Chronique des fouilles en ligne
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DÉLOS. - Latrines
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Informations générales
Numéro de notice 4770
Année de l'opération 2014
Date de modification 2015-06-05
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) École française d'Athènes
Fiche(s) associée(s) 2014 - 2016
Notice
À Délos, A. Bouet (Université de Toulouse II) a poursuivi en 2014 le programme de recherche « Aux origines de l’hygiène publique : les latrines à Délos », qui se consacre à l’étude des installations sanitaires de l’île de Délos, au nombre de 94. La campagne de 2014 comportait plusieurs aspects : le relevé photogrammétrique des structures, une mission de prélèvements paléoparasitologiques, une analyse pollinique et une analyse de microbiologie marine.
Pour toutes les structures étudiées, un nettoyage de la pièce jusqu’au sol a été effectué avant d’enlever le comblement de l’égout pour en photographier les structures et en faire un relevé 3D.
La recherche a porté sur trois secteurs : trois installations du Quartier du Stade, les latrines publiques de la palestre de Granit et celle de l’Agora des italiens dans le Quartier de Skardhana ; enfin, dans le Quartier du Théâtre, les deux latrines du secteur de l’Aphrodision, la Maison des Dauphins, les îlots III et XII qui correspondent à sa partie occidentale.
Dans le Quartier du Stade, on a conclu notamment à une brève durée de fréquentation des installations de la maison IC, en raison du remaniement des espaces. Dans la maison IA, on a observé une installation accessible par deux portes (fig. 1).
Dans le Quartier de Skardhana, on a étudié les vastes latrines publiques de la palestre de Granit et les latrines de l’Agora des italiens, qui ne possèdent ni alimentation en eau ni évacuation et dont les déchets devaient s'accumuler dans l’angle Sud-Est, où ils étaient retirés à l’aide d’un seau. En bordure de la Rue de l’Est, on a décrit quatre latrines domestiques. Toutes présentent des originalités, tant dans leur structure que dans leur évolution (absence d’alimentation et d’évacuation dans la maison de Léto, deux états dans la maison E et dans celle du Kerdon 2, aménagement original dans l’angle de la cour de la maison C). La structure dite de la maison de Kerdon 1, située dans une pièce indépendante qui s’ouvre directement sur la Rue de l’Est, n’est pas, contrairement à ce qui a pu être écrit, une latrine. Il s’agit plus vraisemblablement d’une boutique ou d’un atelier artisanal. Le sanctuaire d’Apollon a livré une latrine, située à l’arrière du Bouleutérion et du Prytanée et datée de l’Antiquité tardive. En bordure de l’Agora des Compétaliastes (îlot XIV, 2) se trouvaient d’autres latines publiques de l’Antiquité tardive.
Dans le Quartier du Théâtre, les latrines sont nombreuses. Dans le secteur de l’Aphrodision, les maisons 1 et 2 possédaient chacune une latrine : l’une a été conçue dès l’origine, l’autre est le résultat d’un réaménagement. La latrine de la Maison des Dauphins, mal conservée, a pour caractéristique principale un égout disposé sur trois côtés de la pièce, ce qui en fait un unicum dans les latrines privées. Huit latrines ont été prises en compte dans l’îlot III. Leur superficie est globalement plus réduite que dans les autres zones. Elles sont souvent le fruit de remaniements. On constate également une gestion différente des flux d’eaux usées qui s’explique vraisemblablement par la topographie accidentée du terrain. Alors qu’ailleurs, l’eau qui nettoie les latrines provenait de la maison avant de se déverser dans l’égout de la rue, ici, à l’instar des maisons III I (Maison de Cléopâtre) et III J, c’est l’eau de l’égout qui alimentait la latrine.
La recherche paléoparasitologique (31 échantillons prélevés sur 13 îlots) a permis de déceler un spectre de pathogènes parasitaires touchant l’homme, corrélé au péril fécal dans les zones d'habitation urbaines. L’endémie est détectée pour l’ensemble des secteurs fouillés de la ville, avec une prédominance sur l’îlot de l’Établissement des Poséidoniastes de Bérytos. L’ascaridiose et la trichocéphalose semblent pour l’instant constituer le coeur du spectre parasitaire, mais de fortes suspicions de fasciolose, zoonose transmise aux hommes par les bovins, ont également été mises au jour par l’étude.
L'apport exogène est le vecteur le plus fortement mis en évidence ; il a probablement joué un rôle moteur dans la dissémination des pathologies parasitaires à Délos. La confrontation des données étaye l’hypothèse de l’alimentation et du maintien des pathologies parasitaires à Délos à la faveur des flux migratoires humains caractéristiques de la période dite de la « deuxième domination athénienne », entre 167 et 69 av. J.-C. L’afflux de populations migrantes arrivant de zones à forte endémie parasitaire du pourtour méditerranéen pourrait avoir été un facteur de dissémination à Délos.
L’analyse pollinique des divers dépôts qui ont colmaté les structures vise à préciser la végétation de la ville antique et de ses environs immédiats, et à détecter éventuellement des activités agricoles ou artisanales qui pouvaient s'y développer. L'analyse des quinze échantillons répartis sur l'ensemble de la ville permet de constater, malgré quelques disparités, la relative richesse en pollen des sédiments recueillis et une représentation cohérente de la végétation locale et régionale. On note notamment un taux faible de pollen d’arbres (5-20%) : le pin, l’olivier, la vigne, le noyer, le noisetier et le tilleul sont représentés. Les herbacées constituent l'essentiel des grains de pollen rencontrés. Un certain nombre de pollens sont caractéristiques de milieux secs, cependant on a enregistré des pollens liés à l’existence de zones humides, de creux remplis d'eau offrant à ces plantes un biotope favorable.
Mots-clés Flore - Habitat - Installation hydraulique
Chronologie Antiquité - Hellénistique
Bibliographie
Référence bibliographique
D’après A. Bouet, dans son rapport d’activités à Délos en 2014.
Auteur de la notice EfA
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