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Dernières notices ajoutées par région : Égée du Sud
Sur le site antique de Karthaia, à Kéa, E. Simantoni-Bournia et T. Panagou (Université d'Athènes) ont poursuivi en 2012 la fouille du théâtre antique et ont procédé à la consolidation de la terrasse du temple d’Apollon Pythios, dans le cadre du programme de restaurations des monuments de l’antique Karthaia (fig. 1-2). Une partie de l’orchestra et presque tout le koilon du théâtre ont été mis au jour. Le koilon est entièrement construit en maçonnerie de pierre locale. Il présente quinze rangées de gradins, délimitées par trois escaliers à deux marches par rangée de gradins. Les murs de soutènement latéraux ont partiellement été mis au jour, ce qui permet de déterminer que le théâtre est divisé en quatre kerkides. Les rangées de gradins sont couronnées par un diazoma dallé. Il a pu être déterminé que le théâtre pouvait accueillir environ 900 spectateurs. Il s’agit d’une construction simple, sans éléments de décor et sans proédries. Une grande partie des dalles du koilon a été arrachée et seules leurs fondations construites sont restées en place. L’orchestra est entourée d’un canal qui longe le koilon. Le pourtour de l’orchestra du côté du koilon est délimité par des dalles de schiste de formes diverses posées à l’horizontale. Les fouilles en cours apporteront de nouveaux éléments à la chronologie du théâtre, dont on connaissait l’existence dans les inscriptions du IIIe s. av. J.-C. La céramique provenant des niveaux sous les gradins, en cours d’étude, date, quant à elle, du IVe s. av. J.-C. Le mur de soutènement mégalithique du temple d’Apollon, qui présentait d’importantes dégradations et des problèmes statiques, a été consolidé au moyen de compléments et d’injections.

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Lors de travaux de canalisations dans la commune de Périssa à Santorin, une stèle à relief d’époque romaine représentant deux figures masculines sur une klinè a été découverte. Les noms Mélès et Chariklès désignent respectivement l’homme à barbe de droite et le jeune homme de gauche.

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Keros Island Survey. C. Renfrew (BSA/Cambridge), M. Marthari (Director Emerita KA' ΕΠΚΑ) and C. Dellaporta (Director, 2nd EBA) report on the first season of intensive survey. The island was divided into 1584 one-hectare tracts, each sub-divided into five 20m segments. 18,082 segments were walked in 540 tracts: 34,306 sherds and 2,455 obsidian fragments were counted, and 1,903 sherds and 220 special finds collected. An intensive sampling methodology was adopted at two areas of interest (termed polygons): Polygon 1 was centred on modern Konakia and Polygon 2 lay further west on the north coast. Complete collection was carried out in 5m2 circles, with diagnostic ceramics and other special finds collected in 100m2 squares.  Geological and geomorphological study focused on the creation of a new geological map and cross-sections of the island, and the recording of geomorphological features, soil types and land-use practices. Single column profiles from exposed sections were cleaned, and the stratigraphic units described and sampled for grain size, organic carbon and calcium carbonate content to investigate depositional history and soil formation processes. C14 samples were taken where cultural material was noted. Specific exposed profiles were sampled for soil micromorphology and OSL dating. Geomorphic maps are being constructed for areas of archaeological investigation.  The extensive terracing systems were also investigated: exposed profiles were recorded and sampled for sedimentological analysis and dating.  Coring was conducted in specific terrace infills and foundations. Preliminary chronological classification reflects the generally low presence of diagnostic feature sherds. Sherds classified as ‘Neolithic to Bronze Age' occur throughout the surveyed area: concentrations were found just north of the Kavos promontory, in the Gerani Beach area and under the modern site of Konakia. A fragment of EBII Talc Ware was found at Konakia. There is also strong evidence for a concentration of “MBA-LBA” sherds in the Gerani Beach area, with significant numbers of tripod cooking pot legs of Minoan type, and a bridge-spout from a jar. Many of these cooking pot legs are manufactured in the distinctive ‘patelia’ fabric known to originate from Amorgos (the ‘Dark Phyllite’ fabric from Kavos): few, if any, fabrics appear compatible with production on Crete itself. Gerani and Konakia had dense sherd concentrations of particular periods. The low-hilltop of Gerani produced much Hellenistic black-glaze, while Konakia produced a significant range of pottery compatible with a Late Roman to Early Byzantine date, including numerous amphora handles of various types, beehives and African Red Slip. Both sites also had a smaller range of sherds of other periods, indicating a complex settlement pattern for the whole north central coast stretching sporadically from the Neolithic-Bronze Age until modern times. Nine Early Cycladic figurine fragments were found, five in the Kavos area, three at Konakia and one near a recent household (‘tou Markou’) in the mountains above Konakia. Several worked marble bowl fragments were also recovered from Konakia and tou Markou, as well as a fragment of a very large palette. A few stone discs and flint tools were collected. The obsidian collection includes a number of irregular and wide blades as well as bladelet cores, and some irregular points and scrapers: it clearly differs from the well-ordered blade industry recovered from Dhaskalio and Kavos. It includes obsidian from Giali. The emerging diachronic picture indicates a wide spread of cultural material and terracing systems over much of the northwest coastal region, extending to a significant extent inland. Since the sea level was ca. 3.5-5m lower during the Early Bronze Age, Bronze Age material now on the shore (where not washed down) relates to areas formerly inland. Terracing includes water management systems, sediment capture systems, and agricultural terraces. While these terraces are not yet dated, an initial impression suggests that in the Early Bronze Age, Archaic to Classical, and Roman periods, intensive terracing was utilised widely. There is a clear difference in habitation and use between lowlands and uplands. On the southwest side of the island, levels of cultural material are generally low and usually located close to sea level. Several important exceptions include the area known as Megalo Kastro. A three-aisled church with three apses was recorded at Konakia, and a rectangular tower on the top of the low hill of Gerani. In addition to two houses and stables at Konakia, structures noted include a dairy farmstead at Mourisma to the south of Megalo Kastro, and animal pens in Gerani in Azoiria. Two wells remain in use at Gerani and at Vlyhada to the south, plus cisterns at Konakia and close to the church of the Panagia. In the southeast of the island is evidence of a post-medieval farming system on a high-elevation plateau which contrasts with the relatively poor agriculture land elsewhere. There are indications of prehistoric agricultural exploitation but not yet concentrations of population comparable to those now well-established in the region of Konakia on the island’s northwestern slopes.   

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À Kéa, dans le cadre de la restauration de la tour antique d’Aghia Marina, E. Simantoni-Bournia et T. Panagou (Université d'Athènes) ont fait procéder en 2011 à la consolidation et à la stabilisation de la structure. Les travaux se sont déroulés en conformité avec l’étude architecturale et le relevé complet du monument menés au préalable, en vue de la restitution de la tour (fig. 1-2). À cette fin, les blocs effondrés au Sud et à l’intérieur de l’édifice ont été enregistrés puis classés. Des bases en béton ont été mises en place pour fixer un échafaudage en fer forgé autour et à l’intérieur de la tour.

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Dans la ville haute de Kythnos, A. Mazarakis-Ainian (Université de Thessalie) a poursuivi en 2012 les recherches sur la colline de Vryokastro, en collaboration avec Th. Papaggelopoulou et M. Koutsoumpou (XXIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques). La fouille s’est concentrée sur la partie occidentale du bâtiment public d’époque hellénistique (fig. 1-2) dont l’exploration est en cours depuis 2009 (bâtiment 5, pièces Z, ΣΤ, Ε, Δ, du Nord vers le Sud ; fig. 3). Pièce Z. – Dans l’angle Nord-Ouest du bâtiment, un sondage a été effectué en contact avec la paroi interne des fondations des murs T2 et T3 (fig. 4). Cette opération a confirmé que le bâtiment est directement fondé sur la roche naturelle, qui présente une forte déclivité vers l’Ouest. La roche a été atteinte à une profondeur de 0,50 m sous le niveau du sol ancien. Les couches enlevées, composées d’une terre de couleur marron-rouge, comportaient une importante quantité de déchets de taille, mais pas d’objets caractéristiques qui auraient permis la datation du bâtiment. Aucun niveau de circulation plus ancien que ceux mis au jour en 2009-2011 dans la partie orientale du bâtiment (pièces A à Γ) n’a été dégagé. Le maintien d’une berme n’a pas permis de connaître encore la limite entre la pièce Z et la pièce ΣΤ qui la jouxtait au Sud, mais à un niveau plus bas de 2 m. Pièce ΣΤ. –L’accès à cette pièce se faisait par une porte d’une largeur de 1,20 m, située au centre du mur Ouest du bâtiment (T3, fig. 5). Le seuil monolithique et monumental est conservé en place (long. 1,20 m ; larg. 0,76 m ; haut. 0,25 m). Près de l’angle Sud-Est du seuil, on a dégagé une série de cavités creusées dans la roche, dont on ignore la fonction (fig. 6). Au centre de la pièce, une couche de  couleur sombre, parfois noire, comportait des petits objets, similaires à ceux du dépotoir fouillé dans la pièce Δ. On a recueilli dans cette pièce de nombreux fragments de pithoi à relief appartenant aux types connus à entrelacs composites ou à décor de métope (lignes incisées et cercles inscrits ; fig. 7). Le mobilier recueilli appartient principalement à l’époque hellénistique. Parmi les objets plus anciens, on identifie peut-être une tablette à figures noires représentant une tête de panthère de face, datée de la fin du VIIe s. av. J.-C. Pièce E. – Cette pièce rectangulaire (dim. int. 3 x 1,50 m ; fig. 8) s’ouvrait elle-aussi vers l’Ouest, par une porte aménagée dans le mur Ouest du bâtiment (T3). Le seuil monolithique, de facture moins soignée que celui de la pièce voisine ΣΤ, est conservé en place (long. 2 m ; larg. 0,60 m). La relation de la pièce avec les espaces adjacents au Nord et au Sud n’est pas claire. Les objets qui y ont été trouvés étaient néanmoins similaires à ceux recueillis dans la pièce ΣΤ : de nombreux fragments de pithoi et d’amphores, ainsi que des clous en bronze. Il se pourrait que ces pièces soient des annexes ou des pièces de stockage, qui auraient communiqué par un escalier interne avec l’espace principal, à l’étage, où devaient se situer les pièces officielles de ce bâtiment public. Pièce Δ. – Dans l’angle Sud-Ouest du bâtiment, dans la pièce trapézoïdale Δ, la fouille du dépotoir découvert en 2011 s’est poursuivie (fig. 9). Recouvrant l’ensemble de la pièce, il se caractérise par des sédiments de couleur sombre, brûlés, qui comportaient des charbons de bois, de nombreux os et des coquillages, ainsi que de nombreux vases entiers et des petits objets (fig. 10). L’épaisseur de la couche, qui reposait pratiquement sur la roche naturelle,  était d’environ 0,50 m : il pourrait s’agir d’un remblai destiné à rehausser le niveau du sol dans une deuxième phase d’aménagement de la pièce Δ. En effet, l’angle Sud-Ouest du bâtiment semble présenter une réparation de la fin de l’époque hellénistique. La céramique recueillie dans cet espace date de l’époque hellénistique (fin du IVe – milieu du IIe s. av. J.-C.). On a notamment recueilli des lampes, des bols à relief, de la céramique commune (des amphores à anses timbrées ou non et des ustensiles de cuisine), deux phiales en terre cuite avec un décor en relief représentant une scène dionysiaque, des lécythes et d’autres vases miniatures. Les petits objets sont variés et avaient une fonction votive. On recense des figurines en terre cuite, des ustensiles de toilette (pyxides, peignes en os, pinces), des poids en plomb, une phiale en bronze, des bijoux (des épingles et des aiguilles en os, des perles en verre et un sceau, une perle en améthyste représentant un scarabée, un scarabée en faïence), mais aussi des os d’animaux et des coquillages. On mentionne tout particulièrement un petit vase à usage pharmaceutique destiné à contenir le lykion et qui portait l’inscription ΝΙΚΙΑΣ ΛΥΚΙΟΣ (connue par un parallèle d’Éphèse ; fig. 11). La campagne de 2012 a montré que le bâtiment 5 a connu deux phases de construction, la première au milieu du IVe s. av. J.-C., la seconde, après une destruction, probablement au IIe s. av. J.-C. Il n’a pas encore été possible de déterminer la date de l’abandon de l’édifice, mais celle-ci semble se situer vers le Ier s. av. J.-C. Si la fonction de l’édifice demeure inconnue, sa localisation près du sanctuaire sur le Plateau Central, la monumentalité de sa construction et le mobilier évoquent un bâtiment public avec une fonction votive également, peut-être le prytanée.

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Sur le site de Palaiopolis, sur la côte occidentale d’Andros, L. Palaiokrassa et N. Gkioles (Université d’Athènes) ont poursuivi en 2012 la fouille systématique de l’agora de la cité antique d’Andros (champs M. Valma et N. Loukrezi ; fig. 1). Sur la terrasse supérieure, deux bermes résiduelles ont été fouillées (carrés I1-I1’ ; fig. 2-4 ;et, plus à l’Est, carrés H1-Z1), ce qui a permis de poursuivre le dégagement de bâtiments appartenant aux états de l’époque hellénistique d’une part, de l’époque romaine tardive et de l’époque protobyzantine d’autre part.  L’enlèvement de la première berme a permis de dégager le prolongement du mur Sud du bâtiment à propylée, ainsi que le mur au Sud du bâtiment « paléochrétien » qui fut construit par dessus, utilisant une partie de ses matériaux en remploi. Bien que l’angle Sud-Ouest de ce bâtiment « paléochrétien » ne soit pas conservé, la datation de l’édifice a pu être située dans la deuxième moitié du IIIe s. apr. J.-C. La fouille a également apporté de nouvelles informations sur le bâtiment à cour péristyle déjà partiellement exploré, dont trois états de construction ont pu être identifiés. L’enlèvement de la première berme a permis de dégager l’angle Sud-Ouest du bâtiment. Le dégagement de la seconde a mis au jour l’angle Sud-Est du stylobate de la cour. La découverte d’une monnaie de bronze de la cité d’Andros du IIIe s. av. J.-C., trouvée en contact avec les fondations, confirme que le stylobate, appartenant au troisième état, a probablement été construit au début du IIe s. av. J.-C. Le mur perpendiculaire au stylobate, détruit lors de la construction des fondations de celui-ci, appartient à un état antérieur du bâtiment, remontant certainement au IIIe s. av. J.-C. On a trouvé dans ce secteur des restes sacrificiels, probablement liés à un rituel de consécration du bâtiment – la même pratique avait déjà été observée en rapport avec le portique hellénistique. Sur toute la surface explorée au dessous de la couche de déchets de taille liée à la construction de la cour péristyle, on a trouvé quatre foyers, fondés sur des masses de briques crues, avec des fragments de moules en argile et des vestiges de fonte de métal. Sous le stylobate lui-même, on a dégagé une fosse de coulée. Ces éléments confirment que les vestiges du travail du métal, également observés au cours des campagnes précédentes à l’intérieur du bâtiment, sont liés à son état le plus ancien, daté de la fin de l’époque classique. Enfin, la fouille a livré la suite de murs partiellement conservés et de l’égout maçonné qui avaient été mis au jour auparavant et datés de la fin de l’époque protobyzantine. Les terres qui ont été enlevées sur cette terrasse comportaient des fragments architecturaux (surtout des blocs, mais aussi quelques fragments de sculptures), des lambeaux d’enduits peints (blanc et rouge), une grande quantité de céramique, commune et fine, datée de la fin de l’époque géométrique jusqu’à l’époque protobyzantine, des fragments de lampes (première moitié-milieu du IIIe s. apr. J.-C.), quelques fragments de figurines, des fusaïoles en argile, une partie d’un autel en argile, des fragments d’ustensiles en verre, des petits objets en fer et en bronze (par ex. un fragment de clef, un poignard),une quinzaine de monnaies de bronze. Sur la terrasse inférieure (fig. 5 ; 6-9), la recherche s’est poursuivie dans le secteur de la basilique protobyzantine et du portique hellénistique. On a poursuivi la fouille d’un espace orthogonal (fig. 6-7), qui, vers le Sud, a détruit le mur Nord de la basilique. Cet espace, soigneusement construit en blocs de schiste taillés, est relié à un sol dallé au Nord (fig. 6). On lui associe également une canalisation en terre cuite à l’Est, en forme de Π renversé, couverte de dalles dans un premier temps. Cette canalisation se dirigeait vers le Nord, aboutissant à un petit réservoir formé par une panse d’amphore en argile (fig. 8). Aux parois internes des trois murs conservés de l’espace orthogonal sont encore attachés, par endroit, des fragments d’enduits appartenant à deux phases, de couleur blanche et bleu-vert (fig. 7). Cette structure paraît être liée à une fontaine qui se trouvait à l’arrière du portique hellénistique. L’enlèvement d’une berme (carrés Γ9-Δ10 ; fig. 9) a permis la mise au jour du bêma de l’église à nef unique du VIe s. apr. J.-C., qui a succédé à la basilique à trois nefs en en conservant le chœur. On a également mis au jour  quatre bases qui soutenaient le ciborium de l’autel dès la première phase de construction du monument. Le sol du bêma était revêtu de dalles de marbre brisées. À un niveau inférieur, on a constaté l’existence d’un état plus ancien du sol, également dallé de marbre. Au Sud du bêma, on a découvert la base en marbre du chancel en pi qui délimitait le presbyterion de la basilique (fig. 9). Les blocs qui constituaient la base du chancel ont été fondés sur le stylobate du portique hellénistique. On a par ailleurs confirmé qu’une partie du mur Nord du portique a été incorporée dans le mur de la basilique, qui est de construction sensiblement moins soignée. Les terres enlevées comportaient de nombreux éléments architecturaux appartenant à la basilique, la majeure partie étant composée de remplois provenant eux-mêmes du portique plus ancien. On recense de nombreux fragments de colonnes lisses, des fragments de dalles de chancel, d’inscriptions, de dallages et de placages de marbre en provenance de la basilique également, des fragments d’enduits, des tesselles, des scories, des os, des coquillages et de la céramique.

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À Kardamaina, dans l’île de Kos, G. Kokkorou-Alevra, S. Kalopissi-Verti et M. Panagiotidi-Kesisoglou (Université d’Athènes) ont poursuivi en 2012 les fouilles du sanctuaire d’Apollon et de la ville protobyzantine. Les recherches se sont concentrées sur les bâtiments E et Δ, situés sur le terrain Hieromnemonos, à l’Est des structures fouillées en 2011 sur le terrain Tsagarouli (fig. 1 et 2). Habitat protobyzantin. – La fouille, menée sur six secteurs, a permis de dégager 17 nouveaux murs et un segment d’égout constitué de dalles de schiste (fig. 3-5). La succession de plusieurs phases d’occupation est bien visible dans le secteur du mur 329, au centre du bâtiment E, où une sensible différence de niveau peut être observée entre la base du mur et le sol dallé qui est venu le border à l’Ouest, dans un état postérieur. Une partie du mur 329 était elle-même fondée sur un  pithos, à l’intérieur duquel on a trouvé des fragments de verre, et un plat à vernis rouge de l’époque protobyzantine. Le mobilier mis au jour est de même nature dans tous les sondages : de la céramique commune protobyzantine, des fragments d’amphores (fig. 6), des tessons de céramique à vernis rouge (fig. 7), des monnaies protobyzantines et byzantines (fig. 8), des remplois de blocs plus anciens (fragments de colonnes, dont une en granit), des fragments d’une plaque inscrite de l’époque protobyzantine, ceux d’une autre plaque inscrite d’époque hellénistique, des dalles de terre cuite provenant du revêtement des sols. Sanctuaire d’Apollon. – Les recherches sur le sanctuaire d’Apollon, menées sur le même terrain par G. Kokkorou-Alevra, avaient pour objectif de définir les limites de l’état hellénistique du bâtiment E et celles du bâtiment Δ (fig. 1-2). On a également dégagé certaines bermes afin d’unifier les secteurs fouillés. Les travaux ont dégagé un segment du mur occidental du bâtiment E (T307), d’orientation Nord-Sud, sur une longueur de 17,29 m (fig. 9). À l’Est, la fouille du bâtiment Δ a révélé un édifice rectangulaire, orienté Nord-Sud (long. 11,30 m ; larg. 6,25 m), avec une entrée sur le petit côté Sud. Son plan se composait d’un pronaos et d’un sékos, séparés par une porte. Le sékos était pavé d’une mosaïque de galets. Le bâtiment s’ornait d’une façade distyle in antis, comme l’indiquent les tambours de deux colonnes qui reposent sur le stylobate. De la colonne Est, un tambour d’une hauteur de 0,85 m est conservé, tandis que de la colonne Ouest, deux tambours sont préservés, l’un en travertin local (haut. 0,33 m), l’autre en marbre (haut. 0,25 m), avec des cannelures (fig. 10). Ces éléments suggèrent que l’édifice a subi des réparations, ou bien qu’il a été fait en partie de remplois. Sur les secteurs fouillés, on a également dégagé des murs appartenant à différentes périodes : on signale en particulier une structure protobyzantine appartenant probablement à un atelier (secteur K29). Une grande quantité de mobilier a été recueillie : des tuiles, des os, des tessons de l’époque hellénistique et protobyzantine, des fragments de figurines en terre cuite, des fragments d’objets en verre, des fragments de mortier. On relève notamment la découverte d’un élément architectural en marbre sculpté (secteur Π27; fig. 11), un fragment de plat à vernis rouge représentant une figure masculine de profil (fig. 12) et deux fragments sculptés.

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Dans le sanctuaire d’Apollon à Despotiko, au lieu-dit Mandra, Y. Kouragios (XXIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques) a poursuivi ses recherches en 2012 et signale la découverte d’une sépulture sans mobilier, sous les fondations de la pièce cultuelle du temple, à une profondeur de 1,5 m. Il s’agit d’une inhumation libre ; le squelette était déposé en position fléchie, les bras collés à la poitrine.

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Sur la colline de Castri, à Syros, M. Marthari (Société archéologique et XXIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques) a poursuivi en 2012 la fouille de l’habitat préhistorique de Chalandriani (fig. 1). La fouille s’est poursuivie dans trois secteurs (H5, H6 et Z6) : les couches dégagées comportaient de nombreuses pierres plates en marbre, provenant probablement de l’élévation des murs des habitations, tandis qu’une petite partie d’un mur fondé sur le rocher représente le seul vestige en place. Le remblai de ces secteurs comportait de nombreux tessons de céramique, des outils en pierre, dont une meule elliptique et une lame d’obsidienne (fig. 2-4), des os animaux et des coquillages marins, ainsi qu’une attache en plomb provenant de la réparation d’un vase.

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Sur le site de Strophilas, Chr. Televantou (Société archéologique, XXIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques) a poursuivi en 2012 ses recherches au Nord du rempart préhistorique (fig. 1). Après le dégagement de la couche superficielle et des amas de pierres effondrées du rempart, la fouille a mis au jour le rocher sur lequel était fondée cette muraille. Sur des étendues planes, on a localisé de nouveaux graffitis, en disposition très serrée (fig. 2-3). On compte 29 nouvelles représentations de navires, seuls ou en cortège de plusieurs unités (jusqu’à huit). Ce motif, dont plus de 100 représentations sont attestées jusqu’à présent, souligne l’importance de la communauté occupant le site de Strophilas, qui représente une puissance maritime dans la région. Les navires sont entourés d’autres motifs : cercles, spirales, empreintes digitales, paires de pieds, triangles. On a trouvé un motif de phallus pour la première fois, alors qu’il est connu sur des vases du Proto-Cycladique I-II. Le mobilier recueilli au cours de la fouille compte de la céramique utilitaire, un vase en marbre et des outils en obsidienne. Par ailleurs, la fouille menée au Nord du bastion A s’est achevée avec le dégagement de la dernière couche recouvrant le rocher. Le mobilier recueilli cette année (tessons, outils, obsidienne, os et coquillages), confronté à celui qui a été trouvé lors de fouilles antérieures (figurine en terre cuite, outils en os, en pierre et en métal, bijoux) permet d’identifier un dépotoir lié à une destruction.

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Dans le secteur de Vathy à Astypalaia, A. Vlachopoulos (Société archéologique – Université de Ioannina) a poursuivi en 2012 la prospection du site au lieu-dit Ellinika, où étaient visibles les vestiges d’un habitat du Proto-Cycladique ainsi que ceux d’une tour et d’autres constructions annexes de l’époque hellénistique (fig. 1-3). Les opérations ont permis différentes observations. Lors de la prospection, on a ramassé de nombreux tessons de céramique préhistorique (Proto-Cycladique II et III), principalement sur les pentes au Nord de l’installation, autour des masses rocheuses qui définissent des accès au sommet et forment une ligne défensive. Du côté Est, l’accès à l’acropole était limité par un péribole puissant, peut-être une forme de rempart. On a également recueilli des lames d’obsidienne et d’autres outils en pierre. Par ailleurs, on a découvert, sur les surfaces de calcaire du site, de nombreux graffitis préhistoriques, principalement concentrés autour de trois chemins menant aux entrées de l’acropole proto-cycladique : on a reconnu des navires (long. 0,70 m), des poignards verticaux (haut. 0,30 m) et des spirales (fig. 5-7). Ces découvertes, qui s’ajoutent à celle d’une figurine en forme de violon en marbre en 2008 (fig. 8), permettent d’intégrer Astypalaia à la culture proto-cycladique. Le sommet de la colline a été aménagé, manifestement à la basse époque hellénistique, pour l’installation d’une tour, de citernes et d’autres bâtiments organisés de part et d’autre d’un couloir. Sur la pente Sud, un escalier d’accès vers cet ensemble est conservé. Ce complexe est globalement comparable à la maison à tour d’Aghia Triada à Amorgos. La fouille de ce secteur a livré un mobilier de l’époque hellénistique et du début de l’époque romaine (IIe s. av. J.-C. – IIe s. apr. J.-C.). Une monnaie de bronze corinthienne de l’époque julio-claudienne (14-64 apr. J.-C.) a été trouvée en contact avec les fondations du mur extérieur de la tour. On a également recueilli des fragments de vases en verre, des outils et ustensiles en pierre, des objets métalliques et quelques éléments architecturaux en marbre. Par ailleurs, on a localisé des structures en forme de pi alignées le long de la côte (fig. 4). Elles sont constituées de murs puissants et de plans inclinés, permettant de tirer des navires hors de l’eau. Sur la côte Nord, encore, une structure elliptique, partiellement submergée, formait une exèdre horizontale de faible hauteur. Sur cette surface, un nettoyage a permis de dégager un vase, fermé par un couvercle en pierre et comportant une sépulture (enchytrisme ; fig. 9).

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Kea Archaeological Research Survey. J. Murphy (IIHSA) reports on the first season of a survey of Kea, designed to test the value of earlier survey data from the island.  There were two collection phases. In Phase I, walkers 15m apart collected all diagnostic ceramics and lithics within 924 tracts (Fig. 1); several sherd concentrations were revealed, from Neolithic to Late Roman. Preliminary assessment indicates that some, but not all, matched sites found in the 1982/3 survey. The distribution of Neolithic and the Bronze Age sherds stand out as strikingly different to what was reported from the 1982/3 survey. In Phase II, sherd concentrations were gridded, and a timed grab and vacuum collection made by two walkers per grid square. Six areas of special interest were investigated. Field Site 001 (Fig. 2) is the known Neolithic site of Kephala, of which an intensive study was made during the 1983 survey. A 10x10m grid was laid over the whole headland, and ceramics, obsidian, chert, possible worked quartz, and slag recorded. The majority of the pottery dated to the Final Neolithic, with just two Classical/Hellenistic sherds, and some EBA. The fabric was remarkably uniform in inclusion and firing, suggesting that it was mostly locally made. Diagnostic shapes, including bowls, small jars, and scoops, are known from the original site publication (Figs 6- 9). Field Site 002 (Fig. 3) is a buried Roman site (a house?) visible in the cutting of the Otzias-Tsourti road. Walls and pottery were visible in the scarp along with some flood deposits.  Field Site 003 (Figs 15-16). The discovery of an MBA Type 3 handless cup plus sherd concentrations from at least two periods drew attention to this area. Preliminary study indicates that the pottery was mostly of historical periods, with a few Final Neolithic, Bronze Age, and Protogeometric sherds. Field Site 004 is centered on a Hellenistic tower. Field Site 005, on a hill slope off the Otzias-Tsourti road, produced a dense spread of Bronze Age and Roman pottery. The field between it and the road contains the remains probably of a tower built into the foundations of a house (a Roman farmstead?).  Field Site 006 (Figs 4-5) was focused on part of an aeolianite outcrop in the area of Stavroti, where a possible 23cm phallus was discovered in high relief next to a rectangular niche that may once have held an inscription.  In general, obsidian was by far the most commonly used raw material for stone tools (cores, scrapers, piercers, truncations, flakes/blades), but some quartzite tools were identified, and one from a volcanic rock (rhyolite?/basalt), and a few imported flints (Figs 10- 13). Among the pottery, the most common Classical diagnostics were Type A skyphoi (mostly Attic), Greco-Italian amphorae, beehives, kantharoi, column kraters, and wheelmade lamps. One unusual find was a limestone basin of a type common in the eastern Mediterranean from the sixth to the fourth centuries BC. Hellenistic finds include a lagynos rim, a Lamboglia or Dressel amphora fragment, and three Koan style amphora handles. A large amount of Bronze Age material in the area around Agia Eirene probably originates from Caskey’s excavation dump.   

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Dans le cadre d’un programme de l’Ecole française d’Athènes, C. Durvye (Université Aix-Marseille) a poursuivi en 2012 la fouille de l’Aphrodision de Stèsiléôs, dans l’île de Délos. Les travaux, qui ont porté sur une zone déjà fouillée par le passé, ont permis de compléter la connaissance des différents états d’aménagement de ce secteur. Deux zones ont été délimitées (fig. 1). La zone 14, couvrant les alentours de l’autel jusqu’au mur de terrasse Sud, a été divisée en deux sondages, Nord et Sud. La zone 15 a permis de travailler sur les rapports entre le temple, les bases et l’oikos Ouest. Zone 14, sondage Sud. - Le démontage des remblais des fouilles anciennes a permis de constater que des couches tardo-hellénistiques étaient encore en place. Immédiatement sous l’humus, des remblais tardo-hellénistiques très riches en céramique remplissaient des fosses-dépotoirs, datant probablement d’une époque où le sanctuaire n’était plus en activité. Ces fosses étaient creusées dans un épais remblai argilo-sableux de mise à niveau partiellement conservé au Sud du sondage (fig. 2), qui appartient à une phase de surélévation du niveau de la cour du temple. Ce remblai, qui n’a livré aucun matériel postérieur au IIIe s av. J.-C., ne peut encore être daté avec certitude. Sa surface constituait un sol de passage damé conservé par endroits. Lors de cette surélévation, l’autel a été remanié (fig. 3) : les blocs de son élévation ont été démontés, des assises irrégulières de petits blocs ont été disposées sur l’assise de réglage du premier état de l’autel, et les blocs d’élévation ont été remontés sur ces assises fragiles. Lors de ce remaniement, l’autel a été, intentionnellement ou accidentellement, dévié de plusieurs degrés vers le NE-SO par rapport à son orientation originale ; l’assise de réglage du premier état montre que l’autel était à l’origine disposé selon la même orientation que le temple. Le remblai de surélévation de la cour reposait lui-même sur un sol appartenant à la première phase d’utilisation du sanctuaire, au début du IIIe s av. J.-C. Ce sol est venu buter contre le haut de l’assise de réglage du premier état de l’autel. Il constituait la surface d’un remblai argileux déjà identifié dans d’autres sondages comme le remblai de construction du temple (construction datée par l’épigraphie de 304-302 av. J.-C). Sous ce remblai, on a découvert des vestiges d’une utilisation de la zone antérieure à la construction du sanctuaire. Celle-ci consiste en une série de fosses grossièrement aménagées dans le rocher géologique, d’étendue et de formes diverses, d’une profondeur de 30 à 40 cm, dont la vocation était probablement artisanale (fig. 4). Ces fosses présentent deux états : une première série de 5 fosses a été comblée par un remblai formant sol de passage ; ce sol a lui-même été percé par une nouvelle série de 3 fosses, comblées par le remblai de construction du temple. Il est donc probable que l’utilisation artisanale du terrain était encore d’actualité juste avant la construction du sanctuaire. Zone 14, sondage Nord. - Dans la partie Nord du sondage, le niveau de départ de fouille était plus bas, le terrain étant en pente. Un foyer et une tranchée probablement contemporains des fosses-dépotoirs du sondage Sud y ont toutefois été identifiés. Le remblai de surélévation de la cour a été clairement identifié ; mais le sol qui formait sa surface était peu lisible. Il était ici creusé par plusieurs fosses dont l’une au moins était probablement un dépotoir de sacrifice et de banquet, comme en témoignent les cendres, les nombreux os et la céramique (amphore, céramique culinaire et fine) qui la remplissaient. Sous le remblai de surélévation, le sol de la première occupation du sanctuaire était très bien conservé. Là encore, il venait clairement buter contre l’assise de réglage du premier état de l’autel. Il était lui aussi coupé par plusieurs fosses contenant une grande quantité d’os et de céramiques dans une terre très cendreuse : c’étaient très probablement aussi des dépotoirs de sacrifice. Ce sol reposait, comme dans le sondage Sud, sur le remblai de construction argileux du temple. Au Nord de l’autel, ce remblai a recouvert une conduite d’adduction d’eau (dont une section a déjà été mise au jour à l’Est du temple en 2008) qui amenait de l’eau depuis la colline du théâtre vers le Nord du temple. Cette adduction, contemporaine de la construction du sanctuaire, à été assez rapidement mise hors d’usage par le creusement d’une fosse destinée à des résidus de sacrifices dans le sol de la première occupation du sanctuaire. Dans ce sondage comme dans le précédent, on a découvert sous le remblai de construction du temple les vestiges d’une occupation plus ancienne, sous forme de fosses pratiquées dans le rocher et d’un sol de passage conservé entre ces fosses.   Zone 15. - La fouille visait à confirmer la contemporanéité du temple et de l’oikos Ouest, hypothèse établie jusqu’ici sur des critères architecturaux, et celle du temple et des bases de statue qui se trouvent de part et d’autre de sa porte, hypothèse jusqu’ici disputée par les fouilleurs successifs. Devant le seuil du temple, l’enlèvement des remblais des anciennes fouilles a permis de mettre au jour immédiatement le remblai argileux de construction du temple, qui reposait directement sur le rocher. Le même remblai noyait les fondations des deux bases, dont la contemporanéité avec le temple est donc archéologiquement prouvée. Entre le temple et l’oikos Ouest, la fouille a d’abord mis au jour une vaste fosse-dépotoir tardo-hellénistique du même type que celles qui ont été identifiées dans la zone 14. Le remblai de construction du temple a toutefois été retrouvé en place entre le mur du temple et celui de l’oikos Ouest ; la similitude du mode de construction des fondations du temple et de l’oikos, l’égalité hypsométrique de leurs assises de réglage et le fait que les deux tranchées de coffrage des fondations aient été creusées dans le même remblai prouvent la contemporanéité des deux bâtiments. L’installation du remblai de construction du temple a détruit un sol construit plus ancien (IVe s. au plus tard) qui a été coupé à une vingtaine de cm à l’Est du mur de l’oikos Ouest, mais qui est très bien conservé sous ce mur (fig. 5). La fouille a donc permis de préciser les différentes phases d’occupation du site. L’aménagement de la zone avant la construction du sanctuaire se dessine de plus en plus clairement : cette zone rocheuse située au bas de la colline du Théâtre a été utilisée dans sa partie Est comme carrière de granit (fouilles de 2010), dans sa partie Ouest, à peu près plane, comme surface de travail pour l’installation d’un silo (fouilles de 2010) et de nombreuses cuves et cuvette creusées dans la roche (2010 et 2012), périodiquement réaménagées (2012). Le sol construit découvert en 2012 sous l’oikos Ouest permet de présager l’existence d’un bâtiment contemporain de ces installations et qui peut leur être lié fonctionnellement. Sur cet espace artisanal est venu s’installer dans les dernières années du IVe s. le sanctuaire de Stèsiléôs. Ce sanctuaire comprenait un petit temple dont l’entrée était dominée par deux statues des parents du fondateur, situées dès la fondation de part et d’autre de la porte du temple ; un grand oikos de construction soignée, probablement destiné à accueillir les offrandes, et en particulier les vases des Stèsileia ; et un autel orienté vers l’Est, dont les longs côtés étaient parallèles aux longs côtés du temple et dont le niveau était le même que celui du temple. Les fosses contenant des dépotoirs de sacrifice creusées dans le sol de ce premier sanctuaire attestent des pratiques sacrificielles que l’analyse des ossements permettra de préciser. Malgré la réfection de l’Inopos, le terrain est probablement resté humide, ce qui explique la nécessité de rehausser le sol du sanctuaire, entre le IIIe et le IIe s. av. J.-C. Lors de ce rehaussement, l’autel a lui aussi été surélevé une première fois. Les nouveaux niveaux de sol ont à leur tour été criblés de fosses destinées à enterrer les résidus des sacrifices et les déchets des banquets.

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Dans le cadre d’un programme de l’Ecole française d’Athènes, H. Wurmser (Université Lyon 2) a poursuivi en 2012 la fouille de la maison de la baie de Fourni, dans l’île de Délos. La mission poursuivait deux objectifs : l’implantation de sondages de vérification (fig.1) dans des secteurs anciennement dégagés mais pour lesquels on ne disposait pas de relevés et d’informations sur les modes de construction ; la poursuite du dégagement des limites Sud de la maison qui n’avaient jamais été véritablement atteintes (à la fin de la mission, tous les sondages ont été remblayés).   Sondages à l’intérieur du bâti. - De manière générale, ces sondages ont confirmé les observations faites à l’issue de la campagne 2010, sur les modes de construction de la maison. Dans toutes les parties de la maison, la colline a été profondément travaillée et exploitée pour permettre l’installation des murs, construits généralement avec les matériaux ainsi dégagés (sauf dans la pièce 48, dans la partie Sud-Est, où dominent plutôt le marbre et le gneiss, et qui semble plus récente que la partie centrale de la maison). On sait ainsi que le mur de façade Ouest de la maison (mur 50) repose directement sur le rocher (fig. 2). Sa construction, ainsi que celle de l’escalier 25 semblent d’une seule venue (sondage 7). On peut en dire autant de la pièce 48 et du mur 65, dans la partie Sud-Est de la maison (sondage 10). Dans la partie Nord de la maison, des nettoyages ont également permis de dégager à nouveau des canalisations dont on ne possédait pas les relevés, notamment l’égout de la pièce 12 (fig. 3). Un sondage dans la pièce 9, de l’autre côté du mur 38, a d’ailleurs permis de constater que la canalisation ne se poursuivait pas au-delà du seuil et qu’on avait sans doute affaire à une descente d’eau pluviale. Dans ce cas, la cage d’escalier 9 serait peut-être un espace à l’air libre. Dans la partie Ouest de la maison, le nettoyage de la cage d’escalier 39 (fig. 4) a permis de préciser la chronologie relative des canalisations. L’évacuation du bothros se faisait à un niveau très bas et se déversait dans la rue par l’égout d (fig. 5-6). Le drain qui traversait le mur 9 ne communiquait pas avec cet égout et ne se poursuivait pas non plus dans la pièce 26 au Nord : il semble révéler un état plus ancien, peut-être antérieur à la construction de la partie Sud de la maison. À environ 1 mètre au-dessus de l’égout d, on observe les vestiges arrachés d’une canalisation en dalles de terre cuite qui s’appuyait contre le mur 9 et constituait probablement une descente d’eau pluviale qui rejoignait le grand égout a. Elle est de niveau avec le seuil de la porte bouchée dans le mur 9 et pourrait avoir été installée après le bouchage de cet accès. Sondages aux limites Sud de la maison. - Dans cette partie, les opérations visaient à poursuivre les sondages effectués en 2010 et à vérifier l’implantation des murs dont on avait constaté les départs. À l’angle Sud-Est de la cour 38, l’implantation des murs a été fortement perturbée par la construction moderne d’un mur de berger ou d’un mur de fin de fouilles destiné à contenir les déblais des fouilles Courpy de 1935 (fig. 7). Le démontage du mur de berger dans cette partie a permis de récupérer des blocs de poros enduit appartenant à l’étage, ainsi que des tuiles. Les sondages effectués à cet endroit ont montré que les murs Nord-Sud se poursuivaient. Leur construction est de moindre qualité que ce que l’on observe dans les espaces déjà fouillés : ils sont assez minces, faits de moellons disparates, irréguliers, fortement liés à la terre argileuse et reposant, soit une assise de fondation à petit empattement, soit directement sur une terre très tassée, argileuse et dure. De manière générale, les sondages effectués au Sud révèlent une stratigraphie limitée mais intéressante : les différences de couleurs et de remplissage semblent indiquer que l’on a affaire soit à des murs de terre effondrés, soit à des niveaux de sol en terre battue mêlée d’éclats de céramique et de lentilles de charbon. Certaines couches sont d’ailleurs riches en matériel céramique. Devant la poursuite de ces murs dont nous n’avions toujours pas la limite Sud, on a décidé d’implanter un grand sondage prospectif au-delà de l’ancien mur de berger et dans le prolongement théorique du mur 58. À une vingtaine de centimètres sous la surface, on a dégagé un nouveau mur délimitant trois espaces : au Sud-Est, un espace pavé d’éclats de terre cuite posés de chant et noyés dans le mortier (fig. 8) ; au Sud-Ouest, une bande rectangulaire limitée par le sondage, constituant sans doute un sol de terre battue ; dans l’angle Nord-Est, un pithos en place, enterré, dont on a pu délimiter le pourtour. Toute la zone Sud, par son mode de construction, d’implantation et de matériel, apparaît manifestement comme un espace lié aux activités agricoles ou artisanales de la maison (fig. 9). Ces dépendances sont étroitement liées aux pièces de façade de la partie Sud, ainsi qu’à la campagne et à la rue qui se poursuit vers le Sud. La Maison de Fourni apparaît ainsi, de plus en plus, comme une forme précoce et exceptionnelle de villa agricole adaptée peut-être du modèle romain observable en Italie. L’étude systématique de la céramique a été entreprise. Dans les trois sondages dont le matériel a été étudié, on a constaté que tous les vases mis au jour appartenaient à la dernière phase d’occupation de la maison, avant son abandon peut-être consécutif aux destructions provoquées en 88 ou en 69. La fourchette chronologique des formes et des productions présentes s’étend de la fin du IIe au milieu du Ier siècle av. J-C. Le mobilier céramique de ces sondages ne présente aucune trace de feu : on est tenté d’en déduire que la Maison de Fourni n’a pas été détruite par un incendie, ou du moins pas en totalité. Nous avons également constaté que dans les sondages, le mobilier archéologique était celui de contextes de remblai ou de démolition après abandon. Par ailleurs, une dernière campagne de restauration des a eu lieu, en collaboration avec le Musée d’Arles. Les lacunes des deux pavements de mosaïque (pièce 2 et 32) ont été stabilisées et bloquées par du mortier de chaux ; les comblements de ciment ont été systématiquement remplacés.

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