Chronique des fouilles en ligne
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THESSALONIQUE. - Rue Moskof
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4
Informations générales
Numéro de notice 5762
Année de l'opération 2010
Date de modification 2016-10-20
Nature de l'opération Fouille - Sauvetage
Institution(s) 9e éphorie des antiquités byzantines
Notice
À Thessalonique, A. Chatziioannidis, Ch. P. Tsamisis et D. Delidimitriou (9e éphorie des antiquités byzantines) ont mené en 2010 une fouille de sauvetage à l’angle de la Place Dimokratias et de la rue Moskof et ont mis au jour les vestiges de constructions appartenant à six phases datées entre le IVe s. apr. J.-C. et le milieu du XXe s. (fig. 1-2)
  • La phase la plus ancienne est représentée par des murs en pierre et en terre, dégagés dans l’angle Nord-Ouest du terrain. Il s’agit de deux murs parallèles, orientés Nord-Sud, d’une longueur de 5 et de 20,50 m et d’un mur transversal (une cloison), d’une longueur de 5 m, qui divise l’espace en deux sans laisser de trace de porte.  Aucune identification ni datation n’ont été proposées, mais la couche de remblai qui recouvre cette phase de construction comporte de la céramique à vernis noir, de la sigillée, des amphores LRA 1 et LRA 2 ; les monnaies suggèrent que ce bâtiment était déjà arasé au début du IVe s. ou après 322, après la mise en place du programme constructif du nouveau port de Thessalonique.
  • La deuxième phase est un grand bâtiment public constitué de six portiques parallèles de 4 m de largeur, sur un axe Nord-Sud (fig. 1). Le prolongement de ces portiques a été dégagé sur le terrain immédiatement au Sud, les dimensions restituées de ce bâtiment sont donc 53 x 31 m ; d’autres portiques similaires ont été trouvés sur le terrain immédiatement à l’Est, suggérant que le bâtiment appartient à un complexe plus large d’entrepôts, construits dans la première moitié du IVe s. Les murs extérieurs, d’une épaisseur de 1,10 m et construits en appareil de pierres et de briques, sont dotés de contreforts espacés de 4,50 m. Entre ces murs, l’espace est divisé par 5 rangées de piliers, une centrale et quatre latérales. La rangée centrale de piliers est renforcée par un muret qui englobe les piliers. Le mode de construction initial date du IVe s., tandis qu’on constate des traces de réfection qui pourraient dater des Ve-VIe s. ou plus tard : on observe en effet d’importantes rénovations et ajouts sur le noyau d’origine, peut-être datables des VIIe-VIIIe s. : les espaces allongés sont transformés en pièces plus petites et les sols sont assainis et rehaussés. Les pièces sont en usage jusqu’au Xe s.
  • Dans une troisième phase, les entrepôts sont détruits, au milieu du XIe s., et la majeure partie des murs sont arasés. Un péribole en moellons, fragments de briques et terre (long. 41 m ; larg. 0,60 m) est construit sur les niveaux de destruction de l’état précédent. Une canalisation maçonnée et couverte de plaques de schiste a été dégagée à l’intérieur du péribole. Le mobilier de cette phase compte des monnaies de bronze (XIe-XIVe s.) et de la céramique des XIIe-XIIIe s.
  • L’espace est occupé, dans une quatrième phase, par une partie d’une nécropole, dont une autre partie avait été dégagée sur le terrain immédiatement au Sud : les tombes sont aménagées dans les niveaux qui recouvrent les ruines du péribole. On a dégagé un ensemble de 24 tombes à fosse (fig. 3). Autour des tombes, les sédiments comportaient de la céramique commune et glaçurée des époques paléologue et ottomane. Le mobilier des tombes elles-mêmes compte des bijoux en bronze, des lames de silex, quelques monnaies de bronze du XIVe s.  La nécropole est vraisemblablement liée à la fondation d’une église de l’époque paléologue : les sources ottomanes mentionnent en effet le Sanctuaire de l’Église de la Porte du Vardar.
  • Le niveau au-dessus (cinquième phase), daté de l’époque ottomane, compte des restes de murs, d’égouts, de puits et de fosses-dépotoirs. On y a recueilli de la céramique importée des XVIe-XIXe s. : Iznik, Maïolique, porcelaines.
  • Avant le début de la fouille, le terrain était occupé par un bâtiment construit à l’entre-deux-guerres dans le style rationaliste italien, qui abritait à cette époque le collège italien (fig. 4). Pendant l’occupation allemande, on y a installé le siège de la Gestapo, puis, après la Libération, le siège de la Sécurité Nationale. Après le retour de la démocratie, il abrita la Banque Nationale avant d’être vendu pour la construction d’un centre commercial. Les façades du bâtiment ont été classées monument historique et vont donc être conservées.
Mots-clés Canalisation - Édifice Public - Habitat - Installation hydraulique - Port - Production/extraction - Puits - Sépulture - Stoa
Chronologie Période byzantine - Protobyzantine - Médiobyzantine - Tardobyzantine - Période moderne - Post-indépendance
Bibliographie
Référence bibliographique
A. Chatziioannidis, Ch. P. Tsamisis, D. Delidimitriou, Θεσσαλονίκη: σωστική ανασκαφή οικοπέδου στη συμβολή της πλατείας Δημοκρατίας με την οδό Μοσκώφ, ΑΕΜΘ 24 (2010)[2015], 273-285.
Auteur de la notice EfA
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