Chronique des fouilles en ligne
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KITION. - Pervolia
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Informations générales
Numéro de notice 4631
Année de l'opération 2014
Date de modification 2014-11-25
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) Mission archéologique française de Kition et Salamine (CNRS - Université de Lyon 2 - MAE - EfA)
Fiche(s) associée(s) 2012 - 2013 - 2014
Notice
La mission française a mené en 2014 une troisième campagne de fouilles dans la nécropole de Kition-Pervolia, au Nord-Ouest de la ville antique.
L’exploration s’est concentrée sur la partie située à l’Est de la tombe 396, datée du IVe s. av. J.-C., qui avait été fouillée en 2013 (fig. 1). L’objectif principal était d’étudier les deux tombes archaïques qu’on avait localisées lors de la campagne précédente (tombe 398 et locus 29), et de comprendre la relation topographique entre ces dernières et les tombes tardo-archaïques et classiques qu’on avait repérées en surface.
Les tombes archaïques se distinguent par les dimensions de leurs dromoi, environ deux fois plus larges que ceux des tombes classiques, par la présence d’un linteau taillé au-dessus de la porte et par la position de cette dernière, excentrée. La chambre funéraire fouillée cette année (tombe 398) présente, en revanche, le même plan et les mêmes dimensions que les tombes classiques : de forme carrée, elle fait environ 3 x 3 m et elle est voûtée en berceau. Plusieurs aménagements sont notables : trois dalles de gypse étaient posées sur le sol, ainsi que plusieurs blocs, vraisemblablement destinés à supporter des lits ou des cercueils en bois. Alors que les tombes classiques n’avaient livré que des inhumations primaires, la tombe archaïque a révélé une plus grande variété de pratiques. Certes, l’inhumation primaire reste prédominante pour les 17 individus dont on a fouillé les squelettes, mais on observe également un cas de réduction et une inhumation secondaire dans une grande amphore Bichrome (fig. 2). Cette dernière contenait les restes de deux individus, un adulte d’une vingtaine d’années et un enfant de 8-10 ans. Le matériel recueilli dans la chambre et le dromos, essentiellement céramique, est datable du Chypro-Archaïque I (750-600 av. J.-C.). Il comprend de nombreuses importations phéniciennes (jarres, cruches Red Slip et Bichrome, plats Red Slip à parois fines).
On a fouillé, au-dessus de la chambre de la tombe archaïque, deux dromoi appartenant à des tombes inachevées (loci 22 et 35). Vers la fin du VIe s. (d’après le peu de matériel pris dans le comblement), on a tenté d’implanter une tombe alors que l’existence de la tombe archaïque n’était plus connue. Les deux dromoi appartiennent sans doute à la même tentative. Le stomion a été rebouché, par un fragment de dalle dans un cas, par un mur de pains de terre crue dans l’autre (fig. 3).
Seul le dromos (locus 29) de l’autre tombe archaïque a été dégagé. Le comblement originel du dromos avait été recreusé dans sa partie Ouest : une grande fosse, remplie d’une terre dure pleine d’éclats de rocher, de blocs et de matériel, avait entaillé le linteau surmontant le stomion de la tombe. Un sondage dans ce dernier a montré que la dalle de fermeture n’était plus en place ; la chambre était comblée. Dans la partie haute de la fosse, on avait placé un cheval, découpé, dont la tête était posée sur une dalle, le tout étant surmonté d’un assemblage de pierres qu’on avait repéré lors du décapage de surface de l’année dernière. Aucun matériel postérieur à l’époque archaïque n’a été recueilli dans ce comblement, plus récent dans la stratigraphie que celui du dromos. La nature de cette fosse (pillage ?) n’apparaît pour le moment pas clairement.
Comme les années précédentes, on a découvert de nombreuses niches creusées dans les parois des dromoi, fermées par des pierres. Plusieurs d’entre elles contenaient des vases miniatures et de petits bijoux de bronze ; certaines étaient vides. Deux d’entre elles (loci 56 et 57) n’étaient pas placées dans les parois d’un dromos, mais, de façon inédite, creusées à la surface du rocher. La niche était ménagée en tunnel à l’arrière du creusement, fermée par des pierres fichées. Le matériel (petites cruches et plat Plain White) est datable de la période classique II (IVe s. av. J.-C.).
On a, enfin, pu préciser la chronologie du grand fossé qui entaille cette partie du site selon une direction grossièrement Sud-Ouest – Nord-Est (locus 23). Son remplissage est datable de la fin du IVe s. av. J.-C. Mais, comme le montre la configuration du dromos archaïque 29, qui l’évite, le fossé lui est antérieur. Il se prolonge vers le Sud-Est, au-delà de la chambre effondrée (locus 28) fouillée l’année dernière et dont on pensait alors qu’elle avait été éventrée par le fossé. En réalité, le plafond de la chambre a dû tomber parce qu’il était fragilisé par la présence du fossé, qui n’était peut-être plus alors entièrement visible. Il s’agit donc d’un des aménagements parmi les plus anciens de la zone, dont la nature est difficile à préciser. C’est en tout cas le seul vestige découvert qui n’appartienne pas à une tombe.
Mots-clés Métal - Nécropole - Parure/toilette - Sépulture
Chronologie Antiquité - Archaïque - Classique
Bibliographie
Référence bibliographique S. Fourrier, rapport d'activités de la mission française à Kition et Salamine en 2014.
Auteur de la notice Sabine FOURRIER
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