Chronique des fouilles en ligne
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MITROU
Cartographie Impression Impression
Informations générales
Numéro de notice 4214
Année de l'opération 2013
Date de modification 2014-06-12
Nature de l'opération Étude
Institution(s) ASCSA
XIVe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques
Fiche(s) associée(s) 2006 - 2007 - 2008 - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2013
Notice
Sur l’îlot de Mitrou, A. Van de Moortel (ASCSA) et E. Zahou (XIVe éphorie des antiquités préhistoriques et classiques) rendent compte, en 2013, de la cinquième campagne d’étude du mobilier de fouille, daté entre le Néolithique récent et l’époque protogéométrique.
La longue séquence stratigraphique du site a permis de reconstruire une chronologie de la  céramique préhistorique pour la Locride orientale : celle-ci comporte 37 phases s’échelonnant entre le Néolithique Ancien (v. 6500 av. J.-C.) et le début de l’Âge du Fer (v. 900 av. J.-C.). De périodes « creuses » dans l’occupation de Mitrou à l’époque néolithique et au début de l’Âge du Bronze Ancien, on passe à une occupation continue à partir de l’Helladique Ancien IIB.
Les deux bâtiments à tuiles superposés datés de l’HA IIB, partiellement fouillés dans le sondage LX784, ont été nommés M et N (M étant le plus récent). Ils semblent avoir abrité des denrées agricoles (les échantillons de graines provenant des meules de ces bâtiments sont en cours d’analyse). Par ailleurs, les tuiles datant de l’HA IIB sont comparables aux tuiles contemporaines provenant d’autres sites de Grèce. Certaines d’entre elles ont probablement été utilisées comme des gouttières. Au cours de la phase HA III, on note un déclin des outils lithiques importés, des changements majeurs dans les fusaïoles et dans la composition des briques crues.
A l’Helladique Moyen, Mitrou était un port actif sur la route maritime commerciale qui passait par l’Eubée : on relève la présence de céramique importée provenant de Thessalie, d’Argolide, d’Égine, des Cyclades, ainsi que d’Egée orientale et de Crète. Le commerce entre Mitrou, Kéa et Égine s’intensifie à partir de l’HM II Ancien.
Quatre phases de la céramique de l’Helladique Récent I ont été identifiées. A l’HR I1 et I2, l’élite de Mitrou avait des pratiques sociales et politiques similaires à celles de Grèce centrale. Aucune influence d’Égée du Sud n’est visible pour cette période. L’adoption de pratiques élitaires provenant de Mycènes n’apparaît qu’à l’HR I3 ou I4. En outre, on notera que le type de rues longues et larges connu à Mitrou à l’HR I1 et I2 est répandu en Grèce centrale. Ces rues permettaient à l’élite de défiler avec des chariots tirés par des chevaux.
Le bâtiment H, au Nord-Ouest du site, a été construit à l’HR I1, avant le bâtiment D dans le secteur Nord-Est, qui a été construit à l’HR I2 ou 3. La construction de ce dernier était plus impressionnante que celle du bâtiment H. La majorité des rues de Mitrou avait la même orientation que le bâtiment D ; cependant le bâtiment H demeurait le siège d’activités élitaires importantes.
Enfin, les nouvelles dates apportées pour la phase HR I confirment un accroissement de la taille comme de l’élaboration des tombes des élites au cours de cette phase. La grande tombe à ciste 51 dans l’angle Nord-Est de l’îlot peut à présent être datée de l’HR I1 ou de la fin de l’HM ; la tombe à chambre 73, beaucoup plus large, construite à l’intérieur du bâtiment D, se situe quant à elle dans le courant de la phase HR I3 ou 4. Les deux tombes appartiennent à des types indigènes qui ont été monumentalisés pour servir au prestige grandissant de l’élite.
Dès l’Helladique Récent IIA, la céramique mycénienne importée et les imitations locales ont dominé le répertoire céramique utilisé par l’élite à Mitrou. Les complexes H et D et la tombe 73 sont encore en usage, ce qui pourrait indiquer qu’il n’y eut pas de rupture dans la classe dominante et que la mycénisation fut plus volontaire qu’imposée. L’étude des objets recueillis en prospection avait suggéré précédemment l’existence d’un bâtiment d’époque palatiale avec une couverture en tuiles au Sud du bâtiment D. Une grande quantité de céramique d’époque palatiale a été identifiée, en provenance du secteur Nord-Ouest qui couvre le bâtiment H et du secteur immédiatement au Nord. Elle témoigne d’une importante activité dans ce secteur à l’époque palatiale.
Contrairement aux résultats établis pour la période palatiale (de 16 à 19 pâtes), on a pu confirmer que trois pâtes seulement ont été utilisées pour la céramique de l’HR IIIC : une pour la céramique fine, une pour la construction de pithoi et une pour la vaisselle de cuisson. Cette céramique post-palatiale donne l’impression que Mitrou avait peu de contacts extérieurs et qu’elle ne prospérait pas, contrairement aux ports du golfe Eubéen à la même époque, Kynos et Lefkandi.
L’examen de la céramique du début de l’Âge du Fer a révélé que les vases étaient probablement montés pour partie à la main et pour partie au tour, ce qui suggère une échelle de production moindre. Le mobilier de surface recueilli en prospection a livré de petites quantités de céramique protogéométrique dans le secteur Nord et central de l’îlot.
L’étude des restes osseux provenant de 36 contextes importants s’échelonnant entre le Néolithique Final/Helladique Ancien et le début du Protogéométrique Ancien a permis de conclure que tous les dépôts étaient constitués de déchets mixtes. Les animaux domestiqués prédominent, les bovidés, le cochon, le mouton et la chèvre étant les plus communs. Un métatarse de vache, datant de l’HM II Final/HM III, porte des traces suggérant que l’animal a été attelé sous un joug. Le cerf est l’animal sauvage le plus commun, tandis qu’il existe des restes de sanglier entre l’HA II et l’HR IIIC/Protogéométrique Ancien. En ce qui concerne le gibier, le daim supplante le cerf élaphe à l’HR IIIC/Protogéométrique ancien – un changement qui s’observe également en Grèce du Nord.
Mots-clés Habitat
Chronologie Néolithique - Néolithique récent - Âge du bronze - Âge du fer - Protogéométrique
Bibliographie
Référence bibliographique
D'après A. Van de Moortel et E. Zahou, Rapport d’activités de l’ASCSA en 2013.
Auteur de la notice EfA
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