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Une campagne de fouilles s’est déroulée dans le quartier d'habitation cette année sous la direction d’Henryk Meyza. L’exploration a porté sur la Maison d’Aion, la Maison Hellénistique, ainsi que sur les ailes Sud et Est de la Villa de Thésée. Contrairement aux années précédentes, la mission n’a pas eu seulement lieu en septembre, mais aussi de mars à juin, en raison du projet de couverture d’une grande partie du site. Les fouilles liées à ce dernier projet, qui ont été faites à la demande du Département des Antiquités, ont porté sur les zones où devaient être implantés les piliers de soutènement de la toiture, afin de conforter ou d’éventuellement modifier le choix des localisations choisies. La plupart de ces sondages exploratoires étaient de dimensions limitées (1 x 1 m sur 0,50 m de profondeur). Parmi les secteurs sondés, les plus intéressants furent les suivants : Dans l’aile Sud de la Villa de Thésée, dans la pièce 48B, à l’Est de la salle de réception principale et de l’abside centrale, on a découvert les vestiges d’une grande citerne, qui a été édifiée dans le bâtiment lors d’une phase relativement récente (sans doute au IIIe siècle), quand la salle de réception avait déjà été modifiée afin de ménager une abside profonde. D’importants vestiges ont également été dégagés immédiatement à l’extérieur du mur Sud de la Villa, des deux côtés du trottoir d’une rue, d’orientation Nord-Sud. Cette rue, datée de l’époque hellénistique et du début de l’époque romaine (Rue 9), est située sous l’aile Est de la maison. Elle était bordée d’un puits ou d’une citerne et on a trouvé, sans doute en remploi dans le trottoir, un bloc muni d’une crapaudine en bronze. Une série de petits sondages a en outre été implantée dans la rue au Sud de la Maison Hellénistique (Rue A’) : elle a révélé la présence de la canalisation construite en partie en pierre et en partie creusée dans le rocher, confirmant ainsi que cette rue appartient au plan urbain original du début de la période hellénistique. Le sondage ouvert à l’extrémité Est de la Maison d’Aion, près de la pièce 19, a mis au jour un mur, sans doute le mur extérieur du bâtiment.   Lors de la traditionnelle campagne de septembre, on a continué à faire quelques sondages exploratoires en liaison avec le projet de couverture du site, mais les objectifs de recherche étaient plus larges. Trois zones principales ont été explorées : On a poursuivi l’étude du couloir d’accès à la citerne découverte en 2007, dans la cour Ouest de la Maison Hellénistique. On a dégagé un dromos en pente, fermé par des pierres, qui constituait l’accès à ce grand réservoir (de 9 m de long). On a pu poursuivre la fouille du dromos car des piliers destinés à soutenir un toit qui couvrira partiellement le couloir et la partie antérieure de la citerne devaient être installés. Wiktor A. Daszewski a achevé la fouille de la berme dans la partie Sud-Est de la Maison Hellénistique, dégageant deux nouvelles pièces, où il a mis au jour un buste sculpté en calcaire peint, représentant selon toute probabilité l’un des Dioscures. La sculpture mesure 40,9 cm de haut. La coiffe (pilos) et les boucles de cheveux sur le front sont caractéristiques du type (fig. 1). Dans la partie Nord de la Maison d’Aion (Maison Nord-Est), on a fouillé deux nouvelles pièces (pièces 37 et 38), ainsi qu’une partie d’un four qui avait été bâti dans la partie Est de la pièce 38. La citerne était située dans le mur qui séparait les pièces 36 et 32 : elle contenait un remblai homogène de la fin du Ier-début du IIe s. apr. J.-C. Parmi les trouvailles, signalons une assiette complète en sigillée chypriote (Hayes forme P4B). Les fouilles qui ont eu lieu entre le 6 novembre et le 14 décembre ont été dirigées par les représentants de la mission polonaise, M. Wiech, Z. Kowarska et Sz. Lenarczyk, qui ont été rejoints par H. Meyza à partir du 26 novembre. Elles ont porté sur des zones qui étaient restées jusqu’alors inaccessibles, parce qu’elles étaient situées sous les chemins aménagés pour les visiteurs. Comme le démontage des chemins suivait l’avancement de la fouille, on a commencé par explorer tout d’abord la rue au Sud de la Maison Hellénistique (A’) afin d’achever les sondages qui avaient été ouverts lors de la mission régulière de septembre. On a fouillé les carrés suivants : nos 37 à 50, les quatre premiers réunis de façon à former un seul sondage, les autres fouillés par paires (41-42, 43-44, 45-46, 47-48, 49-50). Conformément aux instructions de l’entreprise Polytia, les sondages ont été fouillés jusqu’au niveau de la canalisation d’égout recouverte de plaques. Pour atteindre cette profondeur, dans les carrés 37-40, il a fallu démonter un mur tardif, érigé sur le sol de la rue. On a également dû enlever une canalisation en terre cuite de date tardive, qui passait dans la rue, ainsi qu’entre les carrés allant par paires. D’autres segments de canalisation, mieux conservés, pourront être remployés pour remplacer ces fragments, qui étaient très abîmés. Dans certains des sondages implantés dans la partie Est de cette rue (A’), on a découvert jusqu’à trois canalisations d’égout, situées à des niveaux différents, soit au centre, soit le long du trottoir Nord de la rue. Comme cela avait été le cas dans le sondage implanté à la limite Ouest de la rue (points 51-54), fouillé au printemps 2008, on a mis au jour, sous les surfaces de rue successives, un niveau correspondant au premier état, qui possédait un égout construit, recouvert de plaques, et dont le lit était creusé dans le rocher : le même système avait été mis en évidence dans les rues A et B, fouillées précédemment. Un sondage a été ouvert dans la partie Ouest de l’aile Sud de la Villa de Thésée : situé dans la pièce 32W, il englobait une surface destinée à recevoir deux supports de toiture (nos 77 et 78). Il a permis de découvrir une nouvelle partie du trottoir Sud de la rue A, ainsi qu’un égout secondaire, qui évacuait les eaux des bâtiments vers le Sud, en direction d’un égout situé dans la rue. On a mis au jour, à l’intérieur du trottoir, un dépôt de céramique de la fin de la période hellénistique, comprenant un bol à lèvre rentrante Colour Coated presque complet et un naïskos fragmentaire en calcaire (inv. n° 16/XII 08, fig. 2), ainsi qu’une louche en bronze dont le manche est fragmentaire (inv. n° 15/XII 08). Dans la pièce 38, de nouveaux sondages ont permis d’étendre la zone explorée au printemps. Ainsi, on a fouillé plus largement la partie Sud de la pièce : au niveau des points 199-202, sont apparus les vestiges d’un bâtiment situé au Nord de la rue A (Est-Ouest), déjà en partie connu ; au niveau du point 198, ce sondage a rejoint le carré fouillé précédemment au point 197 et il a permis de dégager la surface de cette rue, ainsi que la canalisation de terre cuite le long de son trottoir Sud. Une autre série de sondages a été implantée sous le tapis de mosaïque dans la partie Est de la pièce 41, ce qui a permis d’élargir les trois carrés précédemment fouillés aux points 308, 309 et 312 jusqu’aux points correspondants 307, 310 et 311. Ce n’est que dans le sondage 307 qu’une nouvelle structure a été découverte : il s’agit d’un égout de la rue A, associé à une surface de rue au Nord. Le remplissage de l’égout date de la fin du Ier s. apr. J.-C. d’après la céramique qui y a été retrouvée. Un dépôt de céramique au Nord du canal (qui correspond à des surfaces de rue antérieures) indique que ces dernières doivent être datées du IIe s. av. J.-C. Seul le remblai supérieur, sous la mosaïque, contenait des fragments de tuiles hydrauliques en terre cuite, qui étaient plaquées sur le sol et les murs. Un seul sondage a été fouillé dans la pièce 82 de la Villa de Thésée, contre les murs qui la séparent des pièces 88 et 49 (point 416). On a dégagé des sols correspondant aux phases hellénistiques de la rue 9 (Nord-Sud) et on a recueilli une bague fragmentaire en os ou en ivoire, munie d’un camée orné d’un buste féminin, peut-être une reine ptolémaïque (inv. n° 17/XII 08, fig. 3). Deux autres carrés ont été réunis dans la pièce 100, aux points 410 et 411. Un large mur d’orientation Nord-Sud divisait la partie Ouest de la pièce et il était associé à différents sols. La partie Est était remplie de décombres.   On a fait une série de sondages dans la rue d’époque romaine tardive, entre la Maison d’Aion et la Villa de Thésée. Deux d’entre eux ont atteint l’ouverture de citernes. Une extension du carré aux points 469-470, due au déplacement d’un des supports de toiture vers le Sud, a permis de découvrir la tête d’un puits et une citerne ou un puits comblé d’un remplissage lâche, qu’on n’a pas pu fouiller par manque de temps. Sous les pierres de l’ouverture du puits se trouvait un bol en bronze, collé à la structure par la corrosion, qu’il n’a pas été possible de retirer. À l’autre bout de cette rue, au point 452, une autre ouverture de puits a été localisée. Ce dernier est apparemment complètement remblayé. D’autres sondages dans la rue ont permis de déterminer l’agencement des murs des bâtiments antérieurs au nivellement et de définir des niveaux de sols et leur chronologie. Le seul sondage de grandes dimensions a été implanté devant la Villa de Thésée. Un carré de 2 x 2 m. avait déjà été fouillé dans cette zone en 2003, jusqu’à une profondeur de 1,5 m. environ sous le niveau de surface, lorsque le Département des Antiquités avait mené des fouilles préparatoires suscitées par un programme antérieur de couverture. Au cours de la campagne de novembre-décembre 2008, la zone fouillée a été étendue de façon à inclure toute la largeur de la rue B et toute celle de la rue d’époque romaine tardive. Il s’agissait de déterminer le développement du système viaire qui avait entraîné la construction d’une rue Nord-Sud le long de l’aile Est de la Villa de Thésée. Un sondage en forme de L a été implanté autour des vestiges du podium d’entrée : il mesurait 6,25 m. de long, selon une orientation Est-Ouest le long du côté Sud du podium et 5,75 m. de large, selon une orientation Nord-Sud, en face de lui. On a identifié plusieurs niveaux de constructions, dont les plus récents sont constitués par une surface de galets qui entourait le podium d’entrée. Au sommet de ce niveau, on a découvert les vestiges d’un fronton de portique d’entrée qui, avec les autres fragments découverts lors des fouilles précédentes, permettra une reconstruction (fig. 4). Une canalisation d’égout en terre cuite était posée sur ce niveau, tandis qu’une canalisation verticale évacuait les eaux de sous le podium jusqu’à l’égout principal de la rue principale B. Sur le côté Sud de la même rue, on a dégagé des vestiges très nets de surfaces de rues successives. Sous le niveau le plus récent, on a mis au jour contre toute attente une canalisation Nord-Sud, couverte de plaques, qui s’étendait le long de l’aile Est de la Villa. On a également découvert des traces de boutiques encore plus anciennes le long du côté Sud de la rue principale B, avec des espaces circulaires de stockage.

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Parmi les objets entrés dans les collections du Musée de Chypre, deux sont particulièrement remarquables. Il s’agit tout d’abord d’une bague en bronze à chaton ovale en pierre (fig. 1-2), qui porte la représentation d’un homme nu (un pêcheur ?). Elle provient d’une tombe du Chypro-Classique I découverte à Evrychou (T.7/21, 2008/II-7/1). Le second objet est une cruche Red Polished (2008/XII-23/1 ; fig. 2), qui faisait partie d’une collection particulière à Nicosie et qui a été donnée au Musée de Chypre [1]. [1] La cruche a déjà été publiée par P. Flourentzos, Journal of Prehistoric Religion 9 (1995), p. 15-18.

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Une tombe datée du Bronze Ancien et Moyen a été découverte lors d’un sondage exploratoire implanté sur une parcelle au lieu-dit Trelloukas, près du village de Psematismenos (MLA 1978, T. 108). Entre autres céramiques Red Polished, elle a livré un bol de type rare, à fond pointu, muni d’anses fixées sur la lèvre, de part et d’autre de l’ouverture, et portant un décor en relief (inv. Musée de Larnaca, T. 108/18, fig. 1).

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Des fouilles de sauvetage, à Vavla-Metaxas, ont permis de découvrir un sanctuaire en usage de l’époque archaïque à l’époque romaine. On y a recueilli des fragments de statuettes en calcaire, des têtes en pierre et des idoles en terre cuite. On illustre une tête féminine en terre cuite portant une coiffe (inv. musée de Larnaca MLA 2011/11, fig. 1). Des têtes ou des statuettes de même technique sont fréquentes dans les sanctuaires et les tombes de la région de Paphos [1]. Autre trouvaille intéressante, une tête de femme portant un voile peut être datée de la période hellénistique (MLA 2011/20, fig. 2). Des environs de Vavla — mais le lieu de découverte exact est inconnu — provient un bol en Grey Polished, muni d’anses en forme de fleurs de lotus (MLA 1945/4, fig. 3). Plusieurs vases de ce type ont été mis au jour à Kition (Larnaca) : ils imitent des prototypes en bronze [2]. [1] V. Karageorghis, The Coroplastic Art of Ancient Cyprus, V. The Cypro-Archaic Period Small Female Figurines, A. Handmade/Wheelmade Figurines (1998), pl. I, 1, 4 et 8 ; pl. V. [2] V. Karageorghis, Kition. Mycenaean and Phoenician Discoveries in Cyprus (1976), pl. XVII.

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On a fouillé une tombe chypro-archaïque dans le village de Pyrga. Signalons la découverte d’un skyphos de production chypriote qui imite des modèles cycladiques importés (inv. musée de Larnaca, MLA 1943, T. 78/2, fig. 1).

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Lors de travaux de voierie dans le village de Koshi, on a mis au jour une tombe d’époque hellénistique et romaine qui a notamment livré une cruche à glaçure rouge (céramique pergaménienne, inv. musée de Larnaca, MLA 1944, T. 76/8, fig. 1).

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La construction d’un bâtiment d’habitation dans le quartier d’Aghios Georgios, à Larnaca (rue de l’Impératrice Théodora), a permis de découvrir une tombe d’époque géométrique et archaïque. On mentionnera une cruche phénicienne importée, de fabrique Bichrome [1] (MLA 1937, T.76/4, fig. 1) et une amphore White Painted II (MLA 1937, T. 76/2, fig. 2). Une tombe d’époque gréco-romaine a, en outre, été fouillée sur l’avenue Artémis, dans la ville de Larnaca. On y a notamment recueilli une lampe décorée en relief des figures d’Éros et Psyché (MLA 2007, T. 133/3, fig. 3), un motif très populaire à Chypre à l’époque hellénistique [2].   [1] Pour un exemple voisin, voir P. Bikai, The Phoenician Pottery of Cyprus (1987), pl. XXIV, 27-37. [2] Voir P. Flourentzos, Η ερωτική ζωή στην αρχαία τέχνη της Κύπρου (2003), p. 60-61, fig. 62.

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Environ 150 tombes ont été localisées et fouillées lors des travaux préalables à la construction d’un complexe de résidence touristique à la limite de la nécropole Est d’Amathonte, aux lieux-dits Gerokampos et Kompinarka. La plupart des tombes avaient été, du moins en partie, pillées. Deux d’entre elles ont livré un matériel intéressant : La première (inv. musée de Limassol, LM 2283, T. 862) renfermait notamment un thymiatérion en terre cuite (T. 862/17 ; haut. 16 cm ; fig. 1) et une cruche anthropomorphe à bec, caractéristique des ateliers d’Amathonte (T. 862/25 ; haut. 10,5 cm ; fig. 2). Mentionnons également deux figurines de terre cuite : l’une représente un taureau ou une chèvre sauvage (T. 862/38, fig. 3), l’autre illustre le motif rare du canard et elle porte des traces de décor peint en noir (T. 862/53, fig. 4). La seconde tombe (LM 2284, T. 871) présentait une architecture semblable et elle renfermait les masques de personnages féminins (T. 871/47 et T. 871/48, fig. 5-6), d’un loup (?) (T. 871/69, fig. 7) et d’un taureau (T. 871/74, fig. 8). Autres trouvailles remarquables, une figurine féminine représentant Astarté tenant le disque solaire sur son ventre (T. 871/7, fig. 9) et, provenant d’une autre tombe, un amphorisque Bichrome IV (T. 889/6, fig. 10).

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Le creusement des fondations d’une maison, à Aghios Theodoros Agrou, a mis au jour une tombe romaine qui contenait une lampe d’époque impériale décorée de la représentation d’Apollon ou d’une Muse (inv. musée de Limassol, LM 2286/3, fig. 1). Dans le quartier de Zakakiotika à Limassol, on a découvert une tombe d’époque hellénistique et romaine (LM 2295, T. 338). On y a recueilli un miroir en bronze dont la surface porte des traces de tissu (T. 338/62, fig. 2-3). Enfin, une lampe en forme de tête de satyre a été confisquée (LM 2258/9, fig. 4). Il s’agit peut-être d’une importation antique, de provenance alexandrine.

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Lors d’un sondage exploratoire sur une parcelle de Kissonerga-Ammoudia (MP 3738), 35 tombes du Bronze Moyen ont été localisées. Signalons la découverte d’une cruche Drab Polished décorée de motifs incisés (T. 23/8, fig. 1) et d’une autre, munie de deux anses opposées (T. 14/2, fig. 2). Une coupe Drab Polished à base peu élevée, anse horizontale et bec fixé sur la lèvre (T. 14/11, fig. 3) représente un type exceptionnel. De la même nécropole proviennent un bol profond de forme rare, à corps ovoïde et long bec (T. 11/3, fig. 4), ainsi qu’un outil de bronze (T. 20/11, fig. 5) dont le manche porte les traces de résidus organiques (bois ?).

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Une tombe intacte du Bronze Récent a été découverte dans le village d’Aghia Varvara, au lieu-dit Anatoliko, lors de la mise en place de câbles à haute tension par les services de l’électricité de Chypre. On y a recueilli un bol Monochrome qui imite des prototypes métalliques (inv. musée de Paphos, MP 3730/2, fig. 1), une hache de bronze qui constitue une trouvaille exceptionnelle (MP 3730/1, fig. 2) et une coupe de style Mycénien IIIB à anse verticale (MP 3730/3, fig. 3).

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À Paphos-Mousallas, on a fouillé une tombe d’époque hellénistique et romaine (inv. musée de Paphos, MP 3734, T. 5), qui a livré un matériel intéressant, notamment : un petit vase en verre à corps globulaire (T. 5/21, fig. 1), un gobelet haut en verre fragmentaire (T. 5/33, fig. 2), une épingle en ivoire (T. 5/115, fig. 3) et un objet exceptionnel fait d’un coquillage à décor incisé (T. 5/149, fig. 4).

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Des travaux de désherbage à l’Est de l’église de la Panagia Katholiki, dans le village de Kouklia, on révélé une nécropole médiévale, qui a essentiellement livré de la céramique du XIVe siècle, notamment deux coupes fragmentaires à glaçure : l’une décorée d’une figure féminine en couleurs (inv. musée Palaepaphos, RRKM 501/14, fig. 1), l’autre d’arabesques (RRKM 501/13, fig. 2).

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Un sondage exploratoire à Polis Chrysochou-Petrerades a mis au jour un bothros d’un sanctuaire archaïque-hellénistique, qui renfermait une grande variété de figurines en terre cuite, complètes et fragmentaires. Mentionnons : un thymiatérion en terre cuite, daté du Chypro-Archaïque II, qui imite des prototypes en métal (inv. musée de Marion-Arsinoë, MMA 662/878, fig. 1), une tête féminine moulée, portant un voile, du IVe s. av. J.-C. (MMA 662/835, fig. 2), et une tête en terre cuite du dieu Hélios qui témoigne d’une influence rhodienne (MMA 662/741, fig. 3). Deux figurines masculines en terre cuite proviennent du même bothros : la première est moulée, elle représente un personnage barbu à coiffe conique (MMA 662/843, fig. 4), la seconde, qui possède un corps très plat, porte la même coiffe et sa surface a conservé, en plusieurs endroits, des traces de couleur rouge (MMA 662/855, fig. 5). Il faut enfin signaler la découverte exceptionnelle d’une statuette d’Isis, datée du Chypro-Classique I (MMA 662/847, fig. 6). Au lieu-dit Sphageion, où se trouve une nécropole des périodes classique et hellénistique, 7 tombes ont été fouillées à l’occasion de la construction d’immeubles privés. Toutes étaient, au moins partiellement, pillées, et elles ont livré de la céramique locale et importée. Un canthare attique (inv. musée de Marion-Arsinoé, MMA 664/2, fig. 7) et un askos attique à figures rouges, décoré de lions (MMA 671/1, fig. 8), représentent les découvertes les plus notables.

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Une deuxième campagne de fouilles programmées a eu lieu à Katalymata ton Plakoton, sur la péninsule d’Akrotiri, sous la direction d’Eleni Procopiou [1]. Elle a permis de mettre au jour les limites Nord et Ouest de la structure découverte en 2007 et de confirmer que cette dernière constitue l’aile Ouest d’un important édifice religieux protobyzantin, daté de la fin du VIe s. apr. J.-C. Dans cette partie, le bâtiment atteint 36 m. Il consiste en un immense espace rectangulaire, d’orientation transversale par rapport à la partie centrale (qui suit un axe Nord-Sud). Les deux ailes construites de part et d’autre d’une zone centrale surélevée forment des portiques fermés en forme de pi. Deux stylobates, dégagés lors de la campagne précédente près de la zone surélevée et qui se dirigent vers l’Est, reliaient peut-être cet espace avec la nef centrale. Les superstructures des collatéraux centraux et des portiques/corridors des deux ailes étaient voûtées. La voûte en berceau centrale était supportée par trois arcs renforcés. Le long de la partie centrale des côtés Nord et Ouest des ailes, on a découvert de petites absides en saillie, de 2,25 m de diamètre, qui servaient probablement de loculi. Une autre abside, à cinq pans, forme la limite extérieure de la partie Ouest de la zone centrale surélevée. Bien qu’il soit certain que la partie surélevée n’était pas le hiéron bêma, cette dernière devait néanmoins jouer un rôle important dans l’une des liturgies qui avaient lieu dans ce complexe ecclésiastique. L’ensemble de l’aire fouillée est décoré de mosaïques de sol, la plupart à motifs géométriques. Seule exception, un cerf figure dans une composition qui orne la zone centrale, devant l’abside centrale Ouest. Parmi les motifs géométriques, dominent la croix et les symboles du Royaume de Salomon (nœuds de Salomon, bouclier du Roi David, fig. 1). La structure a été détruite par un violent tremblement de terre au cours du VIIe siècle. Les objets recueillis dans les niveaux de destruction témoignent de la magnificence du bâtiment : nombreux éléments architecturaux et revêtements de bas de murs en marbre de Proconnèse (provenant de l’île du Bosphore qui alimentait alors en marbre tout l’empire) ; petites séries de tesserae indicatrices de la présence de mosaïques murales sur les parties hautes de la structure. Mentionnons également, parmi les trouvailles, des joints de revêtement en bronze, des clous en fer, des fragments de tables d’offrande en marbre, des vitres de fenêtre en verre et de petits fragments de lampes en verre.   [1] La fouille bénéficie du soutien du bureau de la communauté d’Akrotiri et du Département de l’Environnement de la base britannique. Sont associés au projet : M. Chamberlain, architecte, et l’équipe de restauration du Département des Antiquités à Limassol (Chr. Orfanou, M. Triantafyllidou, P. Panayi, sous la direction d’El. Charalambous). Le projet sert de chantier-école pour des étudiants et des chercheurs dans le cadre du projet européen Graduate European Archaeological Skills Exchange (GrEASE) du programme Leonardo da Vinci. Ont participé, en 2008 : H. Stokes, K. Campbell, D. Mercer, S. Parveen, H. Timbol, J. Philips Sudgen, ainsi qu’une doctorante chypriote (inscrite à l’Université du Vatican/Pontificio), D. Nicolaou.

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Une nouvelle campagne a eu lieu cette année sous la direction de Gisela Walberg (University of Cincinnati). Les fouilles dans la zone XVI montrent que les murs et les sols sont ceux d’une citadelle du Bronze Récent qui protégeait depuis une époque ancienne le site d’Episkopi-Bamboula et dominait la rive occidentale de la rivière Kouris. Des sondages ont également été effectués dans la zone XI, sous la responsabilité de J. Gordon. C’est dans cette zone qu’on avait mis au jour, en 2005, une grande citerne creusée dans le rocher, un puits (Puits 3) et une partie des fondations d’une structure absidale. La céramique recueillie, notamment celle qui était associée aux fondations du bâtiment, a été étudiée en 2006 et 2007 : elle date majoritairement de la période romaine tardive. Trois nouveaux sondages adjacents ont été ouverts entre la citerne et le mur. Cette nouvelle fouille confirme la date du mur et permet trois conclusions : Le bâtiment de plan absidal a possédé un plan rectangulaire lors d’une phase antérieure ; Ce bâtiment a connu au moins une phase de destruction ; Les objets et la céramique recueillis indiquent que le bâtiment avait une fonction domestique et artisanale. L’eau de la citerne était conservée dans des bassins pour un usage industriel, agricole, ou autre. De nouvelles fouilles dans cette zone permettront de conserver cette structure et, on peut l’espérer, de mieux cerner la fonction de ce site romain suburbain.

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On a fouillé cette année la Grotte 1 sur le site d’Erimi-Pitharka [1]. Il s’agissait d’achever la fouille de toutes les chambres de la grotte. L’analyse stratigraphique était primordiale, puisqu’elle permet de dater les différentes phases chronologiques. La fouille a mis en évidence la présence de nombreuses structures construites à l’intérieur des chambres : des banquettes, deux foyers, ainsi qu’un mur de pierre incurvé qui inclut une partie d’une antichambre construite. On a, en outre, dégagé des pierres, qui faisaient partie de bases circulaires, ainsi qu’un pavement de pierre, sans doute lié à des aires de travail. Certaines parties du sol étaient volontairement recouvertes de boue. La découverte la plus importante a été celle d’une construction ovale, dont la surface interne portait de nettes traces de feu et qui possédait des trous de ventilation dans sa partie inférieure. Il s’agit d’un bassin, peut-être partie d’un four, lié à la production céramique (fig. 1-2). Des traces de feu sont visibles dans toute la grotte. Les trouvailles comprennent des vases décorés du Bronze Récent, ainsi qu’un grand nombre d’outils en pierre. Toutefois, les grandes quantités de pithoi et de jarres de stockage, ainsi que la présence d’argile cuite et d’un petit nombre de déchets probables de pithoi, tendent à montrer que la grotte était un lieu de production céramique. Quoiqu’encore hypothétique, cette interprétation est importante, dans la mesure où les pithoi chypriotes et les jarres de stockage étaient particulièrement communs à l’époque mycénienne. Même si on a supposé l’existence de plusieurs centres de production, aucun n’avait été, jusqu’à présent, identifié. Des analyses archéométriques et pétrographiques permettront d’éprouver cette hypothèse. Si elle s’avère exacte, elle offrira une nouvelle confirmation de la valeur historique des toponymes locaux, puisque la zone porte aujourd’hui le nom de Pitharka.   [1] Ces travaux s’inscrivent dans un programme inter-régional intitulé Ellinokamara Kasou-Erimi Pitharka (Interreg IIIA). Le projet a été financé par le Fonds Européen de Développement Régional et le Département des Antiquités pour un montant total de 225.000 €. Outre la fouille, le projet comprenait l’étude du matériel et sa restauration, ainsi que la protection du site et sa mise en valeur. La fouille était dirigée par Anthi Kaldeli, tandis qu’Eleni Procopiou, coordinatrice du projet, en gérait l’organisation. Après la fouille, le relevé de la grotte a été effectué par Costas Tsaggaris et Panikos Kakkouras.

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Une quatrième campagne a eu lieu cette année, sous la direction de David Mindorashvili [1]. La fouille a porté sur les zones environnant le monastère, où l’on espérait découvrir du matériel contemporain de sa dernière phase d’occupation. L’étude de la citerne de grande capacité (10 x 3 x 5 m.), construite au XIIe siècle, a été achevée lors de la fouille de la zone située au Sud du monastère. Dans le même secteur, on a mis au jour des trous de plantation datant des Xe-XIe siècles. Leurs parois étaient enduites d’argile. Les structures d’habitation des XVIIe-XVIIIe siècles étaient construites au-dessus. À cette époque, le monastère était déjà désaffecté. Seize tombes ont été dégagées sur chacun des quatre côtés du monastère. Douze d’entre elles étaient situées sur le côté Sud. Le matériel funéraire est composé de vases en céramique et en verre. Les tombes sont datées des XIVe-XVIe siècles. Parmi les trouvailles, mentionnons également des céramiques de différentes périodes (XIe-XVIIIe siècles), dont certaines portent des inscriptions grecques et géorgiennes. On a recueilli, en outre, vingt-neuf monnaies datées des XIVe-XVe siècles, une grande quantité de vases en verre, et divers objets en fer, bronze, pierre et os. L’architecture du monastère et le matériel qu’il livre offrent une documentation de première importance pour l’étude des relations entre la Géorgie et Chypre à l’époque médiévale. [1] Le monastère géorgien abandonné qui se trouve près du village de Gialia, dans le district de Paphos, fait l’objet de fouilles depuis 2006. Les fouilles sont conduites dans le cadre d’une collaboration entre le Ministère de la Culture, de la Protection des Monuments et du Sport de Géorgie et le Département des Antiquités de Chypre (représenté sur le terrain par Giorgos Philotheou).  

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Une campagne de fouilles de sept semaines [1] a eu lieu cette année sous la direction de Pamela Gaber (Lycoming College). On a poursuivi l’exploration de la « Ville Basse Sud » de l’ancienne Idalion, dans le « Sanctuaire des Deux Divinités ». On avait découvert dans cette zone, au cours de campagnes précédentes, des fragments de sculptures en calcaire. Il s’agissait, cette année, de mettre en évidence l’entrée et, si possible, les limites du sanctuaire. Il apparaît désormais que le bâtiment se prolonge sur au moins 40 mètres d’Est en Ouest. On a également repris la fouille d’un autre lieu de culte, un bois sacré consacré au dieu Adonis, sis sur la plus orientale des deux acropoles d’Idalion, Mouti tou Arvili. Tout le flanc de la colline était ceint d’un mur de téménos. Au cours des années précédentes, les niveaux hellénistiques du Sanctuaire d’Adonis ont été dégagés [2]. Cette année, on a rouvert les sondages situés dans la zone de l’autel, dans celle de la porte et sur l’une des structures (nommées « SE 1 »), qui présente une stratigraphie longue, remontant au moins jusqu’au Chypro-Archaïque (vers 700 av. J.-C.), et cela afin de commencer l’exploration des périodes anciennes du sanctuaire. Le nettoyage a montré, que, comme on le supposait, l’autel se prolongeait vers l’Ouest. Comme on l’attendait, le travail réalisé cette année a mis en évidence l’importance de ces deux complexes religieux qui ont beaucoup à nous apprendre sur les cultes des anciens Chypriotes.     [1] L’équipe était composée de 32 étudiants et bénévoles, venant de six pays différents. La fouille s’accompagnait de divers enseignements dans le cadre d’un chantier-école. [2] Un volume présentant ces résultats sera publié dans les collections des American Schools of Oriental Research.

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La mission du Centre National de la Recherche Scientifique que dirige Alain Le Brun a effectué une nouvelle campagne cette année sur le site néolithique de Khirokitia. La recherche s’est poursuivie sur les différentes terrasses qui organisent le versant Nord de la colline. Il s’agissait de déterminer le tracé des deux murs qui ont constitué les limites successives de l’habitat. Les résultats ont conduit à réviser de manière radicale l’histoire du village. Ils ont montré que, dans sa première phase d’occupation, il s’étendait plus largement, surtout sur le versant Nord, et qu’il était beaucoup plus densément peuplé que ce qu’on supposait jusqu’alors. Inversement, à la lumière de ces faits nouveaux, l’expansion de la zone bâtie vers le versant Sud, qui s’est produite alors que la zone Nord avait été partiellement abandonnée, doit être interprétée comme un remodelage de l’espace bâti plutôt que comme une expansion qui aurait été liée à une hypothétique croissance démographique.

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Une deuxième campagne de fouille a eu lieu en 2008 sur le site du Bronze Ancien et Moyen de Kissonerga-Skalia, sous la direction de Lindy Crewe (University of Manchester). Le village de Kissonerga, près de Paphos, était déjà connu pour ses sites datant du tout début du Néolithique et du Chalcolithique, mais c’est la première fois qu’un programme de recherche met en évidence une occupation de l’Âge du Bronze. La céramique recueillie et les vestiges architecturaux dégagés lors de la première campagne de fouilles montrent que cette occupation se prolonge jusqu’au IIe millénaire, avant que le site ne soit abandonné, vers 1700 av. J.-C. Les sondages exploratoires de cette première campagne, en 2007, avaient mis en évidence des maisons et des structures bien conservées du Chypriote Ancien et Moyen (de 2400 à 1700 av. J.-C.). Il s’agissait, cette année, d’étendre ces sondages afin de dégager plus complètement l’habitat. Bien que le site ait été en partie détruit lors de travaux de terrassement mécanique pendant les années 1970, Kissonerga-Skalia n’en demeure pas moins d’une importance extrême pour comprendre comment les habitants de l’Ouest de Chypre vivaient pendant le Bronze Ancien et Moyen. De fait, très peu d’habitats contemporains sont connus dans cette partie de l’île. Les fouilles réalisées sur différents sites dans d’autres régions de Chypre ont montré qu’à cette époque, les Chypriotes possédaient un mode de vie similaire mais que chaque région était caractérisée par des productions céramiques propres. L’étude de la circulation de ces céramiques régionales permet de mieux cerner les interactions et les transferts d’idées et de connaissances entre les diverses régions de l’île. On a depuis longtemps pensé que la céramique Drab Polished était caractéristique de l’Ouest de Chypre, mais on n’a jamais découvert d’habitat lié à la production de cette poterie de facture très soignée. Autre trait saillant de cette période, de petits villages ruraux sont établis à l’intérieur de l’île, près des terres arables et souvent à proximité des mines de cuivre. Or, Kissonerga-Skalia se démarque par sa localisation sur la côte. Dans la partie Nord du site, on a continué, cette année, de dégager les vestiges d’un mur qui avait été partiellement fouillé en 2007. Ce mur mesure 1,20 m de large, il a un tracé curviligne à une extrémité, rectiligne à l’autre. La fouille a révélé qu’il s’étend sur plus de 10 m de long et la poursuite de l’exploration permettra sans doute d’en déterminer la longueur totale. Les murs curvilignes sont rares à cette époque. Sa largeur exceptionnelle, de même que sa technique de construction en petit appareil indiquent en outre qu’il possédait une fonction spéciale. Le long de sa face externe, les habitants de Kissonerga avaient nivelé la surface pour créer un sol de circulation extérieur, tandis qu’une fosse circulaire, aux parois enduites d’argile, s’appuyait sur sa face interne (fig. 1). À l’intérieur de la structure se trouvaient une autre fosse aux parois enduites qui contenait un dépôt de cendres, ainsi qu’une zone où le sol avait été tassé, qui a livré une concentration de tessons céramiques et d’outils en pierre. Ce niveau illustre la dernière phase d’occupation du secteur qui soit conservée. On n’a, pour le moment, dégagé aucune subdivision à l’intérieur et la fonction du mur demeure incertaine. Il est possible qu’il s’agisse d’un mur d’enceinte, ce qui constituerait une nouvelle originalité pour un site de cette période. Dans d’autres zones, on a mis au jour une grande structure en élévation qui s’apparente à un four (fig. 2) et les soubassements en pierre, de forme plus commune, de maisons à murs rectilignes de l’Âge du Bronze (fig. 3). Outre ces éléments architecturaux, la fouille a livré des fragments de cuivre, elle a mis en évidence une activité de production textile (découverte de fusaïoles et d’un peson) et elle a permis de recueillir de nombreux outils en pierre, notamment liés à des activités agricoles (meules à broyer le grain). Le site a également donné des indices d’une exploitation de la faune terrestre et marine (bovins, daims, ovi-caprins, crabes, crustacés) et des restes botaniques (vigne et lentilles). Ainsi, l’architecture et l’organisation de Kissonerga-Skalia possèdent à la fois certains traits originaux et d’autres que l’on retrouve dans d’autres régions de l’île. Il s’agit désormais, grâce à la poursuite des recherches, de mieux cerner la signification de ces similarités et de ces différences et de voir en quoi elles permettent d’éclairer les interactions entre les habitants de l’Ouest de Chypre et les autres communautés de l’île. On peut d’ores et déjà esquisser un tableau de la vie à Kissonerga à l’Âge du Bronze, mais d’autres campagnes sont nécessaires pour mieux comprendre le site.

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Une quinzième campagne de fouilles s’est déroulée en 2008 sur le site du moulin à sucre médiéval de Kolossi, dans le district de Limassol, sous la direction de Marina Solomidou-Ieronymidou, assistée de D. Nicolaou, M. Makri-Chamberlain et A. Tavelis. Il s’agissait essentiellement de poursuivre l’exploration de la zone située au Nord de la construction circulaire mise au jour lors de la campagne précédente. Cette zone est adjacente au côté Ouest de l’aqueduc, sur une longueur d’environ 4 m. La fouille de cette année avait également pour objectif de déterminer les limites Sud de la zone étudiée. Aux limites Sud de la fouille, on a découvert un mur d’orientation Est-Ouest. Au Nord, on a mis en évidence l’extension du sol pavé qui avait été partiellement dégagé lors des années précédentes. On remarquera que les couches qui recouvraient le sol contenaient une grande quantité de charbon, fait qu’il faudra élucider après l’achèvement de la fouille et lorsque l’ensemble du monument sera étudié. Le matériel céramique recueilli est homogène : il est essentiellement composé de vases liés à la fabrication du sucre et il contient très peu de tessons à glaçure. Les découvertes les plus notables ont été faites dans la zone située à l’Ouest de l’aqueduc, aux limites Nord de la fouille. On y a mis au jour une construction de pierre de forme elliptique. Elle possède un diamètre maximum de 3 m. et elle est certainement liée à une structure circulaire en briques, de dimensions plus réduites, qui a été dégagée lors de la dernière campagne. La structure elliptique est située à un niveau plus élevé que le sol de la structure circulaire (1 m. plus haut) et elle semble reposer sur les côtés Nord de cette dernière, ainsi que sur un mur qui court au Nord de la structure circulaire selon une orientation Est-Ouest. Elle est entièrement faite de pierres irrégulières sans trace de mortier ou d’autre liant. Par la suite, lorsque la structure a cessé d’être utilisée, elle a été comblée avec un remblai plutôt compact, de couleur rougeâtre, contenant de petits galets. On a découvert dans cette couche un petit nombre de tessons appartenant à des vases utilisés pour le raffinage du sucre. Bien que cette structure ne soit pas encore complètement dégagée (la partie Nord reste à fouiller), il apparaît que sa partie centrale, au-dessus de la couche de galets, était recouverte par une couche de charbon. La grande pierre équarrie (AM 3), qui était placée à la limite Est de la structure elliptique, à 0,15 m. du mur de l’aqueduc, devait certainement servir lors d’activités qui produisaient de grandes quantités de charbon. Mais il est trop prématuré pour avancer d’autres hypothèses d’interprétation. La présence de cette couche de charbon est également liée au « dépôt » de moules à sucre brisés, qui ont été trouvés à l’intérieur et au-dessus de la couche précédente : certains ont une forme conique, d’autres possèdent un fond plat ; ils sont de différents formats ; certains sont presque intacts. La présence d’un grand nombre de vases à l’intérieur du remblai a surélevé le niveau de sol au centre et au-dessus de la structure elliptique d’environ 0,35-0,40 m. Mentionnons en outre que, dans cette zone, se trouve un dépôt récent de la période britannique. C’est de cette époque que date le bassin de pierre qui repose sur ces dernières couches, au-dessus du dépôt céramique. On a, cette année, démonté un petit mur de date récente, de forme en pi, qui reposait sur le grand canal creusé dans le rocher, juste à l’Ouest du moulin et à l’Est de la structure circulaire creusée dans le rocher (cette dernière, de 4,20 m. de diamètre, a été fouillée en 2006). Cela a permis de montrer que la grande structure circulaire était en relation directe avec la chambre souterraine de la roue du moulin. En effet, on a dégagé une ouverture à la limite Est de la structure circulaire, qui ouvre sur le grand canal souterrain, ce dernier conduisant à la chambre souterraine. Lors du démontage du mur, on a trouvé une pipe ottomane en terre cuite. Les trouvailles comprennent essentiellement des fragments de moules à sucre, dont deux sont presque intacts (l’un de forme conique, l’autre à fond plat), et un petit objet de métal décoré d’une tresse, sans doute un élément d’anse.

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Une nouvelle mission a été faite cette année dans le cadre du Kouris Valley Project par les Universités de Florence, Chieti et Pescara. Les travaux ont été de deux types. On a tout d’abord achevé la prospection de la rive Ouest de la vallée du Kouris. Les résultats sont bien différents de ce qu’on avait pu observer sur la rive Est : les seules trouvailles significatives datant de la période hellénistique et romaine sont concentrées sur deux sites, implantés sur les terrasses basses de la partie Sud de la vallée. Il est probable que la morphologie du sol (pentes raides entre le barrage et ces terrasses romaines) a conditionné une implantation humaine selon une organisation Nord-Sud sur cette rive. Sans doute, au cours du IIe millénaire, la route qui menait à la côte depuis Alassa ou d’autres sites localisés dans la partie haute de la vallée du Kouris passait le long de la rive Est. Il faut attendre plus de données pour éprouver cette hypothèse. On a prospecté à nouveau la rive Est, où l’on a identifié une ferme, occupée au cours du Bronze Ancien et Moyen, que trahissait la présence en surface de nombreux tessons Red Polished. Cette hypothèse a été confirmée par la prospection géophysique à l’aide d’un magnétomètre. Un certain nombre de tombes, de date indéterminée, ont, en outre, été localisées au cours de cette campagne. Parallèlement, on a échantillonné les différents sols et sédiments attestés dans l’ensemble de la vallée et on a caractérisé les diverses pâtes des tessons ramassés à la fois en prospection et en fouille : il s’agit de déterminer les sources d’argile et leur composition chimique et minéralogique. Un autre programme porte sur l’étude des toponymes de la vallée, afin de dresser un tableau général, d’un point de vue linguistique. Pour l’instant, on a commencé avec le nom d’Alasiya et des toponymes locaux. Les fouilles se sont concentrées cette année sur le site repéré en prospection l’année dernière, et qui est situé le plus au Nord sur la rive orientale du Kouris. Quatre sondages ont été implantés, sur le sommet de la colline et sur les deux terrasses inférieures. On a dégagé des structures datant du Bronze Ancien et Moyen, associées à de la céramique : tous les sondages ont livré un assemblage céramique dominé par la fabrique Red Polished. On a également mis au jour un système complexe comprenant un mur d’enceinte double. Deux phases ont été mises en évidence, la première datant sans doute du Bronze Ancien et Moyen, la seconde, qui suit un circuit différent, des périodes hellénistique et romaine. Afin de restituer ces deux phases du mur d’enceinte, on a procédé à un relevé par Station Totale ainsi que par photographie aérienne. Un sondage plus important, sur le sommet de la colline, a révélé la présence d’un grand atelier, lié peut-être au travail du cuir ou de textiles, comme l’indique une série de bassins reliés entre eux et de canaux creusés dans le substrat rocheux. Cette activité est également suggérée par la découverte de fusaïoles et de pesons. Dans une petite zone de nécropole, sur la troisième terrasse inférieure, trois tombes creusées dans le rocher ont été fouillées. Dans deux de ces tombes, on a notamment recueilli de nombreux vases Red Polished ainsi que quelques petits objets (fusaïoles décorées, disques ornementaux en picrolite). La similarité entre les assemblages des tombes et ceux de l’atelier suggère que les premiers représentent les instruments d’un artisan. L’analyse des restes osseux a révélé qu’il s’agissait dans un cas d’une inhumation multiple de trois individus (un homme, une femme et un enfant) et, dans l’autre, de l’inhumation individuelle d’une femme. 

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Une nouvelle campagne a eu lieu cette année sur le site Néolithique acéramique d’Aïs Giorkis, qui est localisé sur les contreforts du Troodos dans la partie Ouest de Chypre, près de Paphos, sous la direction d’Alan Simmons (University of Nevada, Las Vegas). 188 m2 de ce site exceptionnel ont désormais été fouillés de manière systématique. Les débuts de l’occupation sont datés, grâce à dix-sept datations radiocarbones calibrées, vers 7500-7900 av. J.-C., soit au Néolithique Chypriote Acéramique Moyen. En 2008, la mission sur le terrain n’a duré que trois semaines. C’était la dernière fouille avant analyse et publication des résultats obtenus. Il s’agissait donc avant tout d’obtenir des précisions sur des zones déjà dégagées. Le site comprend quatre structures architecturales exceptionnelles : ce sont des plateformes grossièrement ovales faites de petits galets et dont deux au moins sont recouvertes de plâtre. Leur fonction est énigmatique : bases de maisons ou plateformes sur lesquelles se déroulaient des activités communes (danses ?) ? Quoi qu’il en soit, elles représentent un trait original de la civilisation du Néolithique Chypriote Acéramique B (PPNB) dans cette région. De nouvelles fosses ont également été fouillées. En outre, on a achevé l’exploration d’une structure particulièrement importante, qui avait été découverte en 2006. À l’origine, on l’avait interprétée comme un fossé, qui servait peut-être de limite. Cette hypothèse paraît désormais fragile. Il semble qu’il s’agisse d’une zone volontairement creusée, dans laquelle se trouvaient des fosses, et dont la fonction nous échappe pour le moment. Les restes de faune sont extrêmement abondants et on a encore trouvé, cette année, des ossements de bovins. C’est une découverte importante puisqu’on pensait autrefois que cet animal n’avait pas été introduit à Chypre avant l’Âge du Bronze. Le micro-outillage lithique approche désormais les 200.000 pièces, dont certaines possèdent des parallèles dans le Néolithique du Proche-Orient. On a trouvé, cette année, une belle quantité de macro-outillage, ainsi que de nouveaux ornements. Mais la trouvaille la plus spectaculaire de la campagne est sans aucun doute une figurine féminine fragmentaire d’un type très rare, sinon inédit, à Chypre à l’époque Néolithique. La présence d’un assemblage matériel aussi varié, comprenant à la fois des ossements, rares, de bovins et des objets de prestige, suggère que le site servait peut-être pour des festins collectifs. En résumé, les recherches menées à Aïs Giorkis ont démontré l’importance du site pour l’étude de la première colonisation de l’île. Sa localisation à l’intérieur des terres, ses structures architecturales exceptionnelles, ses assemblages lithiques sophistiqués, ses restes de flore domestiquée et de bovins, sont autant de traits originaux qui dressent un tableau plus complexe de la première occupation humaine dans l’île.

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Le programme, dans le cadre d’une collaboration entre le département d’archéologie de l’Université de Chypre et le Département des antiquités, a consisté cette année en deux opérations de terrain, du 19 au 31 mai et du 16 octobre au 1er novembre. Au cours de cette campagne, le relevé et la documentation du site ont bien progressé, grâce à l’usage de la photogrammétrie et de procédés de relevé architectural plus traditionnels. Le but principal était de créer une maquette en trois dimensions du site, qu’on pourrait mettre à jour au fur et à mesure des progrès de la fouille. On a dénombré une concentration d’environ 500 amphores visibles, sur trois ou quatre niveaux superposés. Six amphores, jugées représentatives des différents types attestés dans la cargaison d’après la prospection, ont été prélevées. Elles sont actuellement en traitement au Musée de Larnaca. Les amphores constitutives de la cargaison de l’épave de Mazotos proviennent essentiellement de Chios et datent du 3e quart du IVe siècle av. J.-C. Outre ces dernières, quatre amphores d’un type différent ont été identifiées : elles appartiennent au type à lèvre en bobèche et base en bouton appelé Solokha I, un type très commun en Égée à partir du début du IVe siècle. Trois autres types d’amphores ont été identifiés dans trois zones différentes de l’épave. Il est peu probable qu’elles aient fait partie de la cargaison, car chaque type n’est représenté que par un exemplaire. Deux d’entre elles sont fragmentaires, ce qui rend leur identification difficile, tandis que la troisième présente les traits caractéristiques des productions de Mendé. Lors de la troisième campagne sur le terrain, on a implanté un sondage exploratoire sur le côté Nord-Est de l’épave, afin de déterminer la profondeur et la stratigraphie de la sédimentation. Au cours de la fouille, une nouvelle couche d’amphores a été découverte, qui semble correspondre au niveau de fond de remplissage du navire, du moins dans cette partie excentrée de la zone de concentration d’amphores. Au-dessous de ce niveau, à 1,20 m., on a atteint le rocher. De plus, dans le coin Sud-Est du sondage, on a dégagé une série d’amphores empilées, l’une sur l’autre. Il s’agit vraisemblablement d’amphores tombées des niveaux supérieurs du remplissage (fig. 1-3). Quelques très petits morceaux de bois ramassés au-dessus du substrat rocheux pendant la fouille correspondent vraisemblablement à ce qui reste de la décomposition de la coque. Autre trouvaille intéressante, un fragment de panse d’amphore était recouvert, sur sa face interne, d’un épais enduit noir, sans doute pour rendre les parois étanches. Ce fragment appartenant probablement à une amphore de Chios, cela confirme que la cargaison principale du navire était du vin de Chios, très célèbre dans l’Antiquité, le plus apprécié des vins grecs, ce qu’indiquent de nombreuses sources anciennes.

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Le programme d’étude de l’ancien royaume de Paphos, qu’a conçu et que dirige Maria Iacovou (Université de Chypre), vise à reconstituer la topographie urbaine de Palaepaphos grâce à l’identification des principaux éléments constitutifs du site. Au Bronze Récent, Palaepaphos était le centre administratif et économique responsable de l’érection du sanctuaire mégalithique de l’Aphrodite chypriote à la fin du XIIIe siècle. À l’Âge du Fer, les rois de Paphos ont gardé la responsabilité de gérer le sanctuaire et ils possédaient, pour cela, le privilège exceptionnel d’être prêtres de la déesse, jusqu’à l’extrême fin du IVe siècle av. J.-C., quand Ptolémée Ier abolit la royauté chypriote. Les fouilles menées par l’Université de Chypre sur le plateau de Palaepaphos-Marchello ont dégagé 40 m des fondations en pierre d’un système défensif de l’Âge du fer, possédant des murs de 3,5 m. de large. Elles ont également mis au jour une porte, en appareil soigné de blocs de calcaire, qui était protégée par un bastion. D’après l’analyse céramique, le plateau a été occupé au cours de deux périodes. À l’origine, des tombes à chambre ont été creusées dans cette zone au Bronze Récent. Au cours du XIe siècle, quand, partout à Chypre, des nécropoles séparées ont commencé à être implantées à l’extérieur des zones d’habitation, Marchello a cessé d’être une nécropole. La seconde période d’occupation du site est l’Âge du Fer, au moment où les royaumes chypriotes ont atteint leur apogée. L’érection d’un mur monumental sur le plateau de Marchello répond sans doute au besoin de protéger une acropole archaïque et classique. D’autres fouilles et des prospections géophysiques seront également menées, dans un futur proche, sur les sites localisés autour du sanctuaire d’Aphrodite.

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En 2008, a été créée une mission archéologique française à Paphos (MaFaP), dirigée par Claire Balandier, en collaboration avec Eric Morvillez (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse), sous l’égide du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes. Cette mission a pour objet scientifique d’étudier l’évolution de l’espace politique et de l’urbanisme de l’ancienne capitale de Chypre de sa fondation au IVe siècle av. J.-C. jusqu’à l’époque franque. À la demande du directeur du Département des Antiquités de Chypre, Pavlos Flourentzos, la première campagne de fouilles, qui s’est déroulée du 15 avril au 9 mai 2008, a été menée sur la colline dite de Fabrika au Nord-Est du site antique, dans un secteur menacé par des projets d’aménagements urbains aux abords du théâtre hellénistique. L’objectif premier de cette campagne exploratoire était de tenter de repérer le tracé de l’enceinte urbaine de Néa Paphos dans le secteur Nord-Est où il demeure inconnu. Une prospection au sol menée sur la colline a permis de découvrir un alignement de trois blocs in situ au Nord, en contrebas de la plateforme sommitale, près de l’avenue Dédale. La fouille a montré que ces blocs appartenaient à un mur Nord-Sud qui a été dégagé en partie, sur plus de 20 m. en direction du Nord. Un sondage effectué à l’arrière de la face Ouest de ce mur a montré qu’il ne s’agit pas d’un mur à double parement : il est adossé à la roche (en place ou effondrée) et l’espace entre celle-ci et la face appareillée a été rempli de pierres. Il s’agit donc apparemment d’un mur de soutènement. Un autre sondage, effectué contre la face du mur, a montré que ce mur est fondé plus de 2,80 m. au-dessous du niveau de circulation actuelle. Il est construit sur un remblai épais d’énormes pierres brutes d’extraction (fig. 1). La roche en place n’a pas été encore atteinte en profondeur. L’étude stratigraphique et les premières estimations céramologiques effectuées par H. Meyza permettent de penser que ce mur, constitué de blocs calcaires grossiers, de blocs de taille remployés et de pierres de calage a été érigé à l’extrême fin de l’époque hellénistique ou au début de la période romaine (fin du Ier s. av.-Ier s. apr. J.-C.). Cette datation devrait pouvoir être précisée l’an prochain. Sur le versant oriental de la colline, l’accès ancien à celle-ci a été recherché au Nord du théâtre hellénistique, où une interruption de la falaise avait été observée, là où un sentier accédait au sommet de la colline pour déboucher sur des soubassements taillés dans la roche. Aucune porte n’a été identifiée, mais différents murs et niveaux ont été mis au jour. Sur la ligne de rupture de pente, un mur a été dégagé, conservé sur une hauteur de 0,50 m., soit deux assises pseudo-isodomes, aux blocs très soigneusement taillés, liés au mortier, et dont les joints étaient recouverts d’un enduit (fig. 2). Pour l’heure, on ne sait pas quelle était la fonction de ce mur M1 ni à quelle construction il appartenait. Après sa destruction, il a servi de fondation à un bâtiment plus tardif, dont ne subsistent que quelques pierres. À l’Ouest de ce mur M1, a été entreprise la fouille d’un remblai très épais comportant de nombreux fragments de céramique médiévale, notamment franque. Cette couche a également révélé la matrice d’un sceau épiscopal ayant appartenu à un évêque de Bologne, Gerardus (fig. 3). Celui-ci reste à identifier, mais l’écriture permettrait de dater cette matrice du XIIIe siècle, selon J. Richard, en dépit de la facture très fruste de sa représentation selon les spécialistes du Cabinet des Sceaux aux Archives Nationales, M.-A. Nielsen et Cl. Blanc. Ces découvertes et la trace d’une voûte en négatif dégagée sur un front de taille situé à l’Ouest du mur M1 semblent indiquer qu’un bâtiment important se trouvait en ce point de la colline de Fabrika à la période médiévale, peut-être une église. La fouille de 2009 apportera probablement plus de précisions sur la fonction et la datation de ce bâtiment. Enfin, à l’Ouest de la colline de Fabrika, près de l’avenue Apostolos Pavlos, des degrés taillés dans la roche ont été nettoyés car ils avaient été interprétés comme un possible accès à une courtine par des chercheurs s’étant intéressés à ce secteur. Aucune trace du mur d’enceinte de Néa Paphos n’a été repérée. Ces degrés pourraient correspondre à l’escalier d’accès à une tombe, détruite par l’exploitation de la carrière implantée sur la colline de Fabrika dès l’Antiquité. En contrebas de ces degrés, un sondage a été ouvert qui a permis de mettre au jour les vestiges très ténus d’une habitation extrêmement modeste — voire un simple abri à moutons — construite contre la falaise, probablement à l’époque ottomane, comme le laisse penser un fragment de pipe ottomane trouvé sur le niveau de circulation. En 2009, la mission archéologique française à Paphos tentera de déterminer la fonction du mur mis au jour au Nord de la colline de Fabrika ainsi que celle du bâtiment médiéval découvert sur le versant oriental. Elle s’efforcera aussi de préciser les données chronologiques.

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Les fouilles de la mission italienne à Kato Paphos-Toumbalos (site également connu sous les noms de « sanctuaire d’Apollon » ou « Garrison’s Camp ») se sont poursuivies, sous la direction de Filippo et Giada Giudice (Université de Catane). Les fouilles ont porté sur trois secteurs : La zone située à l'avant du sondage au Sud-Est du temple souterrain. -   On a continué de fouiller le grand sondage implanté entre la pièce rectangulaire et la pièce plus petite creusées dans le rocher, devant lequel on avait dégagé, en 2006, un mur fait de grands blocs. Au cours des campagnes précédentes, un escalier avait été découvert. Les fouilles de cette année, qui ont porté sur une superficie plus grande que celle qui avait été explorée dans les années cinquante, ont mis au jour une série de blocs, qui ont chu de manière homogène d’Ouest en Est. On peut donc supposer que la couche épaisse, remplie de matériaux effondrés, résulte d’un tremblement de terre (fig. 1). Les blocs appartiennent à un mur qui constituait le côté Ouest d’une grande pièce, peut-être partie d’une nouvelle domus paléochrétienne. La domus a été édifiée à la fin du paganisme. Découverte importante, on a dégagé un mur du sanctuaire hellénistique et romain, d’orientation Ouest-Est, sur lequel reposent les vestiges de la domus. L’enlèvement de la couche d’effondrement au cours des prochaines campagnes permettra de dégager le bâtiment romain tardif et de dater le tremblement de terre. Une zone en bordure d’un terrain récemment exproprié. - Le sondage sis en bordure du terrain récemment exproprié par le Département des Antiquités a été étendu au Sud-Est du temple souterrain et à l’extérieur de la chambre souterraine à abside qu’on avait explorée partiellement l’année dernière. On avait découvert, en 2007, dans la zone extérieure au Nord-Ouest du temple souterrain, des vestiges faits de grands blocs en pierre, de toute évidence remployés pendant la période paléochrétienne. À l’intérieur de l’un d’entre eux, se trouvait une espèce de petit canal, qui n’a pas été entièrement fouillé encore, et qui contenait une lampe et un trésor de plus de 100 monnaies en bronze. On a recueilli cette année de nouvelles monnaies d’époque romaine tardive, et on a dégagé partiellement une citerne (fig. 2). Cette dernière était encore utilisée à date récente, comme le montre une monnaie de Georges VI d’Angleterre (datée de 1944), qui y a été retrouvée. La zone de la domus paléochrétienne édifiée sur la terrasse supérieure à l’Est du temple souterrain. - On a poursuivi l’exploration de la zone à l’Ouest du mur extérieur de la domus paléochrétienne. On n’y a découvert aucune structure construite, ce qui invite à émettre l’hypothèse, que seule l’extension du sondage permettra de confirmer, qu’il y avait à cet endroit une rue d’orientation Nord-Sud, sur laquelle la domus a été construite. La fouille a continué jusqu’au niveau de bothroi (fig. 3), qui étaient vides pendant la période paléochrétienne : on n’y a recueilli qu’une épingle à cheveux en bronze et une pointe de lance (fig. 4).

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L’exploration de l’habitat de l’Âge du Bronze à Politiko-Troullia (site localisé à environ 25 km au Sud-Ouest de Nicosie, près du Monastère de Saint Irakleidios, sur les contreforts riches en cuivre du Troodos) s’est poursuivie cette année, sous la direction de Steven Falconer et Patricia Fall (Arizona State University) [1]. La fouille (fig. 1) a dégagé de nombreux vestiges de cet habitat de l’Âge du Bronze (vers 2000-1500 av. J.-C.) qui a précédé Tamassos, siège d’un important royaume du centre de l’île à l’Âge du Fer. Elle a mis au jour une série d’unités domestiques agencées autour d’une cour commune, qui ont livré du matériel témoignant d’un élevage et d’une agriculture intensifs, de la métallurgie du cuivre, et d’une technologie céramique sophistiquée au cours du Bronze Moyen, c’est-à-dire juste avant la naissance des villes chypriotes au Bronze Récent. Les découvertes de Politiko-Troullia permettent de mieux connaître ces communautés qui ont donné naissance à la civilisation urbaine de Chypre.   [1] Des étudiants venant d’universités de Chypre, du Canada et des États-Unis ont participé aux travaux de terrain.  

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La mission, sous la direction de William Caraher (University of North Dakota), R. Scott Moore (Indiana University of Pennsylvania), David K. Pettegrew (Messiah College) et Maria Hadjicosti (Département des Antiquités de Chypre) a achevé sa sixième campagne sur le terrain [1]. La mission a deux buts : publier les résultats de la fouille faite par M. Hadjicosti sur une zone réduite au cours de deux campagnes dans les années 1990 ; prospecter l’ensemble des 150 hectares du site pour localiser les vestiges archéologiques. En 2008, on a achevé la prospection intensive du site, qui avait débuté en 2004. La découverte récente de nombreuses figurines indique qu’un sanctuaire d’époque chypro-archaïque et classique, jusqu’alors inconnu, était localisé sur le plateau sommital. En plus de la prospection, on a effectué plusieurs sondages sur les hauteurs de Pyla-Kokkinokremmos et de Vigla afin de confirmer les résultats de la prospection pédestre et géophysique qui y avait été conduite en 2007. Ces sondages, de dimensions réduites, ont révélé les vestiges d’un habitat fortifié sur la colline de Vigla, qui a été occupé de la période archaïque à la période hellénistique. Le trait saillant de cet habitat est constitué par un mur de fortification qui entourait l’ensemble du plateau. Deux sondages limités sur Kokkinokremmos ont montré que l’occupation du sommet était plus étendue qu’on ne le pensait. Cette conclusion repose sur la découverte d’un mur du Bronze Récent qui est situé largement à l’extérieur de la zone qu’on supposait habitée dans les études antérieures. Les travaux effectués sur Vigla et Kokkinokremmos permettent donc de mieux préciser notre connaissance de cet important site côtier. [1] La campagne s’est déroulée entre le 15 mai et le 25 juin 2008. L’équipe comprenait des spécialistes venant d’universités américaines et européennes. La mission a bénéficié de l’aide généreuse de la Base Souveraine Britannique de Dekeleia, du Musée Archéologique de Larnaca et du Cyprus American Archaeological Research Institute. La campagne de 2008 a reçu des fonds de l’Université du North Dakota, de l’Indiana University of Pennsylvania, du Messiah College, des American Schools of Oriental Research, de l’Institute for Aegean Prehistory, de la Brennan Foundation, du Mediterranean Archaeological Trust ainsi que ceux de généreux donateurs privés.

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La mission archéologique du Conseil National Italien pour la Recherche à Chypre [1] a effectué une nouvelle campagne en 2008, sous la direction de Maria Rosaria Belgiorno. La fouille a dégagé un complexe architectural d’environ 2000 m2, qui a été détruit par un tremblement de terre vers 1800 av. J.-C., à la fin du Bronze Moyen II (fig. 1-2). D’après les résultats de la prospection géophysique et du SIG, le site devait s’étendre sur 4000 m2. Le matériel recueilli dans les sondages profonds indique qu’il était occupé dès le début du Bronze Ancien (2400-2000 av. J.-C.). La découverte la plus importante est celle d’une zone industrielle, organisée autour de la production d’huile d’olive. Cette zone était également utilisée pour la réduction du minerai de cuivre, la production de bronzes, l’extraction d’essences aromatiques afin de fabriquer des parfums, la teinture, la préparation de fibres végétales, l’élevage, le tissage, et la préparation de substances pharmaceutiques. On a, en outre, découvert une pièce possédant des installations destinées à la production de vin, qui était aussi utilisé dans des buts thérapeutiques et aromatiques. Les différentes pièces où ces activités avaient lieu communiquaient entre elles. L’importance du site réside dans sa nature industrielle et dans la qualité de conservation de ses niveaux préhistoriques, qui ont été scellés par le brusque effondrement des murs après un tremblement de terre. Ces conditions particulières permettent, grâce au recours à l’archéologie, à l’archéométrie, à la paléobotanique, à la paléozoologie et à l’ethnoarchéologie, de reconstituer les techniques de la métallurgie, de l’agriculture, de la production de médecines et de l’artisanat textile au IIe millénaire av. J.-C. En 2008, on a dégagé un deuxième bâtiment, au Sud de la zone industrielle. Selon la fouilleuse, il s’agit d’une construction sans parallèle, faite de deux pièces agencées en un ensemble triangulaire (12x12x24 m, 90°/45°/45°). Comme le bâtiment voisin, il a été probablement détruit par un tremblement de terre et abandonné vers 1800 av. J.-C. La fouilleuse a émis l’hypothèse que cette construction avait une vocation cultuelle, qu’elle possédait un autel, flanqué d’un canal. Le canal, fait de galets et enduit sur les côtés, servait peut-être à évacuer le sang des animaux sacrifiés. Une fosse carrée, située sur le côté Nord de l’autel, contenait peut-être l’eau qui était utilisée lors des rituels. Selon la fouilleuse, le matériel recueilli dans le bâtiment étaie l’hypothèse cultuelle : les trouvailles sont nombreuses, et non pas seulement céramiques, elles comprennent notamment quatre cornes en calcarénite de tailles différentes et des ossements animaux, pour l’essentiel des fragments de crânes de taureaux et de béliers. La structure triangulaire paraît dater de la dernière période de reconstruction, c’est-à-dire, d’après la céramique, du Bronze Moyen II. Si l’on cherche des parallèles historiques, les autels flanqués de canaux pour évacuer les liquides sacrificiels sont attestés dans plusieurs passages bibliques, mais ils ne sont pas situés dans des structures triangulaires toutefois. La structure triangulaire de Pyrgos est tout à fait originale, il pourrait s’agir d’une version agrandie d’une construction triangulaire plus petite, localisée à l’intérieur du bâtiment principal, et fouillée au cours des années précédentes. Cette structure plus petite pourrait, selon la fouilleuse, appartenir à un sanctuaire antérieur, qui daterait du Bronze Ancien (ses fondations reposent sur des niveaux plus profonds). Au milieu de cette structure, un grand trou, cerné d’une double rangée de pierres, devait sans doute accueillir à l’origine le pithos qu’on a découvert en fragments autour de l’autel. Des fragments d’un autre pithos se trouvaient au Sud de l’autel, avec un bol Red Polished à quatre pieds de forme rare (fig. 3). On a recueilli, dans les niveaux les plus profonds, une paire de boucles d’oreilles en bronze de la phase de Philia (la phase la plus ancienne du Bronze Ancien), ainsi que des pendentifs en coquillage et des vases à fond plat, également caractéristiques du début du Bronze Ancien. Tous ces indices suggèrent que le bâtiment fait partie des constructions les plus anciennes du site. La localisation de ce sanctuaire à proximité de la zone où se déroulaient des activités métallurgiques doit être rapprochée, selon la fouilleuse, de la tradition plus récente du Bronze Récent, qui voit l’érection de sanctuaires à proximité d’ateliers métallurgiques (Myrtou-Pigades, Kition, Athiénou, Enkomi). [1] La mission, créée en 1998, est subventionnée par le Ministère italien des Affaires Étrangères, l’association culturelle Tuscia Cultura, Le Centre d’Expérimentation Archéologique « Antiquitates » de Blera et par la Municipalité de Pyrgos. Les résultats préliminaires sont publiés sur le site www.pyrgos-mavroraki.eu.  

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Une quatrième campagne de fouilles a eu lieu sur le site chalcolithique de Souskiou-Laona (fig. 1), sous la direction d’Edgar Peltenburg (Lemba Archaeological Research Center/University of Edinburgh). L’habitat, daté des environs de 3000 av. J.-C., est ceint d’une série de nécropoles, situées à des niveaux plus élevés. On a découvert, cette année, une nouvelle nécropole pillée sur la colline Ouest de Laona. Seules quelques tombes à fosse creusées dans la roche sont conservées au bord de la paroi, qui a été sévèrement entaillée sur ce versant par la rivière Diarizos. Au Sud, une exploration plus poussée du plateau de Vathyrkakas, sis en face de l’habitat, a montré qu’il y avait encore d’autres tombes entre les nécropoles de Vathyrkakas 1 et 2, ce qui suggère que des tombes étaient placées de façon continue le long du plateau, sur une longueur d’environ 450 m.   On a toujours supposé que l’habitat de Laona ne s’étendait que sur le versant Sud de la colline Est, sur une surface d’environ 1,23 hectares et qu’en conséquence, il était trop petit pour avoir suscité le nombre d’inhumations des nécropoles associées. Au cours de cette campagne, une prospection plus précise de la colline Ouest, étroite et qui a beaucoup souffert de l’érosion, a permis de découvrir de nouveaux bâtiments chalcolithiques fragmentaires. On avait supposé que le peu de matériel recueilli dans cette zone au cours des prospections précédentes résultait d’activités spécialisées, qui n’impliquaient pas une résidence permanente, mais il apparaît désormais que les bâtiments couvrent une zone beaucoup plus grande qu’on ne le supposait. Leur localisation sur le bord du précipice indique qu’une partie considérable du site a été érodée. Il faut maintenant poursuivre les travaux pour déterminer si l’habitat était suffisamment important pour rendre compte du nombre d’individus inhumés dans les nécropoles.   Trois, peut-être quatre nouveaux bâtiments ont été découverts sur la colline Ouest. Ils sont localisés sur la ligne de contour des 140 m., au même niveau, et à 200 m. de l’habitat fouillé au cours de l’Opération A. Deux de ces structures circulaires, partiellement fouillées, montrent que cette zone ne représente pas une simple extension de l’habitat principal, mais qu’elle abritait des structures importantes. Ainsi, le Bâtiment 800 possédait à l’origine un diamètre d’environ 7 m., ce qui en fait le bâtiment le plus grand dégagé jusqu’à présent sur le site. Il n’en subsiste qu’un croissant de mur de fondation en pierre recouvert d’enduit, sur six assises, et une partie du sol, mais cela suffit à reconstituer le diamètre avec certitude. Une petite annexe (Bâtiment 915) est adossée à son mur Ouest. Les deux structures datent du Chalcolithique Moyen, d’après la céramique recueillie sur les sols.   D’autres découvertes étonnantes ont été faites sur la colline Ouest. On y trouve encore des déchets de picrolite, mais en quantité moindre que sur la colline Est. Toutefois, à environ 100 m. au-delà des Bâtiments 800 et 915, une forte concentration semble indiquer la présence d’un atelier qui fabriquait les fameuses figurines cruciformes et des pendentifs de grandes dimensions. Le matériel comprend essentiellement de la picrolite brute, sans doute plutôt exploitée dans des gisements du Troodos qu’importée sous forme de galets depuis la vallée du Kouris, de nombreux éclats liés au débitage de la pierre pour lui donner une forme adaptée et une ébauche probablement destinée à être taillée en figurine. L’ébauche porte quantité de marques d’outils qui montrent comment l’artisan procédait au commencement de la taille d’une figurine. De nombreux éclats d’autres pierres accompagnaient les éclats de picrolite. D’autres recherches sont encore nécessaires, mais il est désormais certain que, pour la première fois, on va pouvoir reconstituer les étapes de la fabrication d’œuvres d’art préhistoriques, parmi les plus remarquables de la Méditerranée, depuis l’extraction de la pierre jusqu’au produit semi-fini. Une autre figurine cruciforme de style délicat, dont ne subsiste que la partie supérieure et qui n’a pas été finie, découverte dans une autre zone de la colline Ouest, offre une belle illustration du talent des artisans de Souskiou (fig. 2).   Dans le cadre de l’Opération A, sur la crête Est, on a dégagé près de 2 m. d’alluvionnement sur une surface d’environ 50 m2. Plusieurs bâtiments et aires d’activités sont désormais prêts à être fouillés.  

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Le Département d’Histoire et d’Archéologie de l’Université Aristote de Thessalonique (AUT) a lancé, en novembre 2008, un programme de recherche quinquennal, sous la direction de Nikos Efstratiou, portant sur la préhistoire de l’île et qui prolonge une longue activité de recherche de l’Université à Chypre [1]. Le but du programme est de localiser, grâce à des prospections pédestres sur une partie du Troodos, des installations datant de la plus ancienne préhistoire de l’île (période pré-néolithique). Jusqu’à présent, les prospections n’ont jamais porté sur le Troodos et seules les régions de Paphos, Limassol, Famagouste et la partie centrale de l’île ont été explorées. La présence des premiers chasseurs-cueilleurs dans l’île est datée, grâce au matériel recueilli dans ces régions, des environs de 10.000 av. J.-C. Leur étude est sans doute le champ disciplinaire qui a le plus progressé au cours des dernières années. Le moment de l’arrivée des premiers habitants dans l’île et les zones qu’ils ont choisies pour y résider demeurent toutefois encore une hypothèse, qui attend d’être démontrée par des preuves archéologiques. Les résultats de ces premières recherches, quoiqu’encore préliminaires, sont entièrement satisfaisants, puisqu’on a recueilli des indices archéologiques prouvant la présence de groupes de chasseurs-cueilleurs pré-néolithiques (10.000 av. J.-C.) dans l’arrière-pays et les régions montagneuses de l’île. Ces premiers témoignages, qui doivent être confirmés, ouvrent un nouveau chapitre dans l’histoire de la recherche archéologique chypriote en montrant que la région du Troodos doit être intégrée aux développements liés à la plus ancienne présence humaine à Chypre. [1] L’équipe comprenait également Paolo Biagi (Université de Venise), Dimitris Kyriakou et Eleni Mlouki. Cette équipe, forte de son expérience de prospections dans les montagnes du Pinde en Grèce, a décidé d’explorer la région du Troodos afin de déterminer si elle avait été peuplée à date haute elle aussi. La prospection systématique, qui a pu être faite grâce à la permission de Pavlos Flourentzos, directeur du Département des Antiquités, et grâce à l’aide du Département des Forêts de Chypre, a commencé par les régions du Sud du Troodos, notamment les hautes vallées du Xeros et du Diarizos.  

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La mission de prospection sous-marine de la côte Est de Chypre, dirigée par Justin Leidwanger, a porté en 2008 sur la zone allant du Cap Greco à Protaras, au Nord [1]. On a exploré pendant quatre semaines une épave peu profonde découverte en 2007. Les limites du site ont été établies et on a commencé le relevé. En outre, plusieurs céramiques, représentatives de la composition de la cargaison, ont été remontées pour être étudiées puis redéposées. L’épave, sans doute datée du IIe siècle apr. J.-C., semble avoir transporté une cargaison mixte comprenant au moins trois types d’amphores : en premier lieu des amphores provenant du Sud de l’Asie Mineure, ainsi que des importations de la côte méditerranéenne de France (ou bien des imitations régionales), enfin, en petit nombre, un type rare, d’origine inconnue, peut-être de Chypre même ou du continent voisin. Certains fonds d’amphores conservaient un épais enduit résineux, qui peut indiquer qu’elles contenaient du vin. D’autres céramiques, correspondant au service de bord, ont été retrouvées, mais on n’a pas identifié pour le moment d’ancre ou d’autres éléments de navigation (fig. 1-2). La destination du navire reste inconnue, mais la localisation de l’épave, dans des eaux peu profondes, près de la côte, où la présence romaine est attestée sur des sites comme Lefkolla —mentionné au début de l’époque romaine par le géographe Strabon et qui doit se trouver dans cette zone, mais que des fouilles ou des prospections n’ont pas permis d’identifier de manière certaine —, invite à supposer que le bateau était à proximité d’un port ou qu’il naviguait par cabotage. Bien qu’éparpillés, les vestiges de l’épave peuvent fournir des indications sur les relations commerciales, à longue distance et à échelle régionale, de cette île tranquille au cours de la période d’apogée de la pax Romana. À l’avenir, il faudra achever le relevé de l’épave et l’inventaire des céramiques visibles en surface. En outre, on poursuivra l’exploration dans des zones maritimes sableuses plus profondes, bien adaptées à des techniques de prospection à distance, non seulement par sonar, mais également par profilage subterrestre et par magnétométrie, afin de détecter des épaves mieux conservées ou d’autres vestiges archéologiques. L’importance maritime de la zone est documentée non seulement par les dépôts céramiques découverts dans les ports, les points d’ancrage et les promontoires, mais aussi par les témoignages de plongeurs locaux et par des sources historiques se rapportant à des événements. Ainsi, Diodore indique que c’est dans cette zone qu’en 306 av. J.-C., le Macédonien Démétrios Poliorcète triompha de Ptolémée d’Égypte lors d’une des plus grandes batailles navales de l’Antiquité. Certes, Ptolémée finit par revenir et par vaincre, les Ptolémées devenant maîtres de l’île pour le reste de la période hellénistique, mais près de cent navires de guerre furent coulés pendant le combat et ils offrent une cible d’étude particulièrement intéressante pour les archéologues travaillant dans des eaux plus profondes, au large de la côte. [1] Une petite équipe internationale d’archéologues et d’étudiants a participé à la mission. Le projet reçoit l’aide financière et logistique de l’Institut d’Archéologie Navale de la Texas A&M University, de la Pennsylvania University, de la RPM Nautical Foundation, ainsi que de la Fondation Thétis de Chypre.  

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La fouille de la citerne (secteur Nord du rempart). – La campagne de 2008 visait à déterminer la fonction d’un dispositif situé entre les maisons du secteur 3 et la muraille Nord (resp. : P. Aupert) (fig. 1). Dans la zone supérieure, le conduit vertical de plan carré (ca 1,55 x 1,65 m) a été habillé de quatre murs en pierres sèches ; plus bas, il est percé en cylindre dans une roche tendre ; dans la partie inférieure, la roche dure est atteinte et la cavité s’élargit et le plan devient oblong (fig. 2).  La stratigraphie montre à la fois l’accumulation lente de matériel et la perturbation du dépôt due à des opérations de nettoyage. La première utilisation du dispositif pourrait remonter aux environs de 300 av. n.è. ; une utilisation à l’époque hellénistique est en tout cas assurée ; la durée d’utilisation présente ensuite une grande lacune entre les IIIe et VIIe s. de n.è.

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Le sanctuaire extra-urbain d’Asvestoton . – Faisant suite à la découverte, en 1990, de nombreux fragments de figurines archaïques en terre cuite, une campagne de fouilles de trois semaines a été effectuée au mois d’avril au lieu-dit Asvestoton (fig. 1), situé à un peu plus d’un kilomètre au Sud-Ouest du village d’Aghios Tychonas (A. Hermary, S. Fourrier): dans la partie Nord (fig. 2), les sondages n’ont mis au jour qu’un matériel résiduel – matériel archaïque et fragments de figurines – sans aucune structure bâtie : il faut considérer que le lieu de culte lui-même était donc en dehors de la zone concernée par l’autorisation de fouille. dans la partie Sud (fig. 3), aucun fragment de figurine n’a été découvert, mais, immédiatement sous la surface, ont été mis au jour les restes de murs d’un bâtiment de forme allongée, orienté Nord-Sud, qui occupait la partie occidentale de l’éperon. La couche de destruction contient un matériel archéologique très peu abondant, mais suffisamment significatif pour permettre de dater approximativement l’ensemble de l’époque protobyzantine tardive, probablement de la première moitié du VIIe siècle ap. J.-C. On dispose avec cette découverte d’un bâtiment d’un type original – il ne s’agit visiblement ni d’une église ni d’une habitation banale –, dont la fonction devait être dictée par sa situation topographique, au milieu des collines située au Nord de la ville d’Amathonte et proche de cours d’eau saisonniers. On songerait volontiers à une utilisation agricole, en attendant les informations que livrera la fin de la fouille. 

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La mission de l'Université de Florence, sous la direction de A.M. Jasink et L. Bombardieri, avait identifié le site d'Erimi-Laonin tou Porakou en 2007, au cours de la prospection intensive de la zone de la vallée du Kouris, qui visait à déterminer les traits généraux de l’utilisation du territoire et la séquence de l’occupation de la vallée. Ce programme, mené en 2007-2008, a comporté à la fois une étude du matériel recueilli en surface et une analyse des cartes et des photographies satellitaires et aériennes disponibles, dans le cadre d’un système de SIG à plusieurs niveaux. Ainsi, on a pu localiser quatorze sites, allant du Bronze Ancien/Moyen jusqu’aux périodes byzantine et médiévale. La séquence chronologique obtenue pour la zone prospectée témoigne d’une occupation continue et elle offre des informations intéressantes concernant le développement des modes de relation entre les différents types de sites (habitats, nécropoles, points de contrôle des réseaux de communication le long de la rivière et/ou le long des routes dans le haut de la vallée). En 2008, l'un des sites repérés a été exploré plus précisément au lieu-dit Laonin tou Porakou, près de la commune moderne d'Erimi, sur le versant Est de la vallée, sur un plateau orienté vers le Sud en direction du barrage de Kouris. Depuis le site, on pouvait voir aussi bien la rivière que la côte, ce qui suggère qu’il était utilisé comme point de contrôle du réseau de communications au sein de la vallée. Lors de l’exploration du site menée en 2008, un système de mur double qui entourait l’habitat, avec une série de rampes et d’accès, a été repéré. La séquence chronologique établie documente deux phases d’occupation principales. La première phase, la plus importante, va du Bronze Moyen au Bronze Récent I ; la seconde, qui lui succède apparemment après un long hiatus, correspond peut-être à une reconstruction du mur extérieur au cours de la fin de l’époque hellénistique et pendant la période romaine. Au-delà du mur de rempart extérieur, trois tombes creusées dans le rocher et munies d'un petit dromos ont été fouillées. Elles avaient été pillées, mais comportaient les squelettes d'un homme, d'une femme et d'un enfant. Le mobilier comprend notamment de la céramique Red Polished et Black Slip, ainsi que des fusaïoles en terre cuite qui peuvent être datés entre le Bronze Moyen II et le Bronze Récent IA.

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