Chronique des fouilles en ligne
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MOLYVOTI. - Strymè antique
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
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Fig. 9
Informations générales
Numéro de notice 5057
Année de l'opération 2014
Date de modification 2015-09-08
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) American School of Classical Studies at Athens
Fiche(s) associée(s) 2013 - 2014 - 2015 - 2016
Notice
Près de Molyvoti, au Sud-Ouest de Komotini, N. T. Arrington (ASCSA/Princeton University), Th. F. Tartaron (ASCSA/University of Pennsylvania), D. Terzopoulou et M. Tasaklaki (XIXe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques) ont poursuivi en 2014 les recherches dans le cadre du programme « Molyvoti, Thrace Archaeological Project » (MTAP) : la fouille s’est concentrée sur les trois secteurs révélés l’année précédente : celui d’une maison, celui d’un croisement de rues et celui d’un pithos (fig. 1). Une prospection de surface a également été menée sur l’étendue de la ville et dans l’arrière-pays proche.
Dans le secteur Nord-Ouest, on a ouvert un sondage afin d’explorer le contexte du pithos mis au jour en 2013 près d’une tranchée de la première guerre mondiale. À environ 1 m du pithos, on a mis au jour une structure maçonnée en pi. Des traces de sol appartiennent vraisemblablement à cette structure, mais on a constaté d’importantes perturbations de l’époque moderne dans ce secteur.
 
Dans le secteur Sud-Ouest, des sondages ont été ouverts afin de dégager le croisement de rues mis au jour en 2013. On a découvert deux grands blocs de granit placés dans le remplissage de la chaussée, aux angles Sud-Ouest et Sud-Est du croisement. Un sondage en profondeur (0,60 m) a révélé du mobilier sous le niveau des murs, qui permet de dater les rues et le plan hippodaméen du IVe s. av. J.-C. À l’Est, la rue était installée quelques centimètres seulement au-dessus des vestiges d’une structure antérieure : des restes de sol de galets en sont conservés, ainsi qu’une couche préparatoire comportant des moellons et des blocs de construction.
 
À l’angle Nord-Est du croisement, on a dégagé les vestiges d’une maison de l’époque classique (fig. 2) construite selon le plan hippodaméen (dim. 18,5 x 18,5 m, d’après les résultats de prospection géophysique). On a également dégagé une canalisation maçonnée qui allait de la maison à la rue. À l’intérieur de la maison, on a mis au jour un important dépôt de tuiles et de tessons de céramique de transport, de stockage et de cuisine (fig. 3). Près du mur extérieur Sud-Est de la maison, on a trouvé un bord d’amphore provenant d’Égée du Sud (Cnide ?) qui permet de dater l’abandon de la maison après 275-250 av. J.-C. Une pierre précieuse représentant Hermès (fig. 4b) et datant de l’époque romaine provient des niveaux supérieurs, perturbés, de la construction.
 
Au Sud-Est, la maison adjacente avait été explorée dans les années 1990 : on a poursuivi la fouille et révélé le mur extérieur Sud-Ouest sur une longueur supplémentaire de 8,50 m, ainsi que plusieurs murs intérieurs qui définissent des espaces nouveaux (fig. 5). Le dépôt de tuile de l’espace a, mis au jour en 2013, a été fouillé cette année : dans les niveaux inférieurs au sol, on a recueilli une grande quantité de tessons archaïques, alors que le dépôt lui-même date d’environ 400 av. J.-C.
 
L’espace γ est défini par des murs qui datent de l’occupation romaine tardive de la maison. L’espace δ est défini au Nord-Est par des murs qui datent de l’époque romaine tardive et au Sud-Ouest par des murs de l’époque classique-hellénistique. Le dégagement de la couche de tuiles a fait connaître des stucs muraux de couleur rouge et jaune, ainsi qu’une tuile inscrite (ΑΡΙΣΤΟΚΛΕΟΣ). Le matériel provenant de la destruction de cette pièce semble avoir été déposé dans la pièce ζ, sur une épaisseur de 25 cm : on signale la présence de fragments d’antéfixes similaires à ceux d’Abdère. L’espace β est un grand espace qui a pu être une cour. Au Nord-Ouest de cet espace, dans le couloir entre le mur extérieur et l’espace ε, on a dégagé une épaisse couche de tuiles et de vases de stockage, ainsi que de mobilier divers (tessons de canthares, une monnaie, une lampe, une tuile inscrite, une anse timbrée d’amphore thasienne ([Θ]ΑΣΙΩΝ), datée de 315-310 av. J.-C. et deux pesons. Sous cette couche, on a mis au jour une canalisation construite en tuiles. Des espaces στ, η et θ, seules les couches superficielles ont été dégagées en 2014.
On a pu constater qu’à l’époque romaine tardive, des débris de destruction ont été déplacés à l’intérieur de la maison, puis nivelés pour la réaménager. Des murs transversaux ont été construits pour soutenir les longs murs extérieurs et les murs anciens ont été réaménagés. Deux grandes tranchées profondes (enlèvement de canalisations ?) permettent de dater cet état de construction : la céramique la plus récente date de la fin du IVe ou du début du Ve s. apr. J.-C. Deux pithoi au Sud-Est du long mur (L13-096) sont contemporains de cet état.
Ces pithoi ont été abandonnés dans un second état de l’époque romaine tardive : leur partie supérieure a été coupée à l’occasion du nivellement de la zone. Les fondations d’une structure circulaire sont construites au-dessus du long mur (L13-096) ; elles sont entourées d’un remblai noir. Ce remblai comporte des débris, de la céramique, de nombreux os appartenant à des squelettes quasi complets, ainsi que des graines. On a identifié le squelette d’un nourrisson déposé entre la première et la deuxième assise de fondations (fig. 6). Seule une petite perle bleue lui était associée.
 
La prospection de surface menée sur l’ensemble de la ville et de ses abords a révélé une grande densité de tessons de céramique de l’époque classique. Les tessons archaïques ou hellénistiques sont rares : la péninsule avait été abonnée à la fin de l’époque hellénistique et au début de l’époque romaine. On a trouvé du mobilier de l’époque romaine tardive et byzantine, mais celui-ci se concentre principalement dans un nouveau secteur qui se trouve au Sud-Ouest de la péninsule : l’évaluation préliminaire du mobilier suggère qu’il s’agit d’une riche propriété agricole, d’une étendue d’environ 6 ha. On recense de la céramique fine importée et du verre, ainsi que des amphores importées. Par ailleurs, on a relevé une forte concentration de mobilier de l’époque romaine tardive dans le secteur qui est en cours de fouilles.
La grande quantité de fragments d’amphores de l’époque classique dans la région de la ville est remarquable. On a identifié des amphores de type nord-égéen principalement. En revanche on a trouvé très peu de pesons, tandis que des meules étaient dispersées sur le site.
Mots-clés Canalisation - Flore - Habitat - Inscription - Installation hydraulique - Lampe - Maison - Monnaie - Os - Revêtements (mur et sol) - Voierie
Chronologie Antiquité - Classique - Hellénistique - Romaine
Bibliographie
Référence bibliographique
D’après le rapport d’activités de l’ASCSA en 2014.
Auteur de la notice EfA
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