Chronique des fouilles en ligne
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DESPOTIKO. - Mandra
Cartographie Impression Impression
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Informations générales
Numéro de notice 2329
Année de l'opération 2011
Date de modification 2017-11-22
Nature de l'opération Étude
Institution(s) XXIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques (KA' ΕΠΚΑ)
Fiche(s) associée(s) 1999 - 2000 - 2005 - 2007 - 2007 - 2008 - 2010 - 2011 - 2012 - 2014 - 2015
Notice
La fouille du sanctuaire de Mandra, sur l’îlot de Despotiko, s’est poursuivie en 2011 (fig. 1-2).

Dans le secteur du complexe Sud, des sondages ont été effectués au niveau des bâtiments Θ et I, où des constructions postbyzantines avaient été fouillées les années précédentes (voir Chronique n. 1958). La fouille des niveaux archaïques, sous les murs tardifs, a permis de mettre en évidence le plan du bâtiment Θ : il s’agit d’un édifice carré, construit dans la seconde moitié du VIe s. av. J.-C., dont les murs conservés jusqu’à une hauteur de 1,50 m délimitent deux pièces qui ne communiquent pas entre elles. La pièce Nord (Θ1) s’ouvre vers l’Est, tandis que la pièce Sud (Θ2) s’ouvre vers le Sud. À la fin du VIe s. av. J.-C., est ajoutée la pièce Θ3, équipée de canalisations, d’un sol dallé, d’une baignoire en marbre et d’un grand pithos : cette pièce a été identifiée avec les bains du sanctuaire.
À un niveau inférieur par rapport aux murs du bâtiment I et à ceux des bains, six murs plus anciens ont été mis au jour. Ils délimitent trois nouvelles pièces qui s’étendent sous les pièces orientales du complexe Sud : leur découverte atteste le fonctionnement d’un autre édifice lors de la première phase du sanctuaire (première moitié du VIe s. av. J.-C.), antérieur au bâtiment I et aux bains. Celui-ci est détruit et remplacé par le complexe Sud pour la construction duquel ont été utilisé des matériaux de remploi, notamment les parties inférieures des deux kouroi archaïques datés de 530-520 av. J.-C. (fig. 3)

Les recherches se sont poursuivies dans le bâtiment E et dans l’édifice en forme de temple, au Nord-Est du péribole sacré du sanctuaire. L’étude détaillée des murs et les sondages au Sud de ceux-ci ont montré que le petit temple qui comportait un sékos et un adyton, avait également un vestibule avec un sol dallé, flanqué de deux pièces de chaque côté et accessible par un grand seuil en schiste (fig. 4-5). Le seuil était fixé sur un fragment de torse de kouros archaïque en remploi : il était placé tête-bêche (fig. 6) et sa surface inférieure, taillée à la pointe, portait deux trous de crapaudine remplis de plomb (exactement comme les kouroi du bâtiment I, découverts en 2005, voir Chronique n. 551). Sa face arrière (le dos de la statue) était également retaillée pour mieux s’ajuster à la dalle du seuil. Le buste est conservé de la base du cou à la taille et les bras sont cassés au niveau des épaules ; seule la main gauche, très abîmée, est conservée, repliée sur le devant du torse (fig. 7). Ce type de kouros, avec le bras gauche sur le devant du torse, est caractéristique des ateliers de sculpture pariens du dernier quart du VIe s. av. J.-C. Il s’agit du troisième exemplaire de cette catégorie de kouroi (les deux autres sont conservés au musée de Paros et à la Glyptothèque Ny Carlsberg de Copenhague) et il suggère une identité parienne du sanctuaire. Ce fragment est jointif à un fragment de la partie inférieure d’un kouros qui avait été découvert dans le bâtiment I en 2005 et dont le bras gauche était plié devant le torse (fig. 8). On peut par ailleurs lui attribuer la tête de kouros découverte en 2010. Le petit temple a donc été construit à l’époque archaïque tardive, après la destruction violente des kouroi archaïques.

Un sondage en avant du stylobate de la colonnade, devant les pièces cultuelles A1 et A2, a révélé ses puissantes fondations en blocs de gneiss (fig. 9-10). D’une longueur de 17 m, il est construit autour de 500 av. J.-C. pour soutenir sept colonnes d’une hauteur de 3,80 m ainsi que l’entablement de l’édifice.
Un segment de mur plus ancien construit en assises de marbre a été découvert au Nord-Est du stylobate et sous l’autel d’Estia Isthmia. Au même niveau que les fondations du stylobate du bâtiment A, deux fragments de la jambe gauche allant du talon au mollet d’un kouros archaïque de grandeur nature ont été trouvés : leur étude a révélé qu’ils appartiennent à un fragment de cuisse de kouros qui avait été découvert en 2005 dans le secteur du bâtiment Δ (fig. 11-12). À côté de ces fragments, la fouille a mis au jour une plinthe de kouros archaïque de taille inférieure sur laquelle sont conservés trois orteils du pied droit.
Sous le dallage du portique, en avant des pièces A3-A4-A5, un sondage a permis de mettre au jour un dépôt rituel daté du début de l’époque archaïque.

Au niveau de la porte Nord, six phases de construction ont pu être observées. Dans la couche la plus profonde, deux crapaudines pour une porte à double battant de la première phase de construction de cette ouverture ont été découvertes : on peut en conclure que la porte Nord a dû être la première entrée principale du sanctuaire, en 500 av. J.-C.
Enfin, la découverte d’un grand nombre de tessons de céramique peinte archaïque et géométrique atteste l’occupation du sanctuaire dès l’époque géométrique.
Mots-clés Bains - Canalisation - Édifice religieux - Installation hydraulique - Sanctuaire - Sculpture - Temple
Chronologie Âge du fer - Géométrique - Antiquité - Archaïque
Bibliographie
Référence bibliographique
D'après le rapport de fouilles/communiqué de presse transmis par I. Kouragios.
AD 66 (2011), p. 919-923.
Coupures de presse : To Bima 18.07.11 ; Kathimerini 24.07.11 ; Eleutherotypia du 19.07.11 - Rizospastis du 19.07.11 - Ethnos du 19.07.11 - Adesmeutos typos du 19.07.11 - Nautemboriki du 19.07.11
Auteur de la notice EfA
AVERTISSEMENT
La Chronique des fouilles en ligne ne constitue en aucun cas une publication des découvertes qui y sont signalées.
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