Chronique des fouilles en ligne
Respecter   tous les
  au moins un
critère(s) de recherche    Plus une Moins une Remise à zéro

Dernières notices ajoutées par région : Chypre
Lors de travaux de terrassement le long de la route côtière principale de Kissonerga en 2009, on a découvert un puits comblé (fig. 1) ; il a été fouillé par une équipe du Département des Antiquités et de l’Université d’Edimbourg. D’un diamètre de 0,75 m, il était creusé jusqu’à une profondeur de 5 m dans le rocher (havara). Des petites niches aménagées dans les parois avaient servi d’appui pour les mains et les pieds des gens qui l’avaient creusé. Au fond, de petits canaux naturels permettaient à l’eau de circuler, ce qui confirme qu’il s’agissait d’un point d’eau. On y puisait sans doute par l’intermédiaire d’un seau, peut-être en cuir, fixé à une corde. Une fois abandonné, le puits s’est comblé. Différents objets sont tombés, ou ont été délibérément jetés à l’intérieur : des ossements animaux (mouton, chèvre, porc et daim), des silex, quelques perles et pendentifs en pierre, et des fragments de vases en pierre caractéristiques du Néolithique chypriote ancien (pré-céramique). Vers le milieu du remplissage, on a découvert le squelette d’une jeune femme. Vers le fond se trouvaient un petit bol intact, de facture grossière, et une assiette de bien meilleure qualité, tous deux en calcaire. Peut-être ces vases reposaient-ils sur la bouche du puits. Ces découvertes révèlent que ce nouveau puits est à peu près contemporain des six autres, dégagés dans le voisinage par la mission de l’Université d’Edimbourg. Les datations C14 indiquent qu’ils datent de 9000-10500 BP, ce qui les place parmi les plus anciens puits connus dans le monde.

Lire la suite
Au lieu-dit Asprokremnos, près de la commune moderne d'Aghia Varvara, la fouille de l'habitat du Néolithique Ancien (PPNA) mis au jour les années précédentes s'est poursuivie en 2009 sous la direction de Carole McCartney. La fouille a révélé une grande structure curvilinéaire semi-enterrée (long. 5 m) dans la partie Nord du site. Elle est creusée dans les différentes couches du substrat (havara) sur lequel reposent les vestiges néolithiques. Son orientation Nord-Sud coupe le léger dénivelé du site, qui va d’Est en Ouest. Les murs sont taillés droit jusqu’à un sol tassé qui constitue le niveau d’usage de la structure. De nombreux objets ont été retrouvés sur ce sol, notamment un grand mortier de pierre hémisphérique (fig. 1) et deux vases en pierre de forme rectilinéaire. L’un d’entre eux a été brisé in situ lorsque la structure a été détruite par un incendie puis remblayée, avec tout son mobilier. Outre ces vases en pierre remarquables, les trouvailles comprennent des outils de pierre, dont des broyeurs et des meules qui témoignent du caractère domestique du mobilier laissé en place lors de l’abandon de la structure. On y a également découvert une figurine soigneusement gravée, représentant un personnage. Elle avait été déposée dans la terre brûlée, de couleur orange, qui recouvrait l’habitation abandonnée. Cette figurine, la plus ancienne représentation humaine connue à ce jour à Chypre, scellait la fin de la phase complexe d’abandon de cette structure. Le site, quant à lui, a connu au moins deux autres phases successives d’occupation. La structure, ainsi que son mobilier remarquable, possèdent des parallèles parmi d’autres sites du Néolithique Ancien au Proche-Orient, ce qui démontre l’existence de liens entre Chypre et le Levant au cours du IXe millénaire et fournit des témoignages importants sur le développement du Néolithique aussi bien à Chypre qu’au Proche-Orient.

Lire la suite
Sur le site du lieu-dit moderne d'Aïs Giorkis (fig. 1), situé sur les premiers contreforts du Troodos près de Paphos, l'équipe d'Alan H. Simmons (Université du Nevada) a effectué une prospection du site du Néolithique Moyen (PPNB : Pre-Pottery Neolithic B). Huit secteurs, représentant à peu près 100 000 m2, ont été prospectés, ce qui a permis de distinguer trois sites. Deux d’entre eux sont localisés immédiatement au-dessus d’Ais Giorkis et, d’après le matériel recueilli en surface, ces sites semblent dater du PPNB. Une prospection par résistance magnétique a porté sur une zone de 10 x 12 m et les résultats préliminaires suggèrent la présence de nombreuses structures construites.

Lire la suite
À Akrotiri-Aeotokremmos, où des recherches avaient déjà été menées par A. H. Simmons à la fin des années 1980 et au début des années 1990, les quelques dépôts intacts qui restaient sur le site le plus ancien connu à ce jour à Chypre ont été fouillés. La dernière portion d’un sondage carré de 1 X 1 m. a été explorée, ce qui a permis de recueillir une grande quantité d’ossements d’hippopotame intacts (fig. 1) ainsi que d’autres ossements (surtout des oiseaux), des coquillages, des objets de pierre taillée et un pendentif en picrolite. Le site est désormais entièrement fouillé, à l’exception de quelques poches dans le fond de l’abri.

Lire la suite
Le long de la côte Sud-Est de Chypre, près du Cap Greco (fig. 1), une campagne de prospection sous-marine a eu lieu en 2009 sous la direction de J. Leidwanger (Institute of Nautical Archaeology). Les recherches ont essentiellement porté sur l’épave romaine découverte en 2007 (cf. Chronique, notice 1407 ; fig. 2). On a achevé de dresser une carte préliminaire des vestiges en surface afin de déterminer l’étendue du site, son état de conservation, ainsi que la nature et la composition de la cargaison. Le navire, qui date des premières décennies du IIe s. apr. J.-C., avait une cargaison mélangée, comprenant plus de 130 amphores à liquides, sans doute du vin, peut-être aussi de l’huile. La plupart proviennent de la côte Sud-Est de l’Asie Mineure et de la partie Nord-Est de la Méditerranée. Un autre groupe d’amphores, toutefois, paraît avoir contenu du vin importé de la côte Sud de la France. Quelques objets découverts sur le site ne faisaient pas partie de la cargaison mais étaient sans doute utilisés pour la conservation et la préparation de nourriture, ce qui livre des informations concernant la vie à bord du navire marchand. Aucun élément de bois, aucune ancre ni aucun autre équipement de bord n’était visible en surface. On ne connaît pas la destination du navire. Cependant, sa découverte dans des eaux peu profondes près de la côte et la présence de témoignages d’époque romaine dans la zone du Cap Greco et plus au Nord sur des sites comme Lefkolla suggèrent que le navire s’approchait d’un port d’amarrage ou bien qu’il faisait du cabotage côtier et transportait des marchandises sur de courtes distances le long de la côte. Malgré leur dispersion, les vestiges donnent des informations précieuses sur les relations commerciales locales, régionales et même internationales de Chypre, pendant la période de paix et de prospérité qu’elle connut à l’époque romaine. Le programme futur comprend une prospection sous-marine de l’ensemble de la zone du Cap Greco, avec également une détection radar afin de repérer des sites mieux conservés dans le banc de sable plus éloigné de la côte. L’importance de la côte du Cap Greco est documentée à la fois par la découverte d’épaves, d’ancres et d’autres trouvailles, et par les témoignages de plongeurs locaux. Les sources en attestent également : selon Diodore, c’est juste au Nord de ce cap que le Macédonien Démétrios Poliorcète a vaincu Ptolémée d’Égypte dans l’une des plus grandes batailles navales de l’Antiquité. Bien que Ptolémée ait fini par revenir et triompher, ce qui fit de Chypre une possession lagide pour le reste de l’époque hellénistique, près d’une centaine de navires de guerre auraient été coulés lors de la bataille : ils représentent un objectif pour les archéologues qui travaillent en eaux profondes loin de la côte.

Lire la suite
À Episkopi, les fouilles au lieu-dit Bamboula se sont poursuivies en 2009 sur le site de l'Âge du Bronze, sous la direction de Gisela Walberg (Université de Cincinnati). Les recherches ont porté sur le secteur XVI, afin de déterminer plus précisément la fonction d'une construction de pierres d'une largeur de 4,80 m, nommée Wall 37, et d'étendre la superficie dégagée (fig. 1). Une très grande partie de la zone fouillée était entourée, sur ses quatre côtés, par des murs de 2,50 m de large en moyenne. On a également découvert un passage qui menait au rempart par l’intermédiaire de deux grandes marches. Ce passage possédait un sol de galets pris dans un mortier d’argile. Quelques pierres effondrées se trouvaient à sa surface. Vingt-sept sondages exploratoires ont été implantés cette année afin d'étudier l'organisation des murs, des espaces et des autres aménagements architecturaux, ainsi que la relation entre la grande structure de pierres (Wall 37) et les autres murs : ils n'étaient probablement pas contemporains puisque le mur 37 coupait le secteur en deux (Ouest et Est). De fait, la fouille a révélé que le mur 37 a été construit à une date plus récente afin de remplacer des murs qui entouraient la zone à un niveau inférieur. On a donc des murs situés à deux niveaux différents : quatre d’entre eux entouraient et protégeaient la zone sur ses quatre côtés, tandis que le dernier, d’orientation Nord-Sud, protégeait le côté Est, le long de la rivière Kouris. Le sol du passage, qui a été fouillé en 2008, était situé à un niveau bien plus haut que celui du mur 37 : il appartient donc à une phase encore postérieure. La céramique recueillie dans les sondages n’est pas datable précisément : un tesson de pithos de l’Âge du Bronze a été identifié, tandis qu'à d'autres niveaux, les tessons les plus récents sont d’époque romaine. Vue leur épaisseur, les murs doivent avoir un caractère défensif et à en juger d’après leur plan et leur technique architecturale, certains peuvent être rapprochés de ceux de la forteresse du Chypriote Récent I-IIB, fouillée à Nitovikla, sur la péninsule du Karpass, par la mission suédoise en 1929.   Enfin, trois champs ont été prospectés, l’un sur le plateau de Bamboula, au Sud du secteur XVI, et deux à l’Est de la zone. Les tessons recueillis vont du Bronze Récent à l’époque romaine et médiévale, les pourcentages les plus hauts correspondant aux fabriques romaines et archaïques.

Lire la suite
Sur le site d'Erimi-Laonin tou Porakou, les recherches dirigées par L. Bombarieri (Université de Florence) se sont poursuivies sur trois secteurs et ont permis d'identifier une zone artisanale, une zone d'habitat et une nécropole de l'Âge du Bronze. Secteur A. - Le sommet de la colline était occupé par un complexe d’ateliers liés à une zone d’entrepôts (fig. 1). Le rocher naturel avait été soigneusement taillé pour créer un espace de travail. Cette zone (12,5 x 15 m) comprenait une série de bassins profonds, creusés dans le rocher, et reliés entre eux par des canaux. Au Sud de l’atelier, se trouvait une grande zone de stockage (plus de 27 m2) divisée en deux pièces. On a pu distinguer deux phases d’utilisation. Dans la pièce principale des entrepôts, on a découvert un grand nombre de vases écrasés sous les pierres et les briques effondrées. Au cours de la phase la plus récente, la pièce contenait quatre grands pithoi fichés dans le sol et calés par des pierres (fig. 2). Près des pithoi, des petits bols, des cruches à bec et des jarres de dimensions moyennes étaient écrasés sur le sol. Les bols et autres vases de petites dimensions étaient sans doute utilisés pour prendre ou verser des produits dans les grands pithoi (c’est ce que suggère la découverte d’un cruchon à bec cassé dans l’un des pithoi). Sous le sol de la pièce principale de la zone de stockage, on a mis en évidence le niveau de destruction correspondant à une phase antérieure de l'édifice. Ce niveau contenait une grande quantité de vases écrasés. L’assemblage céramique provenant des entrepôts peut être sûrement identifié comme du Red Polished du Bronze Moyen (fig.3).   Secteur B. - Les fouilles sur la terrasse inférieure ont porté sur une surface de 19 m2 (fig. 4). Elles ont dégagé les fondations de pierre d’un bâtiment, dont le sol, supportant un foyer, était préservé. Une grande quantité de céramiques Red Polished, d’un type différent de celles découvertes dans le secteur A a été recueillie dans les débris : les vases de petites dimensions, destinés à consommer de la nourriture (bols et petites jarres) sont majoritaires, ce qui appuie l’interprétation de la zone comme un quartier domestique. Un tesson de cruche découvert dans un mur était incisé, peut-être avec un signe du syllabaire chypro-minoen (fig. 5). Secteur E. - Le long d'une terrasse calcaire située en contrebas des trois tombes fouillées en 2008, deux nouvelles tombes rupestres, creusées dans le calcaire et sans couloir d'accès, ont été découvertes (fig. 6). L’une des tombes contenait une inhumation d’adulte tandis que la tombe plus petite était peut-être une tombe d’enfant. Douze vases presque complets ont été recueillis dans la tombe la plus grande : ils appartiennent au répertoire standard de la céramique Red Polished. Les offrandes funéraires comprenaient, en outre, sept fusaïoles à décor incisé et deux disques de picrolite incisés (fig. 7). Un même répertoire céramique a été recueilli dans la tombe plus petite qui ne contenait toutefois ni fusaïole ni disque de picrolite.

Lire la suite
À Paphos, une nouvelle campagne de fouilles s'est déroulée sur la colline de Fabrika, sous la direction de Cl. Balandier (Université d’Avignon) en 2009. Les deux zones principales de fouille sont situées sur le versant Nord de la colline et derrière le théâtre antique, à l’Est. Dans le secteur Nord, il s’agissait de repérer, à la fois des côtés Nord et Sud, l’extension du long mur découvert en 2008. Du côté Sud, le mur se poursuit jusqu’à la crête de la colline, sur lequel il semble avoir été construit. Du côté Nord, on a pu suivre son tracé sur quelques mètres. Son appareil est différent, avec des piliers et un remplissage de pierres. La découverte de deux murs perpendiculaires indique qu’il ne s’agit pas d’un rempart mais probablement d’habitations. Cette hypothèse est confirmée par la présence d’enduit mural peint et de tuiles. Il faut attendre l’achèvement de l’étude céramique pour pouvoir dater cet ensemble. Un troisième mur, d’appareil différent (série de pierres de taille calées avec des galets), pourrait être médiéval. Sur la terrasse derrière le mur, on a fait deux sondages exploratoires afin de déterminer la chronologie des occupations successives de la colline. Deux squelettes humains ont été découverts. Sur le versant Est de la colline de Fabrika, la fouille du bâtiment creusé dans le rocher, mis au jour en 2008, s’est poursuivie. On a dégagé cette année le quatrième mur du bâtiment ainsi qu’un niveau de destruction important, la voûte tout entière s’étant peut-être effondrée lors d’un tremblement de terre. L’étude du matériel confirme une datation au XIIIe s. apr. J.-C.

Lire la suite
À Néa Paphos-Toumbalos, la fouille systématique au lieu-dit  Garrison's Camp, sous la direction de F. et G. Giudice, s'est poursuivie en 2009. Les fouilles ont porté sur une seule zone, plus précisément le long de la crête rocheuse qui se prolonge, selon une orientation Sud-Est, depuis la dernière chambre, de forme quadrangulaire, du temple hypogée de « Garrison’s Camp », probablement en direction de l’hypogée qui se trouve sur un terrain récemment exproprié (qui appartenait à la famille Panagiotou). On a découvert sur ce terrain, au cours des deux années précédentes, les vestiges d’une nouvelle domus qui était installée sur le sanctuaire hellénistique et romain. C’est également de là que provient un petit trésor de plus de cent monnaies. On a d’abord continué le grand sondage implanté devant la crête du rocher dans lequel est creusé le temple hypogée, entre la chambre quadrangulaire et la niche rupestre avec, au-devant, un mur de grands blocs, qui avait été mis au jour lors de la campagne 2006. On a ainsi pu poursuivre le dégagement de la crête rocheuse qui, comme on l’a vu précédemment, descend à la verticale jusqu’au même niveau. La fouille a débuté au niveau des travaux des années 50 et a permis de dégager la série de blocs effondrés de manière uniforme selon une direction Ouest-Est. On avait suggéré qu’ils correspondaient à l’effondrement, lors d’un tremblement de terre, de la paroi occidentale (du moins celle qui est pour l’instant découverte) d’un grand bâtiment. La campagne de 2008 avait permis d’identifier ce bâtiment à une nouvelle domus protobyzantine, installée sur un mur antérieur d’orientation Est-Ouest. Bien que partiel, le dégagement de la couche d’effondrement a permis de découvrir des monnaies qui pourront dater plus précisément le tremblement de terre. Elle a aussi révélé des aménagements intéressants, notamment un bloc dans lequel était sans doute insérée une fine colonne (diam. 0,26 m). L’élargissement du sondage permettra de vérifier s’il s’agit ou non d’une colonnade appuyée contre la paroi rocheuse. Il faut signaler, également, dans la partie Sud du sondage, la découverte d’une citerne. Trois autres sondages ont mis au jour en partie une nouvelle chambre hypogée. Sur le plateau qui la surplombe, une série de canaux était creusée dans le rocher, certains d’entre eux débouchant dans une citerne rupestre, à laquelle on accédait par quelques marches. Des vestiges en élévation de la maçonnerie de la citerne, ainsi que des structures hydrauliques qui émergent dans le sondage ouvert immédiatement à l’Ouest invitent à ne pas fouiller plus profondément mais à étendre le sondage, lors de la prochaine campagne, au plateau qui domine la nouvelle chambre hypogée.

Lire la suite
À Paphos, une nouvelle campagne de fouilles en 2009, sous la direction d’H. Meyza (Université de Varsovie) et d’A. Papadopoulos (Département des Antiquités) a porté sur la partie Ouest de la « Maison Hellénistique » et sur la partie Sud-Est de la Maison d’Aion. Dans la Maison d’Aion, on a identifié quatre pièces supplémentaires, dont deux (pièces 41 et 42) à mosaïques monochromes. Ces dernières avaient été endommagées et légèrement déplacées, mais sans rompre leur relation avec le mur de cloison. Une autre mosaïque avait été réutilisée à la période romaine tardive. Des tranchées modernes profondes révèlent que le site a été pillé. La partie Ouest de la « Maison Hellénistique » a été détruite par un tremblement de terre (survenu à l’époque d’Hadrien) et ses blocs décorés n’ont été qu’en partie récupérés dans l’Antiquité. Dans la cour 13, l’impluvium à portique tétrastyle a été modifié : un mur plus élevé a été construit autour du bassin, entre les colonnes, après sa destruction (fig. 1). Tout autour de l’impluvium reposaient les fragments épars d’un entablement long (15 m) et étroit, qui appartenait sans doute à l’architecture d’un étage supérieur (ses quatre côtés ont été retrouvés). À l’intérieur du bassin, on a recueilli des parties de la frise dorique de la colonnade principale ainsi qu’une corniche de style romain-baroque, avec des modillons. L’une des colonnes du portique, avec son chapiteau pseudo-ionique dit « nabatéen », tombée in situ (il ne manquait qu’un tambour), a été restaurée. On accédait à la citerne (découverte en 2007) depuis le Nord, plus précisément depuis les pièces qui se trouvaient recouvertes, à une époque postérieure, par le mur Sud de la Maison de Thésée, à l’aide d’un couloir d’accès prolongé par un escalier. L’ouverture de la citerne était située immédiatement au Nord de l’impluvium. On y a découvert un talon de lance décoré. On a dégagé une deuxième citerne dans la partie Sud-Ouest de la cour. Elle alimentait sans doute en eau le complexe de bains qui se trouvait au Sud et à l’Ouest de la cour. Ces bains ne sont que partiellement fouillés. Ils possédaient, dans leur partie Sud, deux pièces à hypocaustes munies de canalisations et de conduites de chauffage. Les plaques de terre cuite de l’hypocauste ont été pillées : il n’en reste le plus souvent que l’empreinte dans le mortier. Les murs et la conduite de la pièce suivante (32, probablement un praefurnium) sont mieux conservés. On n’a pas encore atteint, dans cette pièce, le sol qui est situé à un niveau plus bas que dans les pièces voisines. Son identification repose sur la découverte d’une épaisse couche de cendres, d’un pilier partiellement conservé à triple tubulature interne et sur la présence d’une conduite qui diffusait de l’air chaud dans les sols à hypocauste des pièces 31 et 27, ainsi que dans la pièce 4 de la Maison Romaine. Un pilier similaire, sans doute réutilisé, a été découvert effondré dans la partie Ouest de la cour 13. Plus à l’Ouest, on a dégagé deux nouvelles pièces à pavement de pierre (33 et 28). On y a recueilli de grands fragments de sols, provenant probablement d’un étage. La fouille du coin Nord-Ouest de la cour 13 a révélé la présence d’une autre pièce (34), dont la porte avait été murée, et les vestiges d’un escalier qui conduisait à l’étage. Les découvertes les plus importantes de la campagne de fouilles 2009 sont : - le dégagement partiel d’un long mur qui court le long du stylobate endommagé du portique Sud du péristyle de la Villa de Thésée ; - la découverte de données importantes liées aux phases anciennes de la « Maison Hellénistique », qui révèlent que, du moins dans certaines parties, la maison possédait des sols à des niveaux bien plus profonds ; - la confirmation de la superficie de l’établissement de bains ancien, sous la partie Est de la Villa de Thésée.

Lire la suite
Dans le village de Gialia (district de Paphos), une nouvelle campagne de fouilles sur l’église d’Aghios Nikolaos, sur le site du monastère géorgien du Xe s. , s'est déroulée en 2009, sous la direction de D. Mindorashvili. L’exploration a porté sur les fondations de l’église afin d'en déterminer précisément les phases de construction. L’église (dim. 11 x 4 m) possédait deux étages. L’étage inférieur, de plain-pied, était utilisé comme une crypte à toit en arche. L’espace intérieur était divisé par des murs qui délimitaient des zones d’inhumations. Pour le moment, quatre « ossuaires » ont été découverts qui contenaient chacun les ossements des défunts, dispersés de manière irrégulière, et un grand nombre de vases céramiques. Le mobilier, qui comprend essentiellement des bols, date de diverses périodes qui s'échelonnent entre le XIIe et le XVe s. apr. J.-C. Au cours des campagnes précédentes, qui portaient sur l’église principale du monastère, les archéologues n’étaient pas parvenus à localiser le cimetière des moines, qui constituait un élément indispensable du complexe monastique. Les fouilles de 2009 ont montré que les moines du monastère étaient enterrés dans la crypte de l’église d’Agios Nikolaos.

Lire la suite
Sur l’île de Geronisos, au large d’Aghios Georgios tis Pegeias (district de Paphos), les fouilles du sanctuaire hellénistique se sont poursuivies en 2009, sous la direction de Joan Breton Connelly (Université de New York). Les recherches se sont concentrées sur le secteur central de l’île (fig. 1-2). Sept sondages de 1,5 x 5 m ont été implantés le long d’une diagonale allant du Sud-Ouest au Nord-Est. Dans le sondage le plus méridional, à l’extrémité de l’île, on a découvert de nombreux fragments de très grands pithoi. L’un d’entre eux a pu être restauré : il mesure 1,20 m et ses parois ont une épaisseur maximum de 0,05 m. Les pithoi contenaient probablement de l’huile d’olive et ils peuvent être datés du Ier s. av. J.-C. D’après les fouilleurs, ils font partie des plus grands conteneurs trouvés à ce jour à Chypre. Les fragments de pithoi proviennent d’une zone sans doute dévolue au stockage, qui servait peut-être de garde-manger pour le complexe de petites salles dégagées au cours des campagnes précédentes, immédiatement à l’Ouest. La découverte de cette zone de stockage offre des informations intéressantes concernant la pratique du pèlerinage et les repas cultuels qui avaient sans doute lieu dans le complexe de pièces du secteur central. Plusieurs fragments architecturaux ont été trouvés, notamment une bouche d’eau fragmentaire en forme de tête de lion, très similaire à une autre, découverte à Geronisos en 1994. Des traces de la crinière sculptée sont préservées, ainsi qu’une moulure de corniche ou de gouttière. Cette trouvaille fournit une nouvelle preuve de l’existence sur l’île d’un bâtiment important et richement décoré. La tête de lion était sans doute enduite et peinte et elle ornait un monument, peut-être un temple. Les fouilles du secteur central ont également permis de recueillir un riche matériel du Chalcolithique Ancien (vers 3800 av. J.-C.). Mentionnons, entre autres, une perle de picrolite en forme de huit, des outils de pierre dont une petite hache-burin, et de grandes quantités de céramique Red Burnished.

Lire la suite
Sur le site antique d'Idalion, dans le district de Nicosie, la fouille programmée du sanctuaire dans la zone Sud de la ville basse s'est poursuivie sous la direction de P. Gaber en 2009 (Lycoming College Expedition to Idalion). Ce sanctuaire a été nommé « Sanctuary of the Paired Deities » en raison de la présence de deux pierres dressées dans la pièce centrale qui contenait les autels et les fosses de cendres. Les fouilles se sont concentrées sur l’extrémité Est du complexe, où l’on a dégagé de nombreux de murs, tous parfaitement alignés sur les murs découverts lors des campagnes précédentes. Les vestiges architecturaux se trouvaient très près de la surface. Les murs étaient construits en briques crues sur un socle de pierre. Ces structures appartiennent vraisemblablement à un état hellénistique et romain d'édifices de la période chypro-classique. On y observe notamment des ajouts d'éléments de mortier et de brique crue. Une fosse à revêtement de plâtre a été dégagée dans un des sondages : elle contenait beaucoup d’ossements, quelques fragments de figurines de terre cuite, un fragment de sculpture en pierre et deux inscriptions chypro-syllabiques. Un dépôt votif découvert dans les débris de briques crues mentionnés plus haut témoigne de la longévité du caractère sacré du site. En d’autres termes, après l’abandon du site, quelqu’un a trouvé un vase antique, une tête de terre cuite et une figurine de cheval en terre cuite (qui proviennent peut-être du pillage d’une tombe) et il s’est souvenu que ce site était celui d’un sanctuaire. Outre les structures tardives situées à l’extrémité Est du temenos, on a également dégagé un mur chypro-archaïque avec des tranchées de fondation dans la partie Ouest du sanctuaire.

Lire la suite
Dans une zone agraire à environ 4 km du village de Kalavasos, une campagne de fouille a eu lieu sur le site de la fin du Néolithique/début du Chalcolithique de Kalavasos-Kokkinogia, sous la direction de J. Clarke (University of East Anglia). C’est le site le plus au Sud parmi la concentration de sites localisés à l’intersection de l’ancienne route Nicosie-Limassol et de la route menant au village côtier de Zygi, parmi lesquels on peut citer le site du début du Chalcolithique de Kalavasos-Agious et celui occupé pendant plusieurs périodes de la préhistoire de Kalavasos-Pamboules. Cette campagne a permis d’achever la première phase de fouilles dans le cadre du Kalavasos Prehistoric Project avant la publication des fouilles de Kokkinogia. Au cours des dernières années, les fouilles de Kokkinogia ont révélé un complexe de « chambres et tunnels » impressionnant, ainsi qu’une série de chambres individuelles et inter-connectées. La fonction de ces structures souterraines demeure énigmatique. Beaucoup d’entre elles ont été scellées après leur utilisation, ou bien elles ont été réutilisées pour des tâches diverses, comme la fabrication d’ocre ou le stockage d’objets. Comme la plupart ont été retrouvées complètement vides, leur fonction première n’est pas assurée. Outre le complexe de « chambres et tunnels » et les chambres individuelles, les fouilles ont mis au jour une structure circulaire unique, partiellement creusée dans le rocher, avec un trou de poteau central et une succession de sols de calcaire tassés. Cette structure était apparemment associée avec au moins une des chambres souterraines mais elle avait certainement une fonction différente. Enfin, Kokkinogia était un lieu de nécropole. Au moins six individus ont été inhumés dans des fosses et des chambres autour de la structure. Dans une fosse peu profonde ont été découverts les ossements, en connexion anatomique, d’une jeune femme et les os longs d’un autre individu. Dans une autre fosse reposaient trois squelettes entiers, l’un sur l’autre. Dans une structure de type chambre avaient été empilés les os d’un autre individu.

Lire la suite
La fouille de l'habitat du Bronze Ancien et Moyen au lieu-dit Skalia, près de la commune moderne de Kissonerga, dans la région de Paphos, s'est poursuivie en 2009 sous la direction de Lindy Crewe (Université de Manchester). La zone qui entoure le village de Kissonerga possède de nombreux vestiges préhistoriques. Elle a été occupée depuis le début du Néolithique et elle a abrité un important établissement du Chalcolithique. Nous pouvons désormais affirmer que cette occupation s’est poursuivie à l’Âge du Bronze (2400-2650 av. J.-C. environ), ce qui témoigne d’une occupation continue pendant plus de 6000 ans. La fouille des vestiges architecturaux mis au jour lors des deux premières campagnes de fouille s'est poursuivie. Une grande structure circulaire (diamètre : 2-2,5 m) a été dégagée : elle possédait une ouverture large et des parois qui peuvent être interprétées comme des murs droits enduits de terre ou comme une couverture en dôme. Dans les dépôts cendreux à la base de la structure, on a découvert une grande jarre de stockage en partie écrasée, qui était placée droite dans une fosse, avec une marmite au fond (fig. 1). La nature de cette construction, qui ne possède aucun parallèle pour cette période, et sa fonction éventuelle n'ont pas encore été établies. Dans le sondage voisin, on a fouillé plusieurs niveaux de sols situés à l’intérieur d’un bâtiment rectilinéaire, d’un type caractéristique de l’Âge du Bronze (fig. 2). Sur le niveau de sol le plus ancien reposaient des ossements animaux, des coquillages marins comestibles, un hameçon de cuivre, des jarres de stockage et des marmites : le bâtiment devait avoir une fonction domestique. On a continué le dégagement, sur une longueur de 17 m, du mur de petit appareil qui avait été partiellement mis au jour dans la partie Nord du site en 2007-2008. Contre la face interne du mur, on a découvert un niveau de sol, avec des fosses à surface enduite, des tessons céramiques et des outils en pierre. À l’extérieur, on a mis au jour une surface pavée, faite de galets et de céramique, ainsi qu’une structure construite qui n'a pas été identifiée. C’est le dernier état d’occupation conservé dans cette zone de l’habitat. On peut le dater, d’après la céramique, du tout début du Bronze Récent, moment où le site paraît avoir été abandonné. On n’a, pour le moment, repéré aucune subdivision sur le côté interne du mur, et sa fonction demeure incertaine.   Au terme des trois campagnes de fouilles, on peut observer des ressemblances, mais aussi des différences avec d’autres sites contemporains de l’île. D’autres campagnes sont nécessaires pour dégager plus largement les vestiges architecturaux du site et pour établir la nature de son occupation. Parmi les trouvailles, mentionnons des objets en cuivre, des vestiges d’activité textile (documentée par des fusaïoles) et de nombreux outils en pierre, dont des poids et des instruments agricoles. Une scorie découverte en 2009 prouve la pratique d’activités métallurgiques tandis que la présence de céramique White Painted fabriquée dans le Nord-Ouest de l’île montre que les habitants du site avaient des contacts avec d’autres régions de Chypre. Il reste à établir pourquoi les habitants de Kissonerga-Skalia ont choisi de vivre près de la côte et non pas à l’intérieur des terres, comme sur tous les autres site chypriotes connus du Bronze Ancien et Moyen. D’autres questions doivent également être explorées lors de campagnes futures, notamment celle de la fondation du site au Bronze Ancien et les raisons qui ont conduit à son abandon au début du Bronze Récent.

Lire la suite
Au Sud-Ouest de Limassol, au lieu-dit Kolossi, M. Solomidou-Ieronymidou, D. Nikolaou, M. Makris-Chamberlain et A. Tavelis ont poursuivi en 2009 la fouille systématique du moulin à sucre médiéval. La structure de pierre ellipsoïdale qui avait été découverte en 2008, immédiatement à l’Ouest de l’aqueduc a été complètement dégagée. Dans le secteur Sud, où la fouille a été étendue, les escaliers modernes ont été enlevés et un mur de contrefort d’une largeur de 1,50 m et d’orientation Nord-Sud a été mis au jour. Soutenant le mur oriental sur son côté Ouest, il correspond vraisemblablement à une phase de consolidation postérieure du monument. Cette construction postérieure s’appuie, au Sud, sur un mur perpendiculaire d’orientation Est-Ouest et qui lui est antérieure. À l’Ouest du mur de contrefort a été découvert, sous les couches archéologiques les plus récentes, un sol correspondant à un espace qui n’a pas encore été entièrement dégagé. Il est constitué d’une mince surface de mortier avec quelques traces de charbon ; il est légèrement incliné vers le Sud. La céramique recueillie est assez homogène, avec essentiellement des fragments de vases utilisés pour le raffinage du sucre et quelques tessons de céramique glaçurée de Lapithos, surtout dans les couches les plus profondes. La fouille a également porté sur les limites Sud-Ouest de la zone explorée. Elle a permis de déterminer l’extension vers le Sud du mur le plus occidental (en l’état actuel du dégagement) du moulin à sucre. Ce mur, d’orientation Nord-Sud, a été mis au jour sur 2,50 m supplémentaires, ce qui représente une longueur de 16 m, mais il est probable qu’il se poursuivait au-delà. Les tessons de céramique sont, dans cette zone, sensiblement moins nombreux. Parmi les trouvailles, mentionnons, entre autres, une coupe glaçurée fragmentaire, un vase fragmentaire à glaçure verte et deux briques dont la surface était brûlée. Cette extension du mur Ouest correspond sûrement à une addition postérieure au mur original. Après l’enlèvement de la dernière couche archéologique, le rocher est apparu. Il est, à cet endroit précis du mur, profondément entaillé et recreusé selon une pente Nord-Sud. C’est d’ailleurs ce qu’on avait déjà constaté lors de la fouille de 2007. Cet entaille du rocher, qui forme une rigole peu profonde, se poursuit vers le Sud, où son emprise est matérialisée par deux pierres taillées, liées entre elles et fixées au rocher par du mortier blanc. Le mortier recouvre également légèrement la zone en creux.  

Lire la suite
Sur la pente Sud de la colline de Fabrika, à Néa Paphos, la fouille du théâtre hellénistique et romain s'est poursuivie en 2009 sous la direction de J. R. Green et de C. Barker (Université de Sydney). Dans le secteur au Sud du théâtre, la fouille a mis en évidence la relation entre le théâtre et la rue romaine orientée Est-Ouest, découverte dans les années 1990. Cela permet d'insérer le bâtiment de manière précise dans la trame urbaine antique (fig. 1). Dans l'angle Sud-Est du théâtre, sous les couches liées à la destruction et l'abandon du monument qui ont engendré de nombreuses perturbations, les fouilles ont dégagé la majeure partie de la parodos Est du théâtre, ainsi que les fondations qui supportaient, du côté Est, l’extension du théâtre à l’époque antonine, vers le milieu du IIe s. apr. J.-C. Immédiatement au Sud de cette parodos, un bâtiment important a été mis au jour (Long. 20 m, larg. 5 m, préservé jusqu'à une hauteur de 1,20 m) ; il est ouvert sur la rue romaine d’orientation Est-Ouest, mais son alignement est différent de celui du théâtre. Aucune entrée n'a été identifiée dans les murs épais revêtus d'une forte couche de plâtre imperméable, chanfreinée et arrondie aux angles. Le sol est entièrement recouvert d’une mosaïque de couleur gris-brun, avec quelques traces d’un motif d’étoiles. La fouille des parties Est et Ouest de l’intérieur du bâtiment s'est achevée, conservant une large berme au centre. Ni la fonction de ce bâtiment ni sa datation précise et sa relation avec le théâtre n'ont pu être déterminées pour le moment. Il est possible qu’il s’agisse d’une fontaine monumentale ou d’un bassin (fig. 2-3). Sa localisation, près des portes de la ville, dans un endroit de passage, conforte cette interprétation. Le bâtiment peut avoir été lié aux représentations qui avaient lieu dans le théâtre lors de sa phase la plus récente, lorsque l’orchestra était transformée en bassin. Trois sondages ont été implantés à l’Est, à l’Ouest et au Sud de ce long bâtiment afin de déterminer son aspect extérieur sur la rue. La rue longeait le mur Sud du bâtiment. Contre ce mur, on a partiellement dégagé un bassin semi-circulaire enduit de plâtre, qui permettait aux passants d’avoir accès à l’eau. Le sondage Ouest a mis en évidence un chemin en pente légère qui menait de la rue jusqu’à une entrée dans la parodos Est, formant l’une des entrées principales dans cette partie du théâtre. Un sol de mosaïque, très abîmé, recouvrait la majeure partie de l’entrée. Quel qu’ait été son usage précis dans l’Antiquité, le long bâtiment a fini par être utilisé comme décharge pour les fragments architecturaux du théâtre quand, après sa destruction, les pierres du bâtiment de scène ont été récupérées. On y a découvert des chapiteaux (fig. 4), des fragments de colonnes, des niches, des corniches et d’autres éléments architecturaux qui nous permettent de mieux saisir l’apparence du bâtiment de scène. Une fouille de petite ampleur, immédiatement au Sud du site, a mis partiellement au jour un complexe d’époque post-médiévale, avec une cour et une série de fondations de murs. On a également procédé à un petit nettoyage de la partie Ouest de la cavea afin de déterminer l’éventuelle présence de murs et de plateformes datant des premières phases du théâtre.  

Lire la suite
À environ 25 km au Sud-Ouest de Nicosie, près du monastère de Saint Irakleidios, sur les premiers contreforts riches en cuivre du Troodos, une nouvelle campagne de fouilles a eu lieu sur le site de Politiko-Troullia en 2009 sous la direction de Steven Falconer et Patricia Fall (Arizona State University). Les structures mises au jour appartiennent à un établissement de l’Âge du Bronze (vers 2000-1500 av. J.-C.) qui apparaît comme le prédécesseur immédiat de Tamassos, capitale d’un royaume important de l’Âge du Fer. Dans le secteur Ouest du site, on a dégagé une série de maisons, implantées autour d’une grande cour commune. Les vestiges recueillis témoignent de la pratique de l’élevage, de l’agriculture, mais aussi d’activités métallurgiques et céramiques au cours du Bronze Moyen, c’est-à-dire juste avant la naissance des villes à Chypre, au Bronze Récent. Les résultats des fouilles de Politiko-Troullia permettent de mieux saisir, dans leur réalité archéologique, les communautés qui ont préparé le développement d’une civilisation urbaine dans l’île. D’après les données de la fouille, l’occupation du secteur Ouest est légèrement antérieure à celle du secteur Est, qui avait été exploré en 2007 et qu’on peut placer vers la fin du Chypriote Moyen. Il semble donc que la communauté agricole était dans un premier temps organisée en maisons implantées autour d’un espace commun. Par la suite, l’habitat était constitué de séries de pièces. Il semble que les habitants de Politiko, d’abord chasseurs et cueilleurs autant qu’éleveurs et agriculteurs, soient devenus exclusivement éleveurs et agriculteurs. Les fouilles futures permettront de préciser ce tableau, notamment grâce à l’exploration du secteur Ouest, où des couches en place du début du Bronze Moyen paraissent conservées.

Lire la suite
Dans la région de Paphos, une campagne de fouilles s'est déroulée à Prastio-Mesorotsos en 2009, sous la direction d’Andrew McCarthy, où l'équipe met au jour les vestiges d'un habitat dont l'occupation s'échelonne entre le Néolithique et l'époque médiévale. Huit secteurs du site (qui mesure environ 10 hectares) ont été explorés, révélant des couches en place du Néolithique, du Chalcolithique, de l’Âge du Bronze, de l’Âge du Fer, de l’Antiquité tardive et de l’époque médiévale. En tout, plus de 100 m2 ont été dégagés. Cette première campagne de fouilles a confirmé que des couches en place étaient conservées sur le site, ce qui permettra peut-être de mieux comprendre certaines évolutions de société, par exemple la transition entre le Néolithique et le Chalcolithique. La découverte de vestiges architecturaux du Bronze Moyen dans une zone où l’on a recueilli du matériel du Bronze Ancien et du Chalcolithique Récent est particulièrement encourageante : peut-être pourra-t-on mettre en évidence une séquence stratigraphique continue. Il est également important de noter que le site semble avoir été abandonné au Chypriote Moyen III, c’est-à-dire au moment où Palaepaphos (Kouklia) devient le centre régional de l’Ouest de Chypre. Déterminer les raisons et la datation précise de l’abandon de Prastio-Mesorotsos permettra d’éclairer les circonstances qui ont fait de Palaepaphos un centre si important au Bronze Récent. Après les troubles qui ont accompagné la fin du Bronze Récent, le site de Prastio-Mesorotsos a été réoccupé à l’Âge du Fer et il a vraisemblablement connu une occupation continue jusqu’à fort récemment, comme l’a prouvé la découverte d’assez nombreux vestiges médiévaux et d’une grande aire de battage. La poursuite de la fouille est susceptible de fournir des informations pour mieux appréhender les changements sociaux sur la longue durée dans la partie Ouest de Chypre.

Lire la suite
Au Nord de Larnaca, une nouvelle campagne de terrain s'est déroulée à Pyla en 2009, dans le cadre du Pyla-Koutsopetria Archaeological Project (PKAP), sous la direction de W. Caraher (University of North Dakota), R. Scott Moore (Indiana University of Pennsylvannia) et D. K. Pettegrew (Messiah College). Ce programme vise, depuis 2003, à étudier cette zone côtière grâce à des prospections, pédestres et géophysiques, et des sondages. Six petits sondages ont été ouverts sur les sites de Vigla, Koutsopetria et Kokkinokremmos, afin de tester les résultats obtenus par les prospections pédestres et géophysiques des années précédentes. Les sondages implantés sur la colline côtière de Vigla ont révélé l’existence d’une implantation hellénistique (IVe-IIIe s. av. J.-C.). Un mur de fortification imposant entourait un habitat. La céramique était écrasée en place sur le sol, sous l’effondrement des murs de briques crues. Ces bâtiments abritaient peut-être des mercenaires ou des garnisons installés là pour surveiller une partie de la côte particulièrement vulnérable, à proximité de la ville cosmopolite de Kition. Peut-être s’agissait-il de maisons de particuliers qui se sont installés dans des villages fortifiés lors de périodes de troubles politiques. Les sondages sur la crête voisine de Kokkinokremmos ont mis au jour deux portions d’un mur d’enceinte complexe, datant du Bronze Récent. D’après la structure du mur lui-même, on peut suggérer que le site n’était pas véritablement fortifié, mais qu’il était entouré par une série de structures imbriquées. Sans doute ces structures étaient-elles impressionnantes pour l’attaquant, mais la présence de portes dans le mur extérieur montre que les habitants privilégiaient un usage pratique à un usage purement défensif. La dernière zone explorée a été la basilique paléochrétienne de Koutsopetria. Il s’agissait de mieux déterminer les phases de réparation et de remaniement, au cours des Ve, VIe et VIIe s. apr. J.-C. de ce bâtiment, connu depuis longtemps mais dont l’histoire complexe restait mal comprise. Les sondages ont porté sur une pièce annexe qui avait été endommagée à plusieurs reprises avant que le toit et le second étage ne s’écroulent dans des circonstances apparemment dramatiques. En outre, une prospection géophysique de dix jours, en collaboration avec Beverly Chiarulli (Archaeological Services Laboratory de l’Indiana University of Pennsylvania) a permis de localiser plusieurs zones où les structures enfouies paraissent nombreuses.

Lire la suite
À l'Est de la ville de Paphos, une nouvelle campagne de fouilles s'est déroulée sur le site de l’habitat chalcolithique de Souskiou-Laona, sous la direction d’E. Peltenburg (Lemba Archaeological Research Centre et Université d’Edimbourg). En 2008, la fouille avait mis au jour un cinquième cimetière sur la colline Ouest de Laona, mais l’exploration menée en 2009 n’a pas permis de retrouver le moindre ossement humain à l’intérieur des fosses dont la forme est pourtant proche de celle de tombes : il est possible que ces fosses et d’autres structures retrouvées sur cette colline aient servi à d’autres usages. On a pu montrer que les bâtiments découverts en 2008 sur la colline Ouest n’étaient pas des ensembles isolés, mais qu’ils constituaient une partie importante de l’établissement. Au moins cinq bâtiments ont été identifiés, dont trois forment un ensemble. Les cinq bâtiments sont alignés en une seule file sur une terrasse allongée. Ils constituent ainsi une bande de maisons nettement délimitée par les contours de la terrasse, sur le haut du versant Sud de la colline. La présence de meules et d’autres mobiliers lourds au-dessus de cette bande semble indiquer qu’il y avait d’autres alignements de maisons parallèles. Ainsi, ces nouvelles découvertes suggèrent que l’établissement de Laona était suffisamment important pour rendre compte du nombre d’inhumations attestées dans les nécropoles. Il faudra préciser davantage la chronologie de l’habitat et des nécropoles. De fait, les datations radiocarbones calibrées obtenues dans le cadre de l’Opération B témoignent d’une occupation du Chalcolithique Moyen plus longue que ce que l’on supposait. Cela montre que l’habitat est resté en usage jusqu’au début du IIIe millénaire. Lors de la campagne de 2008, le décapement du colluvionnement sur la colline Est avait révélé la présence de quatre constructions superposées dont l’une d’entre elles a sans doute réutilisé en partie un mur antérieur. Le matériel était resté en place sur le sol : il comprenait différents objets de pierre, en particulier un bol en pierre de forme grossièrement rectangulaire, avec un trou de fixation sur le côté, d’un type exceptionnel. La céramique semble dater d’une phase ancienne du Chalcolithique Moyen. Immédiatement à l’extérieur du mur remployé, on a découvert une rosette en céramique à perforation centrale, peut-être un élément d’incrustation ou d’applique. Dans la structure voisine, les habitants ont également abandonné une grande quantité de matériel. On a procédé, dans toute cette zone, à des échantillonnages systématiques pour analyse microstratigraphique et de phosphate. Il apparaît que, sur la colline Ouest comme sur la colline Est, les habitants ont décapé le sol (s’il y en avait) pour utiliser le rocher calcaire naturel. Ces décapages ont peut-être favorisé l’érosion des versants les plus pentus et entraîné la chute de blocs de calcaire sur la zone d’habitat. Des blocs similaires soutenaient une terrasse qui délimitait deux zones d’occupation, sur une terrasse haute et sur une terrasse basse, dans l’Opération B. Les bâtiments 920 et 1015 étaient situés sur la terrasse inférieure, à proximité d’un foyer creusé dans le rocher, d’un four et d’un foyer en surface. Ce dernier contenait de nombreux ossements animaux. L’ensemble était entouré d’importants dépôts de mobilier. Ces installations de cuisine à l’air libre ont précédé toute construction. On peut en déduire que le site de Laona a d’abord été un lieu de campement avant de devenir un lieu d’habitat permanent.

Lire la suite
Sur les contreforts du Troodos, à une altitude de 470 m, une courte étude géologique et archéologique a eu lieu en 2009 au lieu-dit moderne Rhoudias, sous la direction de N. Efstratiou (Université de Thessalonique), a la suite de la découverte d'un important site « pré-néolithique » à cet endroit, l'année précédente. Cette mission a consisté en : 1) une détermination géologique du site ; 2) un ramassage de surface systématique sur une grande portion du site à l’aide d’un carroyage afin de confirmer son caractère pré-néolithique ; 3) l’implantation de petits sondages exploratoires afin de définir les différents niveaux archéologiques et leur matériel (essentiellement lithique) et de prélever des échantillons pour une datation C14.   Le géologue P. Karkanas a confirmé que la terrasse sur laquelle le site est installé date du Pleistocène et qu’il s’agit d’une terrasse fluviale. Il a également localisé précisément la position initiale du site et il a repéré les gisements variés de silex de la région. Enfin, il a déterminé les dépôts géologiques dans lesquels on pouvait espérer découvrir du matériel archéologique in situ. Le ramassage de surface a livré une riche collection de matériel lithique. Quant aux sondages exploratoires, qui ont été fouillés en suivant le protocole d’une fouille paléolithique, ils ont révélé un matériel en place (outils, lames, ossements animaux, résidus organiques) dans les couches qui avaient été indiquées par le géologue et qui possédaient une épaisseur suffisante. Les outils lithiques découverts dans des contextes stratifiés montrent que le site a connu une occupation longue. On estime sa surface à plusieurs dizaines de mètres carrés.   L’étude préliminaire des outils lithiques repose pour l’instant sur le matériel collecté en surface. L’assemblage de Rhoudias suggère que le site a d’abord été un lieu de campement. Les premières pièces comprennent un bon nombre d’outils géométriques et de lames de silex qui appartiennent à l’horizon culturel des premières installations côtières de l’île. Puis on trouve des lames fines qui renvoient davantage à la tradition néolithique. Le caractère et la chronologie de l’établissement de Rhoudias ne pourront toutefois être établis que lorsqu’on aura étudié le matériel provenant des couches en place et lorsque les datations C14 auront été obtenues. Les résultats des prospections et des fouilles de 2009 sont très satisfaisants et ils paraissent confirmer, du moins en ce qui concerne la technologie lithique, que le site appartient à l’horizon pré-néolithique de Chypre.

Lire la suite
Près de la commune de Pano Pyrgos, au lieu-dit Auli, une nouvelle campagne de fouilles a eu lieu sous la direction de S. Perdikis, sur la zone située au Nord des vestiges identifiées en 2008. Comme on s’y attendait, le bâtiment, entièrement construit en blocs de grès, s’étendait vers le Nord. Il possédait une aile Est, mesurant environ 38 x 6,30 m, d’orientation Sud-Nord, et qui représentait probablement la partie la plus importante de l’édifice. Cette aile comprenait six pièces de longueurs différentes (de 5,50 à 6,90 m), la pièce 6 étant particulièrement grande (9,70 x 5,39 m). Dans son dégagement actuel, ce bâtiment médiéval possédait donc huit pièces de dimensions variées. Il s’étendait vers l’Ouest, où l’on a mis en évidence une troisième aile, d’orientation Est-Ouest, qui prolonge au Nord l’aile Est. La fouille de l’aile Ouest est en cours : seule une pièce, la huitième en enfilade, a été fouillée. Ses murs passent sous la maison moderne abandonnée, construite au cours des premières décades du XXe siècle. Cette pièce est située au point le plus élevé du rocher. Dans la partie médiane de son mur Sud, une porte avec un seuil monolithe en place (mesurant 1,10 x 0,76 m) indique le niveau de sol du bâtiment. Dans la parcelle 503, au Nord-Ouest, on a repéré des portions de murs construits en pierres locales volcaniques prises dans du mortier. Aucun plan n’apparaît pour le moment, mais il semble clair que ces murs sont en relation avec l’édifice mis au jour dans la partie Est de la zone. Les pierres du bâtiment médiéval ont été largement pillées à la fin du XIXe siècle et réutilisées pour construire les maisons du village de Pano Pyrgos. Ces dernières ont été inventoriées et photographiées. Parmi le mobilier recueilli, on signalera de la céramique comprenant à la fois des fabriques Plain White et glaçurées. Les fragments de vases à glaçure sont de grandes dimensions et de belle qualité. Ils comportent des importations (majolique). Parmi le matériel métallique, mentionnons un anneau de bronze à décor gravé et deux monnaies médiévales (un denier d’argent d’Henri II de Lusignan, 1285-1324, et un tornecello de bronze du doge de Venise Andrea Kontarini, 1368-1382). Dans les niveaux supérieurs de la fouille, on a découvert une pipe ottomane Red Slip.   On a, par ailleurs, fait une prospection dans la région de Mansoura, qui a permis de localiser 47 tombes qui, d’après la céramique recueillie en surface, datent des périodes hellénistique et romaine.

Lire la suite
AVERTISSEMENT
La Chronique des fouilles en ligne ne constitue en aucun cas une publication des découvertes qui y sont signalées.
L'EfA et la BSA ne peuvent délivrer de copie des illustrations qui y sont reproduites et dont ils ne détiennent pas les droits.