Chronique des fouilles en ligne
Respecter   tous les
  au moins un
critère(s) de recherche    Plus une Moins une Remise à zéro

KYTHNOS. - Vryokastro, ville haute
Cartographie Impression Impression
Fig. 1
Fig. 2
Fig. 3
Fig. 4
Fig. 5
Fig. 6
Fig. 7
Fig. 8
Fig. 9
Fig. 10
Fig. 11
Fig. 12
Fig. 13
Fig. 14
Informations générales
Numéro de notice 4226
Année de l'opération 2013
Date de modification 2016-12-01
Nature de l'opération Fouille - Programmée
Institution(s) Université de Thessalie
XXIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques
Fiche(s) associée(s) 2005 - 2008 - 2009 - 2009 - 2010 - 2010 - 2011 - 2011 - 2012 - 2013
Notice
Dans la ville haute de Kythnos, A. Mazarakis-Ainian (Université de Thessalie) a poursuivi en 2013 les recherches sur la colline de Vryokastro, en collaboration avec Th. Papaggelopoulou et M. Koutsoumpou (XXIe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques). Dans le bâtiment 5, où la fouille s’est achevée, le dégagement de la berme centrale Nord-Sud a permis une meilleure compréhension de l’organisation interne du bâtiment. Cette berme recouvrait une partie des pièces Δ, E, ΣΤ et Z qui avaient été partiellement explorées les années précédentes. Lors de sa fouille, deux nouvelles pièces (H et Θ) ont été mises au jour (fig. 1-2).
Pièce Z. Dans la partie Ouest du bâtiment, la limite entre les pièces Z et ΣΤ a été révélée (mur T16). Elle est constituée de blocs légèrement déplacés par rapport à l’origine, dans l’angle Sud-Est, et d’une maçonnerie au Sud, qui rappelle plutôt un revêtement de la roche.
Pièce ΣΤ. Immédiatement au Sud, on a dégagé la pièce ΣΤ (fig. 3-4). Son sol se situe à un niveau inférieur par rapport au sol des pièces orientales du bâtiment et par rapport au sol de la pièce Z. L’accès se faisait par l’Ouest, par une porte située approximativement au centre du long mur du bâtiment. Le seuil monumental en est conservé (dim. 1,20 x 0,76 x 0,25 m). Près du seuil, la fouille de 2012 avait révélé des creusements et des cavités dans la roche : on estime à présent qu’ils sont liés à l’aménagement de poteaux en bois qui devaient soutenir un plancher et probablement un escalier. Le remblai qui recouvrait le rocher peut être interprété comme une couche d’abandon de la pièce. Il contenait de nombreux objets similaires à ceux du dépotoir de la pièce Δ. Il parait à présent clair que le dépôt dans la pièce Δ provient du nettoyage de la pièce ΣΤ en vue de sa réoccupation. Le mobilier date en majeure partie de l’époque hellénistique (fin du IVe – milieu du IIe s. av. J.-C.). À l’Est de la pièce ΣΤ et du mur T5.2, on a mis au jour la pièce Θ, qui est un espace aveugle : le mur T5.2, qui constitue le prolongement du mur T5 ne présente en effet aucune ouverture). La pièce Θ forme une abside vers l’Est, creusée dans le rocher et complétée par le mur d’analemma T9 qui forme la limite occidentale de la pièce Γ. À l’intérieur de l’espace Θ, on a trouvé de nombreuses pierres plates, qui proviennent probablement d’un dallage similaire à celui de la pièce B. La fonction de cette pièce n’a pas encore été identifiée.
Pièce Δ et H (fig. 5-7). Dans la pièce Δ, dans l’angle Sud-Ouest du bâtiment, la fouille s’est terminée par le dégagement de la maçonnerie T11, qui a été démontée pour poursuivre la fouille du dépotoir : celui-ci couvrait toute l’étendue de la pièce et contenait des sédiments sombres et des charbons de bois (épaisseur 0,50 m), de nombreux os et coquillages et une grande quantité de tessons et de vases entiers ou quasi entiers, ainsi que des petits objets datés de l’époque hellénistique (fin IVe s. – milieu du IIe s. av. J.-C.). Il peut être interprété comme un remplissage pour rehausser le niveau de circulation de la pièce Δ.
À l’Est de la pièce Δ, la pièce H constitue vraisemblablement un espace de stockage (fig. 8-9), d’après ses dimensions réduites (2 x 1,50 m), l’absence d’entrée (l’espace devait être accessible par une trappe dans le plancher en bois) et la présence de nombreux fragments de pithoi. Un trou de poutre dans le mur oriental de la pièce, ainsi qu’une cavité dans le sol pour la fixation d’un poteau suggère que les sols des pièces Δ et H était recouverts d’un plancher en bois.
Pièce E. Entre les pièces ΣΤ et Δ, la pièce allongée E est occupée par un escalier monumental qui mène à l’étage, dans la partie orientale du bâtiment (fig. 10-11). Une porte a été aménagée dans le mur Ouest (T3) dans une phase ultérieure, avec un seuil monolithique (long. 2m ; larg. 0,60 m).
La pièce est traversée par la grande canalisation (fig. 12), pour partie creusée, pour partie maçonnée, qui parcourt l’ensemble du bâtiment. On en suit d’abord le tracé le long du mur oriental du bâtiment entre les murs T1.1 et T1.2. Elle forme ensuite un angle droit vers l’Ouest entre les pièces Γ et B et suit le tracé du mur T7, dont on pensait jusqu’à présent qu’il séparait les deux pièces : en réalité, plutôt qu’un mur mitoyen, T7 aurait constitué la couverture de la canalisation, alors que les pièces Γ et B auraient formé un seul espace, accessible au niveau inférieur par l’escalier. La canalisation se poursuit alors vers le Sud-Ouest, sous l’escalier, traverse le mur T13, le longe au Sud en direction de l’Ouest puis, avant d’atteindre le mur extérieur (T3), forme un nouvel angle vers le Sud-Ouest et se termine dans une cavité du rocher, à la base du mur T3 : cet aménagement indique que les eaux se déversaient à l’extérieur du bâtiment.
En conclusion, la fouille de 2013 a révélé que le bâtiment 5 a connu au moins deux états de construction. La phase la plus ancienne date du milieu du IVe s. av. J.-C. Après une destruction à l’époque hellénistique, il a subi des réparations, probablement au cours du IIe s. av. J.-C. L’abandon du bâtiment a dû survenir au plus tard au Ier s. av. J.-C., mais la date précise n’a pu encore être déterminée.
La forme du bâtiment a été précisée : il s’agit d’un édifice à étage. Un escalier monumental au centre du bâtiment (pièce E) menait à l’étage, où se trouvaient les salles officielles : la pièce A, avec le foyer-eschara votif (fouillé en 2009, cf. Chronique, n. 1308), la pièce B-Γ au sol dallé (et partiellement aménagé sur le rocher) où se déroulaient probablement les repas, la pièce Z, dont la fonction est inconnue (le niveau de circulation n’a pas été préservé), et une série de pièces à plancher de bois au-dessus des pièces Δ et H, au Sud de l’escalier et ΣΤ-Θ au Nord de l’escalier (fig. 13-14). La pièce ΣΤ semble être l’espace où la plupart des ustensiles et objets liés à la fonction du bâtiment étaient rangés ; c’est dans cette pièce qu’était probablement préparée la nourriture. Elle communiquait, par un escalier interne, avec les salles officielles. La petite pièce souterraine H constituait un espace de stockage et était accessible par une trappe dans le plancher en bois de l’étage. À l’Ouest de la pièce H, la pièce Δ semble avoir été un espace de stockage aussi. Dans un premier état, elle communiquait avec la pièce H par une ouverture dans l’angle Nord-Est.
En revanche, la fonction du bâtiment reste incertaine. Sa position bien en vue, près du sanctuaire de l’extrémité Nord du Plateau Central, la monumentalité de sa construction et le mobilier suggère qu’il s’agit d’un bâtiment public dans lequel se déroulaient des rituels votifs. L’identification du bâtiment au prytanée de la cité à l’époque hellénistique est une hypothèse qui reste à démontrer.
Mots-clés Édifice Public - Habitat
Chronologie Antiquité - Hellénistique
Bibliographie
Référence bibliographique
A. Mazarakis-Ainian, Rapport de fouilles de l’Université de Thessalie en 2013, http://extras.ha.uth.gr/kythnos/index.php?page=report-2013.
Voir aussi : A. Mazarakis-Ainian, Ένα δημόσιο κτήριο των ελληνιστικών χρόνων στην Κύθνο, Ζάμπας, Κ., Λαμπρινουδάκης, Β., Σημαντώνη-Μπουρνιά, Ε., Ohnesorg, A. (ed.), ΑΡΧΙΤΕΚΤΩΝ, Τιμητικός τόμος για τον καθηγητή Μανόλη Κορρέ, Athènes 2016, 445-457.
Auteur de la notice EfA
AVERTISSEMENT
La Chronique des fouilles en ligne ne constitue en aucun cas une publication des découvertes qui y sont signalées.
L'EfA et la BSA ne peuvent délivrer de copie des illustrations qui y sont reproduites et dont ils ne détiennent pas les droits.