Chronique des fouilles en ligne
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DIKILI TASH
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4
Fig. 5
Fig. 6
Informations générales
Numéro de notice 1952
Année de l'opération 2010
Date de modification 2015-10-21
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) École française d'Athènes
Société archéologique d'Athènes
Fiche(s) associée(s) 2005 - 2006 - 2008 - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2013 - 2015
Notice
À Dikili Tash (P. Darcque, CNRS/EfA, Haïdo Koukouli, Société Archéologique d'Athènes, Dimitra Malamidou, ΙΗ' ΕΠΚΑ et Zoï Tsirtsoni, CNRS/EfA), les fouilles se sont poursuivies dans les trois secteurs déjà ouverts en 2008 et une nouvelle série de carottages a été effectuée sur la zone périphérique du tell (fig. 1). – Les carottages révèlent la même succession de base : des formations pléistocènes, suivis d’une longue pédogenèse holocène sous couvert forestier, avec les marqueurs d’une occupation humaine du site, enfin des colluvions qui recouvrent ce paléosol et semblent indiquer que l’habitat s’est replié vers la partie centrale du tell. Par la suite, une remontée du niveau de la mare issue de la source aurait limité, pendant un temps au moins, le développement de l’habitat vers le Nord (mare) et vers l’Est et le Sud-Est (vallon), avant que le colluvionnement et la baisse du niveau des nappes phréatiques ne permettent à nouveau à ces espaces d’être habités. Les datations C14 effectuées sur une série d’échantillons issus des carottes fixent de façon très nette la date de la première occupation humaine à Dikili Tash aux environs de 6400-6300 av. J.-C. Il s’agit d’une date comparable à celle des premiers niveaux du Néolithique Ancien, avec céramique, de Néa Nikomédia, en Macédoine occidentale, Achilleion ou Sesklo en Thessalie. Ces datations établissent également que Dikili Tash présente une séquence complète allant du Néolithique Ancien au Néolithique Récent, entre la seconde moitié du 7e et la fin du 5e millénaire. Par conséquent, elles comblent une lacune sur les cartes du Néolithique Ancien et du Néolithique Moyen, car, jusqu’à présent, aucun site de ces époques n’était attesté en Macédoine Orientale.

Dans le secteur 2, la fouille a été menée sur 140 m2. Un nouvel élément appartenant à une couche de destruction du Néolithique Récent II a été mis en évidence au Nord-Ouest : il s’agit des vestiges d’un four domestique. Deux lits de pierre situés en aval de ce four correspondraient à des colluvions résultant d’une très forte érosion qui aurait mis à bas plusieurs aménagements en pierre situées plus en amont : l’accumulation des pierres à cet endroit s’expliquerait par une rupture de pente. Le paléosol séparant ces deux lits correspondrait à une phase d’abandon du secteur.
 
La fouille du secteur 6 (fig. 2) avait pour objectif de déterminer avec précision les limites de la maison 1, datée du Néolithique Récent II, et de mettre au jour, sur la plus grande surface possible, le sol et les aménagements intérieurs de cette habitation, après démontage de plusieurs fosses ou silos du Bronze Ancien, qui se trouvent directement au contact de la couche de destruction néolithique. La pièce elle-même s’étend sur au moins 6 m de large et 7 m de long et il est probable que la limite Nord se trouve non loin du four 6-015 (env. 1,50 m de long x 1,20 m). Au Sud-Est du four, on a trouvé une amphore décorée au graphite (fig. 3), un pot avec des trous de réparation, une meule complètement brisée et une grande quantité de vesces (Vicia ervilia). Une plate-forme comportant un bassin (6-044) est contiguë au four du côté Sud-Ouest. Le sol même de la pièce se présente comme une surface enduite avec une fine et très fragile couche de terre à bâtir. Sur ce sol, de nombreux objets en place ont été découverts, parfois imbriqués dans les fragments de murs tombés (fig. 4) : outillage en os, vases dont une tasse et un bol quadrangulaire à décor incisé, meules, broyeurs. Plusieurs concentrations de restes végétaux ont fait l’objet de prélèvements systématiques : des glands, du blé et, à nouveau, des pépins de raisin, peut-être contenus dans des jarres et destinés à la fermentation. La présence simultanée de ces différentes espèces dans la couche de destruction indique que celle-ci est intervenue à la fin de l’automne ou durant l’hiver. Si l’on admet que toutes les espèces représentées ici sont consommables, après une préparation appropriée, cette variété illustre parfaitement l’autosuffisance alimentaire vers laquelle semblent tendre les maisonnées de l’époque néolithique.

Dans le secteur 7, au sommet du tell, les investigations se sont concentrées sur les vestiges romains et byzantins (fig. 5). Une tour de plan carré (fig. 6), mesurant 9,25 m de côté, occupait le sommet à l’époque médio-byzantine (XIe-XIIIe siècle). Une fouille clandestine a fait presque entièrement disparaître le mur Ouest et l’intérieur de l’édifice. Cette tour intègre en remploi de nombreux blocs taillés, certains pouvant dater de l’époque hellénistique. – À l’Ouest de la tour, une assez grande masse de débris provenant sans doute de la tour prend appui sur un mur conservé sur plus de 15 m de long. Une monnaie en bronze de Michel (II) Comnène Doukas fournit un terminus post quem pour l’installation de ces débris. On possède par ailleurs des indications sur l’occupation du secteur à l’époque romaine, notamment  une monnaie en bronze trouvée au Sud-Est du secteur et datant de la colonie romaine de Philippes (Ier av. J.-C.-Ier ap. J.-C.), qui vient confirmer l’utilisation du site au début de l’époque romaine. – Les niveaux du Bronze Récent de ce secteur se trouvent immédiatement sous les aménagements byzantins et romains. On dispose désormais de quatre datations C14 sur des échantillons prélevés en 2008 et qui s’échelonnent entre 1430-1310 av. J.-C. et 1384-1133 av. J.-C.
 
Mots-clés Flore - Four - Maison - Outillage/armement
Chronologie Néolithique - Néolithique récent - Âge du bronze - Bronze récent - Antiquité - Romaine - Période byzantine
Bibliographie
Référence bibliographique D'après le rapport d'activités de l'École française d'Athènes ; Ergon 57 (2010), p. 44-46.
P. Darcque, H. Koukouli-Chryssanthaki, D. Malamidou, Z. Tsirtsoni. S.-M. Valamoti, Προϊστορικός οικισμός Φιλίππων - Ντικιλί Τας : η ανασκαφή του 2010, ΑΕΜΘ 24 (2010) [2015], 453-462.
Auteur de la notice Dominique MULLIEZ
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