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Dernières notices ajoutées par région : Chypre
Les fouilles du sanctuaire hellénistique sur l’île de Geronisos se sont poursuivies en 2011, sous la direction de J. Breton Conelly (New York University), sur le secteur situé à l’Est des installations destinées à accueillir les pèlerins. La campagne de 2009 avait mis au jour à cet endroit trois pithoi alignés, servant probablement à recueillir l’eau de pluie coulant du toit du bâtiment : un quatrième pithos a été mis au jour cette année. La céramique hellénistique découverte en 2011 suggère une consommation importante d’aliments liquides. On signale par ailleurs un vase miniature façonné à la main – il a été interprété comme objet votif ou jouet. Les recherches ont également porté sur les zones de pillage des blocs hellénistiques durant l’Antiquité tardive, lié à la construction de basiliques protobyzantines à Aghios Georgios tis Pegeias.

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La fouille de l’épave de Mazotos s’est poursuivie en 2011, sous la direction de St. Demesticha, à l’extrémité Sud de la concentration d’amphores sous laquelle se situe, d’après les premiers résultats, la proue du navire antique (fig. 1). Quelques amphores de Chios provenant de la cargaison principale du bateau et une amphore de Kos, éloignée du reste de la cargaison, indiquant qu’elle faisait vraisemblablement partie du matériel de bord, ont été remontées à la surface. Les fragments de deux nouvelles ancres, de tailles différentes, s’ajoutent à l’ancre découverte antérieurement. La fouille a également mis au jour un fragment de la carène et du pontage, ce qui laisse penser que des éléments de la coque du navire sont conservés sous la cargaison d’amphores.

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Une dix-huitième campagne de fouilles s’est déroulée en 2011 sur le site du moulin à sucre, à l’Est de la forteresse de Kolossi, sous la direction de M. Solomidou-Ieronymidou. L’objectif de cette campagne était de poursuivre les recherches au Sud et au Sud-Est de l’espace déjà fouillé. La fouille de la citerne qui avait été mise au jour en 2010 s’est achevée et a atteint une profondeur de 2,25 m. Son comblement présente deux couches successives, ce qui pourrait montrer qu'après son abandon, elle a été remblayée au lieu de se remplir progressivement. Contrairement à l’autre citerne découverte dans le même alignement à l’Est, celle-ci présente des encoches au fond, tandis que d’autres encoches sont visibles sur les parois latérales des deux citernes et sont probablement liées à un mécanisme pour leur utilisation. Dans la citerne fouillée cette année, un fragment de métal d’une longueur de 0,30 m a été découvert dans l’encoche de la paroi Nord. Le remblai de la citerne comportait un grand nombre de tessons de récipients coniques liés à la raffinerie du sucre et un fragment comportant un décor incisé qui représente un arbre stylisé, ainsi que de nombreux clous en fer et les os d’un petit animal. Le seul fragment de céramique de table est un tesson à glaçure vert sombre. La fouille s’est poursuivie à l’Ouest, où deux murs formant un angle affleuraient. Ils appartiennent à des constructions peu soignées, fondées à un niveau plus élevé que les fondations de l’usine à sucre et constituent des ajouts ultérieurs. Au Nord des murs, un sol en mortier blanc témoigne d’un niveau d’occupation plus récent. Un sondage sous ce sol a livré les vestiges d’installations liées à un atelier de métallurgie, d’après le grand nombre de scories mises au jour. Une structure carrée a été découverte : de dimensions 1,24 x 1,35 m et d’une hauteur de 0,20 à 0,30 m, elle est construite en pierres de taille enfermant un remplissage de petites pierres non taillées, sur une seule rangée. Au-dessus de cette structure, on a fouillé une couche très compacte de couleur rouge, d’une épaisseur de 0,50 m, et qui correspond à l'érosion de l'élévation de briques crues. À l’Ouest, une concentration de cendres et de scories indique la présence d’un four délimité par des pierres et des briques. Des traces de feu  (cendres et charbon) sont visibles sur tout le pourtour de la structure, elles sont accompagnées de résidus de scories. La couche sur laquelle repose la structure contient des briques brûlées, des pierres, du mortier gris ; elle repose sur le rocher dans sa partie Nord-Ouest. La même couche a été recoupée dans un sondage plus au Nord l’année précédente. Les fragments d’un plat de type majolique fournissent la seule indication chronologique pour la période d’utilisation de l’atelier (XVe s.). Un sondage a également été effectué dans le secteur à l’Ouest du mur extérieur de l’édifice voûté de la raffinerie : il a livré un sol pavé de pierres et de galets, limité à l’Est par un mur parallèle au mur Ouest de la raffinerie. Le sol semble se poursuivre vers l’Ouest et vers le Sud.

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La fouille de l’antique Idalion a livré en 2011 un complexe de bains dont la construction remonte au IIIe s. av. J.-C. et a été en usage jusqu’à l’époque romaine (Ier s. apr. J.-C.). La fouille a permis de dégager un canal creusé qui comportait plusieurs canalisations en terre cuite approvisionnant en eau les installations balnéaires. À l’intérieur du creusement aménagé pour le passage des canalisations, mais aussi dans les sondages alentour, on a recueilli de nombreux fragments de statues en calcaire et des figurines en terre cuite.  Trois couches successives de mortier hydraulique sont visibles dans la grande citerne. En dehors des bains, la mission a également exploré le temple « des Deux Divinités ». À l’intérieur du temple ont été découverts plusieurs autels et des fosses rituelles qui contenaient des cendres, ainsi qu’une série de canaux creusés pour acheminer de l’eau vers une sorte de grotte creusée dans la roche sous le temple. L’aménagement des structures à l’intérieur du temple, daté d’environ 1050 av. J.-C., est resté en usage jusqu’à l’époque romaine (Ier s. apr. J.-C.). Une troisième opération a eu lieu au sanctuaire d’Adonis sur l’acropole orientale d’Idalion, au lieu-dit Moutti tou Arvili : on y a exploré des édifices datant du Chypro-Géométrique (IXe s. av. J.-C.).

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La mission suédoise a exploré, en 2011, un bâtiment de grandes dimensions (30 x 20 m), datant d’environ 1200 av. J.-C., qui avait été révélé par une prospection géophysique (GPR) en 2010 au lieu-dit Vizakia, sur le site appelé Hala Sultan Tekke, près de l’aéroport de Larnaca (fig. 1-2). Trois phases d'occupation ont pu être identifiées : la plus récente a révélé treize pièces, la phase précédente a livré quelques pièces d’orientation différente, tandis que la plus ancienne est seulement attestée par quelques vestiges de murs. Le matériel recueilli a permis d’identifier des espaces d’atelier et des espaces d’habitation : du plomb fondu et des scories de cuivre témoignant de la présence d'un atelier de métallurgie, des perles, des poids et des outils en bronze et en plomb, des pesons, des fusaïoles en terre cuite et des coquillages qui ont servi à la teinture des textiles, ainsi que de la céramique fine mycénienne et des productions locales, Base Ring et White Slip (fig. 3). L'assemblage céramique comprend des cruches, des bols, des cratères et des jarres. On a également découvert un sceau-cylindre en hématite portant six scènes à caractère religieux, probablement importé de Syrie (fig. 4-5) et une figurine en pierre noire et blanche représentant une divinité féminine, peut-être importée de Mésopotamie (fig. 6).

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La mission italienne a poursuivi en 2011 ses recherches sur le site de l’Âge du Bronze d’Erimi-Laonin tou Porakou. Le site présente deux phases principales d’occupation : la première, du Bronze Ancien (Protochypriote II/III – 2500-2000 av. J.-C.) au début du Bronze Récent (Chypriote Récent I – 1600-1450 av. J.-C.), la seconde, après une période d’abandon, de l’époque hellénistique à l’époque romaine (310 av. J.-C. – 330 apr. J.-C.). Les recherches se sont concentrées sur la fouille du sommet de la colline (secteur A), du réseau urbain (secteur B) et de la nécropole Sud (secteur E). Dans le secteur A, les fouilles ont mis au jour un réseau d’ateliers liés au textile et à sa teinture. Dans cet espace de dimensions 20 x 20 m, deux nouvelles zones de stockage ont été découvertes. La zone de stockage II, d’une surface de 7,20 x 3,50 m, est divisée en deux pièces (A et B). Un grand bloc de seuil en calcaire de forme carrée (1,50 x 0,50 m) a été découvert à l’entrée de l’aire de stockage : il conserve les traces de la porte et le système de fermeture. La petite pièce B a pu ainsi être interprétée comme un vestibule à l’intérieur duquel étaient disposés des vases de stockage de petite et moyenne dimensions dont les traces de fixation sont visibles au sol. Un banc et une installation de meule en pierre ont été trouvés dans l’angle Nord-Ouest de la pièce A. La stratigraphie de la zone de stockage révèle deux phases d’occupation à l’Âge du Bronze (2500-1400 av. J.-C.), attestées par la céramique rouge lustrée et gris-jaune lustrée, ainsi que par de la céramique de stockage. Sur la terrasse inférieure, le secteur B, où a été localisé le réseau urbain, la fouille a révélé les vestiges de fondations d’une maison organisée autour d’une cour centrale avec un foyer. Des bancs creusés dans la roche parcouraient les murs des pièces 1 et 2 à l’Est de la cour. Dans le secteur E, identifié comme la nécropole Sud qui s’étend sur plusieurs terrasses au Sud-Est de l’habitat, on a fouillé deux nouvelles tombes creusées (nos 242 et 243). La première comporte une petite chambre funéraire sans couloir d’accès. La deuxième, de dimensions plus importantes, est partiellement effondrée : on y a découvert un banc près de l’entrée, les ossements d’un homme et d’une femme, accompagnés de treize vases en céramique rouge lustrée de la fin du Bronze Moyen.

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Les fouilles du site néolithique d'Aghia Varvara – Asprokremnos (cal. 8 800 -8 600 av. J.-C.), qui se sont déroulées en 2011, ont révélé des activités liées à la fabrication d’outils en pierre, notamment des pointes de flèches en silex. En effet, le choix du site s’est fait en fonction des sources de silex comme l’attestent les grandes quantités de déchets de taille. Ces outils témoignent de l’activité de la chasse, mais d’autres objets étaient également fabriqués, comme des grattoirs. Des quantités de pigments ont été recueillis sur le site : du rouge, de l’orange, du jaune, du gris, du bleu/gris, du violet et de la terra verde turquoise. Ces pigments sont associés à des outils en pierre polie, notamment des pilons (dont un exemple exceptionnel remployé, qui était, à l'origine, en forme de tête humaine schématique) et des mortiers ; ils sont utilisés pour la coloration, mais aussi pour le tannage et la fixation de manches sur des outils en pierre. Il semble probable que les quantités de pigments recueillies jusqu’à présent sur le site aient été destinées à être redistribuées. Par ailleurs, la fouille du bâtiment ovale semi-enterré à l’extrémité Nord du site s’est poursuivie et a permis de mettre au jour le plan de la structure (fig. 1). Un sondage à l’intérieur de l’édifice a révélé un dépôt de vases qui suggère une succession de sols en terre compactée et des traces d’érosion : cela indique des cycles de réoccupation de cette partie importante du site. Les vestiges d’enduit d'argile sur des dépôts verticaux de cendres le long du mur indiquent probablement la présence d’une structure légère en bois destinée à couvrir la grande fosse creusée dans la roche.

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La mission britannique à Prastio-Mesorotsos a achevé sa troisième campagne de fouilles sur le site en 2011 : elle révèle des traces d’occupation s’échelonnant du Néolithique à l’époque moderne. La fouille qui s’est étendue sur huit secteurs indique des campements éphémères qui deviennent permanents à l’époque néolithique. On a également fouillé des niveaux d'occupation du Chalcolithique et de l’Âge du Bronze. Un mur d’une largeur de 1,50 m est construit à la fin du Bronze Moyen (fig. 1) ; lui sont associés une série de sols sur lesquels ont été trouvés des objets quotidiens (de la céramique, des outils liés au textile et des objets en rapport avec la préparation des aliments). L’habitat semble avoir été abandonné peu de temps après la construction de ce mur, au moment où  Palaepaphos s’est développé en bord de mer. Après le hiatus du Bronze Récent, le site est  réoccupé à partir de l’Âge du Fer. Un mur de terrasse découvert à un autre endroit du site date de l’époque protobyzantine. On a également fouillé une aire de battage bien conservée afin de déterminer la date de sa construction et de son utilisation. Enfin, on s'est intéressé aux traces d'occupation modernes du site afin de comprendre sa relation avec le village, aujourd'hui abandonné, de Prastio, sur l'autre rive de la rivière.

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Au lieu-dit Kataliondas-Kourvellos, les fouilles de l'habitat néolithique, dirigées par Julien Beck (Université de Genève), se sont poursuivies en 2011. Dans la partie Sud-Ouest, les sondages C et D ont été étendus : ils ont mis au jour un mur de terrasse d’une longueur de plus de 3 m. Près du rocher qui affleure, on a découvert des structures creusées dans le rocher : des marches, des fosses circulaires et des murs de cloison d’une hauteur atteignant 0,50 m. Des murs en pierre datant de la période chypro-classique, perpendiculaires aux cloisons rupestres plus anciennes, ont également été dégagés. Dans la partie Nord-Ouest du site, le sondage E a été élargi : il est apparu que les murs chypro-classiques taillés dans le rocher et les sols découverts lors de la campagne de 2010 appartiennent à une pièce semi-enterrée reliée à une deuxième pièce à l’Est de cette dernière par un couloir en pente d’une largeur de 0,60 m (fig. 1). Une troisième pièce semi-enterrée a été fouillée au Sud : elle est constituée d’une structure circulaire en petites pierres construite directement sur le sol rocheux de la pièce. Les recherches ont révélé d’autres structures creusées dans la roche : une niche circulaire, des trous de poteaux et une série de cavités rectangulaires ménagées dans l’une des cloisons taillées dans la roche entre deux pièces. Deux nouveaux sondages ont été ouverts (G et H). Dans le premier, situé dans la partie Nord-Est du site, on a mis au jour un nouveau mur chypro-classique construit directement sur le rocher, et on a recueilli une assez grande quantité de matériel néolithique, tandis que dans le second on a fouillé une couche de terre jaunâtrequi reposait sur le rocher et qui ne contenait pas de mobilier. Du matériel de l’époque néolithique a été recueilli dans tous les secteurs fouillés du site, mais il est toujours mélangé à du matériel lié aux structures chypro-classiques, notamment des armes en bronze et en fer. L’étude préliminaire du mobilier montre que le site est occupé au VIIIe millénaire av. J.-C. et par conséquent n’appartient pas aux phases récentes de Khirokotia comme on l’avait cru jusqu’à présent. Le mobilier chypro-classique comprend de la céramique grossière locale et sans décor du IVe s. av. J.-C. et quelques importations grecques.

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La mission australienne a poursuivi ses recherches au théâtre de Paphos en 2011 (fig. 1) et s’est concentrée sur deux sondages : le premier au centre du nymphée, au Sud du théâtre (fig. 2-3), et le second à l’Ouest du nymphée, dans le prolongement du sondage ouvert en 2010. Le nymphée, situé entre le théâtre et une importante rue romaine, a probablement été construit au Ier s. ap. J.-C. Il mesurait plus de 10 m de long et 5 m de large et possédait d'épais murs. Après le tremblement de terre de la fin du IVe s. ap. J.-C., le nymphée est devenu un lieu de dépôt pour les éléments d'architecture des édifices voisins. On y a recueilli des chapiteaux corinthiens en marbre, des fragments de colonnes et des blocs d'architrave. La céramique, datant du Ve au VIIe s. ap. J.-C., confirme cette seconde phase d'usage du bâtiment, quand le théâtre servait de carrière. Le sondage à l’Ouest du nymphée a livré des murs médiévaux appartenant à des édifices de la période des croisades, construits sur les ruines du théâtre. Sous ces murs, on a découvert plusieurs tranchées creusées dans la roche qui apportent des informations sur les travaux d’aménagements de l’espace entre l’arrière du bâtiment de scène et la rue romaine avec une volonté de développer un contexte urbain construit dans des zones qui avaient été vides de constructions entre les bâtiments publics.

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Dans le cadre de la mission « Néolithisation » à Chypre, un nouveau chantier a été ouvert à l’Est de la commune d’Aghios Tychonas, au lieu-dit Klimonas. Le site étudié relève d’une étape antérieure à la fondation de Shillourokambos, occupé de 8500 à 7000 av. J.-C. : les premières datations 14C obtenues le placent entre 9000 et 8700 av. J.-C. Il s’intègre donc dans une étape avancée du Pre-Pottery Neolithic A (PPNA) levantin, période encore inconnue à Chypre. La campagne 2011 à Klimonas a concerné une seule des deux parcelles qui constituent le cœur des installations préhistoriques mises en évidence par quelques sondages préliminaires en 2009. Elle a porté sur 338 m² : plusieurs phases d’un grand bâtiment « en fosse » de type PPNA nord-levantin ont été mises au jour. Leur envergure en fait l’un des plus grands découverts à ce jour (fig. 1). Deux faits majeurs ont pu être observés sur le terrain : - Dans la partie Sud-Est de l’aire étudiée, ont été reconnus les restes de constructions circulaires pré-céramiques. Il en subsiste seulement les tranchées périphériques de fondation matérialisées par des tronçons curvilignes, indiquant des diamètres de l’ordre de 4 à 5 m. - Au cœur de l’aire décapée, l’accent a été mis sur le dégagement d’un bâtiment de fort volume (10 m de diamètre), aménagé en fosse, creusé aux dépens de la havara blanchâtre sur son flanc occidental et de colluvions indurées, riches en graviers et pierres décalcifiées, sur son flanc oriental (fig. 2). Cet aménagement était souligné par une tranchée périphérique sise à la base des parois de l’aire excavée, large en moyenne de 0,30 m, qui servait d’assise à un mur en terre à bâtir et dont des lambeaux verticaux, toujours en place, ont pu être dégagés contre la paroi Est. La profondeur maximale conservée de l’édifice est de 1 m. Le décapage supérieur de ce sol a permis de reconnaître des soles de foyers, des fosses rectangulaires, des cuvettes diverses dont deux aux parois armées de pierres, dont la fonction n’a pas encore été précisée. Le volume ainsi délimité par ce bâtiment en creux avait été secondairement comblé par des matériaux contemporains de la ruine du bâtiment puis de l’accumulation de déchets divers. Un deuxième bâtiment plus restreint (environ 5 m de diamètre), avait été édifié sur cette accumulation anthropique : il correspondant probablement à une « maison » semblable à celles repérées dans le secteur Sud-Est de la fouille. Les matériaux et les structures contemporains de la construction, de l’utilisation puis du démantèlement de ce second bâtiment ont contribué à combler la partie supérieure de la vaste fosse excavée lors de la construction du premier édifice. Des colluvions incluant des éléments céramiques du Néolithique Sotira ont ensuite fossilisé l’ensemble. On notera aussi des intrusions d’époque historique, notamment dans la partie méridionale du bâtiment 1, la plus tronquée, et un alignement de fosses quadrangulaires, taillées « en coup de bêche » et à profil dissymétrique. De nombreux vestiges lithiques ont été recueillis (fig. 3) : plusieurs variétés de silex translucide ainsi qu’un chert vitreux opaque de bonne qualité. On constate notamment un grand nombre (106 pièces) et une grande variété de pointes de projectiles, toutes perçantes et généralement à court pédoncule. Ceux-ci indiquent la part probablement importante dévolue à la chasse dans l’économie. Parmi les parures découvertes figurent des perles et des pendentifs en roche brune, en calcaire ou en picrolite. Deux pierres à rainure, l’une intacte, l’autre fragmentaire, soulignent aussi la place des influences continentales. La vaisselle de pierre est très rare. La faune mise au jour dans les niveaux pré-céramiques est largement dominée par les suinés (Sus scrofa sp.). On note aussi la présence du chien (domestique) et du chat dont le statut reste à préciser. Sont également attestés la souris, diverses variétés d’oiseaux, la tortue d’eau douce, le lézard, une vertèbre de poisson. Un reste de daim et un autre de capriné proviennent des horizons Sotira.

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La fouille de l'habitat du l'Âge du Bronze au lieu-dit Skalia s'est poursuivie en 2011 sous la direction de L. Crewe (Université de Manchester). Elle s'est concentrée sur une grande structure datant du début du Bronze Récent (vers 1750-1650 av. J.-C.) et sur une maison du Chypriote Moyen (vers 1900 av. J.-C.). L’occupation la plus récente du site est documentée par un ensemble architectural couvrant 600 m2 (dans les sondages B, G et G2). Dans le sondage B, on a mis au jour une grande cour (fig. 1), délimitée par des murs imposants dont les fondations sont bâties en grandes plaques de calcaire, associés avec un sol de plâtre sur lequel ont a retrouvé des fosses enduites, de la céramique, des poids et des fusaïoles. En bordure Sud de la cour, dans un espace qui était sans doute découvert, se trouvait une grande structure bâtie en terre crue (Structure 33). Elle possédait des murs curvilinéaires (d’au moins 0,80 m de haut) qui formaient peut-être un toit en pain de sucre, ouvert au sommet, qui n’est pas sans évoquer les fours traditionnels de village. Dans la partie Nord du sondage B, un mur de refend, avec un seuil conduisant à un couloir, divisait l’espace. On a retrouvé, dans les sondages G et G2, au Nord du sondage B, le mur de petit appareil particulièrement large (1,2 m), qu’on avait partiellement dégagé lors des campagnes précédentes (fig. 2). Il mesure 25 m de long, sans trace de subdivisions internes. Le mur s’arrête dans la partie Ouest de G2, devant ce qui semble être une zone industrielle, avec au moins deux pithoi à demi-enterrés dans des fosses, cernés de concentrations de cendres. Au Sud, le mur se termine sur une entrée avec un seuil de plâtre très soigneusement fait. Il se poursuit de l’autre côté de l’entrée, ce qui montre qu’il est plus grand que ce qui a été dégagé jusqu’à présent (il se poursuit au-delà des limites du sondage). Même si les structures dégagées datent exclusivement de la phase la plus récente, le matériel recueilli indique que le site a connu une longue occupation depuis le début du Chypriote Ancien, et qu’il était en relations avec d’autres régions de l’île.

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Sur le site au lieu-dit moderne d'Aïs Giorkis (fig. 1), situé sur les premiers contreforts du Troodos près de Paphos, l'équipe d'Alan H. Simmons (Université du Nevada) a poursuivi ses recherches en 2011. Le but de cette mission était de tester les résultats de l’exploration par résistance magnétique conduite en 2009, qui avait révélé la présence d’au moins trois zones circulaires susceptibles de correspondre à des vestiges. Cinq sondages exploratoires (correspondant à une surface totale de 18 m2) ont été ouverts. Dans le sondage 1, une surface circulaire compacte a été dégagée à moins de 30 cm sous la surface. Toutefois, un examen plus poussé a révélé qu’il s’agissait seulement de colluvionnement solidifié, lié à la topographie naturelle. Sous le colluvionnement se trouvait une couche calcaire, avec de nombreuses inclusions de rocher, puis le substrat naturel. Il en a été de même pour la « fosse » fouillée dans le sondage 2 et dans le sondage 4. Tous ces sondages ont livré un matériel très limité, avec des silex et quelques ossements, ainsi que des tessons céramiques intrusifs. En revanche, le sondage 5 (1 x 1 m) contenait davantage de matériel (pour l’essentiel des silex taillés). À environ 8 m sous la surface moderne, on a identifié une fosse néolithique probable, qui n’a cependant pu être fouillée que sur 10 cm en raison de l’étroitesse du sondage.

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À Paphos, une nouvelle campagne de fouilles s'est déroulée sur la colline de Fabrika, sous la direction de Cl. Balandier (Université d’Avignon) en 2011. Les fouilles se sont poursuivies au Nord (site A) et au Sud-Est (site B) des zones déjà explorées. Au Nord, on a continué de dégager le bâtiment déjà exploré en 2010. La pièce Sud a été complètement fouillée, jusqu’aux fondations, situées à plus de 4 m de profondeur. On y a recueilli du matériel datant des IIe-Ier s. av. J.-C. La couche de destruction date probablement du Ier s. apr. J.-C. Cette couche a été entièrement dégagée dans la pièce à l’Est. Deux piliers y délimitaient un mur de refend qui divisait l’espace en deux parties, communiquant par une ouverture dans le mur. La partie Sud a été abandonnée au Ier s. apr. J.-C. Le bâtiment a continué de fonctionner, mais sur un espace plus restreint. On y a recueilli de nombreux fragments de peintures murales, qui ont été restaurés par le service du Département des Antiquités. Au Sud-Est se trouvaient une citerne et une série de canaux creusés dans le rocher. Ces canaux étaient liés à un système de canalisations en terre cuite qui menaient à l’aqueduc souterrain fouillé en 2010 et, de là, au théâtre. Plusieurs cruches romaines portent des concrétions qui indiquent un séjour prolongé dans l’eau. Ces cruches ont sans doute été trouvées au fond de la citerne et déplacées sur la colline au XIIIe s. apr. J.-C. quand la citerne a été nettoyée pour être réutilisée. La colline de Fabrika é été occupée dès la fin de l’époque hellénistique et pendant toute l’époque romaine. On ne sait pas quand elle a été abandonnée. Aucune trace d’occupation byzantine ne subsiste. Toutefois, le matériel montre que la colline a été partiellement réoccupée à la période franque. Par ailleurs, la mission a commencé à étudier les carrières souterraines de Fabrika, sans doute utilisées pendant la période hellénistique, qui peuvent être comparées à celles de Syracuse et Pétra.

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Sur les contreforts du Troodos, les recherches au lieu-dit moderne Rhoudias se sont poursuivis en 2011 sous la direction de N. Efstratiou (Université de Thessalonique). Les objectifs de la mission de cette année étaient les suivants : poursuivre l’exploration dans la zone fouillée ; continuer de dégager le colluvionnement sur le site ; étudier la stratigraphie du site ; continuer de mettre en évidence la zone dite « au pavement de pierre » identifiée en 2010 (fig. 1) ; faire une étude géoarchéologique. On a découvert, sur la surface de la zone « au pavement de pierre », des outils en pierre (broyeurs, percuteurs), des nuclei témoignant de la fabrication d’outils, des galets brûlés. Divers indices indiquent l’existence d’une « structure », scellée par une couche d’incendie, dont la fonction demeure inconnue. Le site présente une stratigraphie de plus d’1,20 m de couches archéologiques, ce qui pourrait indiquer l’existence de niveaux antérieurs aux phases épi-paléolithiques et néolithiques anciennes (10000-6000 av. J.-C.). Parmi les mobiliers découverts, mentionnons de nombreux outils de différentes tailles, qui montrent que le site a été régulièrement visité et, peut-être, habité de façon saisonnière par des groupes de chasseurs-cueilleurs entre le Xe et le milieu du VIIe millénaire.

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À Paphos, la Jagellonian University de Cracovie a entrepris un nouveau programme de fouilles en 2011, dirigé par E. Papuci-Wladyka, sur l'agora de Paphos, capitale de Chypre aux époques hellénistique et romaine. Les travaux du Département des Antiquités avaient localisé et partiellement exploré l'agora romaine entre 1975 et 1978, sous la direction de K. Nicolaou, en face de l’odéon : il était probable qu’elle recouvrait l’agora hellénistique (fig. 1). On a conduit une prospection géophysique avant d’implanter deux sondages, l’un dans la partie centrale de l’agora, l’autre dans la partie centrale du portique Est. Des vestiges architecturaux sont apparus (murs, sols, système de canalisation et deux citernes). Ils appartiennent aux périodes hellénistique, impériale et tardo-romaine. Le matériel date pour l’essentiel de la période romaine, mais on a également recueilli de la céramique hellénistique et byzantine. Les trouvailles comprennent des objets en bronze (une cruche avec des attaches d’anse décorées, une balance, un poids en forme de gland, des épingles et des clous, des monnaies ; fig. 2), en fer et en plomb (des clous et des poids), dont une épée romaine en fer (en plusieurs fragments) et un récipient en plomb de forme cylindrique avec une longue anse en fer. Mentionnons également une amulette égyptisante particulièrement bien conservée, avec des dessins d’un côté et une inscription magique en alphabet grec de l’autre. Signalons encore des lampes en terre cuite, une tête casquée de figurine d’Athéna et de nombreux vases en verre fragmentaires.

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AVERTISSEMENT
La Chronique des fouilles en ligne ne constitue en aucun cas une publication des découvertes qui y sont signalées.
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