unités stratigraphiques semblent plus développées au Nord du site (épaisseur des couches de plus de 2 m) que vers le Sud (épaisseur de 1 m). À cette époque, le site pourrait être plus étendu qu’au Néolithique Ancien, mais pas très élevé (3 à 4 m de hauteur), son profil se rapprochant de celui des sites Thessaliens.
  • à partir du début du Néolithique Récent, vers 5400 av. J.-C., les niveaux archéologiques sont plus développés dans le secteur Sud et au centre du site ; les couches anthropogènes atteignent de 6 à 10 m d’épaisseur au NR I et II, donnant au site son plan et son volume actuels : c’est à cette époque que le tell de Dikili Tash s’affirme dans le paysage.
 
Lors de la fouille de la maison 1 (secteur 6, voir Chronique, n. 1952), dont la destruction est située vers la fin du Néolithique Récent II, plus de 500 échantillons ont été prélevés. Leur tamisage à l’eau en 2010 et en 2011 a confirmé qu’une grande quantité de fruits et de graines étaient entreposés à l’intérieur de la maison. Les espèces identifiées sont les suivantes : une masse de vesces (vicia ervilia), plusieurs concentrations de raisins pressés (vitis vinifera, pépins dont certains conservent la peau), trouvés à proximité de jarres indiquant probablement le processus de fermentation, de l’engrain (triticum monococcum) entreposé avec la glume, c’est-à-dire sous la forme d’épillets, du lin (linum usitatissimum), ainsi que des mûres, des figues et des poires.
La plupart des espèces présentes dans la maison 1 sont récoltées à la fin de l’été ou au début de l’automne. S’il se confirme que les raisins pressés étaient en train de fermenter dans les jarres, on pourra fixer la date de la destruction avec encore plus de précision, étant donné que cette étape ne dure que quelques jours après la vendange.
 
L’interprétation proposée en 2010 pour les vestiges mis au jour dans le secteur 2, au Sud du site (fig. 1), à savoir l’identification d’un four domestique, se trouve confirmée. De plus, la date des événements est précisée, grâce à huit nouvelles datations 14C de haute précision (laboratoires de Lyon et Dimokritos) et grâce à l’apport de l’étude du mobilier.
Le premier et unique niveau d’occupation en place s’établit ici au cours du Néolithique Récent II (milieu du Ve millénaire), dans une zone précédemment inoccupée, rehaussée par l’accumulation de colluvions durant plus de 1000 ans (dates 14C entre ca. 6000 et 5000 av. J.-C.). L’étude des fragments de terre à bâtir permet d’affirmer que les vestiges conservés dans la partie Nord du secteur (locus 2-002 et 2-014) appartiennent bien à des fours domestiques, dont l’un pourrait être construit avec une armature en bois, technique très rare à Dikili Tash.
Une couche de colluvions vient recouvrir ce niveau après sa destruction : elle amène avec elle un premier lit de pierres (locus 2-001 et 2-008) venant probablement d’une construction (mur de terrasse ou mur d’enceinte), située quelques mètres en amont du secteur 2. Les datations 14C placent l’événement entre 4200 et 4000 av. J.-C. Un paléosol s’est formé ensuite à cet endroit, indice d’un abandon total ou partiel du site. Après un laps de temps qu’il n’a pas été possible de mesurer, l’érosion reprend en amont du secteur 2, entraînant des colluvions qui comprennent de nouveau d’importantes quantités de pierres (locus 2-007). On serait tenté d’associer cette reprise de l’érosion à la réoccupation du site au début du Bronze Ancien, un peu avant 3000 av. J.-C. Cette hypothèse est corroborée par le mobilier.
Un groupe de mobilier datant, de façon inattendue, du Bronze Récent constitue une sorte de poche au Nord du secteur (locus 2-015), presque immédiatement sous la surface. Certains fragments, en particulier ceux d’un vase à décor cordé, paraissent reposer une surface plane. Ce groupe comprend également des fragments d’une grande jarre apparentée à plusieurs exemplaires provenant d’Aghios Mamas. L’étroitesse du locus 2-015 ne permet pas de déterminer sa nature : dépôt de sol, remblai de construction ou zone de rebut. Elle ajoute cependant un nouveau point sur le plan du site au Bronze Récent, à plus de 70 m, en distance horizontale, du secteur 7 du sommet du tell.
Mots-clés Bois - Flore - Four - Habitat
Chronologie Néolithique - Néolithique ancien - Néolithique moyen - Néolithique récent - Âge du bronze - Bronze ancien
Bibliographie
Référence bibliographique
D’après Darcque, P., Rapport d'activités à Dikili Tash en 2011.
- voir aussi Ergon 58 (2011), 31-32.
P. Darcque, Χ. Κουκούλη-Χρυσανθάκη, Δ. Μαλαμίδου, Ζ. Τσιτσώνη, Η αρχή της κατοίκησης στον προϊστορικό οικισμό Φιλίππων-Ντικιλί Τας:στοιχεία για την αρχαιότερη νεολιθική, ΑΕΜΘ 25 (2011), 475-482.
Auteur de la notice EfA
AVERTISSEMENT
La Chronique des fouilles en ligne ne constitue en aucun cas une publication des découvertes qui y sont signalées.
L'EfA et la BSA ne peuvent délivrer de copie des illustrations qui y sont reproduites et dont ils ne détiennent pas les droits.